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Pierre Pascal

historien français spécialiste de la Russie

BiographieModifier

Pierre Pascal est né le à Issoire de parents laïcs d'ascendance Auvergnate[1]. Son père est professeur de latin au lycée Janson-de-Sailly, après une carrière en province. Sa mère provient d'une famille plus aisée issue de la bourgeoisie issoirienne.

Pierre est élève au lycée Hoche de Versailles puis Janson-de-Sailly et Louis-le-Grand à Paris[2].

Il passe ensuite à l'École normale supérieure de Paris (L 1910), où il découvre la foi par ses lectures de Bossuet et devient un fervent catholique. Il tombe amoureux de la langue russe après avoir reçu comme prix scolaire le livre « Au pays russe » de Jules Legras. Voulant défendre l'alliance franco-russe, il est nommé lieutenant en 1916 à la mission militaire française en Russie après avoir été blessé deux fois au front pendant la Première Guerre mondiale. Il est proche de l'orthodoxie et partisan de l'union des deux Églises, une position rare à l'époque [3].

Fasciné par l'austérité et le caractère vertueux des militants anarchistes et bolchéviques, il se lie avec eux en Russie. Dès les débuts de la Révolution russe de 1917, il se rapproche de Lénine et devient l'un de ses collaborateurs. Il fonde en 1918 le groupe communiste français qui rassemble quelques dizaines de personnes tout au plus, avec des degrés d'engagement variables, tel que Jacques Sadoul ou Jeanne Labourbe. Il se veut « bolchévique catholique[4] ». Il désobéit aux ordres qui mettent fin à sa mission et lui imposent de rentrer en France, après le Traité de Brest-Litovsk[3]. Il a aussi subi, en URSS, un certain nombre d'ennuis pour sa catholicité[3]. En 1921, il se lie avec une secrétaire-dactylo de l'Internationale, Evgenia Roussakova, dont la sœur Liouba est la compagne de Victor Serge. Travaillant dans l'administration du régime, il se rend rapidement compte de sa brutalité. Il rédige de nombreuses notes qu'il envoie en France. Au début des années 1930, la répression stalinienne se resserre autour de ses amis et de la famille de sa femme, ce qui l'incite à revenir en France[5]. Il a pu rapporter ses archives.

Rentré à Paris avec sa femme Evgenia en mars 1933 et réhabilité, il devient traducteur d'ouvrages russes, notamment de Dostoïevski, au sujet duquel il publie aussi des analyses d'œuvres. Devenu professeur à l'École nationale des langues orientales vivantes puis à la Sorbonne, il quitte publiquement la mouvance communiste au moment des purges staliniennes (1936-1937). Il se consacre alors à ses traductions et à l'écriture de livres sur l'histoire de la Russie, notamment sur les aspects religieux. Il revient aussi sur son parcours aux côtés des bolchéviques dans ses Mémoires.

Dans les années 1950-1970, il soutient plusieurs dissidents (Pasternak, Soljenitsyne...).

Il meurt le (à 92 ans) à Neuilly-sur-Seine[6].

Œuvre (liste non exhaustive)Modifier

Traductions d'œuvres russesModifier

À propos de DostoïevskiModifier

Sur le communisme en RussieModifier

  • En Russie rouge, Librairie de L'Humanité, 1921.
  • Mon journal de Russie, Éditions L'Âge d'Homme, 1975-1977 (4 volumes : I 1916-1918, II En communisme, III Mon État d'âme, IV Russie 1927).
  • Journal de Russie, 1928-1929, Édité par Jacques Catteau, Sophie Cœuré et Julie Bouvard, Éditions Noir sur Blanc, 784 pages

Sur l'histoire de la RussieModifier

  • Avvakum et les débuts du raskol : la crise religieuse au XVIIe siècle en Russie, 1938.
  • Histoire de la Russie des origines à 1917, PUF, 1946.
  • La Religion du peuple russe, L'Âge d'Homme, 1969-1973.
  • Civilisation paysanne en Russie, L'Âge d'Homme, 1969.
  • La Révolte de Pougatchëv, Gallimard, 1973.

AnnexesModifier

RéférencesModifier

  1. Pascal a assemblé lui-même une archive sur sa famille, conservée à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), archives Pascal, F delta res 883. Ses souvenirs sur son père furent publiés dans "Mon père Pierre Pascal", in Revue des études slaves t. 54, no. 1-2, 1982, p. 11-17. Ces références citées in Sophie Coeuré, Pierre Pascal: La Russie entre christianisme et communisme (Lausanne: Editions noir et blanc, 2014).
  2. Avant-propos , André Mazon Revue des études slaves, 1961
  3. a b et c François Furet, Le passé d'une illusion, Paris, Robert Laffont, 2003
  4. Georges Nivat, Vivre en Russe, p. 12.
  5. Pierre Pachet, Aux aguets. Essais sur la conscience et l'histoire, Maurice Nadeau, , p. 136
  6. Russie-Europe: la fin du schisme : études littéraires et politiques p. 263, Georges Michel Nivat