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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pierre Auger (homonymie) et Auger.

Pierre-Victor Auger est un physicien français, né le à Paris 5e[1], et mort le à Paris 14e[2]. Fils du professeur de chimie Victor Auger (1864-1949), il a travaillé en physique atomique, physique nucléaire et sur les rayons cosmiques.

Sommaire

BiographieModifier

Élève à l’École normale supérieure et à la faculté des sciences de l'université de Paris de 1919 à 1922, il est lauréat du concours d'agrégation de physique en 1922, et rejoint ensuite le laboratoire de chimie-physique de la faculté des sciences de l'université de Paris, dirigé par Jean Perrin, pour y travailler sur l'effet photoélectrique composé. Il obtient en 1926 devant la faculté des sciences de Paris le doctorat ès sciences physiques. En 1927, il est nommé assistant à la faculté des sciences de Paris ainsi que chef de service adjoint à l'Institut de biologie physico-chimique. Nommé chef de travaux à la faculté en 1934 et secrétaire général des tables annuelles des constantes en 1936, il est nommé maître de conférences de physique à la faculté le premier novembre 1937 (arrêté du 17 novembre 1937, maîtrise déléguée à l'École normale supérieure et précédemment occupée par Georges Bruhat) et chargé jusqu'en 1940 du cours sur les bases expérimentales de la théorie des quanta au sein de la chaire de physique théorique et physique céleste dont Georges Bruhat vient de devenir titulaire à la suite du transfert d'Eugène Bloch à la chaire de physique déléguée à l'École normale supérieure rendue vacante par le départ à la retraite d'Henri Abraham. Il est également directeur-adjoint du laboratoire de chimie-physique.

De 1941 à 1943, Pierre Auger est associé de recherches à l'université de Chicago, où il travaille sur les rayons cosmiques, puis, de 1943 à 1944 il est directeur du laboratoire de physique du groupe anglo-canadien de recherche sur l'énergie atomique à Montréal. Alfred Kastler est alors chargé de sa suppléance pour le service de la maîtrise de conférences de physique de l'École normale supérieure.

Le 11 juillet 1944, dans une arrière-salle du consulat français d’Ottawa, Pierre Auger, Jules Guéron et Bertrand Goldschmidt informent le général de Gaulle du programme nucléaire secret des Américains, le Projet Manhattan, et des perspectives ouvertes par la fission nucléaire[3].

À la Libération, il est nommé directeur de l’Enseignement supérieur de 1945 à 1948, ce qui lui permet d'introduire la première chaire de génétique à la Sorbonne, confiée à Boris Ephrussi. Il est ensuite nommé professeur titulaire de la nouvelle chaire de physique quantique et relativité à la faculté des sciences de l'université de Paris.

Le « processus Auger », par lequel les électrons Auger sont émis par les atomes, porte son nom, bien qu'une discussion ait eu lieu relativement à une éventuelle antériorité de découverte par Lise Meitner quelques semaines plus tôt, en 1923. Une analyse des contributions respectives des deux chercheurs conduit cependant à confirmer l'attribution du phénomène à Pierre Auger[4],[5].

En 1953, il intègre le conseil culturel du cercle culturel de l'abbaye de Royaumont.

Nommé président du comité de la recherche spatiale en 1959, il devient le premier président du CNES en 1962 et le premier directeur général du Conseil européen de recherches spatiales de 1962 à 1967, l'un des ancêtres de l'Agence spatiale européenne et contribua au développement des grandes institutions internationales telles que le CERN ou l'UNESCO. Il est aussi président du Centre international de calcul (Rome). De 1948 à 1959, il dirige à l'UNESCO le département des sciences exactes et naturelles.

Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1977.

Entre 1969 et 1986, il anime une émission de vulgarisation scientifique exigeante le vendredi soir sur France Culture, intitulée Les Grandes Avenues de la science moderne[6].

Le plus grand détecteur de rayons cosmiques, l'observatoire Pierre-Auger inauguré en 2008 en Argentine, porte son nom.

Sa sœur, Colette Auger (1904-1997), avait épousé le physicien Francis Perrin (1901-1992), fils de son maître Jean Perrin (1870-1942). Son autre sœur, Simone Auger, avait épousé André Pagès, le fils de l'historien Georges Pagès. Leur fils est l'historien de l'art Olivier Pagès.

Il est l'auteur de deux ouvrages de philosophie scientifique : L'Homme microscopique, publié en 1966 chez Flammarion, et Dialogues avec moi-même, publié en 1987 chez Albin Michel.

De plus, il a écrit deux recueils de poèmes : De ça De là et Lucarnes, publiés à La Pensée universelle.

Il est enterré au cimetière de Clairefontaine-en-Yvelines aux côtés de son épouse Suzanne décédée en 1988 à 91 ans.

DistinctionsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. Acte de naissance no 1899 avec mention marginale du décès[réf. nécessaire], registre des naissances pour le 5e arrondissement sur le site des Archives départementales de Paris.
  2. O. Hardouin-Duparc, « Pierre Auger », L'Archicube n°9 bis, 2011, pp.94-98.
  3. « Histoire du centre de Saclay : Présentation générale » sur le site du CEA, 2012.
  4. (en) O. Hardouin-Duparc, « Pierre Auger - Lise Meitner: Comparative contributions to the Auger effect », International Journal of Materials Research, vol. 100 n°9, 2009, pp. 1162-1166 (DOI:10.3139/146.110163).
  5. O. Hardouin-Duparc, « Pierre Auger - Lise Meitner : Contributions comparées à l’effet Auger », Reflets de la physique n°18, 2010, pp.23-25 (DOI:10.1051/refdp/2010006).
  6. (en) « The Man Behind the Observatory Name », sur ura-hq.org (consulté le 18 janvier 2019)
  7. Archive des lauréats des prix décernés par la SFP

Voir aussiModifier