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Pierre Boyer de Latour du Moulin

général français

BiographieModifier

CarrièreModifier

Engagé à 18 ans, en août 1914, il sert dans les dragons jusqu'en 1916 où, sur sa demande, il est muté au 1er régiment de tirailleurs marocains. Il termine la Première Guerre mondiale avec le grade de lieutenant à titre temporaire. Après la guerre, il devient officier dans l'armée d'active en passant par l'école de Saint-Maixent. Après un bref passage en Algérie, il est affecté sur sa demande aux affaires indigènes du Maroc ; il reste 25 ans dans ce pays qu'il adopte. Il participe ensuite aux campagnes de « pacification » du pays.

À la fin des années 1930, il fait partie du cabinet du résident général de France au Maroc, le général Charles Noguès, puis commande un bataillon du 4e régiment de tirailleurs marocains pendant la Seconde Guerre mondiale. Il recrute des tabors marocains et crée le deuxième groupe de tabors marocains (2e GTM) à la tête duquel il participe à la campagne de Tunisie (fin 1942), puis à la libération de la Corse et de l'Île d'Elbe. En 1944, il participe au débarquement de Provence et, avec la première armée française, il prend une part décisive à la victoire de Marseille puis, pendant tout l'hiver 1944, combat dans les Vosges et en Alsace avant de franchir le Rhin.

Colonel en 1944, général de brigade en 1946, il part après la guerre pour l'Indochine où, de 1947 à 1949, il assure des commandements militaires mais aussi civils puisqu'il est commissaire de la République en Cochinchine. Puis il retrouve le Maroc pour seconder le maréchal Alphonse Juin, alors résident général à Rabat. Il retourne ensuite en Europe où il commande pendant deux ans les troupes françaises d'occupation en Autriche. En 1954, il est nommé commandant supérieur des troupes en Tunisie puis résident général en Tunisie ; c'est lui qui négocie les accords d'autonomie interne sous le gouvernement Pierre Mendès France. Il occupe brièvement, de novembre 1955 à janvier 1956, les fonctions de résident général de France au Maroc.

Devenu général d'armée en 1956, il est mis en disponibilité après avoir publié Vérités sur l'Afrique du Nord.

FamilleModifier

La famille Boyer, dont descend le général Pierre Boyer de Latour du Moulin, est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie originaire du Gévaudan, puis d'Île-de-France[1]. Son fondateur, Jacques Boyer (1776-1834), était négociant à Marvejols, dans l'actuel département de la Lozère. Georges Boyer (1858-1922), père de Pierre, a été adopté par Célestin Latour du Moulin (1822-1888).

Alors qu'il est lieutenant, Pierre Boyer de Latour du Moulin vit selon la coutume berbère (vers 1925) avec Lalla Khadija (décédée vers 1930), la fille d'un caïd de l'Atlas marocain issu de la tribu berbère des Ait Seghrouchen. Ils ont un fils, Georges, père de la journaliste Patricia Boyer de Latour[2] et de François Boyer de Latour. Il épouse en 1938 Claude Girot de Langlade (1920-1962), fille de Paul Girot de Langlade, dont sont issus huit enfants : Nicole épouse de Michel Denis de Senneville, Chantal épouse du préfet Philippe Legrix, Brigitte épouse de Régis Seigneur, Marie-France épouse de Régis Fouques-Duparc puis de Dominique Monti, Dominique épouse de Jacques Tallon, Christine épouse de Jean-Luc Golléty, Isabelle épouse de Luc d'Aboville, et enfin François-Xavier époux d'Anne Guillet.

DistinctionsModifier

Le général d'armée Boyer de Latour est titulaire de 24 citations dont 18 à l'ordre de l'armée[3].

 
Nom de la place du village de Barbaggio

La commune de Barbaggio, où s'est déroulée la bataille du col de Teghime opposant le deuxième groupe de tabors marocains commandé par Pierre Boyer de Latour du Moulin à des forces allemandes défendant le passage, l'a honoré en donnant son nom à la place du village.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, éd. Sedopols, Paris, 2012, p. 155 (ISBN 978-2904177231)
  2. Les Goumiers marocains, film documentaire d'Alain de Sedouy et Ahmed El Maânouni, France 3 Production Lille et GMT Productions, 1992
  3. Hommes et destins : dictionnaire biographique d'outre-mer, vol. IV, éd. Académie des sciences d'outre-mer, Paris, 1975, p. 128

BibliographieModifier

PublicationsModifier

  • Vérités sur l'Afrique du Nord, éd. Plon, Paris, 1956
  • De l'Indochine à l'Algérie : le martyre de l'armée française, éd. Presses du Mail, Paris, 1962
  • Le drame français, éd. Au Fil d'Ariane, Paris, 1963
  • Demain la France, éd. L'Indépendant, Montargis, 1965

SourcesModifier

  • Hommes et destins : dictionnaire biographique d'outre-mer, vol. IV, éd. Académie des sciences d'outre-mer, Paris, 1975, p. 126–129

AnnexesModifier