Ouvrir le menu principal

Un jeune patrioteModifier

Ancien enfant de troupe à l'école d'Autun, il tente au début de l'année 1943 de gagner Londres via l'Espagne, mais il échoue. En cours d'année, il travaille pour une entreprise posant des câbles téléphoniques dans le Massif central et servant de couverture à la Résistance. Fin 1943, il arrive à Jonzac dans la famille de son ami Michel Robert.

Destruction du dépôt de JonzacModifier

Début 1944, il réussit à se faire engager au dépôt de munitions de Jonzac. Parlant un peu allemand, il gagne rapidement la confiance de l'occupant. Par le biais du groupe-franc "Alerte", appartenant à l'Organisation civile et militaire, il fait passer à Londres un plan du dépôt, ainsi qu'une estimation du stock de munitions. Il estime celui-ci à près de 120 trains de munitions. Il s'agit du dépôt de la Kriegsmarine pour l'Atlantique et la mer du Nord, et par l'importance, c'est le deuxième dépôt de l'armée allemande en France. Les munitions sont stockées dans les carrières d'Heurtebise, à 20 m sous terre, et défendues par 26 mitrailleuses, et plusieurs canons de 37 mm, de 77 mm et de 105 mm. Il est impossible de le détruire par un bombardement, ou par un raid de commando. Seule solution : un sabotage.

Le 4 juin, l'ordre est donné de détruire le dépôt.

Après plusieurs tentatives, le 30 juin à 8h30, il parvient, aidé de son ami Claude Gatineau, également embauché au dépôt, à saboter celui-ci. Repérés par une sentinelle allemande, Ruibet se sacrifie en mettant directement le feu aux mèches, enjoignant Gatineau de se sauver. Pendant trois jours, les explosions se succèdent. Le dépôt est anéanti. Gatineau, qui est revenu sur les lieux au début du drame car son absence aurait pu éveiller les soupçons lors de la mise en place des opérations pour tenter de sauver le dépôt, ignore qu'il a été reconnu. Il est arrêté, torturé mais sans rien avouer, et fusillé le lendemain devant les grilles de l'ancienne carrière. Elles se trouvent aujourd'hui au jardin public de Jonzac où elles servent de mémorial à l'action héroïque de Pierre Ruibet et de Claude Gatineau. Le commandant allemand de la place de Jonzac déclara au maire de la commune et au sous-préfet : « Ruibet nous a porté un coup mortel. Nous n'aurions pas cru cela de ce garçon. Nous avions toute confiance en lui. Il nous a trompés. Mais c'était un brave. » Son corps est retrouvé quelques jours plus tard.

Ses obsèques officielles ont lieu à Jonzac le 8 décembre 1944. Le sous-lieutenant Pierre Ruibet est inhumé à Voiron.

Grace à Henri Noguères, ce fait historique a été relaté dans l'épisode Alerte à Jonzac de la série Hommes de caractère, diffusé en 1967 par l'ORTF. A la fin de l'épisode, le réalisateur Jean Kerchbron interrogent des témoins principaux de l'époque pour qu'ils relatent leurs souvenirs.

DécorationsModifier

Lieux mémoriauxModifier

  • Jonzac : monument à Paul Ruibet.
  • Grenoble : rue Pierre Ruibet ; nom gravé sur la stèle des Communes-Compagnon de la Libération
  • Voiron : square Pierre Ruibet, avec monument par Émile Gilioli et portrait sculpté, inauguré le 6 novembre 1949
  • Crolles : impasse Paul Ruibet.

Notes et référencesModifier

  1. Décret du 29 décembre 1944

BibliographieModifier

  • Dreyfus Paul, Histoires extraordinaires de la Résistance, Fayard, Paris, 1977.

Liens externesModifier