Politique au Rwanda

système politique rwandais

Le Rwanda compte 4,7 millions d'électeurs inscrits pour une population de 9 millions d'habitants.

Constitution de 2003Modifier

Le , l'Assemblée nationale transitoire a adopté une nouvelle constitution qui incluait des dispositions de la constitution du et des éléments issus des Accords d'Arusha ainsi que du protocole de novembre 1994 introduisant le multipartisme.

Le , un référendum a établi une nouvelle constitution du Rwanda permettant de sortir le pays de la période de transition post-génocidaire.

Un régime présidentielModifier

Le Rwanda est une république démocratique à régime présidentiel, où le président de la République est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre les deux chambres du Parlement (système bicaméral), Sénat et Chambre des députés, et le gouvernement.

Les premières élections présidentielles et législatives après la guerre eurent lieu respectivement en août et septembre 2003.

Pouvoir exécutifModifier

Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans au suffrage universel direct et nomme le Premier ministre ainsi que le Conseil des ministres.

Fonction Nom Parti Depuis
Président de la République Paul Kagame FPR
Premier ministre Édouard Ngirente

Pouvoir législatifModifier

Le Parlement est composé de deux chambres, la Chambre des députés et le Sénat. La constitution encourage les femmes et les minorités à faire de la politique en instaurant un système de quotas qui réserve 24 sièges aux femmes et 3 aux jeunes et aux handicapés au Parlement.

  • La Chambre des députés compte 80 membres dont 53 sont élus à la proportionnelle (avec un quorum de 5 %) pour un mandat de cinq ans, 24 élus par les conseils provinciaux, 2 par le Conseil national des jeunes et 1 par la Fédération des associations de handicapés.
  • Le Sénat compte 26 membres élus ou nommés pour un mandat de huit ans ; 12 sont élus par les conseils provinciaux, 8 sont nommés par le président de la République pour assurer la représentation de communautés historiquement marginalisées, 4 sont élus par Forum des formations politiques et 2 par les universités. Les anciens présidents de la République peuvent demander un siège supplémentaire.

Contexte politiqueModifier

Après sa victoire militaire en , le Front patriotique rwandais a mis en place un gouvernement de coalition similaire à celui de Juvénal Habyarimana en 1992, basé sur une loi fondamentale inspirée de la Constitution, des accords d'Arusha et de déclarations politiques des différents partis. Le MRND fut déclaré illégal.

Parmi les principaux problèmes auquel le gouvernement doit faire face dans l'urgence figurent :

Les élections législatives du confirment le fort soutien populaire dont bénéficie le FPR du président Paul Kagame, qui a su mettre fin aux massacres, encourager les actions de la justice, développer les secteurs du café mais aussi des nouvelles technologies, ce qui a été reconnu par la Banque Mondiale[1].

Toutefois, les manœuvres du président Kagame pour se maintenir au pouvoir font craindre une volonté de dérive autocratique : il parvient ainsi, lors d'un référendum en , à faire valider sa prochaine candidature aux élections présidentielles, ce qui lui permettrait d'accomplir un troisième mandat et d'exercer le pouvoir jusqu'en 2024[2].

Principaux enjeux politiquesModifier

Les conséquences du génocideModifier

  • L'ethnisme, il faut dépasser l'héritage colonial de la lecture ethnique de la société
  • Les séquelles traumatiques et sociales du génocide : veuves et orphelins, blessés physiques et psychiques, la réintégration des réfugiés, mais aussi des génocidaires après leur peine, les diasporas rwandaises, etc.
  • Les Gacaca et la réconciliation entre les rescapés du génocide et la partie de la population qui a soutenu les génocidaires.

Justice institutionnelleModifier

  • La justice pour les crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre des Forces armées rwandaises du régime Habyarimana et des milices Interahamwe.
  • La justice pour les crimes de guerre et contre l'humanité de l'armée patriotique rwandaise lors de la reconquête du pays par le FPR et de la poursuite des génocidaires au Rwanda et dans l'ex-Zaïre/République démocratique du Congo

Développement du paysModifier

  • La santé et notamment le sida et la malaria
  • La distribution de l'eau potable
  • Le développement de la production agricole dans un pays très fertile
  • Les sources d'énergie
  • Les freins du développement qui maintiennent les pays pauvres dans leur pauvreté
  • Le passage culturel à la démocratie
  • Le projet Horizon 2020 vise à faire du Rwanda une plateforme de services pour la région des Grands lacs

Lutte contre les discriminationsModifier

La lutte contre toutes les formes de discrimination, jugées à l'origine du génocide, figure parmi les priorités du Rwanda.

L'article 54 de la Constitution de 1995 affirme:

Il est interdit aux formations politiques de s’identifier à une race, une ethnie, une tribu, un clan, une région, un sexe, une religion ou à tout autre élément pouvant servir de base de discrimination.

Les formations politiques doivent constamment refléter, dans le recrutement de leurs adhérents, la composition de leurs organes de direction et dans tout leur fonctionnement et leurs activités, l’unité nationale et la promotion du « gender »

Une classe politique très féminiséeModifier

Depuis 2003, la Constitution du Rwanda impose un quota de 30 % de femmes dans toutes les administrations et au sein du gouvernement[3]. Aux élections législatives de 2008, 56 % des députés étaient des femmes[réf. nécessaire]. En 2019, le Rwanda est le pays du monde qui compte la plus forte proportion de femmes au sein de sa chambre basse ou de son parlement monocaméral (une cinquantaine de sièges sur 80, soit plus de 60 %), et l'un des trois pays au monde, avec Cuba et la Bolivie, où les femmes sont majoritaires dans le parlement monocaméral ou la chambre basse[4],[3],[5]. Au Sénat, à la même date, elles sont 10 sur 26[3]. Agnès Mukabaranga, Marie Mukantabana, Stéphanie Mukantagara et Henriette Umulisa sont d'anciens membres féminins du Sénat[6]. En 2019, 51,9 % des membres du gouvernement rwandais sont des femmes[4].

Cette situation s'explique notamment par le fait que le génocide des Tutsi en 1994, causant la mort de plus de 800 000 personnes, a conduit à ce que les femmes représentent près de 70 % de la population[3].

Le journaliste Fred Muvunyi, journaliste au programme Afrique de la Deutsche Welle, souligne cependant que les mandats concernés ont peu de pouvoir et notamment que « les ministres n’ont aucun pouvoir budgétaire »[3].

Notes et référencesModifier

  1. Rwanda: Les femmes dominent de Parlement, par Daniel Howden, The Independent, Londres, cité par Courrier international, n°935, du 2 au 8 octobre 2008, p 36
  2. Jean-Louis Le Touzet, « Paul Kagamé, président à vie ? », sur Libération.fr.
  3. a b c d et e Esmeralda Labye, « Rwanda : le pays ou les femmes sont les reines de l’arène politique », sur rtbf.be, (consulté le 25 juillet 2020).
  4. a et b « Femmes en politique : 2019 », sur unwomen.org, (consulté le 9 novembre 2020).
  5. « Égalité : le Rwanda, le pays des femmes », sur francetvinfo.fr, (consulté le 25 juillet 2020).
  6. http://www.rwandaparliament.gov.rw/parliament/Former_Senators.aspx

ComplémentsModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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