Pierre Dominique Garnier

général français

Pierre Dominique Garnier
Pierre Dominique Garnier
Portrait par Francesco Pascucci

Naissance
Marseille
Décès (à 70 ans)
Nantes (Loire-Atlantique)
Origine France
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Lieutenant-général
Années de service 17731816
Conflits Prise des Tuileries (1792)
Siège de Toulon (1793)
Campagnes dans le Comté de Nice
Lutte contre le barbétisme
Campagne d'Italie (1796-1797)
Défense de Rome (1799)
Défense du Var (1800)
Distinctions commandeur de la Légion d'honneur
chevalier de Saint-Louis
Hommages nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 25e colonne.

Pierre Dominique Garnier, né le à Marseille et mort le à Nantes, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

BiographieModifier

Fils d’un géomètre-architecte-entrepreneur de Marseille, il s’engage en 1773 dans le régiment Beauce-Infanterie puis dans le régiment de l'Île-de-France et obtient son congé le . Il quitte la France pour la Guadeloupe et sert comme volontaire dans les Dragons de la Guadeloupe, entre 1780 et 1787.

Bataillon des MarseillaisModifier

De retour à Marseille il s'établit comme architecte, puis il prend part à la Révolution et est nommé capitaine de la garde nationale de Marseille puis colonel en second du bataillon fédéré de Marseille. C'est à la fin du banquet du du bataillon fédéré de Marseille que des délégués du club de Montpellier chantent pour la première fois le Chant de guerre pour l'armée du Rhin. Le texte du chant est imprimé le lendemain dans le Journal des Départements méridionaux et des débats des Amis de la Constitution. Le , le bataillon des fédérés de Marseille monte à Paris en emportant des exemplaires du chant qui est chanté et distribué au passage des villes. Il va devenir le Chant des Marseillais. Dans l'après-midi du le bataillon des Marseillais arrive à Paris. Il entre le premier dans le palais des Tuileries, le 10 août 1792 où il est blessé.

Armée des Alpes et armée d'ItalieModifier

Le , il est nommé sous-lieutenant à l'armée des Alpes, à l'état-major de Chambéry. Les représentants du peuple en mission de l'armée des Alpes le nomment lieutenant-colonel et envoyé en Corse le . Le , il est nommé à l'armée du Rhin.

Affecté à l’armée d’Italie, il est promu général de brigade le et il participe au siège de Toulon en et notamment à l’attaque du fort Faron. Il est chargé de la répression du barbétisme dans le comté de Nice. Il est promu général de division le et commandant de la division des côtes de Toulon le . Le il est nommé commandant d'une division de l'armée d'Italie. Le Comité de salut public le confirme dans son grade de général de division le . Il combat les Piémontais dans la Vésubie et la Tinée. Il est remplacé par le général Sérurier le . Il est nommé commandant d'une division de l'armée des Alpes en , puis de l'armée d'Italie où il commande la 6e division à la bataille de Montenotte. Enfin il est chargé de la lutte contre les barbets dans les montagnes de Tende.

Il est nommé à l'armée d'Italie le . Le , il est nommé commandant des Basses-Alpes et des Alpes-Maritimes. Il a acheté à Nice une maison ayant appartenu à la famille Thaon de Revel.

Nommé commandant d'armes de Rome à la fin , il participe à la défense de la République romaine, mais après avoir battu l'armée napolitaine à Monte-Rotondo, il a préféré traiter la capitulation de sa troupe de 3 500 hommes le , avec le général Burchard et le commodore Townbridge contre le retour de ses hommes en France sans être échangés. Dénoncé au Premier consul, sa défense est acceptée.

En 1800 il participe à la défense du Var contre les troupes autrichiennes après le retrait de Nice du général Suchet, le . Il commande la 7e division qui est postée entre l'Estéron et Malaussène. Il est chargé de prendre Utelle et la vallée de la Vésubie. Après le retrait des troupes autrichiennes des Alpes-Maritimes, il commande dans les Alpes-Maritimes. Il a rédigé un carnet se trouvant aujourd'hui aux archives de la ville de Nice dans lequel se trouvent les noms de 138 barbets qui ont été arrêtés et fusillés en 1800 et 1801[1]

RéforméModifier

Le 1er prairial an IX (), il est mis au traitement de réforme. Le général Garnier pensait que c'était pendant le siège de Toulon qu'il avait froissé Bonaparte pour avoir sanctionné un officier de ses amis. Celui-ci lui reprochait aussi ses idées républicaines et de connaître les difficultés financières de la famille Bonaparte quand elle résidait à Marseille. Bonaparte jugeait qu'il n'était pas bon pour commander une division sur un champ de bataille mais qu'il était efficace pour commander contre les barbets[2].

Il utilise alors ses loisirs à dresser une carte du département des Alpes-Maritimes. Le musée Masséna possède les manuscrits de deux œuvres scientifiques qu'il a écrites, une Gnomonique pratique et une Cosmographie.

Rappel par Napoléon Ier jusqu'à sa mise à la retraite par Louis XVIIIModifier

 
La tombe du baron Garnier au Cimetière Miséricorde de Nantes.

En 1809, Napoléon Ier rappelle Garnier de sa retraite et lui donne le commandement de la 4e division de réserve à Gand. Le il est nommé commandant d'armes à Barcelone, mais il est rappelé en France et mis à la retraite le . Il séjourne à Paris.

Reçu par Napoléon le , il le fait officier de la Légion d'honneur et lui promet de le nommer dans l'armée des Alpes. L'empereur ne souhaite pas qu'il réside à Paris. Finalement, le , il est nommé commandant supérieur des provinces illyriennes. Il réside à Laybach, mais évacue l'Illyrie dans la nuit du 5 au , passe par Venise, puis Turin où il attend les ordres et demande à sévir contre les barbets.

Le , il est nommé commandant supérieur de la ville et de la citadelle de Blaye Il conserve ce poste pendant la première restauration de Louis XVIII. Le il reçoit la croix de chevalier de Saint-Louis et le il est fait baron. Il signe alors «général baron Garnier». Le , Louis XVIII le nomme lieutenant-général, commandeur de la Légion d'honneur, lui donne une indemnité pour sa carte des Alpes-Maritimes, et le met à la retraite le .

Au retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il lui écrit pour obtenir un poste dans l'armée d'observation du Var en cours de création. Il n'obtient aucune réponse avant la bataille de Waterloo. Après les Cent-Jours, il demande de pouvoir se retirer à Nice où il a ses propriétés. Après le refus, il doit quitter Paris en 1816. Il meurt à Nantes, au no 7 de la rue Franklin, le .

Il est enterré au Cimetière Miséricorde de Nantes.

Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile.

Franc-maçonModifier

Il préside la première loge maçonnique française à Nice à sa création, en 1796-1797, «Les Vrais Amis Réunis»[3]. Il a été initié vers 1786 dans la loge «Aux Vrais Soutiens de la Guadeloupe»[4].

FamilleModifier

  • 1er mariage : un fils, Frédéric Garnier, officier, aide de camp du général Partouneaux, il fait parvenir au Premier consul un mémoire en faveur de son père. Probablement mort avant 1808.
  • 2e mariage : veuf, il se remarie avec Marie Blanche Dominique Madeleine Rocca-Ceresola, le , une fille, Marie Caroline Thérèse Antoinette, en 1797, et un fils, Frédéric, en 1808, désigné comme seul héritier mineur dans l'acte de décès de la Grande chancellerie, en 1827.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre-Robert Garino, La vallée de la Vésubie. Guide du visiteur. Itinéraires historiques, p. 19, Serre éditeur, Nice, 1998 (ISBN 978-2-864102878)
  2. Ernest Picard, Préceptes et jugements de Napoléon recueillis et classés, p. 408, Berger-Levrault éditeurs, 1913
  3. Conseil général des Alpes-Maritimes : Naissance et évolution des trois loges et du chapitre des Alpes-Maritimes
  4. Jean André Faucher,Achille Ricker, Histoire de la Franc-maçonnerie en France, p. 207, Nouvelles éditions latines, Paris, 1967 (ISBN 2-7233-00-63-3)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Canestrier Le Général Pierre Garnier (1756-1827). Nice Imprimerie de "L'Éclaireur de Nice" 1938.
  • Paul Canestrier, Le général Garnier (1756-1827), p. 33-47, Nice-Historique, année 1938, no 171 Texte

Article connexeModifier

Liens externesModifier