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BiographieModifier

Quatrième fils d'Henri Ier de Montesquiou, seigneur d'Artagnan et de Tarasteix (mort en 1668) et de son épouse Jeanne de Gassion[1], Pierre de Montesquiou voit le jour en 1640. Il est le cousin germain de Charles de Batz de Castelmore, dit le comte d'Artagnan, qui inspire le célèbre personnage de romans à Alexandre Dumas.

Confié en 1655 aux pères de l'Oratoire qui dirigeaient l'Académie royale de Juilly, il en sortit en 1660 pour devenir page du cardinal Mazarin et assister, le , à l'entrée du roi et de la reine dans Paris.

En 1664, il est page du roi. Il entre comme mousquetaire dans la Première compagnie. Il sert pendant 23 ans comme mousquetaire aux Gardes françaises, avant d'être promu brigadier en 1688, maréchal de camp en 1691 et lieutenant général le . Il est promu par Louis XIV gouverneur de la ville et citadelle d'Arras et de la lieutenance générale de la province d'Artois, avec un régiment d'infanterie qui fut reformé à la paix de Ryswick, après lui avoir annoncé la victoire de la bataille de Nerwinde en 1693.

En 1698, il quitte le régiment des Gardes françaises, le roi lui réservant pensions, entrées et logements au château de Versailles. En 1699, il achète le château du Plessis-Picquet aux créanciers de Sébastien François de La Planche, trésorier général des Bâtiments, complètement ruiné. Il était en très bon termes avec Madame de Maintenon, ainsi qu'avec le duc du Maine, et son épouse Louise Bénédicte de Bourbon, qui avaient pris la succession de Colbert au château de Sceaux. À la fin de 1699, il part en Flandres avec mission de rentrer dans Mons.

Second mariageModifier

Veuf, sans enfant, de Jeanne Pasdeloup, l'année d'avant, il épouse en secondes noces, le , Élisabeth l'Hermite d'Hieville (vers 1675-1766)[2], dame de Mesnil-Riant et du Robillard en Auge, fille unique de François Philippe l'Hermite d'Hiéville (mort en juin 1714), Sgr d'Hiéville[3], de Sainte-Barbe-en-Auge, Montchampet de Mélie, et de Marie-Catherine d'Angennes, son épouse[4], par devant L. Bodin, curé du Plessis[5]. Parmi les témoins du mariage sont conviés, entre autres, le Louis de France (1661-1711), Dauphin du Viennois, héritier du trône, ses enfants, le duc de Bourgogne et son épouse née Marie-Adélaïde de Savoie, le duc d'Anjou, le duc de Berry, le frère du roi "Monsieur" (Philippe de France), duc d'Orléans, son épouse "Madame", née Elisabeth-Charlotte de Palatinat et leur fils duc de Chartres enfin la marquise de Maintenon (épouse secrète du roi). Son contrat de mariage, resté dans le château, fut retranscrit par Georges Teyssier, gendre du propriétaire de l'époque Louis Hachette dans un ouvrage qu'il écrivit sur les seigneurs du Plessis en 1885[6].

Il commande peu après son portait et celui de son épouse au peintre Nicolas de Largillierre (musée des beaux-arts d'Arras).

Le naît son fils, Louis de Montesquiou, et un peu plus tard sa fille, Catherine de Montesquiou, qui mourut à l'âge de deux ans.

Campagne en Belgique et carrière politiqueModifier

Pierre de Montesquiou alla commander en Brabant en 1702, fit la campagne près de la personne du duc de Bourgogne où il eut sur la fin l'ordre de se jeter dans la ville de Namur, menacée par le siège des alliés. Il est de la bataille de Ramillies en 1706 et, en 1708, de la Bataille d'Oudenarde. Il reçoit l'ordre d'attaquer le fort Rouge sous Gand, qu'il emporta, et se rend maître de Pont-à-Marcq en 1709. Puis il prend le fort de Warneton, l'épée à la main, faisant 800 prisonniers. Il rejoint ensuite l'armée et commanda l'infanterie de l'aile droite à la bataille de Blangies, dite bataille de Malplaquet, ou il devient maréchal de France par lettres du sur décision personnelle du roi Louis XIV, à l'issue de l'héroïque bataille où il sauve une grande partie de l'armée française par un repli en bon ordre malgré les attaques incessantes de l'ennemi. Il est lui-même blessé au cours des combats et trois des chevaux qu'il monte sont tués. Il eut ordre de rester sur la frontière des Pays-Bas pour y commander pendant l'hiver 1710.

À la suite de sa nomination, il souhaite se faire nommer « maréchal de Montesquiou » mais fait face à la vive opposition du prince de Condé, qui ne souhaite pas qu'on mette à l'honneur le nom de l'assassin de son bisaïeul à la bataille de Jarnac. Quoique devenu le comte de Montesquiou à la mort de son père, il demeure donc connu à la cour sur le nom de « maréchal d'Artagnan ».

Il est gouverneur de Bretagne de 1716 à 1720. Le , il perd son fils unique et colonel d'infanterie. Il entre au Conseil de Régence le . En octobre 1721, il devient commandant en Languedoc, Provence et Cévennes.

Vie civileModifier

Très engagé par des dettes contractées dans les travaux d'aménagements de son château du Plessis-Robinson, le roi lui rembourse ses dettes à Marly le , sur l'intervention de Madame de Maintenon. Le maréchal est par ailleurs, dans les années 1700-1710, le principal acheteur de vin des luxueux domaines de Pierry et de Hautvillers en Champagne[7].

Sa seconde épouse fut une familière de la cour de la duchesse du Maine, chevalière de l'ordre de la Mouche à miel, invitée de ses salons littéraires et des fêtes des Grandes Nuits de Sceaux, à qui elle fait envoyer par Nicolas de Malézieu des couplets admiratifs.

Il fit construire la terrasse du parc Henri-Sellier, dit aussi parc Hachette, de laquelle on voit le château de Sceaux. Cette terrasse était ornée d'une échauguette ronde sur la demi-lune et comportait un cadran solaire. Il fit également creuser un étang, dont l'eau était si rare que les habitants lui donnèrent le nom de « L'Écoute s'il pleut »[8]. Il fera également réaliser une glacière dans la propriété.

Il rédige un testament le et le , puis meurt à son château du Plessis-Piquet le . Il est inhumé le 14 août dans l'église paroissiale de l'époque, Sainte-Marie-Magdeleine, maintenant église Saint Jean-Baptiste, jouxtant le château. Son épitaphe gravée dans le marbre noir était :

« Cy gist très haut et très puissant Seigneur, Monseigneur Pierre de Montesquiou, comte d'Artagnan, Maréchal de France, Général des Armées du Roy, conseiller du Conseil de Régence, Gouverneur des Villes et Cité et Citadelle d'Arras, Chevalier Commandeur des Ordres de sa Majesté, décédé en son château du Plessis-Piquet le 12 août 1725, à l'âge de 85 ans et 6 mois. Reg in pace »

— Cité par l'abbé Lebœuf dans Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris.

Son tombeau semble avoir disparu à la Révolution française. Une plaque commémorative est posée dans l'église en 1933.

N'ayant plus de postérité, son neveu Paul d'Artagnan hérite et conserve le Plessis jusqu'en 1751, puis le fils de celui-ci de 1751 à 1755, qui le vend à Pierre Goblet, conseiller du roi, avocat au grenier à sel. La veuve de Pierre de Montesquiou, dite la « Belle d'Artagnan », meurt à Paris en 1766[9].

Louis de Gand de Mérode de Montmorency succéda au maréchal-comte d'Artagnan comme gouverneur d'Arras et lieutenant général de la province. Il dut cette faveur à Louis de Bourbon-Condé, premier prince du sang, mais il s'engagea préalablement à payer à la veuve de son prédécesseur 40 000 écus et une pension annuelle de 12 000 livres.

Fonctions et gradesModifier

Campagnes militaires et faits d'armesModifier

Armoiries et deviseModifier

  • « D'or à deux tourteaux de gueules, l'un sur l'autre en pal »
  • « Deo duce et fero comite » (« Dieu pour maître et l'épée pour compagne »)

IconographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Morte le .
  2. Baptisée le à Notre-Dame d'Alençon, parrainée par Charles d'Angennes, Sgr de Fontaine-Riant, et la duchesse de Guise, d'Alençon et d'Angoulême, comtesse de Ponthieu (Gdt[Quoi ?] avec Robert l'Hermite).
  3. Près de Saint-Pierre-sur-Dives.
  4. « Catherine Élisabeth l'Hermitte » sur Geneanet.
  5. Archives municipales d'Alençon, série E ; 1 E 1, registre paroissial des baptêmes, mariages et sépultures, 1662-1734.
  6. L'Original a été perdu.
  7. Le procureur de l'abbaye d'Hautvillers était alors Dom Pérignon (Musset Benoît, « Le prix de la qualité : les vins de Champagne et de Bourgogne au XVIIIe siècle », Revue d'histoire moderne et contemporaine, no 60, mars 2013, p. 110-136, en ligne).
  8. Aujourd'hui comblé, il était à l'emplacement de l'actuel groupe scolaire Henri-Wallon.
  9. Ses héritiers en ligne paternelle sont : Charles Rozée, Sgr d'Infreville, héritier pour moitié ; Guillaume René d'Anneville, chevalier, Sgr et patron de Tamerville, Flottemanville, etc. et Catherine Geneviève de Héricy, héritière pour l'autre moitié.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Archives municipales d'Alençon, série E (1E1), registre de baptêmes, mariages et sépultures, 1662-1734.
  • Simon Lamoral Le Pipre de Neuville, Institution des deux compagnies des mousquetaires du roi, Paris.
  • Père Anselme, Honoré Caille du Fourny, Ange de Sainte-Rosalie, Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, tome VII, Paris chez les Libraires associés, 1733, 3e édition, pp. 261 et suivantes, pp. 684-685.
  • M. de Reboulet, Histoire du règne de Louis XIV, roy de France, Giraral, 1744.
  • Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris.
  • E. Chouteau, Le Maréchal de Montesquiou et sa femme Élisabeth l'Hermite d'Hiéville, Le Puy-en-Velay, 1935.
  • Georges Poisson, Évocation du Grand Paris.
  • René Pottier, Histoire d'un village, le Plessis-Robinson, Nouvelles éditions Latines, 1941 ; réédition en 1996, pp. 85 à 101.
  • P. Anselme, Histoire généalogique de la Maison de France.
  • Georges Teyssier, Le Plessis-Picquet, ancien Plessis-Raoul, le Plessis-Robinson, Ville du Plessis-Robinson, 1885 ; réédition en 1968, pp. 23-29.
  • Joseph Varro, « Où est la tombe du Comte d'Artagnan ? », le Petit-Robinson, no 81, octobre 1996.
  • Jacques Ledeux, Le Plessis-Robinson, neuf siècles au fil de l'Histoire, Boulogne, Éd. TerraMare, 2009, p. 31-36.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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