Pino Romualdi

journaliste et politicien italien
Pino Romualdi
Pino Romualdi2.jpg
Fonctions
Député européen
Italie
-
Député européen
Italie
-
Sénateur italien
Député de la République italienne
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
RomeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Italien ( - ), Italien ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Partis politiques

Giuseppe « Pino » Romualdi (né à Predappio le et mort à Rome le ) est un homme politique italien de droite. Il a été cadre du Partito Fascista Repubblicano (PFR), puis une figure centrale du Movimento Sociale Italiano (MSI).

BiographieModifier

Avant la seconde guerre mondialeModifier

Romualdi a obtenu un doctorat en sciences politiques et a été secrétaire du Gruppi universitari fascisti à Forlì de 1936 à 1938, avant de travailler comme journaliste[1].

Il a servi comme soldat dans l' armée italienne lors des campagnes en Éthiopie[2] et pendant la Seconde Guerre mondiale en Grèce et en Albanie, où il était capitaine d'infanterie. Il est retourné en Italie en 1943 et est rejoint la vie politique avec la fondation de la République Sociale Italienne en 1943. Il y siège en tant que délégué du Congrès de Vérone de 1943 et dirige le journal Gazzetta di Parma[1]. Peu de temps avant la chute de la République, il a été nommé vice-président du PFR[3].

Après la seconde guerre mondialeModifier

Romualdi faisait partie du contingent fasciste capturé par les partisans d'Urbano Lazzaro à Dongo, en Lombardie, en . Cependant, il a réussi s' échapper et a été condamné à mort par contumace[3]. Après son évasion, il s'est impliqué dans des activités terroristes et, en 1946, fut l'un des fondateurs des Fasci di Azione Rivoluzionaria (Faisceaux d'Action révolutionnaire). Cependant, il a quitté ce mouvement avec son proche allié Pino Rauti à la fin de la même année pour rejoindre le nouveau Mouvement Social Italien[4]. Emprisonné en 1948, sa peine fut réduite à quatre ans d'emprisonnement et il fut libéré en 1951, retrouvant son poste de secrétaire adjoint du MSI[3].

Au sein du MSI, il est l'un des représentants, avec Arturo Michelini, Filippo Anfuso et Giovanni Roberti, de la tendance du parti qui prône l'alliance avec les monarchistes et avec toutes les forces anticommunistes, en opposition avec la tendance « révolutionnaire » de Giorgio Almirante et les tendances plus radicales et activistes, comme celle menée par Pino Rauti[5].

Il a siégé à la Chambre des députés de 1953 à 1979, puis au Sénat italien de 1983 à 1987[6]. En 1959, il fonde la revue mensuelle L'Italiano, dans laquelle paraîtront de nombreux articles de son fils, Adriano Romualdi[7]. Il a également dirigé les revues Lotta Politica, Il Poplo Italiano et Ardito à divers moments. En tant que secrétaire adjoint du MSI, il a supervisé la modernisation de la structure interne du parti et a joué un rôle de premier plan dans la rédaction de son programme en neuf points en 1967[3].

Parlement européenModifier

Romualdi a été élu au Parlement européen lors des élections de 1979 et a occupé son siège jusqu'à sa mort. Il est devenu une figure emblématique de l'extrême droite en tant que vice-président du Groupe des droites européennes de 1984 à 1988[8]. Il était particulièrement connu en tant que membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen[3].

Le , il fait partie de la délégation du Groupe des Droites Européennes au parlement européen, reçue officiellement en audience par le pape Jean-Paul II. Parmi les 16 membres de cette délégation, on trouve aussi Giorgio Almirante, le Grec Dimitriadis Krisantos et le Français Jean-Marie Le Pen, Le pape les encourage à « continuer leur combat contre l'avortement » et « contre la décadence des valeurs morales en Europe »[9],[10].

Romualdi est décédé d'un cancer à Rome en 1988, à peu près au même moment que ses contemporains Almirante et Grandi[11]. Deux leaders du Parti Communiste Italien, Nilde Iotti et Giancarlo Pajetta se joignent à ses obsèques, de la même manière que lui et Almirante avaient participé à celles d'Enrico Berlinguer[12]. Dans la presse, Giorgio Almirante avait expliqué ce geste entre « ennemis qui se respectent »[13].

Il est le père de l'historien et théoricien de la « Cultura de Destra » Adriano Romualdi.

RumeursModifier

Il a fait l'objet de nombreuses rumeurs selon lesquelles il aurait été le fils biologique de Benito Mussolini, bien qu'aucune preuve n'en ait jamais été fournie. [14] Romualdi lui-même, originaire du même village que Mussolini, a encouragé la rumeur[1].

RéférencesModifier

  1. a b et c Philip Rees, Biographical Dictionary of the Extreme Right Since 1890, Simon & Schuster, 1990, p. 328
  2. Pauline Picco, « Les regards des extrêmes droites italiennes sur le combat pour l’« Algérie française » : circulations et transferts (années 1960) », Cahiers d’études italiennes, no 22,‎ , p. 127–140 (ISSN 1770-9571 et 2260-779X, DOI 10.4000/cei.2909, lire en ligne, consulté le 20 février 2020)
  3. a b c d et e Rees, p. 329
  4. RJB Bosworth, Oxford Handbook of Fascism, Oxford University Press, 2009, p. 589
  5. Christophe Boutin, Politique et tradition : Julius Evola dans le siècle (1898-1974), Paris, Kimé, , 513 p. (ISBN 2908212153), p. 347
  6. Giorgio Almirante, néo-fasciste italien, décède à 73 ans
  7. Baillet, Philippe., De la confrérie des bons Aryens à la nef des fous : pour dire adieu à la droite radicale française : précédé de trois textes d'Adriano Romualdi traduits de l'italien et annotés par Philippe Baillet (ISBN 9782913612693 et 2913612695, OCLC 1043880064, lire en ligne)
  8. MEP Profil Pino ROMUALDI
  9. (it) « WOJTYLA RICEVE IN UDIENZA ALMIRANTE E LE PEN - la Repubblica.it », sur Archivio - la Repubblica.it (consulté le 21 mai 2019)
  10. « Storia. Quando Giovanni Paolo II chiese ad Almirante e Le Pen di lottare contro l'aborto | Barbadillo » (consulté le 21 mai 2019)
  11. Profil de Dino Grandi
  12. (it) « L' ADDIO AI PADRI DEL MSI - la Repubblica.it », sur Archivio - la Repubblica.it (consulté le 15 avril 2019)
  13. (it) « I venerdì segreti di Enrico e Giorgio Due «nemici» che si rispettavano », sur www.iltempo.it (consulté le 15 avril 2019)
  14. Franco Ferraresi, Menaces contre la démocratie - La droite radicale en Italie après la guerre, Presse de l'Université de Princeton, 1996, p. 222

Liens externesModifier