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Pierre Satre
Naissance
Grenoble, Isère (Drapeau de la France France)
Décès
Saint-Germain-en-Laye, Yvelines (Drapeau de la France France)
Nationalité française
Domaines aéronautique
Formation École polytechnique
Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace
Renommé pour Sud-Aviation SE 210 Caravelle

Pierre Henri Satre, né le à Grenoble (Isère), et mort le à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), est un ingénieur français du domaine aéronautique, concepteur de l’avion de ligne Sud-Aviation SE 210 Caravelle.

BiographieModifier

FormationModifier

Après ses études au lycée à Marseille[1],[2], Pierre Satre intègre l’École polytechnique en 1929[1],[3] et en sort diplômé en 1931[4] puis il rentre à l'École nationale supérieure de l'aéronautique[5] (« Sup’Aéro ») dont il sort diplômé en 1934[4]. Entre-temps, il effectue son service militaire en 1931-1932[2] à Avord où il est breveté pilote et observateur aérien[6].

Ingénieur de l'Air, il commence sa carrière au Centre d'essais du matériel aérien (CEMA) de Villacoublay où il est plus spécialement chargé des avions légers et commerciaux[2]. Il passe ensuite au Service technique de l'aéronautique (STAé) à la section « Avions de chasse[5] en tant qu’officier de marque de la dernière génération d’avant-guerre : Morane-Saulnier MS.406, Bloch MB.152, Dewoitine D.520 et Arsenal VG 33[2] jusqu'en mars 1941[6].

RéalisationsModifier

Il entre alors à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE), à Toulouse en zone libre, comme chef du bureau d’études[2]. Avec Robert Castello, il étudie de nombreux projets :

Son premier grand programme est le quadrimoteur long courrier SNCASE SE.2010 Armagnac qui effectua son premier vol le mais ne fut construit qu'à 9 exemplaires[6]. Cet avion répond au souci de l’aviation française de s’imposer sur le marché international. Malheureusement, l’industrie manque encore de moyens et il n’existe pas vraiment de structure commerciale adaptée à une telle ambition[2].

Pierre Satre se lance ensuite dans des projets particulièrement innovants :

L’aventure de la CaravelleModifier

Au début des années 1950, le Secrétariat général à l'Aviation Civile et Commerciale émet des spécifications pour l'étude d'un appareil moyen-courrier à réaction[6]. Pierre Satre est à Paris quand il apprend cela. Il rentre à Toulouse dès le et, avec une équipe réduite, se met immédiatement au travail[8].

Pour répondre à ce programme, Pierre Satre conçoit avec André Vautier le SE.210 qui sera baptisé « Caravelle ». Le prototype décolla pour la première fois le avec le pilote d'essai de la SNCASE Pierre Nadot aux commandes. Cet avion biréacteur affichait, selon ses différentes versions, un poids total de 43 à 58 tonnes, une capacité d'emport de 60 à 130 passagers sur des étapes de 1 500 km à 3 000 km à une vitesse de croisière de 775 km/h à 825 km/h. L'appareil se distinguait par la position de ses réacteurs à l'arrière du fuselage. Le souci de sécurité avait incité les ingénieurs à éloigner au maximum les réacteurs du carburant emmagasiné dans les ailes. Ainsi, tout risque d'incendie était pratiquement impossible. De plus, cela donnait aux ailes la pureté aérodynamique d'un planeur et favorisait les performances[6].

Quatre ans après le premier vol du prototype de « Caravelle », le premier moyen courrier à réaction français entra en service le . Il avait obtenu son certificat de navigabilité (CDN) français et américain en avril[4]. L’appareil effectue le un vol plané de Paris à Dijon : le commandant Guibbert décolle d’Orly sur un seul réacteur, atteint l’altitude de 13 500 m à la verticale de la capitale, et amorce une descente en vol plané vers Dijon, parcourant les 265 km en 50 minutes, malgré de très mauvaises conditions météo : nuages, pluie, neige…[8]. Le il effectue le tour des capitales européennes dans la journée[4].

La formule des réacteurs accolés au fuselage fera école dans le monde entier et séduira même la concurrence puisque Douglas l’adoptera même pour son biréacteur Douglas DC-9 tandis que Boeing l’adaptera au triréacteur Boeing 727[2]. Jusqu'en 1973, « Caravelle » qui fut construite en 282 exemplaires, en neuf versions différentes, fut le symbole du savoir-faire aéronautique français. Elle fut vendue à 35 compagnies aériennes dans 27 pays. Avion robuste, « Caravelle » était aussi « l'avion le plus confortable du monde », par le silence qui y régnait[3]. En 1962, le cent-onzième exemplaire de Caravelle est baptisé « Grenoble », du nom de la ville natale de son "père"[9].

Directeur technique de la division avions à la Société Aérospatiale qui succéda à la SNCASE, Pierre Satre prendra ensuite part au programme de l’avion supersonique Concorde[3].

Il quitte ses fonctions en 1974[2] et décède le , à l'âge de 71 ans, à Saint-Germain-en-Laye[10],[11], près de Paris. Il est inhumé au cimetière du Vésinet (Yvelines)[12], où il résidait au no 2, allée du Lac Supérieur[11].

DistinctionsModifier

  Commandeur de la Légion d'honneur

Notes et référencesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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