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Philippe Darriulat

historien et personnalité politique française
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Philippe Darriulat
Philippe Darriulat.jpg
Philippe Darriulat en mars 2007.
Fonction
Président
Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique
-
Marc Rozenblat (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (61 ans)
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Directeurs de thèse

Philippe Darriulat, né le , est un historien, militant étudiant, universitaire et homme politique français. Ancien président de l’Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique (UNEF-ID), il a occupé des responsabilités au du Parti socialiste et adjoint au maire du 18e arrondissement de Paris élu en 2008 et 2014. Il est professeur d'histoire à Sciences Po Lille.

BiographieModifier

MilitantismeModifier

Philippe Darriulat entre dans le militantisme alors qu’il n’est que lycéen. Il milite contre la loi Debré, puis contre les « réformes Fontanet et Haby ». Il adhère à l'Union des cercles lycéens, une association liée à l’Organisation communiste internationaliste (OCI). Il achève sa formation politique en intégrant cette organisation trotskiste. Dans ce parti, l’usage veut que l’on prenne un pseudonyme. Il devient donc « Crimso ».

Devenu étudiant, il rejoint l’UNEF-US alors dirigée par des cadres issus de l’OCI. En 1980, il est avec Jean-Christophe Cambadélis l’un des artisans de la réunification syndicale, donnant naissance à l’UNEF-ID qui participe au Mouvement contre la Réforme Savary des universités de 1983 mais sans se méler aux syndicats de droite. Il occupe alors une bonne place dans cette organisation, dont il devint le président début 1986.

Quelques semaines plus tard, en avril 1986, il quitte l’OCI (devenue en 1981 le Parti communiste internationaliste lambertiste (PCI)) et rejoint, à la suite de Jean-Christophe Cambadélis et de Marc Rozenblat, ses prédécesseurs à la tête de l’UNEF-ID, le Parti socialiste. ils partent accompagnés d’environ 400 militants dont la plupart des cadres de l'association.

Alors que le nouveau gouvernement de Jacques Chirac veut présenter un projet de loi, dénommé plus tard projet de loi Devaquet, afin de réformer l’enseignement supérieur, l'UNEF-ID réagit et est largement à l’origine du mouvement de novembre, décembre 1986, en partie parce que Philippe Darriulat a l’idée de transformer les états généraux de l’UNEF-ID du 22 novembre en états généraux du mouvement contre le projet de loi ; mais une fois le mouvement lancé, les étudiants grévistes expriment leurs exigences d’indépendance politique. Ils demandent aux organisations étudiantes de se faire discrètes, par peur de la récupération. Philippe Darriulat et, avec lui l’UNEF-ID, sait être à la fois omniprésent sur le terrain et dans la presse, tout en restant discrète dans les assemblées générales et les manifestations. Après la victoire étudiante (retrait du projet de loi Devaquet et démission du ministre), l’UNEF-ID se voit renforcer tant en interne où Philippe Darriulat réussit à former une large coalition autour de lui, qu’en externe où l’UNEF-ID jouit d’une bonne image[réf. nécessaire].

En 1987, l’UNEF-ID, après bien des hésitations, participe aux États généraux de l'enseignement supérieur. L’occasion pour Philippe Darriulat d’appeler à la reconstruction de la « grande UNEF ». Son appel ne sera pas entendu par les autres organisations (UNEF-SE notamment) car ces derniers pensent que l’UNEF-ID qui a gardé des réflexes anti-communistes veut faire l’unité à son profit.

Carrière politiqueModifier

Mais en 1988, Philippe Darriulat, voit nombre de ses camarades se faire une place dans le monde politique. Il y a son prédécesseur, Jean-Christophe Cambadélis mais aussi Isabelle Thomas, cadre de l'UNEF-ID et dirigeante du mouvement de 1986. Il décide donc en février de cette même année, de profiter de la fin de ses études (une thèse d’histoire soutenue à l’université de Paris X Nanterre) pour rejoindre l’arène politique. À l’UNEF-ID, il passe la main à Christophe Borgel.

Philippe Darriulat devint délégué général à la coordination du Parti socialiste. Au Parti socialiste, il est l’un des lieutenants de Jean-Christophe Cambadélis. Mais il s’éloigne progressivement de son mentor et en 1992, il devient conseiller auprès d’Henri Emmanuelli alors Président de l’Assemblée nationale. Après cette expérience, il passe l'agrégation d'histoire et devient professeur d'histoire-géographie. En 1993, il est éliminé dès le 1er tour dans la 4e circonscription de la Seine-et-Marne (celle d'Alain Peyrefitte) avec 14,37%, devancé par le candidat FN.

Il est actuellement membre du courant Un Monde d'Avance aux côtés de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli.

Depuis 2008 Philippe Darriulat est également adjoint au maire du 18e arrondissement de Paris, chargé des Affaires scolaires.

EnseignementModifier

Philippe Darriulat est l'auteur, en 1989, d'une thèse « Albert Laponneraye, journaliste et militant socialiste du premier XIXe siècle, réalisée sous la direction de Philippe Vigier à l'université Paris-Nanterre et d'une habilitation à diriger des recherches soutenue à l'université Panthéon-Sorbonne sous la direction de Dominique Kalifa en 2008 (De l’histoire à la chanson, les voies de la « politisation », dans la France du XIXe siècle[1]).

Docteur en histoire et professeur agrégé, il a notamment publié Les patriotes : la gauche républicaine et la nation, 1830-1870 en 2001 aux éditions du Seuil, La muse du peuple, chansons politiques et sociales en France 1815-1871 en 2010 aux Presses universitaires de Rennes et Un enfant du siècle. Albert Laponneraye, révolutionnaire, historien et journaliste, toujours en PUR en 2019.

Après avoir enseigné au lycée d'Aubervilliers pendant plus de dix ans, il a été élu en 2009 professeur des universités à Sciences Po Lille. Ses recherches s'organisent autour de quatre thématiques: les processus de politisation dans les sociétés contemporaines pré-démocratiques, l'histoire du sentiment national et de la construction des identités nationales (XIXe siècle), l'histoire du parti républicain (XIXe siècle) et enfin l'histoire urbaine[2].

PublicationsModifier

  • Un Enfant du siècle : Albert Laponneraye, révolutionnaire, historien et journaliste, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2019.
  • La Muse du peuple. Chansons sociales et politiques en France 1815-1871, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010.
  • Les Patriotes. La gauche républicaine et la nation 1830-1870, Paris, Seuil Univers-Historique, octobre 2001.
  • Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat, René Leboutte, Europe de papier. Projets européens au xixe siècle, Lille, Presses universitaires du septentrion, 2015.
  • Michel Biard, Philippe Bourdin, Philippe Darriulat, Jean-Numa Ducange, Laurent Le Gall, Hervé Leuwers, Sylvain Milbach, Michel Offerlé, Citoyenneté, démocratie, république, de 1789 à 1899, Paris, Belin, 2014.
  • Serge Bianchi, Philippe Darriulat, Emmanuel Naquet, François Ploux, Citoyenneté, démocratie, république, (1789-1899), Rennes, PUR, 2014.

RéférencesModifier

Liens externesModifier