Ouvrir le menu principal

Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière

personnalité politique française

Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière
Naissance
Nantes
Décès (à 59 ans)
Brains
Origine Français (Breton)
Allégeance Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Grade Chef de division
Conflits Guerre de Vendée
Distinctions Ordre de Saint-Louis
Autres fonctions Député de la Loire-Inférieure (1827-1828)

Pierre-Suzanne Lucas de la Championnière, né à Nantes le et mort le , est un chef vendéen dans l'armée de Charette au cours des guerres de Vendée et député de la Loire-Inférieure.

Sommaire

BiographieModifier

Pierre-Suzanne est le fils de Pierre Lucas de La Championnière, conseiller du roi et maître ordinaire en la Chambre des comptes de Bretagne, et de Madeleine Marguerite Berrouette des Tilleuls, sœur du maire Jean-Jacques Berrouette. Marié en 1797 à Marie Plumard de Rieux, il est le beau-père du médecin et président du conseil général de la Loire-Inférieure Mériadec Laennec (fils de Guillaume François Laennec et cousin germain de René Laennec) et le grand-père de Just Lucas-Championnière.

Guerres de VendéeModifier

Le , environ 1 500 jeunes gens de Brains, du Pellerin et des environs, armés de piques et de faux, envahissent la propriété des Lucas de La Championnière, à Brains, en sommant Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière de se mettre à leur tête pour s'opposer à la conscription décidée par la république. Dépourvu d'instruction militaire et sceptique quant aux chances de succès de l'insurrection, il n'a cependant pas d'autre choix que d'accepter. Il sera le seul survivant de sa famille, dont les autres membres périront lors de la Virée de Galerne : son père sera tué dans un combat, sa mère morte d'épuisement, ses sœurs guillotinées à Alençon.

Après avoir combattu aux côtés de Ripault de La Cathelinière, il rejoint, à partir d'octobre 1793, l'armée de François Athanase Charette de La Contrie, dont il commandera la division du pays de Retz. Il restera aux côtés de Charette jusqu'à ce que celui-ci rende la liberté à ses officiers. Il fait alors sa soumission à Machecoul, le , quelques jours avant la capture de Charette.

Il a décrit cette période dans ses Mémoires sur la guerre de Vendée[1] qui relatent la campagne qu'il fit, de 1793 à 1796, à la tête de ses hommes pour combattre les exactions, massacres et destructions des armées républicaines sur le sol vendéen. Ce document rédigé en 1798 n'a été publié qu'en 1904 par les petits-fils de l'auteur. En effet, sa liberté de ton cadrait mal avec la présentation idéale faite des Vendéens sous la Restauration. Lucas de La Championnière écrit en témoin impartial. Il évoque bien entendu la destruction systématique du pays engagée par la République (« Les républicains cantonnés à Legé avaient massacré tous les habitans d'alentour ; les cadavres des femmes et des enfants, rangés dans tous les villages avec une symétrie barbare, semblaient crier vengeance à leurs parens qui leur survivaient », p. 73). Mais il ne cache pas les exactions occasionnellement commises par son propre camp et les dissensions entre royalistes - en particulier l'hostilité envers les émigrés.

Après la guerreModifier

Après six ans de procédure, Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, devenu Lucas-Championnière, parvient à récupérer les biens non vendus de sa famille et obtient l'amnistie en 1802.

Il est élu maire de Brains, poste qu'il occupera pendant vingt-cinq ans de 1803 à sa mort, conseiller général et député de centre droit[2] de la Loire-inférieure.

Il aurait servi de modèle au héros d'un roman historique de Jules Verne, Le Comte de Chanteleine.

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Mémoires sur la guerre de Vendée, Librairie Plon, Paris 1904. Reprint Editions du Bocage, Cholet 1994.
  2. Statistique constitutionnelle de la Chambre des députés de 1814 à 1829

Lien externeModifier