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Pierre Louis Bentabole

personnalité politique française

Pierre Louis Bentabole
Fonctions
Député du Bas-Rhin
Gouvernement Convention nationale
Directoire
Groupe politique Montagne (1792-1794)
Thermidoriens (1794-1795)
Modérés (1795-1798)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Landau
Date de décès
Lieu de décès Paris
Résidence Basse Alsace

Pierre Louis Bentabolle ou Bentabole était un révolutionnaire français, né à Landau le et mort à Paris le . Sur le registre d'état-civil de la Bazoche-Gouet détenu par les AD 28 ref 3E 027/007 il est publié (vue 183) une lettre de Bentabole qui indique son âge le jour de son mariage 9 décembre 1794 soit 38 ans. Sur la vue suivante, il est indiqué que l'acte de naissance est parvenu et que la date de naissance est le 4 juin 1756.

BiographieModifier

Vie avant la RévolutionModifier

Bentabole est le fils d'un entrepreneur de vivres militaires qui s'est enrichi pendant la guerre de Sept Ans. Il suit des études de droit et devient avocat à Colmar avant la Révolution.

Début de carrière révolutionnaireModifier

D'un caractère nerveux et emporté, Bentabole est dans les premiers temps de la Révolution un patriote exalté.

Il occupe les fonctions de procureur général syndic du département du Bas-Rhin.

À la ConventionModifier

Le député « maratiste »Modifier

Le 4 septembre 1792, il est élu à la Convention nationale pour le Bas-Rhin, par 293 voix sur 386 votants.

Fidèle à ses idéaux, Bentabole siège avec les Montagnards, dont il est l'un des représentants les plus violents. Il devient ainsi un ami fidèle de Marat, dont il partage la plupart des idées. Son amitié avec l'Ami du peuple le fait même surnommer « Marat le Cadet » par ses collègues.

Au procès de Louis XVI, il vote sans hésitation pour la mort du souverain déchu : « Je vois Louis souillé du sang de ses victimes, pour la tranquillité de ma patrie, pour son bonheur, je vote la mort. »

C'est aussi un ennemi acharné des girondins, qu'il attaque avec véhémence. Il fait par exemple décrété d'accusation le général Wimpffen, commandant des armées fédéralistes.

Au début de l'an II il est élu membre du comité de la guerre.

En missionModifier

En , il est envoyé en mission auprès de l'armée du Nord. C'est au cours de cette mission qu'il entame une relation avec une riche veuve aristocrate, Demoiselle Charlotte Adélaïde de Chabot, qui va devenir son épouse. Grâce à cette union, il achète des terres et devient châtelain de La Bazoche-Gouet en Eure-et-Loir.

Fin 1793, il est envoyé dans de nombreux départements: en novembre il est dans les Pyrénées-Orientales puis dans l'Aude, en décembre dans l'Orne et l'Eure-et-Loir.

Conversion au modérantismeModifier

De retour à Paris, l'influence de son épouse le ramène à des opinions politiques plus modérées. Il se lie aux dantonistes et soutient la campagne « indulgente ». Il proteste aussi à la Convention du patriotisme de son ami Hérault de Séchelles, en vain pour celui-ci qui est exécuté. Il tient aussi avec sa femme une des plus importantes maisons de jeu de la capitale, tout près de la maison Duplay où réside Robespierre.

Après la mort de Danton, Bentabole devient une cible pour Robespierre. Il participe par conséquent au complot qui provoque la chute de l'Incorruptible le 9 thermidor.

Rôle sous la Convention thermidorienneModifier

Après thermidor, Bentabole participe au démembrement du gouvernement révolutionnaire. Dès le 13 thermidor, il demande le rapport des décrets qui permettent aux Comités de faire arrêter des représentants sans que ceux-ci ne soient entendus par la Convention, comme cela avait été le cas lors de l'élimination des dantonistes. La proposition de Bentabole est acceptée avec enthousiasme par ses collègues.

Le 26 thermidor, il attaque avec Tallien et Merlin de Thionville les « continuateurs de Robespierre » et demande le renouvellement du Comité de sûreté générale. En fructidor, il s'en prend au Club des Jacobins qu'il accuse de vouloir supplanter la Convention et d'être dominé par des intrigants.

Le 15 vendémiaire an III, il fait son entrée au Comité de sûreté générale en compagnie d'autres thermidoriens réacteurs tels que Reubell, Reverchon et Laporte. Peu après il appelle à la fermeture définitive des Jacobins.

Le 1er nivôse an III (21 décembre 1794), alors que la réaction thermidorienne s'accélère, il se fait élire président de la Convention.

C'est à ce moment que Bentabole commence à prendre ses distances avec la droite, effrayé par la montée de la réaction qui pourrait le compromettre en tant qu'ancien maratiste. Il se montre ainsi réticent face à la réintégration des députés girondins et fait rejeter la proposition du girondin Bailleul de condamner à la déportation tous les anciens terroristes. Il s'oppose dès lors tout autant aux royalistes qu'aux montagnards. En thermidor an III, il se prononce contre la mise en jugement des terroristes emprisonnés sous prétexte que les tribunaux sont composés de royalistes et d'émigrés.

En vendémiaire an IV (octobre 1795), après l'annonce des résultats des élections défavorables aux thermidoriens, il demande que la Convention se divise en deux chambres et élise sur le champ le Directoire, sans attendre l'arrivée des nouveaux députés. Suivant en cela les désirs de Tallien, Bentabole et ses amis souhaitent en vérité annuler les résultats mais la manœuvre échoue sous la pression des modérés menés par Thibaudeau.

Fin de carrière au Conseil des Cinq-CentsModifier

Bentabolle est tout de même parvenu à être réélu au Conseil des Cinq-Cents. Il y siège parmi les républicains modérés partisans du Directoire. Il apparaît peu à la tribune, sinon pour attaquer les dilapidateurs et combattre les abus commis dans les finances publiques.

Catalogué par le gouvernement comme jacobin, il n'est pas réélu en l'an VI. Il meurt peu après, de dépit dit-on, à l'âge de 44 ans.

SourcesModifier

Voir aussiModifier