Piñata

La piñata est un récipient qui peut prendre une forme quelconque et que l'on remplit de sucreries et de jouets. Des enfants, les yeux bandés, armés d'un bâton essayent de casser la piñata afin de récupérer les sucreries cachées à l'intérieur.

La piñata[1], pinata[1],[2] ou pignata[2] est un objet creux qui a la forme d'une figurine ou d'un objet, que l'on remplit de sucreries ou de jouets et que l'on suspend en l'air grâce à une ficelle. Des enfants se succèdent, armés d'un bâton, et essayent de casser la piñata afin de récupérer ce qu'elle contient.

Piñata
Image dans Infobox.
Les sept piques sur la piñata sont les sept péchés capitaux. La base, qui est un récipient en terre cuite, représente le diable. Le bâton représente les bienfaits de dieu. Les sucreries qui en tombent représentent les bienfaits que donnera dieu après avoir éliminé le mal.
Présentation
Type
Bris d'une piñata.

La piñata est faite à partir de matériaux fragiles, tels que la paille, du papier mâché, ou de l'argile. Traditionnellement, elle est faite avec une forme humaine ou animale.

Un héritage des explorations passéesModifier

En ChineModifier

Une hypothèse attribue son origine à la culture chinoise. En effet, les chinois auraient été les premiers à utiliser la piñata lors des fêtes de la Nouvelle Année au début du printemps. Les représentations animales des piñatas (vaches et buffles) seraient le signe d'origine rurale et agricole. Par tradition les piñatas étaient de papiers de différentes couleurs et remplies de semences. En extraire les graines par frappes successives devait assurer une bonne saison à venir[3].

En Italie, en EspagneModifier

La piñata aurait été importée en Italie au XIVe siècle par l'explorateur Marco Polo, comme en témoigne son livre Les Voyages de Marco Polo. Ces écrits attestent aussi cette origine chinoise. Le mot piñata a une étymologie italienne : pignatta qui désigne un « récipient fragile ». Au début, en effet, c'est un simple récipient de céramique, plus ou moins décoré, qu'il fallait briser avec un bâton.

Au XIVe siècle, la religion chrétienne s'empare de cette pratique païenne pour la christianiser. C'est pendant la fête de Carême qu'elle devient importante[4].

En Amérique LatineModifier

Après être passée par l'Espagne, elle aurait été exportée au Mexique par les conquistadors espagnols. À la grande surprise de ces derniers, une pratique rituelle locale similaire existait déjà, mais n'avait rien de chrétien. Les populations locales s'en servaient pour adorer le dieu Huitzilopochtli, dieu du soleil et de la guerre.

Les missionnaires l'utilisèrent pour étayer leurs discours d'évangélisation. En y ajoutant des décorations, ils attiraient leurs futurs paroissiens en attribuant à la piñata une symbolique du diable à combattre.

Les piñatas furent agrémentées de sept pics représentant les sept péchés capitaux à combattre (l'avarice, la gourmandise, la paresse, l'orgueil, l'envie, la colère et la luxure). Ces sept pics rappellaient aussi l'étoile du Berger qui a mené les rois mages à Béthléem[5].

Une personne avait les yeux bandés et on la faisait tourner trente-trois fois (représentant les 33 ans de la vie du Christ) sur elle-même, avant qu'elle n'essaie de briser la piñata. Les yeux bandés évoquaient aux chrétiens la foi aveugle avec laquelle ceux-ci étaient sensés agir contre le mal[6].

L'aspect religieux de la coutume se perdit pour devenir une tradition des fêtes de l'Avent et d'autres événements[4]. Elle se répandit dans plusieurs régions d'Amérique latine, en Espagne, et dans certains pays anglo-saxons comme les États-Unis, ainsi qu'en Inde.

Une pratique codifiéeModifier

En FranceModifier

La piñata *
 
Célébration du Día mexicano en Allemagne.
Domaines Pratiques festives
Savoir-faire
Jeux
Lieu d'inventaire Île-de-France
Paris
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

En France, la piñata est liée aux fêtes d'anniversaire des enfants. Elle est confectionnées avec des matériaux cassables, des bonbons et des petits jouets y sont dissimulés. Elle est de couleurs vives, elle a la forme d'une étoile à cinq, six ou sept branches. Elle peut aussi avoir une forme d'animal, selon les goûts des enfants.

Pour confectionner une piñata, on gonfle un ballon sur lequel on modèle un corps rond en papier mâché. Le papier est recouvert de papier crépon. Cette confection dure environ trois heures.

Au mexiqueModifier

Elle est utilisée depuis 450 ans pour célébrer des fêtes traditionnelles mexicaines tout au long de l'année. Au Mexique, pendant le jeu, on chante la chanson Dale, dale, dale. La seconde strophe varie selon la région mexicaine. Au nord-est du Mexique, on chante :

'Dale, dale, dale,
no pierdas el tino ;
Porque si lo pierdes
pierdes el camino.
Dale, dale, dale,
Dale y no le dió ;
Quítenle la venda,
Porque siguo yo
¡Se acabó!

Traduction :

Frappe-la, frappe-la, frappe-la (ou « vas-y, vas-y, vas-y »)
Ne perds pas ton adresse ;
Parce que si tu la perds
Tu perdras le chemin
Frappe-la, frappe-la, frappe-la,
Frappe-la, et il l’a raté
Enlevez-lui le bandeau
Parce que c'est mon tour
C’est fini !

Au nord-ouest du Mexique (États de Colima, Jalisco, Sonora notamment), la seconde strophe est généralement la suivante :

Dale, dale, dale ;
Ya le diste una ;
Ya le diste dos ;
Ya le diste tres ;
¡Y tu tiempo se acabó!

Traduction :

Frappe-la, frappe-la, frappe-la ;
Tu l'as déjà frappée une fois
Tu l'as déjà frappée deux fois
Tu l'as déjà frappée trois fois
Et ton tour est terminé !

Notes et référencesModifier

  1. a et b « pinata ou piñata », Dictionnaires Le Robert (consulté le ).
  2. a et b « pignata », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le ).
  3. (es) « El origen de las pinatas (About en espanol) » (consulté le )
  4. a et b (es) « El blog de Gaudena » (consulté le ).
  5. « La pinata, une vieille tradition » (consulté le )
  6. « Mexique.Fr » (consulté le )

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier