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Pierre-Isaac Poissonnier

médecin français
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Pierre-Isaac Poissonnier, né à Dijon le et mort à Paris le , est un médecin français, membre de l'Académie des sciences et professeur au Collège royal.

Sommaire

BiographieModifier

Reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1743, il occupe à partir de 1745 la chaire de médecine laissée vacante par Jean-Baptiste Dubois au Collège royal. En 1756, il supplée Helvétius comme inspecteur des hôpitaux militaires du royaume, puis, un an plus tard, est nommé premier médecin de l'armée d'Allemagne. Chargé par Choiseul d'une mission diplomatique confidentielle auprès d'Élisabeth de Russie, il passe trois ans à la cour de l'impératrice et revient en 1761 à Paris, où il est nommé médecin consultant et conseiller d'État du roi. C'est pendant cette période qu'il invente un moyen de dessaler l'eau de mer pour la rendre potable, procédé dont se servira Bougainville lors de son voyage autour du monde[1]. Bien qu'en 1763 il publie sa machine à distiller l'eau de mer auprès des bureaux de la Marine et qu'en 1764 il la soumet au jugement de l'Académie Royale des Sciences de Paris, son invention est copiée par M. Irvine, un anglais, qui se l'approprie et la présente au Parlement d'Angleterre de qui il obtient une récompense de cinq mille livres de rente[2]. En 1764, il est nommé inspecteur général de la médecine, chirurgie et pharmacie de la Marine et des Colonies et entre l'année suivante à l'Académie des sciences comme associé libre[3].

 
Plans de la machine à dessaler l'eau de mer (1763); inventeur: Poissonnier; publiés dans l'ouvrage de Baumé "Chymie expérimentale et raisonnée" en 1773

Ses travaux écrits sont relativement peu nombreux. Il publie entre autres un Mémoire pour servir d'instruction sur les moyens de conserver la santé des troupes pendant les quartiers d'hiver en 1757 et un Abrégé d'anatomie, à l'usage des élèves en chirurgie, dans les écoles de la marine en 1783. Il complète le Cours de chirurgie dicté aux écoles de médecine de Paris commencé par Élie Col de Villars et paru en cinq volumes entre 1738 et 1749. Avec Jussieu et Mauduyt de La Varenne, il est l'un des rédacteurs du Rapport des commissaires de la Société royale de Médecine, nommés par le roi pour faire l'examen du magnétisme animal en 1784.

Il fut anobli en 1769, et se fit acquéreur en 1770 de la terre de Prulay, à Saint-Langis-lès-Mortagne dans le Comté du Perche.

 
Armoiries Poissonnier de Prulay

Notes et référencesModifier

  1. « Ce procédé, précise Panckoucke, consistait à soumettre à la distillation l'eau de mer, dans un alambic construit de manière à résister aux mouvements du vaisseau. On ajoutait six onces de carbonate de soude par barrique d'eau. Le feu de la cuisine servait seul pour cette opération, ce qui était fort économique. »
  2. Antoine Baumé, Chymie expérimentale et raisonnée, Paris, Théophile BARROIS, Libraire, , p. 588 tome III
  3. Poissonnier fut également membre des académies de Brest, Dijon, Lyon, Madrid, Stockholm et Saint-Pétersbourg.

SourcesModifier

  • Charles-Joseph Panckoucke, Encyclopédie méthodique. Médecine, vol. XII, 1827, p. 198
  • Pierre Vallery-Radot, « La Vie ardente de Pierre-Isaac Poissonnier, médecin diplomate (1720-1798) » in Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine, no 32, 1938, p. 44-54Texte en ligne

Liens externesModifier