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Pierre Ordioni
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Biographie
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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Diplomate, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata

Pierre Ordioni (, Reims - , Paris) est un militaire, diplomate et écrivain français, docteur en droit et docteur ès lettres.

Sommaire

BiographieModifier

D'une famille de militaires d'origine corse et de tradition janséniste (son arrière-grand-père, le général de brigade Alexandre Ordioni [1758-1822], avait été nommé baron en 1815, avant d'être blessé à Waterloo, et son père, le colonel André Ordioni [1862-1933], avait commandé un régiment lors de la bataille de Verdun), il se consacre, au début des années 1930, à l'étude du jansénisme et du gallicanisme dans l'Auxerrois, ce qui lui vaut deux doctorats : l'un en droit et l'autre ès lettres. Favorable au royalisme, il publie, en 1938, Vocation monarchique de la France, avec une préface de Bernard Faÿ, professeur au Collège de France (« De la politique et de la vie »).

En mai et juin 1940, lieutenant de réserve au 221e régiment d'Infanterie, il participe aux combats de la campagne de France. Fait prisonnier, près de Toul, le 22 juin 1940, il est interné au Frontstalag 241, à Saint-Mihiel. Il s'en évade le 6 septembre. Arrivé à Vichy au début d'octobre, Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, qu'il connaît personnellement, le convainc de ne pas rallier de Gaulle à Londres, mais Weygand en Afrique du Nord. Après un bref passage au secrétariat à la Jeunesse, Marcel Peyrouton, ministre de l'Intérieur, le nomme, à la fin de novembre, directeur du cabinet du gouverneur Pierre Pagès, délégué dans les fonctions de préfet d'Alger.

Dès février 1941, Pierre Ordioni appartient à une filière du S.R.-Air en contact avec l'état-major de l'armée américaine. À la fin d'août 1942, il est mis à pied sans traitement, pour "gaullisme", par Pierre Laval revenu au pouvoir au mois d'avril. Après avoir vainement tenté de ramener le général Weygand à Alger au début de novembre, il est nommé, après le débarquement allié, chef de la Délégation de l'Algérie par le gouverneur général Yves Châtel, devenant, à ce titre, son représentant personnel auprès de l'amiral Darlan, qui, le 11 novembre, le débarquement achevé, a remis au combat l'armée d'Afrique contre les forces de l'Axe débarquées en Tunisie.

Après l'assassinat de Darlan (auquel a succédé le général Giraud), il demande à retourner au service actif et, le 10 mai 1943, obtient de Marcel Peyrouton, successeur d'Yves Chatel, d'être déchargé de ses fonctions de chef de la Délégation de l'Algérie. Il est d'abord affecté au 2e bureau du 1er corps blindé de cavalerie appelé à débarquer en Yougoslavie, puis, ce projet de débarquement ayant été abandonné, au 2e bureau de l'état-major général de l'armée de terre, enfin comme capitaine au 2e régiment de Spahis algériens de reconnaissance. Il participe, le 15 août 1944, au débarquement en Provence et est grièvement blessé sur le pont de Chagny (Saône-et-Loire), le 6 septembre. Après plusieurs mois de convalescence au Val-de-Grâce, il est affecté en avril 1945 au front de l'Atlantique et prend part, comme officier de liaison, à la réduction des poches de Royan et de La Rochelle en avril et mai 1945.

En 1946, à l'issue d'une mission à Rome où il a siégé à la commission interalliée-italienne chargée de régler la question des dommages de guerre, il est intégré dans le cadre diplomatique avec le grade de secrétaire d'ambassade et affecté au service de presse et de documentation du Quai d'Orsay. En mars 1947, il est nommé porte-parole de ce ministère auprès des journalistes français accrédités. Par la suite, il est conseiller technique pour les questions diplomatiques aux cabinets des généraux Koenig et Billotte, d'Emmanuel Temple et Jacques Chevalier, ministres de la Défense nationale, enfin, de 1959 à 1961, au cabinet de Raymond Triboulet, ministre des Anciens combattants, où il est chargé de mener à bien l'indemnisation des victimes du nazisme par le gouvernement de l'Allemagne fédérale. Un bref commandement en Algérie, en février-mars 1961, à la tête du 26e Dragons en opérations dans l'Ouest saharien, lui vaut le grade de colonel de réserve. Il quitte la carrière diplomatique en février 1972 avec le titre de ministre plénipotentiaire de première classe.

Homme de vaste culture et d'ardente foi catholique, Pierre Ordoni est l'auteur de deux thèses sur le jansénisme défendues à l'université de Dijon en 1932 et 1935, de deux essais politiques, de deux pièces de théâtre, d'un roman, et de plus d'une douzaine d'ouvrages historiques où il évoque notamment la période algéroise de sa carrière. Ses Mémoires à contretemps ont été publiés après sa mort. Commandeur de la Légion d'honneur pour faits de guerre et commandeur du Mérite de la République italienne, il était titulaire de la Croix de guerre 39-45, de la Croix d'or de la Valeur militaire avec glaives (Pologne, décernée par le général Anders), de la Croix des Combattants volontaires de la Résistance et lauréat de l'Académie française[1].

Il avait épousé, en 1961, Nathalie Pernikoff (1926-2008), journaliste d'ascendance russe, collaboratrice du journal "Le Monde" sous le nom de Nathalie Mont-Servan.

L'écrivain et scénariste Pascal Jardin (1934-1980), dans son livre de souvenirs La Guerre à neuf ans (Grasset, 1971), a laissé un portrait haut en couleur du "baron Pierre Ordioni", "antivichyste ardent" mais néanmoins grand ami de son père, Jean Jardin, directeur du cabinet de Pierre Laval (op. cit., p. 103-106). Pierre Ordioni a pour sa part évoqué la figure du jeune Pascal dans Tout commence à Alger, 40-44 (Stock, 1972, p. 371-381).

PublicationsModifier

  • Histoire
    • La résistance gallicane et janséniste dans le diocèse d'Auxerre, de 1705 à 1760 (thèse pour le doctorat, Faculté de droit de Dijon, 1932).
    • La survivance des idées gallicanes et jansénistes en Auxerrois, de 1760 à nos jours (thèse pour le doctorat, Faculté des lettres de Dijon, 1935).
    • Pozzo di Borgo, diplomate de l'Europe française (Plon, 1936), couronné par l'Académie française.
    • Le Secret de Darlan, 1940-1942. Le vrai rival de De Gaulle (Albatros, 1974).
    • Le Pouvoir militaire en France de Charles VII à Charles de Gaulle. Tome I : De Jeanne d'Arc à Bazaine. Tome II : De la Commune à la Libération (Albatros, 1981).
    • Le Secret de Darlan. Le complot. Le meurtre (Albatros, 1986).
    • Entre Rome et la France,1926-1946 : un catholique dans la tempête (Albatros, 1991).
    • La Fracture : de Londres 1941 à Sétif 1945 (Nouvelles Éditions Latines, 1995).
  • Essais politiques
    • Vocation monarchique de la France (Grasset, 1938).
    • D'une classe politique en France (Baconnier, Alger, 1942).
  • Théâtre
    • Anna d'Éboli (Festival du Roman, 1961).
    • Le Chant des ténèbres (Nouvelles Éditions Latines, 1965)
  • Roman
    • L'Oiseau de lumière (Plon, 1961).
  • Mémoires
    • Quand la diane sonnera (La Table Ronde, 1954)
    • Les Cinq jours de Toul : du 18 au 22 juin 1940 (Robert Laffont, 1967 ; Éditions du Polygone, 2001).
    • Commandos et Cinquième Colonne en mai 1940 : la bataille de Longwy (Nouvelles Éditions Latines, 1970).
    • Tout commence à Alger, 40-44 (Stock, 1972 ; Albatros, 1985).
    • Une Jeunesse pour l'Éternité (Albatros, 1987).
    • Mémoires à contretemps (1945-1972) (Nouvelles Éditions Latines, 2000).

Lien externeModifier

Notice d'autoritéModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Who's Who France, Profile - Pierre ORDIONI », dernière mise à jour : 26 décembre 2007.