Pierre Bérenger de Narbonne

évêque de Rodez, puis archevêque de Narbonne; vicomte de Narbonne

Pierre (Bérenger) de Narbonne
Biographie
Naissance avant 1044
Décès après 13 mars 1090
Évêque de l’Église catholique
Archevêque élu de Narbonne
Évêque de Rodez
av. 4 janvier 1053 –
Autres fonctions
Fonction laïque
co-vicomte de Narbonne

Pierre ou Pierre Bérenger de Narbonne, a été évêque de Rodez de 1053 à 1079 et archevêque élu de Narbonne de 1079 à 1085/6. Il est mort après le .

Un cadet des vicomtes de NarbonneModifier

Pierre est le fils puîné de Bérenger, vicomte de Narbonne de 1019/1023 à 1067 et de son épouse, Garsinde, fille de Bernard Ier Taillefer, comte de Besalú[1].

Le fils aîné du couple, Raymond, apparaît pour la première fois aux côtés de ses parents le . Les deux fils puînés, Pierre et Bernard, sont attestés dans un document avec leur famille le . Pierre paraît avec la qualité de clerc dans une donation du [2].

Évêque de RodezModifier

Il était moine de Conques quand il fut élu évêque de Rodez. Certaines indications peuvent faire soupçonner qu'en fait il acheta l'évêché en 1051.

En 1052 il souscrivit à l'élection d'Itier Chabot à l'évêché de Limoges.

Il assiste au concile de Toulouse en 1056 convoqué contre ceux qui faisaient un trafic des biens de l'Église et qui condamna la simonie. Il contribua la même année à la dotation du monastère de Beaumont.

En 1061 il consentit à la donation de l'abbaye de Vabres aux abbayes de Moissac et de Cluny.

Certains documents montrent qu'il a participé à la fondation du prieuré du Saint-Sépulchre fondé par Ozile II de Morlhon et son fils Raoul, à Villeneuve[3].

Vicomte de Narbonne et tuteur de son neveu AymericModifier

À la mort de son père, le vicomte Béranger, le , les biens auraient dû être partagés d'une manière égalitaire entre les trois fils : - Raymond II
- Pierre Béranger ou Pierre,
- Bernard.
Raymond II qui s'attribue le titre de vicomte dès la mort de son père est rapidement évincé malgré l'appui des Trencavel. Seul reste Bernard qui a dû mourir assez jeune, laissant un fils aîné, Aymeric. Il est intervenu dans un plaid tenu à Carcassonne en 1071, mais il ne porte pas le titre de vicomte, mais il est désigné domnus Aymericus de Narbona.

Le , Pierre Béranger, évêque de Rodez, fait une donation à l'abbaye de Fontfroide, avec Aymeric et Béranger, ses neveux.

Vers 1076-1078, Raymond de Saint-Gilles promet une aide à la veuve de Raimond-Bernard Trencavel contre Pierre Béranger et son neveu Aymeric et contre tous les "vicomtes de Narbonne". Pierre Béranger et Aymeric sont co-vicomtes de Narbonne.

Au cours de l'assemblée générale du , Pierre Béranger se déclare archevêque élu et vicomte de Narbonne, en présence de ses neveux, Aymeric, Ugo et Béranger auxquels l'acte ne donne aucun titre.

En 1080, le pape Grégoire VII écrit une lettre annonçant la déposition de Pierre Bérenger de l'archevêché de Narbonne adressée à Aymeric, vicomte de Narbonne, vicecomiti Aymerico nec non universo populo Narbonensi[4]. Aymeric 1er épouse, entre 1083 et 1085, Mahaut de Puille, fille de Robert Guiscard, la veuve de Raimond-Bérenger II de Barcelone, comte de Barcelone, assassiné en .

Lutte pour l'archevêché de NarbonneModifier

À la mort de l'archevêque Guifred de Cerdagne, archevêque de Narbonne et fils de Guifred III comte de Cerdagne, Pierre Béranger, soutenu par sa famille, s'empara de l'archevêché en 1079. Il en chassa Dalmace ou Delmas élu par le chapitre.

En 1079, au concile de Toulouse, Hugues de Die, légat du pape, interdit aux Narbonnais de reconnaître Pierre Béranger comme archevêque de Narbonne.

Il est excommunié comme usurpateur par le pape Grégoire VII au cours du concile de Rome en 1080. Il est aussi déposé au cours du concile d'Avignon la même année. Grégoire VII confirma la déposition de Pierre Béranger au début de 1081. Mais Pierre Béranger n'a pas quitté son poste et a conservé de force les revenus de l'archevêché jusqu'en 1085. Il n'avait plus que le titre d'évêque de Rodez. Son successeur, Dalmace, abbé de Grasse, recommandé par Grégoire VII, ne put occuper le siège d'archevêque qu'en 1086, jusqu'à sa mort le .

Notes et référencesModifier

  1. Thierry Stasser, « La maison vicomtale de Narbonne aux Xe et XIe siècles », Annales du Midi, vol. 105, no 204,‎ , p. 497, 499-500. (ISSN 0003-4398)
  2. Jacqueline Caille, « Vicomtes et vicomté de Narbonne des origines au début du XIIIe siècle », dans Hélène Débax, éd., Vicomtes et vicomtés dans l’Occident médiéval, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, (ISBN 978-2-85816-942-9), annexe CD, p. 41.
  3. Villeneuve-d'Aveyron - Histoire
  4. Jacqueline Caille, « Vicomtes et vicomté de Narbonne des origines au début du XIIIe siècle », dans Hélène Débax, éd., Vicomtes et vicomtés dans l’Occident médiéval, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, (ISBN 978-2-85816-942-9), p. 57-58

Bibliographie complémentaireModifier

  • Jacques Bousquet, « La fondation de Villeneuve d'Aveyron (1053) et l'expansion de l'abbaye de Moissac en Rouergue », Annales du Midi, vol. 75, no 64 « Moissac et l'Occident au XIe siècle, Actes du colloque international de Moissac, 3-5 mai 1963 (Pour un IXe centenaire) »,‎ , p. 517–542 (ISSN 0003-4398, DOI 10.3406/anami.1963.4286, lire en ligne)
  • Christian Marty et Maurice Nogue, « Denier frappé par Pierre 1er, évêque de Narbonne, 1079-1085 », Bulletin de la commission archéologique de Narbonne, vol. 34,‎ , p. 75-76
  • Paul Ourliac, « Le concile de Toulouse de 1079 », dans Mélanges offerts à Jean Dauvillier, Toulouse, Centre d'histoire juridique méridionale, , p. 617-633
  • Jacqueline Caille, « Les marchands de Montpellier et la leude de Narbonne dans le dernier quart du XIe siècle », Bulletin historique de la ville de Montpellier, no 5,‎ , p. 3-5 (lire en ligne).