Philippe-Jean-Louis Desjardins

Philippe-Jean-Louis Desjardins (1753-1833) est un prêtre et un vicaire général français. Il est connu pour avoir assuré la conservation de plusieurs tableaux d'art à l'époque de la Révolution en les envoyant au Canada.

Philippe-Jean-Louis Desjardins
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BiographieModifier

Il est né à Messas, près de Meung-sur-Loire, dans le diocèse d'Orléans en France, le

Il fait ses études à Meung-sur-Loire, à Orléans et à Saint Sulpice de Paris. Il est ordonné à Lyon, le . Étudiant à Paris de 1777 à 1783, il complète sa formation par un doctorat en théologie; en 1779, il devient le parrain du futur ingénieur géographe Nicolas Jean Louis Duvivier[1]. De 1783 à 1790, il est chanoine de la cathédrale de Bayeux et grand vicaire de l'évêque, Joseph-Dominique de Cheylus.

Doyen du chapitre de Meung et vicaire général d'Orléans (1790-1791), il est incarcéré à Bayeux en 1791. Il s'exile en Angleterre (1791-1793) puis est délégué au Canada pour y préparer les voies à une forte immigration d'émigrés, laïcs et de prêtres français installés à Londres (1793-1794). À Québec, il est aumônier de l'Hôtel-Dieu, des Ursulines et grand-vicaire de l'évêque (1794-1802).

Il revient en France au moment de la signature du Concordat. Il est curé de Meung-sur-Loire et grand-vicaire de l'évêque d'Orléans en 1802. Il est attaché à la délégation apostolique de France à Paris. Il est agrégé aux Missions étrangères de Paris et curé de leur paroisse à Paris en 1810. Il est incarcéré par ordre de Napoléon I à Vincennes, à Fenestrelle en Piémont et à Compiano dans le duché de Parme (1810-1814); encore curé de son ancienne paroisse de Paris (1814-1819); grand-vicaire de l'archevêque de Paris et archidiacre de Sainte-Geneviève à Paris (1819-1833).

Il refuse le siège épiscopal de Châlons-sur-Marne en 1823. Il décède de paralysie à Paris, le .

C'était un prêtre « d'un caractère excellent, d'une éloquence douce, d'une science éminente, d'une conduite prudente et sage, d'une piété singulière, d'une foi forte, d'une humilité profonde, d'une patience courageuse, d'une charité sublime », au témoignage de Mgr de Quélen, qui le fit graver sur sa tombe.

La Collection DesjardinsModifier

Lors de la suppression des ordres monastiques lors de la Révolution française, les tableaux sont saisis par l'État et mis en vente. Philippe-Jean-Louis Desjardins en acquiert à son compte une centaine de ces tableaux[2] qu'on vendait à Paris au rabais[3]. En 1816, avec l'aide de son frère Louis-Joseph, il en envoie une partie au Bas-Canada, où il avait séjourné de 1793 à 1802, afin de garnir les églises. Les œuvres sont mises en vente à partir de 1817. Un second envoi a lieu en 1820. Joseph Légaré, qui a restauré des tableaux de la collection, fait l'acquisition de plusieurs d'entre eux pour sa propre collection, qui seront légués au Séminaire de Québec en 1874 [4].

RéférencesModifier

  1. Archives Nationales, base Leonore, LH/887/17, Nicolas Jean Louis Duvivier (avec extrait de baptême). En ligne.
  2. Kazerouni, Guillaume,, Drouin, Daniel, 1961-, Béland, Mario, et Musée national des beaux-arts du Québec,, Le fabuleux destin des tableaux des abbés Desjardins : peintures des XVIIe et XVIIIe siècles des musées et églises du Québec, Gand, Snoeck, 311 p. (ISBN 978-94-6161-416-2, 9461614160 et 9789461614490, OCLC 1012846467, lire en ligne)
  3. mnbaq.org
  4. John R. Porter, « Joseph Légaré, peintre engagé », Journal de la Galerie national du Canada, no 29,‎ , p. 3 (ISSN 0319-5864)

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SourceModifier

  • Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, Jean-Baptiste-Arthur Allaire, Montréal : Imprimerie de l'École catholique des sourds-muets, 1908-1934.