Pierrefonds (Oise)

commune française du département de l'Oise

Pierrefonds
Pierrefonds (Oise)
Le château et le centre-ville vus du lac.
Blason de Pierrefonds
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Compiègne
Intercommunalité Communauté de communes des Lisières de l'Oise
Maire
Mandat
Florence Demouy
2020-2026
Code postal 60350
Code commune 60491
Démographie
Gentilé Pétrifontains
Population
municipale
1 839 hab. (2018 en diminution de 2,13 % par rapport à 2013)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 06″ nord, 2° 58′ 53″ est
Altitude Min. 55 m
Max. 145 m
Superficie 22,32 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Compiègne
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Compiègne-2
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Pierrefonds
Liens
Site web pierrefonds-tourisme.net

Pierrefonds est une commune française située dans le département de l'Oise dans la région Hauts-de-France.

Située en lisière est de la forêt de Compiègne, elle est principalement connue pour son château de Pierrefonds, restauré par Viollet-le-Duc.

GéographieModifier

Pierrefonds se situe en lisière sud-est de la forêt de Compiègne sur le ru de Berne. La commune se situe à environ 80 km au nord-est de Paris et à 15 km à l'est de Compiègne.

Le hameau de Palesne, situé au sud, fait partie de la commune de Pierrefonds.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Communes limitrophesModifier

ClimatModifier

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[2]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique altéré » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[3].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[4]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[2]

  • Moyenne annuelle de température : 10,5 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 3,7 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 4,4 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 15 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 2] : 726 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 11,2 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 8,4 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[6] complétée par des études régionales[7] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Margny-les-Compiègne », sur la commune de Margny-lès-Compiègne, mise en service en 1994[8] et qui se trouve à 14 km à vol d'oiseau[9],[Note 3], où la température moyenne annuelle est de 11,1 °C et la hauteur de précipitations de 662,2 mm pour la période 1981-2010[10]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 4], « Saint-Quentin », sur la commune de Fontaine-lès-Clercs, dans le département de l'Aisne, mise en service en 1933 et à 53 km[11], la température moyenne annuelle évolue de 10 °C pour la période 1971-2000[12] à 10,3 °C pour 1981-2010[13], puis à 10,8 °C pour 1991-2020[14].

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Pierrefonds est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 5],[15],[16],[17].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Compiègne dont elle est une commune de la couronne[Note 6]. Cette aire, qui regroupe 101 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[18],[19].

Occupation des solsModifier

 
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (60,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (60,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (60,1 %), terres arables (30 %), zones urbanisées (5,7 %), prairies (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %)[20].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[21].

ToponymieModifier

HistoireModifier

Antiquité et Moyen ÂgeModifier

Le centre du village se situe non loin de vestiges gallo-romains au mont Berny. Ces habitations auraient été construites au carrefour de la voie romaine Soissons-Beauvais par Champlieu et Soissons-Beauvais par le gué de Compiègne. Le site se trouve à la lisère des marais que recouvrent aujourd'hui la forêt de Compiègne et marque la limite occidentale du Soissonnais que contrôle la peuplade gauloise des Suessions.

Au Xe siècle, l'ancien château aurait été détruit. Le nouveau château est construit plus à l'ouest près de la forêt sur une butte. Le village s'installe à son pied. Le fort devient puissant, protège de nombreux monastères ou villages et lève des impôts féodaux.

 
Le château de Pierrefonds avec la gare au premier plan, début du XXe siècle.

Au XIe siècle, sous Nivelon Ier (mort vers 1072), la seigneurie comprend une partie des forêts de Compiègne (alors nommée forêt de Cuise) et de Retz, Chelles, Couloisy, Croutoy, Haute-Fontaine, Jaulzy, Saint-Étienne, Retheuil, Montigny-Langrain, Taillefontaine, Mortefontaine, etc.

Pierrefonds est le chef-lieu de la plus grande des six châtellenies du duché de Valois. Le roi Louis XIII dépêche en 1616 un corps spécial commandé par Charles de Valois pour assiéger Pierrefonds, puis le cardinal de Richelieu demande la destruction du château.

On rend la justice à Pierrefonds jusqu'en mars 1780, date à laquelle elle est transférée à Villers-Cotterêts.

Station thermale à partir du Second EmpireModifier

 
Vase en grès de Pierrefonds, vers 1920.

Le village, devenu ville d'eaux sous le nom de Pierrefonds-les-Bains, connut un fort engouement au Second Empire, avec la restauration du château, et au début de la Troisième République avec la construction de la gare ferroviaire. Pierrefonds compta alors jusqu'à neuf hôtels et 200 000 visiteurs annuels, une fréquentation réduite de moitié au début des années 2000.

Le village fut également connu, au début du XXe siècle, pour sa production de poteries de grès et leurs remarquables glaçures à cristallisations étoilées. La fabrication, débutée en 1903, cessa en 1986. Les pièces restent très recherchées par les collectionneurs.

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1914 1919 Adolphe Clément-Bayard   Industriel
1989 2001 Jacques Dandoy    
2001 2020 Michèle Bourbier DVG  
2020 En cours Florence Demouy[22] DVD Juriste, Vice-Présidente de la Communauté de communes

Finances localesModifier

 
Vue du village depuis le château de Pierrefonds.

Cette sous-section présente la situation des finances communales de Pierrefonds[Note 7].

Pour l'exercice 2013, le compte administratif du budget municipal de Pierrefonds s'établit à 1 395 000  en dépenses et 1 243 000  en recettes[A2 1] :

En 2013, la section de fonctionnement[Note 8] se répartit en 937 000  de charges (438  par habitant) pour 1 083 000  de produits (506  par habitant), soit un solde de 146 000  (68  par habitant)[A2 1],[A2 2] :

  • le principal pôle de dépenses de fonctionnement est celui des charges de personnels[Note 9] pour un montant de 495 000  (53 %), soit 231  par habitant, ratio inférieur de 31 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (335  par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 211  par habitant en 2009 et un maximum de 231  par habitant en 2013 ;
  • la plus grande part des recettes est constituée des impôts locaux[Note 10] pour une valeur totale de 619 000  (57 %), soit 289  par habitant, ratio inférieur de 18 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (354  par habitant). En partant de 2009 et jusqu'à 2013, ce ratio augmente de façon continue de 252  à 289  par habitant.

Les taux des taxes ci-dessous sont votés par la municipalité de Pierrefonds[A2 3]. Ils ont varié de la façon suivante par rapport à 2012[A2 3] :

La section investissement[Note 11] se répartit en emplois et ressources. Pour 2013, les emplois comprennent par ordre d'importance[A2 4] :

  • des dépenses d'équipement[Note 12] pour un montant de 449 000  (98 %), soit 210  par habitant, ratio inférieur de 42 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (360  par habitant). Pour la période allant de 2009 à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 92  par habitant en 2012 et un maximum de 298  par habitant en 2009 ;
  • des remboursements d'emprunts[Note 13] pour un montant de 9 000  (2 %), soit 4  par habitant, ratio inférieur de 94 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (67  par habitant).

Les ressources en investissement de Pierrefonds se répartissent principalement en[A2 4] :

  • subventions reçues pour 14 000  (9 %), soit 6  par habitant, ratio inférieur de 91 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (69  par habitant). Depuis 5 ans, ce ratio fluctue et présente un minimum de 0  par habitant en 2012 et un maximum de 139  par habitant en 2010 ;
  • fonds de Compensation pour la TVA pour une valeur totale de 5 000  (3 %), soit 2  par habitant, ratio inférieur de 95 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (40  par habitant).

L'endettement de Pierrefonds au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 14], l'annuité de la dette[Note 15] et sa capacité de désendettement[Note 16] :

  • l'encours de la dette pour une valeur de 70 000 , soit 33  par habitant, ratio inférieur de 95 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (724  par habitant). Sur la période 2009 - 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 10  par habitant en 2010 et un maximum de 51  par habitant en 2011[A2 5] ;
  • l'annuité de la dette pour une valeur totale de 11 000 , soit 5  par habitant, ratio inférieur de 95 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (94  par habitant). Depuis 5 ans, ce ratio fluctue et présente un minimum de 5  par habitant en 2013 et un maximum de 16  par habitant en 2012[A2 5] ;
  • la capacité d'autofinancement (CAF) pour une valeur de 156 000 , soit 73  par habitant, ratio inférieur de 58 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (173  par habitant). Pour la période allant de 2009 à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 73  par habitant en 2013 et un maximum de 131  par habitant en 2009[A2 6]. La capacité de désendettement est de moins d'un an en 2013. Sur une période de 14 années, ce ratio est constant et faible (inférieur à 4 ans)

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[23]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[24].

En 2018, la commune comptait 1 839 habitants[Note 17], en diminution de 2,13 % par rapport à 2013 (Oise : +1,44 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3001 7541 4051 3891 5001 4441 5101 6871 575
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6141 7281 8821 7601 6651 9351 7351 7451 819
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7291 8041 7861 5661 6321 4871 4601 5691 672
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1 5481 5311 4741 3761 5481 9452 0391 8901 819
2018 - - - - - - - -
1 839--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[25] puis Insee à partir de 2006[26].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âgesModifier

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (18,8 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51,2 % contre 48,4 % au niveau national et 49,3 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 51,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,4 %, 15 à 29 ans = 20,6 %, 30 à 44 ans = 21,5 %, 45 à 59 ans = 21,7 %, plus de 60 ans = 15,8 %) ;
  • 48,8 % de femmes (0 à 14 ans = 18,2 %, 15 à 29 ans = 15,2 %, 30 à 44 ans = 21,4 %, 45 à 59 ans = 23,1 %, plus de 60 ans = 22,2 %).
Pyramide des âges à Pierrefonds en 2007 en pourcentage[27]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,1 
90  ans ou +
1,7 
5,5 
75 à 89 ans
9,6 
10,2 
60 à 74 ans
10,9 
21,7 
45 à 59 ans
23,1 
21,5 
30 à 44 ans
21,4 
20,6 
15 à 29 ans
15,2 
20,4 
0 à 14 ans
18,2 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[28]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

HéraldiqueModifier

Les armes de Pierrefonds se blasonnent ainsi :

d'azur au château du lieu d'argent, accompagné de quatre fleurs de lys d'or, ordonnées deux en chef et deux aux flancs.

Sa devise est : « Qui veult, peult ».

JumelagesModifier

Lieux et monumentsModifier

Monuments historiquesModifier

 
Château de Pierrefonds, côté sud.
 
Église Saint-Sulpice de Pierrefonds.
 
Ancienne gare de Pierrefonds.

Pierrefonds compte quatre monuments historiques sur son territoire :

  • Le château de Pierrefonds, rue Viollet-le-Duc (classé monument historique par liste de 1862, site inscrit par arrêté du [29]) : Un château existe à Pierrefonds au plus tard vers le milieu du XIIe siècle, et il a peut-être été édifié par le premier seigneur connu de Pierrefonds, Nivelon. Le château est remplacé par une construction plus vaste sous Louis d'Orléans à partir de 1393. Bien que le chantier progresse rapidement, les corps de logis ne sont pas achevés lors de l'assassinat du duc d'Orléans en 1407, mais le château remplira bien sa mission, qui est la surveillance des échanges commerciaux entre les Flandres et la Bourgogne. En 1616, il appartient au duc François-Annibal d'Estrées, opposant à l'accession au pouvoir de Louis XIII. Richelieu fait assiéger le château de Pierrefonds jusqu'en 1617. Le château est pris et démantelé sur ordre du nouveau roi, puis tombe en ruines. Napoléon Ier s'y intéresse et le rachète en 1810, mais il faut attendre le Second Empire et l'année 1857 pour voir commencer sa restauration sous l'initiative de Napoléon III. Il confie la direction des travaux à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui va outre les réalités historiques et crée un nouveau château reflétant sa propre vision du Moyen Âge. Après sa mort en 1879, son gendre Maurice Ouradou prend son relais jusqu'à sa propre disparition cinq ans plus tard. Le château est alors presque achevé. Voulu par Napoléon III comme résidence occasionnelle et musée, il est finalement ouvert comme musée sous la Troisième République. De dimensions impressionnantes, le château occupe au sol la forme d'un pentagone et est flanqué par huit tours, dont le donjon avec le corps de logis attenant à l'ouest. La chapelle occupe l'intérieur de la tour orientale. L'ouest, le nord et le nord-est de la cour intérieure sont occupés par des bâtiments abritant des salles de casernement, et surtout la salle des Preux au premier étage, et la salle des Gardes au rez-de-chaussée de l'aile occidentale. Le sous-sol abrite une collection de reproductions de sculptures funéraires baptisée le bal des gisants. Alors que l'extérieur du château affiche une architecture militaire influencée par le style gothique, la Renaissance domine les façades orientées vers la cour et une grande partie des pièces. Les finitions et la sculpture ont fait l'objet de soins particuliers, mais le château n'a jamais été meublé. Le château est toujours un musée géré par le Centre des monuments nationaux (CMN)[30].
  • L'église Saint-Sulpice', rue Louis-d’Orléans (classée monument historique par liste de 1862[31]) : de style gothique, elle associe un chœur avec deux collatéraux du XIIIe siècle à une double nef flamboyante de la fin du Moyen Âge. L'édifice est toutefois d'origine beaucoup plus ancienne que les parties gothiques ne le suggèrent. La fondation par le seigneur Nivelon et le début des travaux remontent aux années 1060, et le chœur de la première église romane devait être achevé au début du XIIe siècle. N'en font preuve que les trois arcades faisant communiquer les trois vaisseaux du chœur avec les deux nefs, et à plus forte raison la crypte en dessous du chœur, abritant la tombe de Nivelon et la source thermale ayant donné son nom à Pierrefonds. Alors que la façade occidentale, le portail septentrional et le remplage des fenêtres ont été très soignés, l'intérieur témoigne d'une construction hâtive sans voûtement et sans la moindre ornementation. Les nefs s'accordent mal avec le chœur, prévue à la base pour une nef simple accompagnée de bas-côtés. En même temps, l'église est spacieuse et bien éclairée, et les charpentes en carène renversée du chœur sont d'un bel effet. Très endommagée lors de la Première Guerre mondiale, le chœur actuel est en grande partie le produit d'une reconstruction à l'identique lancée en 1926. Sinon, l'élément le plus récent est l'étage de beffroi et le couronnement du clocher, achevé en 1557 dans une architecture Renaissance très sophistiquée. Après son classement en 1862, l'église a été déclassée, puis classée de nouveau par arrêté du et par arrêté du . Du prieuré adjacent ayant dépendu de l'abbaye de Marmoutier, ne reste qu'une porte fortifiée et de rares vestiges[32].
  • L'ancienne gare de Pierrefonds, allée des Tilleuls (inscrite monument historique par arrêté du [33]) : la gare de Pierrefonds se situe sur l'ancienne ligne de Rethondes à La Ferté-Milon, tronçon d'un itinéraire devant relier Amiens à Dijon. Le bâtiment voyageurs est édifié dans le site du Beaudon par l'architecte Charles Lecoeur, recommandé par le prince Radziwiłł, propriétaire de l'hôtel des Bains. Les travaux démarrent en 1883 avec le remblaiement du site. Le bâtiment est édifié selon un plan de base établi par la Compagnie, mais l'architecte choisit de remplacer la brique par des pierres de taille appareillées. Les tuiles mécaniques laissent la place à des ardoises de zinc en écaille. Les installations comprennent une halle à marchandises et, en face, un petit château d'eau servant à l'alimentation des machines à vapeur. La nouvelle gare de « Pierrefonds-les-Bains » est inaugurée le , et contribue à la fréquentation touristique croissante du site, en particulier grâce à la présence du château de Pierrefonds et à l'établissement thermal. La ligne est fermée au trafic voyageurs le . Le 1er juillet 1966, le trafic de marchandises cesse à son tour. La voie ferrée est neutralisée l'année suivante.
  • Le domaine du Bois d'Aucourt, situé en écart à l'ouest du bourg, au bout d'un chemin privé partant de la RD 85 (inscrit monument historique par arrêté du [34]) : la propriété entourée par la forêt a été aménagée pendant les années 1890 par Adolphe Clément-Bayard dans un style anglo-normand, et est aujourd'hui une propriété privée[35].

Autres éléments du patrimoineModifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

  • Le château de Jonval, sente du Diable
  • Le lac de Pierrefonds, près du centre-ville
  • Le monument aux infirmières, place de l'Hôtel-de-Ville : Il est dédié aux infirmières mortes sur les champs de bataille pendant la Première Guerre mondiale et plus particulièrement à Élisabeth Jalaguier, arrivée à Pierrefonds en 1918 et touchée mortellement par un obus trois mois avant l'Armistice. Élevée à titre posthume au rang de chevalier de la Légion d'honneur par Georges Clemenceau en 1919, un médecin de Pierrefonds et une infirmière décident de lui rendre hommage par un monument et organisent une souscription en 1933. Un comité présidé par le président Albert Lebrun se constitue, mais le monument n'est érigé qu'en 1955 et a été racheté par la commune en 1996[36].
  • L'ancien établissement thermal, rue Louis-d'Orléans : après la découverte de sources sulfureuses par monsieur Deflubé dans son jardin en 1846, et la reconnaissance des vertus des eaux pour soulager les maladies des organes respiratoires, les douleurs articulaires et les maladies de la peau, il transforme sa propriété en établissement thermal. Il comprend l'hôtel des Bains et un centre de soins, proposant des bains et des douches et des inhalations respiratoires. L'eau est également administrée comme boisson. Les loisirs et l'agrément ne sont pas non plus oubliés, avec un casino, et des salles de jeux, de repos et de lecture. L'essor de l'établissement thermal et de toute la station de Pierrefonds s'accélère avec l'inauguration de la voie ferrée en 1884. La Première Guerre mondiale interrompt brusquement ce développement, et l'hôtel est transformé temporairement en hôpital militaire auxiliaire[37].
  • L'institut Charles-Quentin, rue Louis-d'Orléans : ce lycée privé d'enseignement général et agricole a comme domicile une grande demeure bourgeoise aux allures de château datant de 1865, dessiné par Viollet-le-Duc. Il est entouré d'un jardin anglais de 13 ha dans un beau cadre paysager avec vue sur le château, comportant un jardin botanique et un arboretum d'une soixantaine de variétés ouverts à la promenade. Plusieurs jardins thématiques s'y sont ajoutés : un « jardin de Curé », « jardin d'Ombre », un potager pédagogique et un jardin d'inspiration méditerranéenne[38].

Personnalités liées à la communeModifier

 
Pierrefonds, vue par Jean-Baptiste Camille Corot.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Dangu (l'abbé), « Études sur Pierrefonds », Bulletin de la Société historique de Compiègne, Compiègne, vol. 15,‎ , p. 153-272 (ISSN 0244-6111, lire en ligne)
  • Boureux (Jean-Pierre), Cousin (Alexandre), Pierrefonds et ses environs, éditions Alan Sutton, collection Mémoire en images, , 128 p.

Articles connexesModifier

 
Vue aérienne de Pierrefonds.

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[5].
  3. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  4. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  5. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  6. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  7. Cette sous-section Finances locales est issue d'une synthèse des données du site alize2.finances.gouv.fr du ministère de l'Économie et des Finances. Elle est présentée de façon standardisée pour toutes les communes et ne concerne que le périmètre municipal. Pour constituer cette partie, l'outil Finances locales version 1.2.1 : Yin Yang Kappa    a effectué la synthèse des 98 pages du site alize2.finances.gouv.fr concernant Pierrefonds. Finances locales est un logiciel libre distribué en copyleft sous licence GNU GPL version 3.
  8. La « section de fonctionnement » est constituée des dépenses courantes et récurrentes nécessaires au bon fonctionnement des services municipaux et à la mise en œuvre des actions décidées par les élus, mais sans influence sur la consistance du patrimoine de la commune.
  9. Les « charges de personnel » regroupent les frais de rémunération des employés par la commune.
  10. Les « impôts locaux » désignent les impôts prélevés par les collectivités territoriales comme les communes pour alimenter leur budget. Ils regroupent les impôts fonciers, la taxe d'habitation ou encore, pour les entreprises, les cotisations foncières ou sur la valeur ajoutée.
  11. La section « investissement » concerne essentiellement les opérations visant à acquérir des équipements d’envergure et aussi au remboursement du capital de la dette.
  12. Les « dépenses d’équipement » servent à financer des projets d’envergure ayant pour objet d’augmenter la valeur du patrimoine de la commune et d’améliorer la qualité des équipements municipaux, voire d’en créer de nouveaux.
  13. Les « remboursements d'emprunts » représentent les sommes affectées par la commune au remboursement du capital de la dette.
  14. L'« encours de la dette » représente la somme que la commune doit aux banques au de l'année considérée
  15. L'« annuité de la dette » équivaut à la somme des intérêts d'emprunts de la commune et du montant de remboursement du capital au cours de l'année
  16. La « capacité de désendettement » est basée sur le ratio suivant défini par la formule : ratio = encours de la dettecapacité d'autofinancement. Ce ratio montre, à un instant donné, le nombre d'années qui seraient nécessaires au remboursement des dettes en considérant les ressources de Pierrefonds.
  17. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Base de données du ministère du Budget, relative aux comptes des communesModifier

RéférencesModifier

  1. « Communes limitrophes de Pierrefonds (Oise) » sur Géoportail..
  2. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  3. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
  4. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
  5. Glossaire – Précipitation, Météo-France
  6. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
  7. « Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - », sur www.observatoireclimat-hautsdefrance.org (consulté le )
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  9. « Orthodromie entre Pierrefonds et Margny-lès-Compiègne », sur fr.distance.to (consulté le ).
  10. « Station Météo-France Margny-les-Compiègne - fiche climatologique - statistiques 1981-2010 et records », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
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  12. « Station météorologique de Saint-Quentin - Normales pour la période 1971-2000 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
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  26. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
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  30. Fiche d'information du château édité par le CMN.
  31. « Église Saint-Sulpice », notice no PA00114804, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. Dany Sandron, « L'église Saint-Sulpice de Pierrefonds à l’époque romane », Groupe d’étude des monuments et œuvres d’art de l’Oise et du Beauvaisis - L’Art roman dans l’Oise et ses environs (actes du colloque organisé à Beauvais les 7 & 8 octobre 1995), Beauvais,‎ , p. 57-65.
  33. « Gare de Pierrefonds », notice no PA00114805, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  34. « Domaine du Bois d'Aucourt », notice no PA60000058, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  35. « Domaine du bois d'Aucourt » (consulté le ).
  36. « Monument aux infirmières », sur Office de tourisme de Pierrefonds (consulté le ).
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  38. « Le Parc de l’Institut Charles Quentin », sur Institut Charles-Quentin (consulté le ) ; « Les différents jardins », sur Institut Charles-Quentin (consulté le ).