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Pierre Tisseyre
Naissance
Paris (France)
Décès (à 85 ans)
Montréal (Québec)
Nationalité Drapeau de la France française, Drapeau du Canada canadienne
Profession
Distinctions
Famille

Pierre Tisseyre (né à Paris le , mort le à Montréal[1]) est un avocat, puis journaliste, écrivain et éditeur littéraire québécois.

BiographieModifier

Né à Paris, le (†1995), Pierre Tisseyre termine sa scolarisation par des études en droit et se spécialise dans les problèmes de droit d'auteur. Il est le fils de Charles (Adrien) Tisseyre(1880-1945).

Avocat en Europe, journaliste littéraire à New YorkModifier

À 22 ans, de 1932 à 1935, il devient conseiller juridique des Films Paramount en Europe, avant de se lancer dans le journalisme, de 1935 à 1940, à New York, comme correspondant pour les revues ou journaux français tels Candide, Gringoire, Le Petit Journal[2].

Lieutenant dans l'armée, écrivain prisonnier en EuropeModifier

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) change le cours de sa vie. Enrôlé en 1940, il est tôt fait prisonnier des Allemands et passe cinq longues années dans les camps de concentration. Son récit Cinquante-cinq heures de guerre, rédigé dans un oflag de Silésie, détaille l'ultime résistance du bataillon de 36 hommes qu'il commandait à titre de lieutenant, à la bataille de Formerie, « un gros village de deux à trois mille âmes, à mi-chemin entre Amiens et Rouen » (p. 14). Ce lieutenant qui, dès le début des hostilités, n'a pas manqué de revenir en France pour faire son devoir, est incapable d'accepter l'idée d'enlever la vie à son semblable, fût-il son ennemi :

« Mon bras retombe. Je n'ai pas tiré. Je n'ai pas envie de tuer. Mon cœur ne contient ni haine, ni fureur, ni fièvre. Certes, cet homme appartient à un peuple que j'ai appris à redouter, à détester » (p. 152).

C'est par la guerre que Pierre Tisseyre apprit à goûter chaque instant de vie, ainsi qu'il le montre dans ce récit et dans « Barbelés », narration portant sur sa captivité, qu'il ajoute, en 1994, à la réédition de Cinquante- cinq heures de guerre.

Au QuébecModifier

Mariage et descendanceModifier

À peine libéré, Pierre Tisseyre s'installe au Québec, en . Il ne tarde pas à y croiser une séduisante et douée journaliste speakerine bilingue (français-anglais) de la radio nationale : Michelle Ahern-de Brabant, qui obtient son divorce en 1946 et qu'il épouse en 1947.

Ce couple aura eu quatre enfants : Michelle Tisseyre (1947-), militante, journaliste, mère de 7 enfants, romancière[3], aussi dite Michelle Robinson comme traductrice[4], Charles Tisseyre (1949-), avocat, présentateur de télévision et éditeur[5],[6], François Tisseyre (1954-1993), avocat, éditeur, pilote d'avions (par loisir)[7] et Philippe Tisseyre (1958-2013), cuisinier, traiteur, pianiste, compositeur[8],[9], qui ont un grand-frère utérin, Jean de Brabant (1938-), avocat, consultant puis promoteur dans le domaine immobilier et auteur[10].

Éditeur littéraireModifier

Pierre Tisseyre se consacre au domaine de l'édition, d'abord en assurant la publication canadienne de : Carrefour, Le Monde français, et La Vie française[2]. En 1948, il se joint au Cercle du livre de France (CLF) comme directeur des opérations montréalaises[11].

Dans les années 1950, Pierre Tisseyre est actif dans plusieurs associations professionnelles, notamment au sein de l'Association des éditeurs canadiens, dont il assure la présidence à plusieurs reprises entre 1958 et 1977. Entre-temps, il fonde d'autres entités en rapport avec l'édition, telles : Le Cercle du livre romanesque (1952), les Messageries du Saint-Laurent (1960), les Éditions du Renouveau pédagogique (1965) et les Éditions Mirabel (1971). En 1973, il lance la collection « Deux solitudes », qui présente les traductions des meilleurs livres d'auteurs canadiens-anglais. Son épouse, Michelle Tisseyre, en est une assidue traductrice. En 1987, le Cercle du livre de France change de nom pour les Éditions Pierre Tisseyre[2].

Pierre Tisseyre, qui aura joué durant plus de 40 ans un rôle de pionnier dans l'édition québécoise, meurt à 85 ans, le , à Montréal.

BibliographieModifier

HonneursModifier

Notes et référencesModifier

  1. Aurélien Boivin, « Pierre Tisseyre : pionnier de l’édition québécoise », Québec français, n° 98, 1995, p. 20 (article retransmis sur erudit.org) (consulté le 25 avril 2011).
  2. a b et c Fonds d'archives Pierre-Tisseyre
  3. Michelle Tisseyre, fille (1947-) est l'auteur de :
    Michelle Tisseyre, Une rose tardive : La passion de Jeanne, t. 1, Montréal / Paris, Les Éditions Pierre Tisseyre / Laffont, (1re éd. 1997), 368 p. (ISBN 978-2-8963-3116-1, présentation en ligne);
    Michelle Tisseyre, Avant Guernica : La passion de Jeanne, t. 2, Montréal / Paris, Les Éditions Pierre Tisseyre / Laffont, , 496 p. (ISBN 978-2-8905-1930-5, présentation en ligne).
    — Voir aussi : « Michelle Tisseyre [fille] : un projet mûri longuement [la saga La Passion de Jeanne] », sur fr.canoe.ca, (consulté le 25 avril 2011).
  4. Page 110 de : Agnès Withfield (dir.), Le métier du double : Portrait de traductrices et traducteurs littéraires, Montréal, Les Éditions Fides, coll. « Nouvelles études québécoises », , 385 p. (ISBN 978-2-7621-2665-5 et 2-7621-2665-7, lire en ligne), il est écrit que « Michelle Robinson, fille de Michelle et Pierre Tisseyre » participe sporadiquement à la traduction anglais-français pour la collection « Deux solitudes, jeunesse » fondée en 1979 par sa mère et Paule Daveluy, aussi traductrices pour cette collection.
  5. Richard Therrien, « Plus efficace que le bonhomme bleu », sur cyberpresse.ca, (consulté le 25 avril 2011).
  6. « Historique de la maison et présentation de l'équipe (dont Charles Tisseyre est le président, succédant à son frère François, depuis 1993) », Éditions Pierre Tisseyre (www.tisseyre.ca), (consulté le 25 avril 2011).
  7. Robert Soulières, « Hommage à François Tisseyre : un ami, un vrai », Lettres québécoises : la revue de l'actualité littéraire, n° 71, 1993, p. 4 (article transmis en ligne par erudit.org) (consulté le 25 avril 2011).
  8. « Philippe Tisseyre, en presque cinquante-trois années... », sur communicationsjulielamoureux.com, (consulté le 25 avril 2011).
  9. « Philippe Tisseyre refait surface avec un nouvel album », La Presse canadienne, par cyberpresse (www.cyberpresse.ca), (consulté le 25 avril 2011).
  10. « Jean de Brabant : biographie [auteur de Comment tripler sa mémoire après 50 ans; notice autobiographique] », sur mamemoire.ca, (consulté le 25 avril 2011).
  11. « En 1947, deux Américains, Charles Spilka et Horace Marston, rencontrent Pierre Tisseyre, connu dans le domaine de l'édition, et lui demandent de diriger le club du livre, Le Cercle du Livre de France créé à Montréal. Ainsi, dès 1947, Le Cercle du Livre de France, regroupe environ 4000 membres et suit la formule du Book-of-the-Month-Club. Les personnes intéressées adhèrent au club gratuitement et s'engagent à acheter quatre livres parmi les ouvrages sélectionnés chaque mois par l'éditeur. Un livre est offert en prime aux membres qui achètent les quatre livres. Pour faire fonctionner le club, Pierre Tisseyre réédite des œuvres françaises. Pour ses sélections, Le Cercle du Livre de France collabore avec plusieurs éditeurs français en achetant les droits d'auteurs. Le Cercle du Livre de France réussit à vivre malgré des temps difficiles, et cela grâce à la persévérance de Pierre Tisseyre et au grand rôle qu'il a joué plus tard auprès des instances gouvernementales. » — résumé de : Si Mohand, Aïni, dir. Michon, Jacques, Le Cercle du livre de France : 1947-1959 [ressource électronique], Sherbrooke : Université de Sherbrooke, 1998, collection « Thèses de l'Université de Sherbrooke - FLSH - Lettres et communications », Thèses (M.A.) (ISBN 0-6124-6795-3).
    Ce résumé est repérable en ligne au Catalogue Crésus, des Services des bibliothèques et archives de l'Université de Sherbrooke, à l'onglet « Mémoires et thèses », en effectuant la recherche sous (par exemple) les Termes de recherche Tisseyre Mohand puis, sur la page de « notice » atteinte, en allant à la ligne « contenu » cliquer sur « résumé ».
  12. Extrait (Publié par Jean-Louis Lessard)
  13. a et b « Les membres du jury [de journalistes], parmi eux André Salmon et Jean Follain, sont réunis à la brasserie Lipp à Saint Germain des Prés pour décerner le Prix Cazes [1944]. L'écrivain Pierre Tisseyre est couronné pour son livre "Cinquante cinq heures de guerre". » — « Le prix Cazes décerné à Pierre Tisseyre [extrait de film (vidéo de 26 s)] », France Actualités (rediffusé sur www.ina.fr), 24 mars 1944 (« il est encore prisonnier auhourd'hui », dit le narrateur) (consulté le 26 avril 2011).
  14. Francine Bordeleau, « À l'usage des jeunes écrivains : Après cinquante ans de métier, l'éditeur d'Hubert Aquin explique aux auteurs en herbe, dans un ouvrage qui tient aussi de l'autobiographie, l'abc de l'écriture romanesque. », Lettres québécoises : la revue de l'actualité littéraire, n° 71, 1993, p. 59 (recension de : Pierre Tisseyre 1993, L'Art d'écrire ; article retransmis sur erudit.org) (consulté le 26 avril 2011).
  15. Françoise Lepage, chargée de cours, « La petite histoire de Pierre Tisseyre », Lurelu, vol. 23, n° 2, 2000, p. 56 (recension de ce « roman jeunesse » rééd. 2000, en section Biographies : article retransmis sur erudit.org) (consulté le 26 avril 2011),
  16. « Pierre Tisseyre, O.C., B.ès L., LL.D. », Ordre du Canada (www.gg.ca), (consulté le 26 avril 2011).

Voir aussiModifier

Liens externesModifier