Philippe Panon Desbassayns

personnalité politique française
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Philippe Panon
Philippe Panon.png
Philippe Panon Desbassayns de Richemont
Fonctions
Député
Meuse
-
Conseiller d'État
-
Ordonnateur de La Réunion
entre et
Commissaire général de la marine
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Famille
Mère
Fratrie
Enfants
Autres informations
Distinction
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blason

Philippe Panon Desbassayns, comte de Richemont, né le à Saint-Paul de La Réunion, et mort le à Paris, est un administrateur et important propriétaire terrien de l'Ile Bourbon (La Réunion) issu d'une riche famille de colons esclavagistes.

Il a été peint par Louis Léopold Boilly[1].

BiographieModifier

Philippe Panon Desbassayns de Richemont fait ses études à l'École royale militaire de Sorèze (Tarn).

Il est chargé sous le Consulat et l'Empire, de négociations avec l'Angleterre menées à bonne fin, fait relâcher, en 1811, les soldats français retenus sur les pontons, obtient à la paix la restitution de plusieurs colonies. Il est successivement administrateur des établissements français dans l'Inde, intendant de l'île Bourbon, membre du Conseil d'Amirauté, et membre de la Chambre des députés[2], député de la Meuse.

Nommé administrateur des colonies de l’Inde, commissaire général de la Marine et ordonnateur à Bourbon, puis inspecteur général des établissements français de l’Inde en 1814, il est impliqué dans « l'affaire Furcy », opposant par procès un esclave à son maître Joseph Lory, un des principaux introducteurs du sucre sur l’île Bourbon :

Bien que la France ait officiellement reconnu en 1815 l’interdiction britannique du commerce des esclaves, durant plus d’une décennie les autorités métropolitaines et coloniales firent semblant de ne pas voir les trafics d'esclaves dans l’océan Indien.[pas clair][3]

Desbassayns de Richemont, se prévalant de l'ancien Code noir, provoque le départ du procureur général Louis-Gilbert Boucher, en raison de ses sympathies républicaines et antiesclavagistes.

Possesseur d'une grande fortune, il légue 150 000 francs aux pauvres[4]. Il est fait comte le 6 octobre 1827 par lettres patentes et érection de majorat, et directeur des colonies au ministère de la Marine.

Il a initié l'ordonnance royale du 21 août 1825, qui a pour objectif le rejet de tout principe d'élection démocratique au profit des nominations.

Vie privéeModifier

 
Eglé Mourgue, comtesse Desbassayns, et son fils Eugène.

De son mariage avec Jeanne Eglé Fulcrande Catherine Mourgue (1778-1855)[5], il a huit enfants : Eugène Panon (1800-1855), créateur du lycée français de Pondichéry, Camille (1801-1804)[6], Philippe (1802-1803), Céline (1804-1887), Lydie (1806-1839), Alfred (1807-1861), Paul (1809-1875), député et sénateur[7] et Édouard (1812-1894)[8],[9]. Le couple possède une propriété à Suresnes (le château des Landes). Ils rétablissent l'institution de la rosière dans la ville en 1804 ou 1805 (les sources divergent), en mémoire de leur fille Camille, décédée à la suite d'un accident de calèche qui la conduisait avec sa mère vers Rueil, au château de la Malmaison, la route de l'époque étant très escarpée[10]. Une rue de la ville rend depuis hommage à la famille[11],[12].

Eglé Mourgue était par ailleurs estimée de l'impératrice Joséphine de Beauharnais, son mari Napoléon Ier ayant pour sa part déclaré un jour à son sujet devant une Vierge de Raphaël : « Cette madone, madame, est aussi belle que vous, car vous êtes aussi pure qu'elle »[13].

FonctionModifier

  • Aspirant dans le Corps royal d'artillerie.
  • Avocat à la Cour.
  • Administrateur général des établissements français en Inde.
  • Commissaire général de la marine.
  • Ordonnateur à Bourbon (La Réunion).
  • Inspecteur général des établissements français dans l'Inde.
  • Membre du Conseil d'État .
  • Membre au Conseil d'amirauté.
  • Député de la Meuse.

Il abandonne ses fonctions politiques lors de la Révolution de 1830, qui voit la chute des Bourbons.

DistinctionModifier

ArmesModifier

Image Armoiries
 
 
Philippe Panon Desbassayns († 1840), comte de Richemont, conseiller d'Etat, député.

D’or à la fasce d’azur chargée de deux paille-en-queues au naturel allant de dextre à senestre, accompagnée en chef d’une main dextre de carnation

Devise: Esse quam videri

SourcesModifier

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  1. Peintre, miniaturiste, et graveur français, connu notamment pour ses scènes de la vie parisienne dans les années qui suivent la Révolution.
  2. « Desbassayns de Richemont, Philippe Panon, comte », note biographique sur le site de l'assemblée nationale, pages 6 et 7 du PDF
  3. http://www.cairn.info/revue-annales-2009-6-page-1305.htm
  4. Biographie sur le site de l'Assemblée nationale [1]
  5. Peinte par une artiste peintre française de l’école néoclassique Marie-Guillemine Benoist.
  6. Voici ce qui est dit sur Camille : « Ce dessein se réalisera plus largement grâce à Marie-Antoinette Camille Panon-Desbassyns, vicomtesse Jurien, veuve sans enfants, à la tête d’une immense fortune provenant de l’émancipation de ses 300 esclaves de l’Île-Bourbon (La Réunion), et qui consacrait tous ses revenus aux bonnes œuvres. Collaboratrice de Lacordaire, elle décide d’employer sa fortune à la reconstruction du monastère de l’église de Prouilhe. »
  7. « Desbassayns de Richemont, Paul Panon, baron », note biographique sur le site de l'assemblée nationale, page 7 du PDF
  8. Généalogie sur le site Geneanet samlap
  9. Céline Panon Desbassayns de Richemont, consulté le 19 novembre 2018.
  10. « Suresnes, une histoire au féminin », suresnes-mag.fr, mars 2019.
  11. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, , p. 245-246 et 330-334.
  12. Le patrimoine des communes des Hauts-de-Seine, Flohic éditions, , p. 377.
  13. Jean Prasteau, Voyage insolite dans la banlieue de Paris, Librairie académique Perrin, 1985, p. 109. L'auteur fait toutefois une erreur dans son livre, en confondant Céline (fille du couple morte en 1887) avec Camille (morte dans l'accident de 1804).
  14. « Cote LH/2013/43 », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussiModifier

Lien interneModifier

Liens externesModifier