Pierre Dominique

homme de lettres et journaliste, docteur en médecine, collaborateur aux "Nouvelles littéraires"
Pierre Dominique
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Pierre Dominique LucchiniVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Journaliste, écrivain, militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Partis politiques
Distinctions

Pierre Dominique, de son vrai nom Pierre Dominique Lucchini, né le à Courtenay (Loiret) et décédé le dans le 7e arrondissement de Paris, est un écrivain, polémiste et journaliste français. Il est originaire d'Aullène (Auddè) en Corse.

BiographieModifier

Issu d'une famille corse, il étudia la médecine à Ajaccio et pratiqua par la suite une carrière médicale à Sartène ainsi qu'à l'asile Sainte-Anne-d'Auray à Paris. Pendant la Première Guerre mondiale il passa deux ans en tant que médecin militaire sur le front d'Orient. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1919[1].

Auteur très prolifique, il publia de nombreux ouvrages historiques, des pamphlets, des essais et des biographies, obtenant le prix Balzac en 1924[2] et le prix de la Société des gens de lettres en 1930[3]. Après la guerre il entama une carrière de journaliste, et témoigna pour part, dans la presse parisienne, de bouleversements politiques en Italie, Pologne, en Union Soviétique et en Espagne républicaine.

Pendant l'entre-deux-guerres ses sympathies politiques évoluent sensiblement. Entre 1919 et 1922 il est chef de la fédération corse de L'Action française, le mouvement nationaliste français de Charles Maurras. Ensuite, lorsque les autonomistes corses de Petru Rocca fondent le journal A Muvra, Pierre-Dominique se range de leur coté, et entre 1923 et 1926 il siège sur le comité exécutif du nouveau Partitu Corsu d'Azzione (Parti Corse d'Action), mouvement autonomiste légèrement gauchiste et radicalisant; ses envers le mouvement régionaliste corse demeurent, jusqu'au point de participer au congrès dit les 'États-Généraux de la Corse' en 1934[4].

Vers 1926 il commence à évoluer vers la grande formation de centre-gauche, le Parti Républicain radical-socialiste. À partir de 1928, avec la publication de sa revue Paris-Phare, il s'associa au groupe des 'Jeunes Turcs' radicaux-socialistes, qui réclamaient des républicains de gauche, une action politique plus marquée sur le plan social et économique. Pierre Dominique termine par faire partie du comité exécutif du Parti radical-socialiste. Lorsque la Grande dépression sévit, il pronostiqua une rénovation économique à travers d'une mobilisation des ressources de l'Empire colonial, un certain autoritarisme parlementaire, et une coordination économique à l'échelle européenne.

À travers les années 1930, il suit une dérive vers la droite autoritaire. En 1935, la LICA, le considère comme un compagnon de route[5], et en 1938, dans le tribunes de La République, il attaque violemment le racisme hitlérien, "l'Allemagne veut dominer le monde, le monde regarde et s'épouvante, cette plongée au cœur de la barbarie fait horreur"[6]. Pendant l'Occupation, cependant, il fut directeur de l'Office français d'information de Vichy, de 1941 à 1943[7]. Il a été décoré de l'ordre de la Francisque[8].

En 1966, il cofonde l'Association des amis du socialisme français et de la Commune[9].

Pendant la Guerre Froide, il collabora aux journaux d'extrême droite Crapouillot et Rivarol. À la mort de René Malliavin en 1970, Pierre Dominique lui succéda en tant que rédacteur en chef et éditorialiste de Rivarol, jusqu'à sa mort.

RéférencesModifier

  1. R. N., « "Le Prix Balzac" », L'Europe Nouvelle,‎ , p. 412
  2. Les Nouvelles littéraires, n° 76, 29 mars 1924
  3. Mercure de France, 1930, p.759
  4. Réseau de laboratoires d'histoires des idées et des institutions politiques, L'Europe entre deux tempéraments politiques : idéal d'unité et particularismes régionaux : études d'histoire des idées politiques, Aix-en-Provence, Presses universitaires d'Aix-Marseille, , 525-38 p.
  5. Bernard Lecache, "le droit de vivre devient hebdomadaire", Revue le droit de vivre, octobre 1935;
  6. Pierre Dominique, La France n'est pas un tir aux ambassadeurs, La République, 9 novembre 1938.
  7. Robert O. Paxton, La France de Vichy, éd. du Seuil, « Points »-histoire, 1999, p. 102 et Pascal Ory, Les Collaborateurs, éd. du Seuil, « Points »-histoire, 1980, p. 28
  8. Henry Coston (préf. Philippe Randa), L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », (ISBN 2-913044-47-6), p. 68 — première édition en 1987.
  9. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7), p. 425.

OuvragesModifier

  • Notre-Dame de la sagesse, éd. Grasset, 1924
  • Deux jours chez Ludendorff, éd. du Siècle, 1924
  • Les mercenaires, éd. Grasset, 1925
  • Chroniques corses, éd Grasset, 1926.
  • Les Danubiennes, dessins d’Edy Legrand, Grasset, 1926
  • La Tsigane de Yénitzé, éd. Au Pigeonnier, 1926
  • Selon saint Jean, éd. Grasset, 1927
  • Sa majesté, éd. Grasset, 1928
  • La révolution créatrice, Librairie Valois, 1929
  • La Commune, Bernard Grasset, éditeur, 1930
  • Oui, mais Moscou, Librairie Valois, 1931
  • Marche, Espagne...., Librairie Valois, 1931
  • Le siège de Paris, éd. Grasset, 1932
  • Une bombe au Palais Bourbon, éd. Gallimard, 1935
  • La guerre qui vient - Vous vous réveillerez allemands, éd. Flammarion, 1936
  • La Marne, éd. Tallandier, 1940
  • Mirabeau, éd. Flammarion, 1947
  • Les journées de quarante-huit, éd. Flammarion, 1948
  • Le quatorze juillet, Lyon, éd. Lardanchet, 1950
  • Louis Napoléon et le coup d'État du deux décembre, SFELT, 1951
  • La Politique des Jésuites, éd. Grasset, 1955
  • Les Polémistes français depuis 1789, éd. La Colombe, 1962
  • La Commune de Paris, 1962
  • Clemenceau, Club des Amis du livre, 1963
  • Léon Daudet, éd. La Colombe, 1964
  • Le Deux Décembre, Librairie Académique Perrin, 1966.
  • Pour la réouverture des maisons closes, éd. Berger-Levrault, 1967 (avec Jean-Gabriel Mancini)
  • L'Inquisition, éd. Perrin, 1969
  • Paris enlève le roi : , éd. Perrin, 1973
  •  : la monarchie est morte !, éd. Perrin, 1974

ThéâtreModifier

Liens externesModifier