Pierre Chanel

saint catholique

Pierre Chanel
Saint catholique
Image illustrative de l’article Pierre Chanel
Vitrail de l'église de Lapaha à Mu'a, Tonga.
Premier Martyr d’Océanie
Naissance
Cuet, Ain
Décès (à 37 ans) 
Futuna
Nom de naissance Pierre-Louis-Marie Chanel
Nationalité Flag of France.svg Française
Ordre religieux Pères maristes
Béatification
par Léon XIII
Canonisation
par Pie XII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 28 avril
Saint patron Saint patron de l’Océanie

Pierre Chanel, l'un des nombreux saint Pierre, est né le à la ferme de la Potière à Cuet dans la commune de Montrevel-en-Bresse (Ain). Il a évangélisé l'île de Futuna (Pacifique Sud), où il a été tué le , devenant ainsi le premier martyr de l'Océanie.

C'est un saint catholique, fêté le 28 avril.

Ses originesModifier

Cinquième d'une famille de huit enfants, fils de Claude-François Chanel et Marie-Anne Sibellas, il travaille comme berger de l'âge de 7 ans à l'âge de 12 ans. Il va aussi à l'école de Saint-Didier-d'Aussiat où réside l'abbé Camus. Ce vénérable prêtre reçoit régulièrement la visite du curé de Cras-sur-Reyssouze, le Père Trompier, qui connaît Pierre. Il lui propose de l'emmener avec lui, pour servir la messe et étudier avec lui, à l'école de Cras, qu'il intègre à l'automne 1814.

Il fait sa première communion le . C'est de cette époque que date son attirance pour les missions, à la suite de la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Mgr Dubourg, administrateur apostolique et ordinaire en Louisiane, de retour d'Amérique. Il dira plus tard : « C'est l'année où je formais le dessein d'aller dans les missions lointaines ».

Pierre Chanel quitte Cras en octobre 1820.

Études et sacerdoceModifier

 
Cloître de l'ancien séminaire de Brou.

Pierre Chanel fait ses humanités au petit séminaire de Meximieux. Il y étudie de 1819 à 1823 et obtient plusieurs prix et accessits en vers latins, doctrine chrétienne et discours français et latins. Il continue ses études théologiques au grand séminaire de Brou.

Le , il est ordonné prêtre et exerce d'abord comme vicaire à Ambérieu-en-Bugey puis comme curé à Crozet.

En 1831, il entre à la Société de Marie et enseigne pendant cinq ans au Petit Séminaire de Belley. Son rêve est de partir en mission aux États-Unis, au lieu de quoi il exerce tour à tour les fonctions de professeur de 6e la première année, de directeur spirituel, d'économe les deux années suivantes, et de vice-supérieur de la maison les deux dernières années.

L'OcéanieModifier

 
Reliques de Saint Pierre Chanel : une natte imbibée de son sang, exposée à Lyon.

Le pape Grégoire XVI était fortement déterminé à envoyer des missionnaires en Océanie et à confier cette mission à la Société de Marie naissante. Pierre Chanel se porte volontaire, et, le , il s'embarque au Havre, sur La Delphine, en compagnie de Mgr Pompallier, vicaire de l'Océanie occidentale, création récente de Rome (1835) confiée à la Société de Marie, pour un voyage de dix mois qui les conduit à l'île de Futuna. Il dit à cette occasion : « Depuis que je ne sens plus le collège de Belley sur mes épaules, je suis redevenu ce que dut être le cordonnier de la fable, lorsqu'il eut rendu au seigneur les cent écus qu'il en avait reçus pour avoir de nouveau ses chansons ! »

Tandis que Mgr Pompallier continue le voyage vers la Nouvelle-Zélande, Pierre Chanel et deux compagnons s'installent à Futuna. Il célèbre sa première messe sur l'île le en la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie.

Pendant les deux premières années, hébergés par le roi local Niuliki, ils apprennent la langue du pays et baptisent des enfants mourants. Dès qu'il se sent capable de prêcher, Pierre Chanel commence son travail d'évangélisation. Il tente de s'opposer aux guerres fratricides. Il est surnommé Petelo, « l'homme à l'excellent cœur »[1].

Malgré tous ces obstacles, les conversions au christianisme prennent de l'ampleur, ce qui déplaît au roi Niuliki, lequel cesse rapidement d'héberger et d'offrir des vivres aux missionnaires.

Pour subsister, ces derniers sont réduits à défricher un champ de manioc. Néanmoins, certains habitants s'empressent de détruire leurs récoltes afin de les forcer à fuir le pays. Réduits à la plus extrême pauvreté et réduit à la famine, les Pères sont contraints de manger leur propre chien. Menacé de mort, le Père Chanel répond : « La religion est implantée dans l'île, elle ne s'y perdra point par ma mort, car elle n'est pas l'ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu. »

Le propre fils du roi, touché par les enseignements des missionnaires se convertit publiquement au christianisme. Cette conversion achève d'exaspérer Niuliki qui décide alors d'en finir avec cette religion qui se met en travers de sa puissance.

Le , à la pointe du jour, un important groupe d'hommes, conduits par Musu-Musu, le gendre de Niuliki, armés de lances, de massues, et de haches, envahit la maison des missionnaires en un moment où Pierre Chanel était seul. Ils pénètrent dans le jardin où se trouve le missionnaire, l'assomment à coups de bâton et de massue, puis se livrent au pillage. Leur carnage terminé, voyant que le Père respire encore, le gendre du roi l'achève d'un coup de hachette sur la nuque.

Toutefois, peu de temps après le massacre, le christianisme s'étend très rapidement sur l'île de Futuna, au point où, quelques années plus tard, la quasi-totalité de la population est devenue chrétienne, y compris les assassins de Pierre Chanel. Musu-Musu demande même à être enterré auprès du père Chanel, tandis que la fille du roi Niuliki devient la première religieuse de Futuna[1].

Sa deviseModifier

 
Sa devise inscrite sur sa statue à Cuet.

« Aimer Marie et la faire aimer ».

CanonisationModifier

Pierre Chanel a été canonisé par Pie XII le [2]. Sa fête est fixée au 28 avril d’après le Martyrologe romain[3].

Le muséeModifier

Un sanctuaire, à proximité de l'église du hameau de Cuet (XIe siècle) et un musée communal à Montrevel-en-Bresse, le musée océanien et de Saint-Pierre-Chanel, retrace sa vie, avec présentations d'objets historiques bressans et océaniens.

ÉtablissementModifier

Le collège et lycée privés Saint-Pierre-Chanel[4], situé à Thionville dans le Grand Est, porte ce nom en son hommage. Cet établissement catholique dont les cours de religion sont obligatoires, organise très souvent dans l'année des récoltes de dons reversées à diverses associations. Établissement d'excellence avec un taux de réussite au bac de 100 %, il se place 63e dans la liste des meilleurs lycées de France selon le journal L'Express[5].

HommagesModifier

Plusieurs timbres-poste ont été émis par les postes de Wallis et Futuna pour honorer Pierre Chanel :

- un timbre de 14 F CFP à son effigie avec une vue de Futuna en 1955.

- deux timbres de 22F et 32 F CFP pour le retour de ses cendres au sanctuaire de Poï à Futuna en 1977.

- un timbre de 235 F CFP représentant son portrait et son reliquaire dans la basilique de Poï pour le 150e anniversaire de son martyre en 1991.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Jean-Baptiste Hembise Et Thomas Buvignier, « La vie de St Pierre Chanel », sur stpierrechanel.free.fr (consulté le )
  2. « À Montrevel-en-Bresse : le musée océanien et de Saint-Pierre-Chanel », sur leprogres.fr, (consulté le ).
  3. « Saint Pierre Marie Chanel », sur nominis.cef.fr (consulté le )
  4. Trotti'Net, « Saint-Pierre Chanel | Scolarité », sur www.saint-pierre-chanel.com (consulté le )
  5. « Le classement 2017 complet des lycées de France », sur LExpress.fr (consulté le )

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Récit de sa vie :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier