Ouvrir le menu principal

Port-Jeanne-d'Arc
Image illustrative de l’article Port-Jeanne-d'Arc
Port-Jeanne-d'Arc en 2008

Coordonnées 49° 33′ 16″ sud, 69° 49′ 22″ est
Pays France
Création 1906
Fermeture 1922
Effectif max. environ 300
Activités station baleinière

Géolocalisation sur la carte : Kerguelen

(Voir situation sur carte : Kerguelen)
Port-Jeanne-d'Arc

Port-Jeanne-d'Arc était l’unique station baleinière construite sur le territoire français, située sur l'île de Grande-Terre, dans l'archipel des Kerguelen, au nord-ouest des côtes de Presqu'île Jeanne d'Arc au bord de la passe de Buenos Aires. Ce site de 6 hectares est depuis 2001 en cours de restauration pour préserver le patrimoine historique et industriel du lieu.

Sommaire

HistoireModifier

Période baleinièreModifier

En 1906, les frères Bossière du Havre, fils du dernier armateur français à avoir pratiqué la pêche à la baleine, obtiennent du gouvernement français, la concession exclusive de l'archipel, pour 50 ans. Ils font construire alors Port-Jeanne-d’Arc grâce au savoir-faire et aux capitaux des norvégiens, pour produire de l’huile de baleine, alors très utilisée dans l’éclairage. Les Norvégiens, au nombre de 300, réussirent à construire le port en seulement 3 mois. On estime aujourd'hui qu'il fallut 460 tonnes de bois de sapin et 2 500 tonnes d'acier pour l'édification du site. La production démarre en 1907, employant une centaine d'ouvriers et de cadres norvégiens, travaillant tout au long de l'année. L'éclatement de la Première Guerre mondiale en 1914 interrompt la production du port pendant plus de cinq ans. Celle-ci reprend en 1919 et est rachetée par une entreprise, du Cap, qui fait ainsi fonctionner l'usine jusqu'en 1922, date à laquelle la production est arrêtée à la suite de l'apparition des navires-usines, et des conséquences de la sur-chasse des éléphants de mer et des baleines. La station tombe alors en ruine, mais est aujourd’hui en cours de restauration pour être transformée en un écomusée[1].

Restauration du siteModifier

RestaurationModifier

Au cours de l'été austral des années 2000 et 2001, une mission de recherche archéologique et de restauration du port a été créée dans le but de sauvegarder l'histoire du site. L'équipe, composée de six personnes (dont un charpentier, un ingénieur topographe et un menuisier)[2] fut menée par Jean-François le Mouël, archéologue au CNRS. La restauration débuta en novembre 2000, par le nettoyage du terrain, jonché de nombreux bouts de ferrailles usées et autres déchets, qui furent mis dans de grosses caisses puis évacués par un hélicoptère, les transportant jusqu'au Marion Dufresne 2 (ce dernier effectuant également le ravitaillement en vivres de l'équipe et en matériaux nécessaires à la reconstruction du port). Les objets mobiles (type machines, placards, jusqu'aux plus petites vis), se trouvant sur place furent numérotés et déplacés dans des lieux à l'abri. Ensuite, les bâtiments furent démontés, de sorte à ne laisser que leur ossature, qui vit également chacun de ses éléments numérotés et envoyés à la menuiserie de Port-aux-Français pour être restaurés[3]. Le site mis au jour, les fouilles archéologiques purent commencer. Tous les objets trouvés furent tout d'abord nettoyés, numérotés et attribués d'une fiche descriptive, pour être ensuite envoyés en métropole pour restauration puis renvoyés au Port-Jeanne-d'Arc. Ce travail minutieux accompli, la reconstruction put commencer. Les bâtiments furent reconstruits à l'identique à l'aide en très grande partie (95 %) du bois d'origine réutilisé. Cependant, les tôles des toits durent être complètement changées.

DécouvertesModifier

Les fouilles effectuées permirent à la fois d'exhumer de nombreux objets, mais également de mieux comprendre aujourd'hui le fonctionnement du port. On sait désormais que l'usine qui fabriquait l'huile à partir des baleines, était dotée d'un petit train qui transportait à la fois le charbon dans le bâtiment et l'huile produite vers les bateaux, et que même une cordonnerie avait été construite dans le but de permettre aux travailleurs de vivre en autarcie[4].

AccèsModifier

Port-Jeanne d'Arc est un site totalement isolé et n'est accessible que depuis la base de Port-aux-Français se trouvant à 4 heures de bateau.

RéférencesModifier

  1. Photos de Port-Jeanne-d'Arc sur www.kerguelen-island.org.
  2. « Patrimoine des TAAF - Station Port Jeanne d'Arc - JF Le Mouël - L'équipe », sur transpolair.free.fr (consulté le 21 avril 2016)
  3. « Patrimoine des TAAF - Station Port Jeanne d'Arc - Fouilles et restauration », sur transpolair.free.fr (consulté le 21 avril 2016)
  4. « Patrimoine des TAAF - Station Port Jeanne d'Arc - Découvertes », sur transpolair.free.fr (consulté le 21 avril 2016)

Lien externeModifier