Pierre Ouzoulias

archéologue, historien et homme politique français

Pierre Ouzoulias
Illustration.
Pierre Ouzoulias en 2018
Fonctions
Sénateur français
En fonction depuis le
(2 ans, 8 mois et 1 jour)
Élection 24 septembre 2017
Circonscription Hauts-de-Seine
Groupe politique CRCE
Prédécesseur Brigitte Gonthier-Maurin
Conseiller départemental des Hauts-de-Seine
élu dans le canton de Bagneux
En fonction depuis le
(5 ans et 2 mois)
Élection 29 mars 2015
Circonscription Canton de Bagneux
Groupe politique Front de Gauche et citoyens
Prédécesseur Patrick Alexanian
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Nationalité Française
Parti politique PCF
Entourage Albert Ouzoulias (grand-père)
Diplômé de Université de Franche-Comté
Profession Chargé de recherche au CNRS
Résidence Bourg-la-Reine

Pierre Ouzoulias, né le , est un archéologue, historien et homme politique français, membre du Parti communiste français. Il est conseiller départemental du canton de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, depuis 2015, et sénateur des Hauts-de-Seine, depuis 2017.

BiographieModifier

OriginesModifier

Pierre Ouzoulias ([awgujaː] en limousin) est issu d’une famille paysanne originaire de la Haute-Corrèze et du Plateau de Millevaches.

Son grand-père, Albert Ouzoulias (1915-1995), fut un des dirigeants de la résistance à Paris et colonel des FTPF (colonel André)[1]. Militant communiste, il a été conseiller municipal de Paris (1945-1965) et conseiller général de la Seine (1947-1965), puis maire de Palisse (1971-1995), en Corrèze. Sa grand-mère, Cécile Romagon (1912-1986), militante communiste, a dirigé, à partir d’, le service national des liaisons et transmissions des FTPF[2].

L'arrière-grand-père de Pierre, Maurice Romagon (1886-1942), a été conseiller général communiste de l'Aube (1937-1942) et fusillé le à la Maison centrale de Clairvaux (Aube)[3].

Le frère d'Albert Ouzoulias, Marcel Ouzoulias (1912-2000), a été conseiller municipal communiste (1955-1983) de Virieu-le-Grand dans l'Ain et conseiller général du canton de Virieu-le-Grand (1973-1992)[4].

Le père de Pierre, Maurice Ouzoulias, a été adjoint au maire communiste de Champigny-sur-Marne, conseiller général du Canton de Champigny-sur-Marne-Centre (1985-2015), vice-président du Conseil général du Val-de-Marne et président (2001-2015) du SIAAP[5]. Son oncle, André Ouzoulias, a été psychopédagogue et formateur d’enseignants[6].

Activités professionnellesModifier

Pierre Ouzoulias est un archéologue et historien, spécialiste de l'histoire économique et sociale des Gaules romaines, des sociétés rurales gallo-romaines et des systèmes agricoles de l'Antiquité.

Il commence sa carrière professionnelle comme conservateur du patrimoine au ministère de la Culture entre 1989 et 2007. Il est affecté dans les DRAC de Champagne-Ardenne et d'Île-de-France, ainsi qu'à la Direction du patrimoine, en administration centrale. Il est ensuite chargé de mission pour la recherche et la coopération scientifique à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (2007-2008).

Il obtient son doctorat à l'Université de Franche-Comté en 2006 sous la direction de François Favory. Sa thèse de doctorat d'archéologie porte sur L'économie agraire de la Gaule[7].

En 2009, il est recruté par le Centre national de la recherche scientifique comme chargé de recherche et affecté à l’UMR ArScAn de la Maison Archéologie et Ethnologie René-Ginouvès de Nanterre, dans l'équipe Archéologies Environnementales[8].

Il a enseigné à l’université de Paris-Nanterre et à l’École pratique des hautes études, dans le cadre du séminaire de Michel Reddé sur l'histoire et l'archéologie de la Gaule romaine.

Parcours et positions politiquesModifier

Pierre Ouzoulias adopte très tôt les idées communistes et les thèses marxistes[9], suivant ainsi l'exemple de son père et de son grand-père.

Il milite au PCF à Bourg-la-Reine à partir des années 1990 et se présente à plusieurs élections municipales.

Il est le candidat du Front de Gauche aux Élections cantonales de 2011 dans les Hauts-de-Seine pour le canton de Bourg-la-Reine. Il obtient 507 voix et 5,03 % des suffrages.

En , il est le suppléant de Pascale Le Néouannic (PG) pour l'élection législative dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine (Antony, Sceaux, Châtenay-Malabry, Bourg-la-Reine). Ils recueillent 3 210 voix (5,91%) face à Patrick Devedjian[10]. Le , après l’invalidation de l’élection de Patrick Devedjian, il est de nouveau le suppléant de Pascale Le Néouannic et ils obtiennent 6,93 % des voix.

En , il prend la tête d'une liste Front de Gauche à l'élection municipale de Bourg-la-Reine. Elle obtient 445 voix et 5,57 % des suffrages, mais l’autre liste de gauche, dirigée par Denis Pechanski (PS), refuse la fusion et lui interdit ainsi l’entrée au conseil municipal[11].

À la suite du redécoupage cantonal de 2014, les communes de Bagneux et Bourg-la-Reine forment un nouveau canton. Pour les élections départementales de 2015 dans les Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias forme un binôme avec Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux. Au premier tour, le duo arrive en tête avec 33,39 % et 5 117 voix. Il est élu au second tour, avec 8 006 voix et 54,34 % des suffrages, face aux candidats de l'UMP[12]. Au sein du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, il est membre du groupe Front de gauche et citoyens[13].

Il est signataire d'une tribune collective parue dans l'Humanité du appelant à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle, et pour des candidatures uniques de rassemblement aux législatives[14].

Le , le Conseil Constitutionnel valide son parrainage[15] en faveur de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle.

Sénateur des Hauts-de-SeineModifier

Il est le candidat en tête d'une liste de large rassemblement des forces de gauche pour les Élections sénatoriales de 2017 dans les Hauts-de-Seine. Cette liste obtient 217 voix de grands électeurs, soit 9,54 % des suffrages[16]. Pierre Ouzoulias devient le nouveau sénateur communiste des Hauts-de-Seine, à la suite de Brigitte Gonthier-Maurin, Roland Muzeau, Michel Duffour, Jacqueline Fraysse-Cazalis, Monique Midy, Anicet Le Pors, Guy Schmaus et André Aubry.

Au Sénat, il est membre du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste.

Fonctions au Sénat

Productions parlementairesModifier

Pour la commission des affaires européennes du Sénat, il rend, le , avec trois autres sénateurs, le rapport d'information n° 279 sur l'intelligence artificielle[17].

Pour l'OPECST, il rend, le , avec trois autres parlementaires, un rapport sur l'évaluation des risques sanitaires et environnementaux[18]. Ce rapport présente une analyse des causes, conséquences et déroulement des « crises » (politiques, médiatiques, sociétales) liées à la question : évalue-t-on correctement les effets attendus de produits ou de techniques potentiellement dangereuses ?[19]. Il propose treize recommandations pour renforcer les capacités d’évaluation des risques réglementés par les agences, pour améliorer la transparence des travaux d’évaluation, pour conforter les agences dans leur rôle d’expertise des risques et pour rendre l’évaluation des risques accessible et compréhensible.

Il est vice-président de la commission d’enquête du Sénat sur la souveraineté numérique[20], présidée par le sénateur Franck Montaugé et dont le rapporteur est le sénateur Gérard Longuet. Le rapport de cette commission est adopté à l’unanimité le . Les auditions menées durant les six mois de ses travaux ont mis en évidence la dispersion des actions dans les secteurs économiques, juridiques et dans le domaine de la défense, là où une impulsion ambitieuse serait nécessaire pour fédérer les acteurs de tous les secteurs concernés par le devoir de souveraineté numérique. La commission demande au Gouvernement de définir une stratégie nationale numérique, d’inscrire l’effort pour la souveraineté numérique dans le temps en votant une loi d’orientation, de mieux protéger les données personnelles et les données économiques stratégiques, d’adapter la réglementation aux défis numériques et d’utiliser les leviers de l’innovation et du multilatéralisme[21]. Au sein de cette commission, Pierre Ouzoulias a plus particulièrement défendu l’utilité des logiciels libres, la publication des codes sources et la nécessité d’imposer l’interopérabilité aux grands acteurs du numérique.

Activités internationalesModifier

CatalogneModifier

Lors de la séance de la commission des affaires européennes du Sénat, du , il dénonce les atteintes aux droits de la défense dont sont victimes les parlementaires catalans auxquels il est reproché d’avoir organisé le référendum du 1er octobre 2017[22]. Il est signataire du manifeste des quarante-et-un sénateurs Pour le respect des libertés et des droits fondamentaux en Catalogne[23].

Artsakh (Haut-Karabagh)Modifier

Le , il a interpellé le ministre de l’Intérieur français à propos de l’annulation des chartes d’amitié signées par des collectivités territoriales de la France et de l’Artsakh[24]. En tant que membre du groupe d’amitié France-Arménie du Sénat, il participe a un voyage parlementaire en République d’Artsakh, en [25]. Il est l’un des initiateurs de la déclaration du PCF en faveur de la reconnaissance de la République d’Artsakh[26].

OuvragesModifier

  • Ouzoulias Pierre, Christophe Pellecuer, Claude Raynaud, Paul Van Ossel et Pierre Garmy (dir.), Les campagnes de la Gaule à la fin de l’Antiquité, Antibes, Association pour la promotion et la diffusion des connaissances archéologiques, (ISBN 2-904110-31-3)
  • Ouzoulias Pierre et Laurence Tranoy (dir.), Comment les Gaules devinrent romaines, Paris, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-5907-6)
  • Ouzoulias Pierre, « Nos natura non sustinet. À propos de l’intensification agricole dans quatre terroirs du nord des Gaules », Gallia, no 71.2,‎ , p. 307-328 (ISSN 0016-4119, lire en ligne, consulté le 3 mars 2019)

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Notice OUZOULIAS Albert. Pseudonyme : Colonel ANDRÉ, par Claude Pennetier, Marcel Rivollier, Charles Sowerwine », sur Maitron en ligne,
  2. « Notice ROMAGON Cécile, épouse OUZOULIAS Cécile. Pseudonyme : MARTIAL, par Claude Pennetier », sur Maitron en ligne,
  3. « Notice ROMAGON Maurice, par René Lemarquis », sur Maitron en ligne,
  4. « Notice OUZOULIAS Marcel par M. Rivollier », sur Maitron en ligne,
  5. http://www.leparisien.fr/val-de-marne/maurice-ouzoulias-president-du-siaap-17-05-2001-2002172112.php
  6. Luc Cédelle, « André Ouzoulias (1951-2014), psychopédagogue et formateur d'enseignants », sur lemonde.fr, (consulté le 25 septembre 2017).
  7. Ouzoulias, Pierre, « L'économie agraire de la Gaule : aperçus historiographiques et perspectives archéologiques », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2017)
  8. « Page de l'équipe sur le site de l'UMR ArScAn : »
  9. « Dans les prestigieuses classes prépa de Lakanal », sur lemonde.fr, (consulté le 24 septembre 2017)
  10. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections législatives 2012 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 26 septembre 2017)
  11. « Municipales à Bourg-la-Reine : les indépendants jouent les trouble-fête », leparisien.fr,‎ 2014-03-27cet00:00:00+01:00 (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2017)
  12. Résultats des élections départementales 2015, site du ministère de l'Intérieur
  13. « Site du Conseil départemental des Hauts-de-Seine »
  14. « Rassemblement à gauche. Quelle candidature pour l’élection de 2017 ? », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2017)
  15. « Les parrainages validés par candidat - Conseil constitutionnel présidentielle 2017 », sur presidentielle2017.conseil-constitutionnel.fr (consulté le 26 septembre 2017)
  16. « Résultats sur le site du ministère de l'intérieur »
  17. Intelligence artificielle : l'urgence d'une ambition européenne.
  18. Évaluation des risques sanitaires et environnementaux.
  19. Sylvestre Huet, « Pesticides, risques et agences sanitaires », sur lemonde.fr,
  20. « Commission d'enquête du Sénat sur la souveraineté numérique »
  21. « Le rapport en une page »
  22. « Commission des affaires européenne du Sénat du 14 mars 2019. Débat préalable au Conseil européen »
  23. « Pour le respect des libertés et des droits fondamentaux en Catalogne, Médiapart, 24 mars, 2019 »
  24. « Question n° 534, posée le 22 janvier 2019 »
  25. « Communiqué de l’Assemblée nationale de la République d’Arménie »
  26. « Déclaration du PCF, du 31 octobre 2019 : Protéger les populations du Haut-Karabagh pour bâtir la paix dans le Caucase du Sud »