Photothèque du muséum de Toulouse

La photothèque du muséum de Toulouse est un service interne du muséum de Toulouse. Rattachée au domaine Patrimoine, la photothèque fait partie du service Bibliothèque et documentation. Elle a plusieurs missions, car elle gère, centralise et met à la disposition de tous, les campagnes photographiques réalisées au sein de l'établissement (reportages et prises de vue en studio). Depuis plusieurs années, le travail de la photothèque vise aussi à remettre aux normes de conservation, inventorier et numériser les collections photographiques. Cela nécessite des recherches historiques et techniques très précises, un relais étroit avec le service conservation du musée ainsi que des échanges avec des spécialistes (autres musées, donateurs, universitaires, etc.). Après identification, une étude est menée sur la vie des photographes et le contexte des prises de vue de chaque période et zone géographique concernées. Elle procède à un enrichissement de ses collections par des dons ou achats de photographies anciennes pour continuer à enrichir ses fonds[1].

Photothèque du muséum de Toulouse
Image dans Infobox.
Découverte d'un lot de plaques de projection positives conservé au Muséum de Toulouse
Informations générales
Type
Ouverture
2005
Collections
Collections
Collections photographiques, notamment celles de Eugène Trutat, Roland Napoléon Bonaparte , Louis Mengaud et Augustin Pujol
Époque
XIXe et XXe siècles
Localisation
Pays
Commune
Adresse
35 allée Jules-Guede

HistoireModifier

 
Boîtes anciennes de conservation des clichés. Conservées au muséum de Toulouse

À la fin des années 1990, le muséum de Toulouse a fermé ses portes à cause de problèmes de mise aux normes[2]. La municipalité décide d'investir dans un nouveau et grand projet. La première des étapes devient donc le déménagement de l’ensemble des collections au début des années 2000[3]. Pendant la rénovation du Muséum, la direction de l’établissement décide de gérer, numériser et conserver l’ensemble des fonds photographiques composés de plus de 17 000 images. Le fonds Trutat, comprend par exemple près de 14 000 plaques de verre. Il est traité en priorité pour la réouverture de l'établissement en 2008. Le traitement des autres fonds photographiques et toujours en cours (plaques de verre, négatifs, tirages contre-collés...) Depuis 2010, le Muséum, enrichit ses collections photographiques par une politique d'acquisition notamment des tirages d'Eugène Trutat. À ce jour le fonds ancien est pratiquement entièrement numérisé et une partie est accessible sur Wikimédia Commons dans le cadre du projet Phoebus.

Inventaire et récolementModifier

Comme l’exige la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France[4], le Muséum doit rendre au ministère de la Culture un inventaire complet de ses collections. Les fonds photographiques s’inscrivent obligatoirement dans cette démarche. Après expertises et recoupement des données, les fonds ont nécessité une description normative de toutes les photographies à caractère patrimonial. Ce travail d’inventaire et de récolement des collections photographiques s’est fait en collaboration avec le service conservation. Cette opération majeure permet au Muséum d’imprimer le premier inventaire légal de ses collections en 2014.

Enrichissement des collectionsModifier

Parallèlement au travail de numérisation, le Muséum continue d'enrichir sa collection photographique ancienne et son fonds moderne numérique. Plus de 90 000 clichés numériques ont ainsi été réalisés lors des différentes activités du musée (exposition, vernissage, collections...) qui viennent s'ajouter aux milliers de documents argentiques pris entre 1950 et 2000[1]. Les agents du Muséum sont également acteurs de l'enrichissement de la documentation de leur travail, comme dans le laboratoire de Taxidermie où chaque opération est documentée étape par étape comme pour la naturalisation de l'ourse Cannelle[5].

La chargée des collections ethnographiques, participe dans un autre cadre à l'enrichissement des collections photographiques. En effet, le Muséum est engagé dans une politique d’enrichissement de ses collections amérindiennes grâce à un projet de collecte et d’échanges avec plusieurs communautés de l’Amazonie brésilienne[6]. En collaboration avec l’association toulousaine Jabiru prod et le laboratoire EREA du CNRS, le Muséum organise une mission de terrain par an depuis 2011. Les témoignages vidéos et photographiques complètent ces collectes. Ils constituent le patrimoine photographique du XXIe siècle. L’étude des usages et pratiques de l’image au sein du réseau professionnel de l'établissement met en évidence le fait que ce dernier se trouve au cœur du dispositif de travail et de communication. Cette démarche fait perdurer l'ambition initiale d'Eugène Trutat et de ses confrères : collecter et conserver pour les générations futures des données scientifiques, ethnographiques et techniques parallèlement aux collections naturalistes[7].

MissionsModifier

 
Présentation de la photothèque du muséum de Toulouse

Les missions de la photothèque s'organisent donc autour de plusieurs axes :

Assurer la conservation des collections photographiques numériques et argentiques.

Recherche iconographique dans les fonds photographiques du Muséum

Gestion juridique des fonds

Assurer la numérisation de photographies

Organiser des campagnes photographiques autour des collections du Muséum, les étapes de naturalisation, les travaux, les expositions permanentes et temporaires, les animations, les événements, les jardins...

Contribuer à valoriser les collections photographiques à travers des projets d'édition et d'exposition.

Gestion des fondsModifier

Les fonds du muséum de Toulouse se décomposent donc en deux grandes catégories :

Les fonds anciens et les fonds modernes. Les fonds anciens rassemblent environ 23 000 plaques de verre et tirages, ils se sont construits par la suite grâce à des achats et des dons.

 
Dynastes hercules ecuatorianus photographié par Didier Descouens dans le cadre projet Phoebus

Fonds Eugène TrutatModifier

 
Moissac , cloître - Fonds Trutat - MHNT.PHa.138.R010

Parmi ceux-là le plus important est le fonds Trutat avec 14 000 documents et une partie de son matériel de prise de vue[8]. En effet en tant que conservateur du Muséum, Eugène Trutat a réalisé de nombreux clichés du Muséum, mais aussi de ses expéditions dans les Pyrénées, à l'étranger et plus largement dans toute la France. Une partie de ce fonds est disponible en ligne sur Wikimedia Commons dans le cadre du projet Phoebus mis en place par la mairie de Toulouse et Wikimédia France en 2010. Les collections patrimoniales photographiées dans le cadre du projet Phoebus sont vues des millions de fois par an. En quelques mois, la consultation des photographies réalisées par Eugène Trutat dépasse les 70.000 fois.[9] Le Muséum a récemment fait l'acquisition de négatifs papiers, précédé ancien réactualisé par Eugène Trutat lui-même[10]. Ce pionnier a toujours fait de la médiation visuelle. Il reproduisait énormément d’images en plaque de projection pour les distribuer dans les écoles toulousaines et améliorer ainsi l’enseignement auprès de tous les publics. Les photographies produites à l’époque, servaient en partie à illustrer ses multiples conférences sur les sciences et la photographie. Au début, l'utilisation de l'appareil de projection, assimilé à la lanterne magique des fêtes foraines a été très critiquée par la suite toutes ses conférences sont plébiscitées par le public comme par ses confrères (Travaux de recherche réalisés en 2016[11]).

Du 31 janvier au 27 mars 2020, des photographies d'Eugène Trutat ont été présentées au public dans l’exposition Rude forms among us au sein de la prestigieuse école d'architecture de Los Angeles à la galerie du Southern California Institut Of Architecture (SCI-Arc). L'architecte Anna Neimark a exposé un projet architectural inspiré de dolmens français et plus particulièrement des photographies d'Eugène Trutat représentant le dolmen de Vaour (Tarn), qu'elle a découvertes sur Wikimedia. Plusieurs photographies dont deux négatifs papier, jamais sortis des réserves du Muséum, y ont été présentés.   

 
Appareil servant à l’agrandissement et à la réduction de plaques 18 × 24 cm. Le condensateur, l’objectif et la source de lumière, manquent. Fabriqué par Demaria frères

Fonds Augustin PujolModifier

Augustin Pujol était un photographe professionnel qui travaillait entre autres pour le muséum d'histoire naturelle de Toulouse. Il avait deux studios, l'un à Paris et l'autre à Toulouse au 23 allée Saint-Michel. Il a travaillé pour le Muséum entre 1910 et 1940. Il y photographia les galeries, les collections et les principales étapes de réalisation des bisons du Tuc d'Audoubert et de naturalisations. Le Muséum a inventorié 171 photographies attribuées à Augustin Pujol, principalement au format 13 × 18 cm et du 9 × 12 cm.

 
Plaque de verre stéréoscopique du fonds Louis Mengaud (muséum de Toulouse)

Fonds Louis MengaudModifier

Louis Mangaud (1876 – 1957), conservateur des collections de géologie et de minéralogie de 1912 à 1925 et membre de la commission de surveillance de l'établissement jusqu'en 1943 et professeur de géologie à la faculté de Toulouse. Il fit plusieurs dons pour enrichir les collections géologique du Muséum. Beaucoup de photographies ont été réalisées pour des cours universitaires. Elles ont toujours été conservées au Muséum. Elles ne comportent aucune indication autre que les inscriptions manuscrites présentes sur les plaques de verre ou sur les boîtes en carton les contenant. Elles représentent des supports de cours sur la géologie, la minéralogie, la paléontologie, la sismologie, etc.

Collections Roland Napoléon BonaparteModifier

Ce fonds a pour particularité d'avoir été acheté. Composé des collections anthropologiques du prince Roland Bonaparte en Amérique du Nord et en Laponie. Le prince n'a jamais eu de lien particulier avec le Muséum, mais ce fonds a probablement été acheté au XIXe siècle pour enrichir le fonds documentaire.

 
Collection du Prince Roland Bonaparte

Collection de portraitsModifier

Après la réouverture de l'établissement, la photothèque a retrouvé des milliers de portraits de scientifiques contre-collés sur carton. Ces plus de 3 000 photographies et dessins ont commencé à être regroupés au XIXe siècle. Leur collecte reste énigmatique. Il est probable que les employés du Muséum aient durant des décennies acheté, découpé et simplement récupéré des portraits à titre documentaire. La plupart sont renseignés (nom, prénom, dates extrêmes et profession), mais leur origine est souvent inconnue.

Il existe d'autres fonds photographiques en cours de traitement. Notons que Jean Dieuzaide a réalisé des campagnes photographiques au Muséum dont l'établissement possède quelques tirages.

Articles connexesModifier

PublicationsModifier

  • Bertrand de Vivies, Luce Lebart, Frédérique Gaillard et Donatien Rousseau, Le Tarn : Regard photographique d'Eugène Trutat (1840-1910), Éditions Grand Sud, Albi, 2013. (ISBN 978-2363780416)[12])
  • Bruno Fay, Marc Ancely, Frédérique Gaillard, Luce Lebart et Patrice Guérin, Biarritz par Georges Ancely et Eugène Trutat, Aquarium de Biarritz, Biarritz, 2016.
  • Frédérique Gaillard, « Organisation d’une photothèque polymorphe dans un muséum en perpétuel mouvement : le muséum d'histoire naturelle de Toulouse et ses 150 ans de photographies » in Les dossiers de l'OCIM "Musées, Centres de sciences et réseaux documentaires : s'organiser et produire", OCIM, Dijon, 2016, p. 127 (ISBN 978-2-11-139616-6)
  • Claude Harmelle, Frédérique Gaillard, Luce Lebart et Claire Bonnafé, Eugène Trutat et Amélie Galup, Photographes autour de Saint-Antonin, au XIXe siècle, Société des Amis du Vieux Saint Antonin, 2017.
  • Frédérique Gaillard, « Sciences, enseignement et photographie : les indissociables activités d’Eugène Trutat (1840-1910) » In La plaque photographique. Un outil pour la fabrication et la diffusion des savoirs (XIXe-XXe siècles), sous la direction de Denise Borlée et Hervé Doucet, Institut d’Histoire de l’art (EA 3400), Presses Universitaires de Strasbourg, 2019.

DocumentairesModifier

  • Emma Fariñas, Instants saisis, Mira productions (documentaire), Toulouse, 2015. Critique du documentaire : Valentine Châtelet, Instants saisis, film documentaire de valorisation d’un fonds photographique patrimonial, Hypothèses, 2015 (en ligne).
  • Christophe Giffard, Museum Collection Eugène Trutat, radiodynamique.net (documentaire), Toulouse, 2014 (en ligne).
  • Anna Neimark : Rude Forms Among Us, SCI-Arc, Los Angeles, juin 2020 (en ligne).

ExpositionsModifier

  • Objectifs Pyrénées, sur les traces d'Eugène Trutat, Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, 2011.
  • Regard'Ailleurs, Voyage en Algérie, Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, 2011.
  • Regard photographique d'Eugène Trutat (1840-1910) sur les sciences, muséum d'histoire naturelle et musée de l'abbaye de Gaillac du 29 juin au 3 novembre 2013.
  • Biarritz par Georges Ancely et Eugène Trutat, Aquarium de Biarritz, Biarritz du 11 juillet 2016 au 8 janvier 2017.
  • Eugène Trutat et Amélie Galup, La Galerie de Saint-Antonin, Saint-Antonin-Noble-Val du 19 août au 1er novembre 2017.
  • Rude forms among us, Anna Neimark en collaboration avec Frédérique Gaillard, SCI-Arc (du 31 janvier au 27 mars 2020), Los Angeles, 2020 (exposition).

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Muséum d'histoire naturelle (Toulouse), Rapport d'activité (muséum de Toulouse), Toulouse, Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, , 74 p. (ISSN 2259-1672, lire en ligne)
  2. Muséum de Toulouse, « Petites et grandes histoires du Muséum par Francis Duranthon, directeur du muséum de Toulouse », (consulté le 26 juillet 2016)
  3. Francis Duranthon, Muséum de Toulouse des aventures pour la science, France, Édition Privat, , 181 p. (ISBN 978-2-7089-8226-0), p. 155
  4. Loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France (lire en ligne)
  5. « L'ourse Cannelle, star de la future expo du muséum de Toulouse, est en cours de naturalisation », sur France 3 Midi-Pyrénées (consulté le 26 juillet 2016)
  6. « Les amérindiens font leur cinéma : l'exemple des Trumai du Brésil central - PARLONS SCIENCES - Muséum », sur www.museum.toulouse.fr (consulté le 26 juillet 2016)
  7. Frédérique Gaillard, « Organisation d’une photothèque polymorphe dans un muséum en perpétuel mouvement : le muséum d'histoire naturelle de Toulouse et ses 150 ans de photographies », Les dossiers de l'OCIM "Musées, Centres de sciences et réseaux documentaires : s'organiser et produire", OCIM,‎ , p. 127 (ISBN 978-2-11-139616-6)
  8. « Eugène Trutat, 1er conservateur du Muséum », sur https://www.francebleu.fr, (consulté le 27 novembre 2017)
  9. Frédérique Gaillard, « Enjeux et stratégies de communication des collections du Muséum de Toulouse sur Wikipedia », sur http://photoreportage.over-blog.org, (consulté le 10 août 2017)
  10. Luce Lebart et Frédérique Gaillard, Eugène Trutat, savant et photographe, Toulouse, Éditions du muséum de Toulouse, , 237 p. (ISBN 978-2-906702-21-9), Entre art, sciences et techniques
  11. Frédérique Gaillard, « Sciences, enseignement et photographie : les indissociables activités d’Eugène Trutat (1840 - 1910) » In Plaques photographiques, fabrication et diffusion du Savoir, Colloque international organisé par Denise Borlée et Hervé Doucet, Institut d’Histoire de l’art (EA 3400), Université de Strasbourg, mars 2016 (Presses Universitaires de Strasbourg, 2019)
  12. Frédérique Gaillard, Bernard De Viviès, Luce Lebart et Donatien Rousseau, Le Tarn : regard photographique d'Eugène Trutat (1840-1910), Albi, Editions Grand Sud, , 96 p. (ISBN 978-2-36378-041-6, OCLC 858320203, lire en ligne)