Philippe de Gaulle

officier général de marine et homme politique français

Philippe de Gaulle, né le à Paris, est un officier général de marine et homme politique français.

Philippe de Gaulle
Illustration.
Philippe de Gaulle.
Fonctions
Sénateur français

(17 ans, 11 mois et 28 jours)
Élection 28 septembre 1986
Réélection 24 septembre 1995
Circonscription Paris
Groupe politique RPR (1986-2002)
UMP (2002-2004)
Successeur Philippe Dominati
Inspecteur général des forces maritimes et aéronavales

(2 ans, 1 mois et 27 jours)
Prédécesseur Jean Tardy
Successeur Gérard de Castelbajac
Biographie
Nom de naissance Philippe Henri Xavier Antoine de Gaulle
Date de naissance (100 ans)
Lieu de naissance Paris 7e (France)
Nationalité Français
Parti politique RPR (1984-2002)
UMP (2002-2004)
MIL (depuis 2006)
Père Charles de Gaulle
Mère Yvonne Vendroux
Fratrie Élisabeth de Gaulle
Anne de Gaulle
Conjoint Henriette de Montalembert de Cers
Enfants Charles de Gaulle
Yves de Gaulle
Jean de Gaulle
Pierre de Gaulle
Diplômé de École navale
Royal Naval College
École supérieure de Guerre navale
Collège de défense de l'OTAN
Centre des hautes études militaires
Institut des hautes études de Défense nationale
Profession Officier général de la Marine nationale
Écrivain
Religion Catholicisme
Résidence Paris

Fils de Charles et Yvonne de Gaulle, issu de l'École navale (promotion 1940), passé par l'Aéronautique navale, il termine sa carrière militaire en 1982 élevé au rang et appellation d'amiral. Il est ensuite sénateur de Paris de 1986 à 2004.

BiographieModifier

EnfanceModifier

Né le dans le 7e arrondissement de Paris, Philippe Henri Xavier Antoine de Gaulle est baptisé le en l'église Saint-François-Xavier. Il a pour marraine Marguerite Vendroux, sa grand-mère maternelle. Son parrain est son oncle paternel, Xavier de Gaulle[1].

Enfant, il suit ses parents en Allemagne et au Liban, au gré des affectations de son père, et fait ses études au collège Saint-Nicolas à Paris. Très tôt, il se reconnaît une vocation de marin. Il est élevé en vertu des principes de l'éducation d'alors : « Chez nous, on ne parlait jamais d'argent… Un jour, j'ai osé demander à table : « Combien papa gagne-t-il ? » Je devais avoir huit ans ou dix ans. On m'a immédiatement rétorqué : « On ne parle pas d'argent à table, et de toute façon, les enfants n'ont rien à en dire car, n'en gagnant pas, ça ne les regarde pas »[2].

Carrière militaireModifier

  Philippe de Gaulle
 
Philippe de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Surnom « Sosthène » (par Le Canard enchaîné)
Origine   France
Allégeance   France libre
  France
Arme Marine    
Grade Amiral
Années de service 19401982
Commandement Flottille 6F
Suffren (D602)
Escadre de l'Atlantique
Inspecteur général de la marine
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Faits d'armes Bataille de l'Atlantique
Libération de la France
Libération de Paris
Campagne de Lorraine
Bataille des Vosges
Bataille d'Alsace
Poche de Colmar
Poche de Royan et de la pointe de Grave
Distinctions   Grand-croix de la Légion d'honneur
  Grand-croix de l'ordre national du Mérite
  Commandeur de l'ordre du Mérite maritime
  Croix de guerre 1939-1945
  Médaille de l'Aéronautique
  Ordre de la Guerre patriotique (URSS) 1re classe
Prix d'Académie de l’Académie Française (1988)
prix Louis-Marin (1998)
prix Saint-Simon (2004)
prix Honneur et Patrie (2004)
Autres fonctions Sénateur français
Écrivain

Philippe de Gaulle est élève du Collège Stanislas en 1939. Se destinant à l'École navale, il suit la préparation militaire supérieure. Le concours d’admission à l’École navale de 1940 est interrompu par l’avancée des Allemands en France et de ce fait non validé. Il quitte Brest le à bord d'un cargo avec sa famille. Il n'entend pas l'appel du 18 Juin lancé par son père, mais en a connaissance le lendemain à son arrivée à Falmouth en Grande-Bretagne.

D'après Geoffroy Chodron de Courcel, il fut le premier compagnon de son père[3] mais le titre de Compagnon de la Libération ne lui sera pas accordé, le décès d'Hubert Germain en 2021 emportant le dernier compagnon officiel[4],[5].

Il s'engage le dans les Forces navales françaises libres (FNFL). Il sert comme matelot sans spécialité, et comme pompier auxiliaire à Londres pendant la bataille d'Angleterre. Ayant été reçu comme élève au concours d'admission de l'École navale, promotion 1940, il embarque à bord du cuirassé Courbet en , à Portsmouth. Avec d'autres futurs élèves-aspirants, il est affecté à la défense contre-avions (DCA), et y suit six mois de cours[6] dont un mois de formation militaire au camp britannique de Camberley du au , puis cinq mois à bord du Président Théodore Tissier à Portsmouth du au . Il en sort second maître-élève aspirant à l'examen de sortie, en .

Après avoir participé à de nombreuses sorties à la mer le long des côtes anglaises, à bord des goélettes Belle Poule et Étoile, annexes de l'École navale, il est nommé aspirant en . Il participe à plusieurs stages d'armes dans les écoles britanniques dont le Royal Naval College de Dartmouth. Il est promu enseigne de vaisseau de 2e classe en .

Embarqué sur la corvette Roselys, de février à (bataille de l'Atlantique), il est affecté successivement sur le chasseur CH.11 qui effectue escortes et patrouilles en Manche, puis à la 23e flottille de Motor Torpedo Boat (MTB) de à où il est l'officier en second de la vedette lance-torpilles MTB.96. Il effectue vingt patrouilles en Manche, participe à trois engagements avec l'ennemi. Il est promu enseigne de vaisseau de 1re classe en , puis embarque sur la frégate La Découverte, de à (bataille de l'Atlantique).

Il participe ensuite à la Libération de la France (1944-1945) où il commande un peloton du régiment blindé de fusiliers-marins[7] de la 2e DB et combat à Alençon, Argentan et Antony. Le , il participe à la libération de Paris, de la porte d'Orléans en passant par l’École militaire, la rue Royale, le palais du Luxembourg, la gare du Nord, la gare de l’Est, Saint-Denis, Le Bourget et Stains. Il est envoyé depuis la gare Montparnasse pour porter l'ordre de reddition aux Allemands retranchés au Palais Bourbon dans les locaux de l'Assemblée nationale[8]. Il doit négocier seul et désarmé, au milieu d'eux, au risque de se faire tuer si les choses tournent mal. Il participe ensuite à la campagne de Lorraine, la Bataille des Vosges, la bataille d'Alsace, la poche de Colmar, la poche de Royan et de la pointe de Grave pour terminer au Berghof à Berchtesgaden pendant l'hiver 1944-1945.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il a reçu six blessures légères. Pour avoir été combattant pendant l'ensemble du conflit, notamment la bataille de l'Atlantique et la campagne de la Manche, il reçoit au début d' à Argenton-sur-Creuse la Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations, des mains du général Leclerc. En , comme les deux tiers de ses camarades anciens élèves de l’École navale en Grande-Bretagne, il poursuit sa carrière dans la Marine nationale française. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur à la fin de l'année 1946.

Déjà breveté fusilier à la fin des hostilités, il suit, du au , à la base aéronavale de Chapel Hill[9] en Caroline du nord (États-Unis) les cours de pilote et en sort breveté. Après un stage à l'école de l'aviation embarquée de la BAN Cuers du au , il est breveté pilote d'aéronautique et poursuit une carrière dans l'aéronavale. D'abord affecté à la base d'aéronautique navale (BAN) d'Hyères (Le Palyvestre) le , à la flottille 4 F puis à la flottille 3 F, dotées de Douglas SBD-5 en novembre 1946[10]. Le , il est responsable du service intérieur et capitaine de compagnie[10]. Il effectue de 1946 à 1948 et de 1952 à 1954 deux campagnes de guerre en Indochine dans l'aviation embarquée, avec appontages sur porte-avions, de jour comme de nuit, durant deux ans et demi[10].

Lieutenant de vaisseau le . Le , il est affecté comme officier en second de l'escadrille 50 S, l'escadrille d'instruction de l'École navale (basée à Lanvéoc). Le , il est affecté comme chef du service d'instruction, puis officier en second à la flottille 2 F à la BAN Port-Lyautey comme officier en second de la 2 F, équipée de d'avions de patrouilles maritimes Lancaster[10].

Entre le et le , il devient officier en second de la flottille 6 F, affectée à la BAN de Lartigue (Oranie) (avions embarqués Grumman équipée de bombardiers-torpilleurs TBM[11],[12]. Du au , il est le commandant de la flottille 6F. Du au , il embarque à bord du porte-avions La Fayette en tant que chef du service pont d'envol-hangar (PEH). Durant cette période, il effectue deux missions en Indochine dans l'aéronavale, embarqué sur porte-avions, avec appontage de jour et de nuit (Guerre d'Indochine)[10].

Capitaine de corvette le . Du au , il est chef du service instruction de la BAN Hyères-Le Palivestre. Du au , il est affecté au 3e bureau de l'état-major de la marine. Du au , il est stagiaire à l'école supérieure de guerre navale. Du au , il est affecté au 3e bureau section aéronautique de l'état-major de la marine[10].

Du au [10], il est adjudant de la 2e division d'escorteurs d'escadre (DEE2), à bord de l'EE Duperré. Du au , il prend le commandement de l'escorteur rapide Le Picard et brièvement en fin d'embarquement il est chef de la 3e division d'escorteurs rapides : la 3e DER[10].

Capitaine de frégate le , il débarque du Picard le . Il est élève du Collège de défense de l'OTAN entre le et le [10]. D'abord du au [10], il est affecté à la division emploi de l'État-Major des armées, puis du au [10], commande l'aéronautique navale de la région parisienne à Dugny-Le Bourget.

Capitaine de vaisseau le . Du au , il est affecté à la division Armements navals, à l'État-major des armées. Il commande la frégate lance-missiles Suffren du au . Entre le et le , il fait ensuite partie du groupe de travail sur l'avenir de la Marine (État-major de la Marine). Il est auditeur au Centre des hautes études militaires (CHEM) et à l'Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN) entre le et le . Il commande ensuite l'aéronautique navale de la 2e région maritime (Brest) entre le et le . Entre le et le , il est chef de la division Études générales à l'État-major des Armées.

 
Philippe de Gaulle en 1976.

Contre-amiral le et commande le Groupe naval d'essais et de mesures (GROUPEM) du au , hissant sa marque sur le bâtiment réceptacle Henri Poincaré. Il commande ensuite l'aviation de patrouille maritime (ALPATMAR) à la BAN Dugny-Le Bourget entre le et le .

 
Philippe de Gaulle en 1976.

Vice-amiral le , il commande l'escadre de l'Atlantique du au .

Élevé au rang et appellation de vice-amiral d'escadre le , il préside la commission permanente des essais entre le et le .

Élevé au rang et appellation d'amiral, le , Philippe de Gaulle termine sa carrière au poste d'inspecteur général de la Marine du au avant d'être admis en deuxième section, le [10]. Par ailleurs il enseigne à l’École supérieure de Guerre navale (1958-1959, 1962-1964, 1966-1967, 1971-1973, 1977-1982), au Centre des hautes études militaires (1971-1973, 1977-1982), a l’Institut des hautes études de Défense nationale (1971-1973, 1977-1982) et au Collège de défense de l'OTAN (1962-1964, 1966-1967)[10]. Il est membre du Conseil supérieur de la Marine à partir de 1977[10]. Il est élu membre de l’Académie de Marseille (1980), de l’Académie du Var (1980), de l’Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux (1980), de l’Académie de marine (1981, secrétaire perpétuel 1985-1998, vice-président 2000-2001, président 2002-2003), du Bureau des longitudes (1981), de l’Académie des sciences d’outre-mer (1982, président 1990-1991), de l’Académie royale des sciences navales de Suède (1982), de l'Académia de Marinha du Portugal (1982), de l’Académie de l’air et de l’espace (1983, président 1993-1994), de la Société nationale académique de Cherbourg (1983), de l’Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle (1983) et de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen (1983)[10]. Il est administrateur du Musée national de la Marine de Paris (1971-1979), de la Caisse nationale militaire de sécurité sociale, de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, et de l’Institution de gestion sociale des armées (1977-1982), du CNEXO (1982-1984) devenu Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (1984-1987), de la Fondation Albert Ier, Prince de Monaco (1982-1991), et de la Fédération Nationale du Crédit maritime (1983-1986)[10]. Il est président du conseil d'administration du Musée national de la Marine de Paris (1979-1997), du jury du Salon de la Marine (1980-1982), du Comité de documentation historique de la marine (1982-1998), de la Commission française d’histoire maritime (1983-1991), de l’Association des anciens élèves de l’École navale (1983-1987, 1989-1993), de l'institut français de navigation (1984-1992), de la Société nationale de sauvetage en mer (1984-1993), du Yacht Club de France (1986-1996), de la Fondation Albert Ier, Prince de Monaco (1991-1999)[10].

Parcours politiqueModifier

 
Philippe de Gaulle en 1976.

Certains écrits de Charles de Gaulle évoquent la possibilité d'une carrière politique pour son fils. Il écrit le  : « Je sais qu'à Port-Lyautey, comme ailleurs, tu feras honneur à tout ce que, désormais, notre famille représente et qui sera un jour sans doute ta propre charge » ; puis, le  : « Si je suis mort ou hors de course lors de l'éruption du volcan, c'est toi, mon fils, qui devras devenir le De Gaulle du nouveau drame ». Dans une lettre du , on trouve : « Les événements m'amènent à réfléchir à ce qui pourra peut-être prolonger ou reprendre ce que j'ai entrepris à la tête de notre pays et, par là même, Philippe de Gaulle ne manque pas de m'occuper ». Le , le général donne à son fils ces instructions :

« S'il devait arriver que je disparaisse prochainement sans avoir directement fait connaître qui, dans les circonstances présentes, je souhaite que le peuple français élise pour mon successeur immédiat comme Président de la République, je te confie le soin de publier aussitôt la déclaration ci-jointe. Je dis : mon successeur immédiat, parce que j'espère qu'ensuite c'est toi-même qui voudras et pourras assumer à ton tour la charge de conduire la France[13]. »

À la fin des années 1960, un parti gaulliste « légitimiste », le Centre des républicains libres se constitue. Mené par Joseph Bozzi, cousin du député Jean Bozzi, il préconisait le recours à l'amiral Philippe de Gaulle comme seul héritier possible du gaullisme. Son influence demeura néanmoins très faible.

Philippe de Gaulle est membre du Bureau Politique du RPR entre 1984 et 2002[10]. Il est élu sénateur de Paris le 28 septembre 1986 puis réélu le , membre de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées[10]. En 2006, il devient membre du comité d'honneur du Mouvement initiative et liberté. Philippe de Gaulle est également président honoraire du comité d'honneur du syndicat étudiant UNI[14].

Vie privéeModifier

 
Tombe de Henriette de Gaulle au cimetière de Colombey-les-Deux-Églises.

Le , Philippe de Gaulle épouse à Poncin (Ain) Henriette de Montalembert de Cers (1929-2014), filleule du comte de Paris[13]. Le mariage religieux est béni par l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu (en religion : père Louis de la Trinité, carme déchaux) en la chapelle du Château d'Épierre (Ain) à Cerdon le [15]. Son épouse appartient à la famille de Montalembert. L'amiral de Gaulle dit d'elle : « Elle est le contraire de ces femmes sophistiquées et artificielles dont le genre ne me séduit guère ».

Le couple a eu quatre fils, et en , six petits-enfants et deux arrière-petits-enfants[16] :

Philippe de Gaulle fête son 100e anniversaire le [19].

Malgré le fait que Philippe de Gaulle ait rejoint son père dès le lendemain de son célèbre appel, le , sans d'ailleurs avoir entendu celui-ci, il ne sera jamais nommé membre de l'ordre de la Libération et c'est Hubert Germain décédé en , qui sera considéré par l'Histoire et la présidence de la République, qui lui rendit hommage après sa mort, comme le dernier représentant des compagnons de la Libération[20].

MémoiresModifier

Philippe de Gaulle est l'auteur de Mémoires accessoires (2001) et d'un ouvrage intitulé De Gaulle, mon père, publiés sous la forme d'entretiens avec l'écrivain Michel Tauriac. Cet ouvrage, qui a obtenu un succès en librairie et bénéficié d'une couverture médiatique, est sujet à de nombreuses controverses, notamment en ce qui concerne la guerre d'Algérie. Philippe de Gaulle a ainsi été condamné le par la cour d'appel de Montpellier à verser un euro de dommages et intérêts ainsi que 1 500 euros de frais de justice à chacun des trois harkis plaignants, pour « diffamation envers des agents de l'autorité publique ». Il avait en effet écrit : « Et puis, tout le monde ne voulait pas partir comme ces 100 000 harkis qui ont rejoint l'armée algérienne ». La cour a estimé qu'il insinuait par là que les harkis assassinés étaient morts par leur propre faute ou leur erreur de choix. Dans un arrêt du , la Cour de cassation a annulé cette condamnation au motif que « les propos en cause ne visaient pas des personnes formant un groupe suffisamment restreint pour qu'un soupçon plane sur chacun de ses membres et leur donne le droit de demander réparation du préjudice résultant de l'infraction dénoncée »[21].

D'autres passages ont été également dénoncés, tel celui attribuant les événements de Mai 68 à l'action occulte de services secrets étrangers. Lorsqu'il évoque les propos de son père sur le peuple juif, on a pu noter qu'il n'emploie pas une seule fois le terme de génocide. Quant à certains défenseurs de la mémoire du maréchal Pétain ou du général Giraud, dont le petit-fils de ce dernier Henri-Christian Giraud, ils ont évidemment peu goûté les propos sévères de Philippe de Gaulle sur Pétain qui a plongé la France dans la collaboration active avec l'Occupant, sur le régime de Vichy ou sur Giraud, qui fut un temps le rival de son père.

Certains historiens ont également été critiques à son égard. Pierre Nora par exemple, a écrit que l'amiral avait « maréchalisé » et « pétainisé » le Général. Il a fait relever par Jean Lacouture et Éric Roussel les grossières erreurs factuelles commises par Philippe de Gaulle[22]. Néanmoins, l'ouvrage De Gaulle, mon père reste une source d'informations de première main sur le Général, dans sa vie privée et dans sa vie politique. L'amiral relate les entretiens qu'il a eus avec son père tout au long de sa vie, tant sur les actions que celui-ci a menées que sur les raisons de ses prises de décisions. L'intérêt de ces entretiens entre père et fils est que, pour chacun d'eux, Philippe de Gaulle en retrace les lieux, les dates et les circonstances, souvent par rapport à ses permissions militaires ou ses congés, ne rencontrant généralement son père que quelquefois par an.

L'amiral a également été longtemps critiqué pour son refus d'ouvrir les archives de son père (à la disposition du public depuis peu[Quand ?]). On peut[Qui ?] y voir une certaine pudeur du fils envers son père qui n'aurait certainement pas voulu que fût livrée au public la totalité de ses archives telles que des brouillons de discours, les fréquentes notes de réflexion pesant le pour et le contre avant une prise de décision, ainsi que des documents d'ordre privé tels des actes notariés, de la correspondance privée[Interprétation personnelle ?]. Il publia les Lettres, Notes et Carnets de Charles de Gaulle en 13 tomes entre 1980 et 1997.

PublicationsModifier

DistinctionsModifier

Le général de Gaulle n'a jamais fait son fils compagnon de la Libération, sans doute par refus de prêter le flanc à d'éventuelles accusations de népotisme[29]. Philippe de Gaulle ne se vit pourtant même pas remettre la médaille de la Résistance, son père lui ayant dit incidemment qu'au comité chargé de l'attribution de cette distinction : « On ne t'a pas proposé »[30].

Notes et référencesModifier

  1. Michel Tauriac, De Gaulle avant de Gaulle – La construction d'un homme, ¨Paris, Plon, 2013, 471 p., chap. 16.
  2. Philippe de Gaulle, De Gaulle mon père, Plon, 2004.
  3. Modèle:Lieb web
  4. Le Figaro avec AFP, « Décès de l'un des trois derniers compagnons de la Libération, Pierre Simonet », sur Le Figaro.fr, (consulté le ).
  5. Philippe-Jean Catinchi, « L’ancien résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin pendant la seconde guerre mondiale, est mort », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  6. « histoire de l’École navale des Forces navales françaises libres », sur École navale (consulté le ).
  7. « régiment blindé de fusiliers marins », sur rbfm-leclerc.com (consulté le ).
  8. Stéphane Hoffmann, « Sept morts oubliés. Un épisode peu connu de la guerre 39-45 », Le Figaro Magazine, semaine du 15 novembre 2019, p. 106.
  9. U.S. Navy Pre-Flight School, Chapel Hill, N.C.
  10. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t « Ecole Navale / Espace tradition / Officiers célèbres », sur ecole.nav.traditions.free.fr (consulté le )
  11. « flottille 6 F », sur enpa-capmatifou.org (consulté le ).
  12. « Flotille 6F », sur netmarine (consulté le )
  13. a et b Joseph Valynseele en collaboration avec Nicole Dreneau, préface d'Alain Peyrefitte, La Parentèle de Charles et Yvonne de Gaulle, éditions de L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1990.
  14. « Présentation », sur UNI (consulté le ).
  15. « Carnet de l'Association », Revue de la France libre, no 5,‎ , p. 29.
  16. Caroline Pigozzi, « De Gaulle : Le dernier adieu de son fils », sur parismatch.com, .
  17. 53 membres de la famille de Gaulle rédigeront un article dans Le Monde intitulé « Non », sous l'impulsion de Rémi de Gaulle.
  18. Décret du 15 septembre 2016 portant nomination d'un conseiller d'État en service extraordinaire.
  19. L’amiral de Gaulle souffle ses cent bougies.
  20. Site lepoint.fr, article de Fraçous Guillaume Lorrain « L’amiral de Gaulle souffle ses cent bougies ».
  21. Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 29 janvier 2008, 06-86.474, Publié au bulletin, (lire en ligne).
  22. « Dossier : Qui était Charles de Gaulle ? », Le Débat, 2005.
  23. Google Livre "L'Accord secret de Baden-Baden Comment de Gaulle et les Soviétiques ont mis fin à mai 68" de Henri-Christian Giraud, consulté le 16 décembre 2020
  24. « Prix d’académie », sur académie-française.fr (consulté le ).
  25. « Prix M. et Mme Louis-Marin 1998 pour les Mémoires accessoires de l’Amiral Philippe de Gaulle », sur www.lesecrivainscombattants.fr (consulté le ).
  26. « Prix honneur et patrie », sur Jacques Chiracasso.fr (consulté le ).
  27. « Lauréats du prix Saint Simon », sur saint-simon-la-ferte-vidame.fr (consulté le ).
  28. Solenn de Royer, « L'amiral de Gaulle enfin honoré à l'Assemblée nationale », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  29. « Son père, Jacques Chirac, la Libération : Philippe de Gaulle "se souvient" », sur parismatch.com,  : « Quelques jours après que mon père a clôturé l'Ordre, en 1946, décernant 1 061 croix et réservant une médaille à Churchill, il m'a confié : "Je ne peux pas te décerner une décoration de l'Ordre que j'ai créé. Tout le monde sait que tu es le premier des compagnons." »
  30. Philippe de Gaulle, Mémoires accessoires (1947-1979), Paris, Plon, , 329 p. (ISBN 2-259-18587-8, lire en ligne), p. 37.

    « Naturellement, je ne pouvais pas, toi mon fils, te faire compagnon de la Libération. Sinon à titre posthume ou si tu étais revenu gravement mutilé, et encore ! D'ailleurs, j'ai nommé un conseil de l'Ordre qui ne me l'a pas proposé et maintenant c'est terminé… sauf pour la Croix qu'on réserve à Churchill. »

BibliographieModifier

Sur Charles de GaulleModifier

Éditeur scientifiqueModifier

Avant-propos, préfaces, introductions et postfacesModifier

  • Luc-Marie Bayle (capitaine de frégate), Les corvettes FNFL, de leur armement au , Paris, Service Historique de la Marine, 1966.
  • La 23e flottille de MTB FNFL 1942-1945, Témoignages des officiers, Paris, Service Historique de la Marine, 1967.
  • Les opérations des sous-marins FNFL, Paris, Service Historique de la Marine, 1967.
  • Marie-Agnès Cailliau-de Gaulle, Souvenirs personnels, Les Plans-sur-Bex (Suisse)/Paris, Plon, , 131 p. (ISBN 2-84573-516-2).
  • Edmond Michelet, La querelle de la fidélité. Peut-on être gaulliste aujourd'hui ? Entretiens avec Alain Duhamel, Fayard, 1971
  • Muracciole (capitaine de frégate), Historique de la combattante, torpilleur des FNFL, Paris, Service Historique de la Marine, 1971.
  • Christian Fouchet, Au service du général de Gaulle, Plon, 1971.
  • Léon Noël, Comprendre de Gaulle, Plon, 1972
  • Christian Fouchet, Les lauriers sont coupés, Plon, 1973.
  • Jacques Vendroux , Cette chance que j'ai eue (1920-1957), Plon,
  • Jacques Vendroux , Ces grandes années que j'ai connues (1958-1970), Plon, .
  • Pierre Lefranc (en collaboration avec Paul Durand), De Gaulle raconté aux jeunes, Éditions G.P, .
  • Pierre Messmer, Le Service militaire, débat avec Jean-Pierre Chevènement, Balland, 1977.
  • Michel Debré, Le Gaullisme, avec Jean-Louis Debré, Plon (Tribune libre), Paris, 1977. (ISBN 2259003303).
  • Jacques Debû-Bridel, De Gaulle et le CNR, Éditions France-Empire, 1978.
  • François Flohic (préf. Philippe de Gaulle), Souvenirs d'outre-Gaulle, Paris, Plon, , 245 p.
  • Olivier Guichard, Mon Général, 1980.
  • Maurice Schumann, Un certain , Plon, 1980 – Prix Aujourd'hui.
  • Jacques Vendroux , Yvonne de Gaulle, ma sœur, Plon, .
  • Louis Joxe, Victoires sur la nuit mémoires 1940-1946, Flammarion, (ISBN 2-08-064390-8).
  • Michel Bertrand, La Marine française au combat : 1939-1945, Paris-Limoges, Charles-Lavauzelle, 1982.
  • Michel Debré, Trois républiques pour une France. Mémoires, avec la collaboration d'Odile Rudelle, Albin Michel, Paris, 1984–1994, 5 volumes : Combattre, 1984 (ISBN 2226020667) ; Agir (1946–1958), 1988 (ISBN 2226033424) ; Gouverner (1958-1962), 1988 (ISBN 2226034579) ; Gouverner autrement (1962–1970), 1993 (ISBN 2226062076) ; Combattre toujours (1969-1993), 1994 (ISBN 2226075364).
  • Pierre Messmer, Les Écrits militaires de Charles de Gaulle : essai d'analyse thématique, Presses universitaires de France, 1985 (en collaboration avec le professeur Alain Larcan).
  • François Flohic, Ni chagrin ni pitié, Paris, Plon, , 263 p. (ISBN 2-259-01289-2)
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Sur Philippe de GaulleModifier

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FilmographieModifier

DiscographieModifier

Articles connexesModifier

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