Pierre Guillemot

chef militaire chouan

Pierre Guillemot
Pierre Guillemot

Surnom le Roi de Bignan
Naissance
Bignan
Décès (à 45 ans)
Vannes
Origine Français
Allégeance Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Association bretonne
Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouan
Grade Colonel
Commandement Légion de Bignan
Conflits Chouannerie
Faits d'armes Bataille de Saint-Bily
Bataille de Locminé (1796)
Bataille de Locminé (1799)
Bataille du Mont-Guéhenno
Bataille de la Tour d'Elven
Bataille du pont du Loc'h
Famille Julien Guillemot.

Pierre Guillemot, dit le Roi de Bignan, né le au lieu-dit de Kerdel[1],à Bignan, mort le à Vannes, est un chef militaire chouan qui tint en respect les troupes républicaines dans une grande partie du Morbihan de l'an II à VIII (1794 à 1800). Il est le père de Julien Guillemot.

BiographieModifier

 
Pierre Guillemot, Portrait d'après signalements réalisé par la police de Paris, vers 1800-1804.

Il n'était au début de la Révolution qu'un simple agriculteur de Donnan, hameau de Plumelec[2]. Il était cependant lettré puisqu'il avait entamé des études à Vannes, qu'il dut abandonner à la mort de son père pour garder la terre de Kerdel. Recruté par Georges Cadoudal, il commença sa carrière par l'occupation de Grand-Champ, l'abattage de l'Arbre de la Liberté, la saisie de la caisse des impôts et la libération d'un prêtre réfractaire, l'abbé Leclerc, recteur de Saint-Jean-Brévelay. Ce dernier était conduit de force à Josselin par quatre-vingts républicains (les Bleus); avec une trentaine de paysans, Guillemot attaque l'escorte dans le bois de Colledo à Guéhenno, la met en fuite et libère le vicaire qui, blessé à la jambe, mourra quelques jours plus tard[3]. Joseph de Boulainvilliers de Croÿ qui déserta le Morbihan et passa en Ille-et-Vilaine en septembre avec 50 000 livres confiés par Joseph de Puisaye fut arrêté par les hommes de Pierre Guillemot. Ce dernier le fit juger par un conseil de guerre improvisé qui le condamna à mort[4] : Boulainvilliers fut fusillé par les Chouans de Guillemot le  au village de Kerhervy à Saint-Jean-Brévelay.

Il montra ses grandes capacités militaires en délogeant les troupes bleues de Locminé, et plus tard en tentant d'empêcher le général Brune de libérer Vannes en 1799. Pour ses succès, il fut surnommé le Roi de Bignan et il devint colonel de l'armée royaliste et Chef de Légion pour tout le département. Il perdit toutefois en 1795 la bataille de Saint-Bily, où 400 républicains commandés par l'adjudant-général Josnet de Laviolais mirent en déroute un millier de Chouans qu'il commandait[5].

Début , l'amiral William Cornwallis débarqua de la poudre dans le Morbihan ; celle-ci fut convoyée de nuit par les Chouans de Guillemot jusqu'au village de Drénidan dans la commune de Radenac. Mais la poudre était humide, et Guillemot, Le Thiais et 22 hommes décidèrent de la réchauffer à la poêle dans une maison du village. Un accident se produisit : la poudre s'enflamma et explosa. Plusieurs hommes furent tués et Guillemot fut grièvement blessé et presque défiguré[6], et dut se terrer dans une cache du château de Kerguéhennec, l'empêchant de participer au débarquement des émigrés à Quiberon.

Après un exil en Angleterre avec Cadoudal, il revint en France et mit au point, pour libérer Cadoudal, un plan qui échoua. Le , le préfet Jullien fut informé par un de ses espions que Guillemot avait été vu à Plumelec. Caché à Plaudren, il y est arrêté peu après. Il est jugé par une commission militaire et est fusillé à Vannes le [7].

Il existe une association[8] Pierre Guillemot dont le siège social est à Bignan et qui a pour objet la sauvegarde de la mémoire historique du chef chouan.

BibliographieModifier

Lien externeModifier

Notes et référencesModifier

  1. Archives en ligne du Morbihan, Bignan, B.M.S., 1756-1792, p. 64/816[lire en ligne]
  2. Archives en ligne du Morbihan, Plumelec, 1771-1792, p. 252/355[lire en ligne]
  3. in Histoire de la Vendée militaire de Jacques Crétineau-Joly[lire en ligne]
  4. Roger DupuyLes Chouans, Coll. « La Vie Quotidienne », Hachette Littérature, Paris 1997, p.106-107.
  5. François Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, t. I, p. 545-546.
  6. Chiappe 1971, p. 117
  7. « 1804. Mort du roi... de Bignan », sur bretagne.com
  8. « La maison des chouans à Bignan », sur centre-morbihan-tourisme.bzh