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Placodermes

Classe de poissons fossiles
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Placodermi

Les placodermes (Placodermi) forme une classe éteinte de poissons. Ils furent parmi les tout premiers vertébrés à posséder une mâchoire et vécurent du Silurien au Dévonien (entre −440 et −358 millions d'années).

DescriptionModifier

Représentants du sous-embranchement des gnathostomes, ces poissons possédaient de puissantes mâchoires qui leur permettaient de broyer les poissons les plus coriaces.
En fait, ils n'avaient pas de vraies dents mais seulement des mâchoires se terminant par des excroissances osseuses (un peu à la manière des tortues modernes). On parle pour les placodermes de « plaques gnathales » (du grec gnathos, « mâchoire »), dont la supérieure, superognathale, venait s'appuyer sur l'os de la mâchoire inférieure, l'inferognathal. Cet ensemble de plaques avec leurs zones occlusives agissait comme de véritables ciseaux.

Ces poissons possédaient une cuirasse articulée, principalement sur l'avant du corps, composée de plaques qui rappellent la carapace des tortues.

Certains d'entre eux de l'ordre des arthrodires pouvaient dépasser 8 m de long.

 
Anatomie d'un Coccosteus decipiens.

Apparition et disparitionModifier

 
Évolution et extinction des placodermes. Figure basée sur Michael Benton, 2005[1].

Les placodermes (443−419 Ma) sont apparus au début du Silurien et ont dominé les mers, les rivières et les lacs durant le Dévonien (419−359 Ma). Ils ont complètement disparu à la fin du Dévonien, lors d'une extinction massive des espèces.

Les plus anciens fossiles de placodermes ont été découverts près de Qujing (Yunnan, Chine). Parmi eux l'on notera Entelognathus et Romundina, deux jalons importants pour l'évolution des mâchoires entre les placodermes et les poissons osseux, et Qilinyu (en), important pour leur évolution chez les premiers placodermes[2].

ReproductionModifier

Dès 1967, le paléontologue Roger Miles découvre une espèce de Placoderme, Rhamphodopsis trispinatus, dont le dimorphisme sexuel suggère qu'elle se reproduit par fécondation interne[3]. La communauté scientifique refuse alors cette idée par anthropocentrisme, considérant que la fécondation interne nécessitait des adaptations morphologiques en lien avec un comportement social complexe et qu'elle était apparue plus tard[4].

En 2008, le paléontologue John A. Long identifie des embryons (ou plus précisément leurs plaques protectrices, qui sont comme celles des adultes, mais en miniature) dans les fossiles de trois espèces de placodermes (dont Materpiscis) trouvés en Australie, dans la formation de Gogo (récif corallien fossile (- 385 à 375 millions d'années) ayant livré 45 espèces de poissons (dont beaucoup de placodermes) du Dévonien supérieur[5]. Ces plaques trouvées dans l'abdomen des femelles ne portent pas de traces de morsures ou de sucs digestifs, ce qui suggère que l'embryon des placodermes se développait dans le ventre des femelles jusqu'à un stade avancé. On peut donc supposer que leur fécondation était interne et qu'ils étaient probablement vivipares[6].

En 2014, l'espèce Microbrachius (en) permet de décrire la copulation qui se fait de profil, le pénis se fixant dans le cloaque à la manière d'un grappin (d'où le nom de clasper donné à cette paire d'éléments osseux d'intromission)[7].

ClassificationModifier

Les placodermes ont été reclassés parmi les ancêtres des poissons osseux et des tétrapodes, qui eux-mêmes sont les ancêtres des vertébrés terrestres, dont l'homme[8].

Subdivisions en ordres et genresModifier

Selon BioLib (21 octobre 2016)[9] :

Quelques genres bien identifiés :


Notes et référencesModifier

  1. Benton, M. J. (2005) Vertebrate Palaeontology, Blackwell, 3rd edition, Figure 3.25 on page 73.
  2. (en) Min Zhu, Per E. Ahlberg, Zhaohui Pan et Youan Zhu, « A Silurian maxillate placoderm illuminates jaw evolution », Science, vol. 354, no 6310,‎ , p. 334-336 (DOI 10.1126/science.aah3764).
  3. (en) Roger S. Miles, « Observations on the ptyctodont fish, Rhamphodopsis Watson », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 47, no 11,‎ , p. 99–120 (DOI 10.1111/j.1096-3642.1967.tb01398.x)
  4. Tristan Vey, « La copulation, une invention des poissons vieille de 400 millions d'années », sur Le Figaro,
  5. (en) John A. Long, Kate Trinajstic, Gavin C. Young & Tim Senden, « Live birth in the Devonian period », Nature, vol. 453, no 7195,‎ , p. 650–652 (DOI 10.1038/nature06966)
  6. Pour La Science no 405 - Juillet 2011 - Page 68 - Article "Premiers accouplements" - Auteur: John Long - Vice-président de la recherche scientifique et des collections au Muséum d'histoire naturelle du comté de Los Angeles, États-Unis.
  7. (en) John A. Long et col, « Copulation in antiarch placoderms and the origin of gnathostome internal fertilization », Nature, vol. 453, no 7195,‎ , p. 650–652 (DOI 10.1038/nature13825)
  8. Nature, vol 457, p. 1124-1127, février 2009
  9. BioLib, consulté le 21 octobre 2016

Voir aussiModifier

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Références taxinomiquesModifier

Articles connexesModifier

Dans les œuvres de fiction :

Liens externesModifier