Pierre Jacques Nicolas Rolland

ingénieur du génie maritime

Le baron Pierre-Jacques-Nicolas Rolland, né à Brest le et mort à Paris le , était un ingénieur constructeur naval français connu notamment pour avoir conçu le navire Louqsor et le programme adopté pour le transport de l’obélisque de Louxor d’Égypte à Paris (1831-34)[1].

BiographieModifier

Fils de Pierre Nicolas Rolland, ingénieur constructeur au port de Brest, et de Anne Nicole Payen, il épousa le Louise Paule Charlotte Pouget Des Mareilles.

Le jeune Rolland débuta comme élève ingénieur en 1785. Sorti de l’école des constructions, il fut attaché au port de Brest comme sous-ingénieur en 1790 ; y resta jusqu’en 1793, et reçut, à cette époque, l’ordre de se rendre à Toulon où il servit comme ingénieur ordinaire jusqu’en 1795. Nommé ingénieur en chef de l’escadre sous les ordres du vice-amiral Pierre Martin, M. Rolland embarqua sur le vaisseau Orient et prit part au combat livré le de la même année à l’escadre anglaise lors de la Bataille de Gênes. Sa conduite dans cette affaire lui mérita les éloges de l’amiral ainsi que les attestations les plus honorables des officiers de la marine qui se trouvaient à bord du même vaisseau[2].

Il est affecté ensuite à Rochefort où il s'illustre auprès de Denis Decrès en lançant en 1802 et 1803 les vaisseaux République française, 118, et Magnanime, 74. Promu ingénieur de 1re classe le et chef du génie maritime de à 1811, il active les constructions navales du port de Rochefort et crée un nouveau chantier à Bordeaux. Remarqué par Napoléon Ier en 1809, il est nommé membre du Conseil des constructions navales lorsque ce dernier est créé le et en restera membre jusqu'à sa dissolution le . Il est également nommé inspecteur général adjoint près du baron Jacques-Noël Sané. En 1811, Rolland est désigné par l’empereur pour parcourir la Hollande, afin de comparer les constructions hollandaises aux constructions françaises, et recueillir tous les renseignements utiles à la marine impériale[3].

Rolland est l'ingénieur naval qui eut la responsabilité du chantier de construction du vaisseau de 74 canons Le Duguay-Trouin d'après les plans de JN Sané. Ce vaisseau sera lancé à l'arsenal de Rochefort le .

Ce navire participa à la bataille de Trafalgar le et est capturé par la marine britannique le au Cap Ortégal donc après seulement 5 ans de navigation.

 
Maquette de la Flore au Musée national de la Marine à Paris.

En 1817, il succède au baron Sané comme inspecteur général du génie maritime[4], fonctions qu'il conserve jusqu'à sa mort : on lui doit notamment une uniformisation des méthodes de travail, la mise en place d'une formation professionnelle à l'origine de la création des écoles de maistrance, la modernisation du matériel de la marine, les frégates de classe Armide (1804), dont la Flore (en)[5], et la conception du navire et du transport à Paris de l'obélisque de Louxor.

Membre de la Commission consultative des travaux de la marine en 1824, il est créé baron par Charles X par ordonnance royale du . Il devient également membre du conseil des travaux de la marine en 1831. Malade, il demande en 1836 sa mise à la retraite. Par une lettre du au ministre, il fait don à l'État et à sa nièce, Perrine Rolland, de ses archives et de sa collection de plans et dessins. En remerciement, le ministre Claude du Campe de Rosamel accordera à sa veuve une gratification de 2500 F[6].

Honneurs & hommagesModifier

Chevalier de la Légion d'honneur le , officier le , commandeur le , le baron avait été fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1817, et de Saint-Michel[7].

Une corvette à vapeur de 1re classe, le Rolland, fut nommée après lui[8]. Mis sur cale le aux chantiers navals de Toulon et lancé cinq ans plus tard, le bâtiment long de 55 mètres et déplaçant 1300 tonnes ne sera rayé du service actif que le [9].

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • P. Levot, A. Doneaud, Les gloires maritimes de la France. Notices biographiques sur les plus célèbres marins, Arthus Bertrand éditeur, Paris, 1866, p. 449-450 (lire en ligne)

Liens externesModifier