Ouvrir le menu principal

Parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II

parvis de Paris, France
(Redirigé depuis Place Jean-Paul-II)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Notre-Dame et Jean-Paul II (homonymie).

4e arrt
Parvis Notre-Dame -
Place Jean-Paul-II
Image illustrative de l’article Parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II
Promeneurs sur le parvis Notre-Dame.
Situation
Arrondissement 4e
Quartier Notre-Dame
Début Pont au Double, rue du Cloître-Notre-Dame et rue d'Arcole
Fin 6, rue de la Cité
Morphologie
Longueur 135 m
Largeur 100 m
Historique
Création XIIe siècle–XIXe siècle
Dénomination Arrêté municipal du 2 août 2006.
Ancien nom Place du Parvis-Notre-Dame (avant 2006)
Géocodification
Ville de Paris 4935
DGI 6826

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Parvis Notre-Dame - Place Jean-Paul-II
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

Le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II est une place de Paris.

Sommaire

Situation et accèsModifier

Située sur l'île de la Cité elle s'étend sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame (le parvis Notre-Dame souvent appelé parvis de Notre-Dame en français moderne). Une crypte archéologique y est également présente, ainsi que plusieurs statues, dont celle de Charlemagne (Charlemagne et ses Leudes).

Origine du nomModifier

 
Jean-Paul II.

Depuis le , la place s'appelle « parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II » en hommage au pape Jean-Paul II mort le . Le changement de nom a fait l'objet d'une cérémonie organisée par la mairie de Paris, en présence du maire de Paris Bertrand Delanoë, de l'archevêque de Paris monseigneur André Vingt-Trois, du nonce apostolique monseigneur Fortunato Baldelli, et du clergé de Paris.

Ce changement d'appellation, par la décision municipale du , n'a pas fait l'unanimité au sein de la majorité municipale, car jugé contraire à la laïcité[1], et a fait l'objet de manifestations d'opposition. L'inauguration s'est faite sous très haute surveillance policière dans un climat tendu et a été marquée par une cinquantaine d'interpellations[2],[3].

HistoriqueModifier

Du XIIe siècle au milieu du XVIIIe siècleModifier

Jusqu'au XIIe siècle, le parvis actuel est occupé par la cathédrale Saint-Étienne. Au nord de la cathédrale, se trouvait une petite place entre le chevet de l'église Saint-Christophe et l'église Saint-Jean-le-Rond[4]. À l'ouest, entre la rue Saint-Christophe et la rue Neuve-Notre-Dame, se trouve la rue de la Huchette[5].

En 1160, décision est prise de raser la cathédrale Saint-Étienne, afin d'agrandir la cathédrale Notre-Dame. Le parvis Notre-Dame est mentionné pour la première fois dans un texte en 1163-1164. Ce parvis est probablement limité dès le XVIe siècle, par des bornes à l'est, vers Notre-Dame, et par un petit mur dit « ceinture du Parvis » au Nord et à l'Ouest. Son sol est alors plus bas que celui des voies adjacentes et l'on y descend par des marches[5].

À partir de 1611, est mentionnée une statue représentant un jeûneur. Elle se trouvait sur l'enceinte du parvis, face à l'entrée de l'Hôtel-Dieu[5].

Entre 1624 et 1628, la fontaine du Parvis Notre-Dame, adossée à l'enceinte, est construite sur le parvis. Elle est remplacée dix ans plus tard par une nouvelle fontaine construite par Christophe Gamard[5].

Au XVIIIe siècle, des échoppes viennent s'adosser à l'enceinte du parvis[5].

En 1702, cette place, qui fait partie du quartier de la Cité, possède quatre maisons et cinq lanternes[6].

Du milieu du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècleModifier

De 1746 à 1749, des maisons situées entre les rues Saint-Christophe, de Venise, Neuve Notre-Dame et l'impasse de Jérusalem sont achetées puis démolies afin de construire l'hôpital des Enfants-Trouvés. Entre 1745 et 1757, les bâtiments compris dans l'îlot délimité par les rues Saint-Christophe, de la Huchette, Neuve-Notre-Dame et de Venise, y compris l'église Saint-Christophe, sont rasés pour dégager l'hôpital et agrandir le parvis[7],[5]. L'enceinte entourant le parvis, les échoppes adossées, la fontaine de Gamard et la statue du jeûneur sont détruites et la rue de la Huchette est incorporée au parvis. Un important travail de nivellement est mené : le sol du parvis est rehaussé, tandis que celui des rues adjacentes est abaissé[5].

En 1802, la place est à nouveau agrandie mais au sud-est cette fois. La chapelle de l'Hôtel-Dieu est démolie et Clavareau reconstruit une nouvelle entrée sous la forme d'un portique à colonnes doriques.

L'hôpital, agrandie vers l'ouest dans les années 1780, est occupé après la Révolution française par l'administration de l'Assistance publique. Sur ce bâtiment, est rajouté deux fontaines en 1806[5].

Depuis le milieu du XIXe siècleModifier

La place a pris sa physionomie actuelle dans les années 1860-1870 dans le cadre des transformations de Paris sous le Second Empire. Le 22 mai 1865, la reconstruction de l'Hôtel-Dieu sur son site actuel est déclarée d'utilité publique[8]. L'ensemble de rues situé au nord du parvis, entre la Seine, la rue de la Cité et la rue d'Arcole est rasé entre 1865 et 1867 et les nouveaux bâtiments de l'Hôtel-Dieu sont érigés à son emplacement[9]. Le bâtiment de l'Assistance publique, qui se trouvait entre le parvis, la rue de la Cité, la rue Saint-Christophe et la rue Neuve-Notre-Dame est démoli à son tour en mai 1874[10],[11]. Les bâtiments de l'Hôtel-Dieu, situés le long de la Seine, sont alors démolis en 1877-1878[12].

Le parvis s'étend désormais entre la cathédrale, seul bâtiment antérieur à 1860 ayant subsisté en élévation, et la rue de la Cité (caserne de la Cité, actuellement préfecture de police). La superficie de la place passe d'environ 0,43 ha[13] à environ 1,52 ha (en incluant la portion de la rue de la Cité qui traverse la place à l'ouest)[14]. Les contours du parcellaire médiéval sont aujourd'hui matérialisés par des pavés de couleurs claires[15]. De même figure le tracé des anciennes voies qui structuraient l'espace urbain désormais occupé par ce parvis.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

  • Devant le portail principal de la cathédrale se trouvait une échelle patibulaire, qui servait à faire monter les condamnés à la pendaison à leur potence. Cette marque de la haute justice de l'évêque de Paris fut remplacée en 1767 par un carcan qui disparut en 1792. C'est de ce poteau que partaient les distances itinéraires de la France. En 1924, on y installa un médaillon, pour marquer le « point zéro des routes de France », point de référence à partir duquel sont mesurées les distances entre Paris et les autres villes.

RéférencesModifier

  1. Marie Simon, « La place de la discorde », L'Express, .
  2. « Inauguration de la place Jean-Paul-II à Paris », sur Catholique.org, .
  3. « Inauguration mouvementée de la place Jean-Paul-II à Paris », sur Capital.fr, .
  4. Albert Lenoir et Adolphe Berty, Histoire topographique et archéologique de l'ancien Paris : Plan de restitution, feuille X, Paris, Martin et Fontet (lire en ligne)
  5. a b c d e f g et h Michel Fleury et Jeanne Pronteau, « Histoire de Paris : Étude sur le parvis Notre-Dame à Paris et les maisons des enfants trouvés au parvis », Annuaires de l'École pratique des hautes études,‎ , p. 537-566 (lire en ligne)
  6. Jean de la Caille, Description de la ville de Paris.
  7. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 140 [lire en ligne].
  8. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), , « Décret du 22 mai 1865 », p. 361-362.
  9. « La Belle Jardinière, c. 1866 », vergue.com.
  10. « Administration de l’Assistance publique, c. 1867 », vergue.com.
  11. Le Monde illustré, no 865, 6 juin 1874 [lire en ligne].
  12. « Hôtel-Dieu de Paris, c. 1867 », vergue.com.
  13. Analyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE)
  14. « Parvis Notre-Dame » sur Géoportail.
  15. Yves Combeau, « L’histoire de Notre Dame de Paris : 850 ans… et toujours aussi belle ! », Canal Académie, .

BibliographieModifier

  • Didier Busson, Le Parvis de Notre-Dame. Archéologie et histoire, Association Paris-Musées, , 101 p.