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Phèdre (mythologie)

personnage de la mythologie grecque
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Phèdre.
Hippolyte et Phèdre, sarcophage, v. 290.

Dans la mythologie grecque, Phèdre (en grec ancien Φαίδρα / Phaídra, « Brillante ») est la fille du roi de Crète Minos et de Pasiphaé, ce qui en fait la demi-sœur du Minotaure (fils de Pasiphaé et d'un taureau blanc offert à Minos par Poséidon). Elle est la sœur d'Ariane, Glaucos, Catrée, Androgée, Acacallis, Deucalion et Xénodicé, ainsi que l'épouse de Thésée.

La légendeModifier

Phèdre épouse Thésée, roi d'Athènes, qui, au retour de Crète, a abandonné sa sœur Ariane. Selon Pierre Grimal, c'est Deucalion, son frère, qui la donne en mariage à Thésée, tandis que Pierre Commelin évoque son enlèvement par Thésée. Thésée est déjà marié à l'Amazone Antiope ou Mélanippé, ou Hippolyte l'Amazone[1] selon les sources, avec qui il a eu un fils, Hippolyte. Il existe certaines versions, comme le rapporte Pierre Grimal, qui font état d'une attaque des Amazones lors du mariage. Si pour les uns, cette attaque est antérieure à la répudiation d'Antiope et visait à sauver cette dernière de Thésée, pour d'autres elle en est la cause directe. Ainsi, les Amazones, menées par Antiopé, voulurent se venger en attaquant l'Attique, le jour du mariage. Antiopé, alors qu'elle essayait d'entrer dans la salle du festin, fut arrêtée par les invités et tuée. Pour Plutarque[2], l'attaque des Amazones relève de l'invention, et Thésée épouse Phèdre, après la mort d'Antiope.

Phèdre a avec Thésée, deux fils, Démophon et Acamas. Elle tombe amoureuse de son beau-fils, Hippolyte. La raison de cet amour est donnée par Pierre Grimal. Hippolyte honore Artémis tandis qu'il méprise Aphrodite. Cette dernière, pour se venger, suscite chez Phèdre cette passion coupable. Phèdre s'offre à Hippolyte qui la rejette. Par vengeance et craignant qu'Hippolyte ne révèle tout à son père, elle accuse le jeune homme d'avoir cherché à la violenter. Furieux mais ne voulant pas tuer son fils lui-même, Thésée appelle aussitôt sur son fils la malédiction de Poséidon, qui lui doit trois vœux[3]. Poséidon invoque un monstre marin à Trézène, qui effraie les chevaux du char qu'Hippolyte conduisait le long de la mer. Effrayés, les chevaux s'emballent et le jeune homme périt, traîné par ses chevaux le long des rochers. Phèdre, de chagrin et de remords, se pend. Euripide dans ses deux tragédies consacrées au sujet, mais dont une seule nous est parvenue, propose deux versions de la mort de Phèdre. L'une intervient juste après qu'elle a accusé son beau-fils et provoqué sa mort, l'autre avant même qu'elle ne déclare son amour à Hippolyte.

Mythes apparentésModifier

Le mythe d'Hippolyte et de Phèdre a été rapproché de celui de Bellérophon et d'Antée. Il proviendrait d'un ancien mythe lunaire répandu dans le domaine indo-européen, où le dieu Lune, époux volage et parjure, abandonne son épouse, la déesse-Soleil (ici, Phèdre brillante)[4].

Dans l'aire sémitique, il se rapproche de celui de la femme de Putiphar.

Interprétation dans la PsychanalyseModifier

Le « complexe de Phèdre » serait le désir d'une belle-mère pour son beau-fils. Il correspondrait à une position de Phèdre, mais aussi d'Amata et de Zouleïkha[pertinence contestée] [réf. nécessaire].

Le mythe de Phèdre dans les artsModifier

ThéâtreModifier

L’histoire de Phèdre est contée par Euripide dans Hippolyte porte-couronne.

Le récit a inspiré Sénèque, Robert Garnier, Racine, Rameau, Sigward.

Dans le registre de la parodie : la version de Pierre Dac et Francis Blanche, intitulée Phèdre (à repasser)[5].

L'auteur britannique Sarah Kane a créé une version moderne du mythe, L'Amour de Phèdre.

CinémaModifier

PeintureModifier

Notes et référencesModifier

SourcesModifier

NotesModifier

  1. Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de Pierre Grimal, Presses universitaires de France.
  2. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Thésée, 3 et suiv.
  3. Euripide, Hippolyte [détail des éditions] [lire en ligne], 45-46.
  4. Jean Haudry, Le Mariage du dieu Lune, Baltistica XXXVI, 2001, p. 34.
  5. Créée en novembre 1935, avec Fernand Rauzéna et O'dett, au Liberty’s, Paris : « Il y a trop longtemps que Théramèn’ ta fraise ! »

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier