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Diagramme du réacteur de la société NuScale.

Les petits réacteurs modulaires (en anglais : Small modular reactors, abrégé en SMR) sont une catégorie de réacteurs nucléaires à fission, de taille plus faible que les réacteurs conventionnels, fabriqués en usine et transportés sur leur site d'implantation pour y être installés. Les réacteurs modulaires permettent de réduire les travaux sur site, d'accroître l'efficacité du confinement et la sûreté des matériaux nucléaires. Les SMR sont proposés comme une alternative à moindre coût aux réacteurs nucléaires conventionnels. Ils sont destinés surtout à l'alimentation électrique de sites isolés ou de navires. Ils peuvent être adaptés à la cogénération (production combinée de chaleur et l'électricité) en vue de l'alimentation de réseaux de chauffage urbain, du dessalement de l'eau de mer ou de la fourniture de chaleur pour des procédés industriels.

Plusieurs concepts de SMR sont en cours de développement, depuis des versions réduites de modèles existants de réacteurs nucléaires jusqu'à des concepts innovants relevant entièrement de la génération IV, aussi bien de type réacteur à neutrons thermiques que de type réacteur à neutrons rapides. Les pays les plus actifs dans ce domaine sont la Russie et les États-Unis.

Sommaire

Avantages et utilisations potentiellesModifier

Les principales options des cahiers de charges des projets SMR ont été dictées par l'observation des problèmes rencontrés par les projets de réacteurs en cours ; ce sont[1] :

  1. une taille beaucoup plus modeste que celle des réacteurs existants : 50 à 100 MW dans la plupart des cas, et au maximum 300 MW, contre 1 000 à 1 700 MW, afin notamment de réduire les difficultés de financement, principal obstacle rencontré par les projets nucléaires de nombreux pays ; et pour adapter la solution nucléaire à des sites isolés, souffrant habituellement d'un manque de main-d’œuvre qualifiée et de coûts élevés de livraison ;
  2. un caractère modulaire, permettant des gains de durée de construction et de coûts par une industrialisation de leur fabrication ; une adaptation progressive de la puissance de la centrale à l'évolution des besoins est alors possible par ajout de modules supplémentaires ;
  3. un confinement plus aisé, grâce à l'intégration des composants dans un volume réduit et hermétiquement clos, pour réduire les risques de prolifération et permettre une gestion réduite au strict minimum ; certains SMR sont conçus pour être immergés dans une piscine et/ou construits en souterrain pour accroître leur sécurité ;
  4. une fabrication et un assemblage possible dans une usine dédiée, avant envoi sur le site où ils peuvent être installés plus facilement qu'un réacteur classique.
  5. une forme de souplesse, dans la mesure où il n'est pas nécessairement connecté à un vaste réseau électrique, et peut être combinés avec d'autres modules s'il faut produire plus d'électricité.

Certains estiment qu'ils peuvent réduire les risques de prolifération nucléaire, ou ils pourraient les exacerber s'ils sont diffusés en grand nombre et dans des sites isolés[réf. nécessaire]. Les besoins d'électricité dans les lieux reculés sont habituellement faibles et très variables[2][source insuffisante]. Les grandes centrales nucléaires sont en général peu souples en termes de capacité de production. Les SMR sont conçus pour le suivi de charge si bien que, lorsque la demande d'électricité est basse, ils produisent moins d'électricité.

Certains SMR peuvent utiliser des combustibles innovants permettant des taux plus élevés de burnup et des cycles de vie plus long (appréciables dans les lieux isolés, souvent peu accessibles). En allongeant les intervalles de rechargement, on réduit les risques de prolifération et la probabilité que des radiations échappent au confinement.

Des SMR alimentent déjà des navires et sous-marins et pourraient un jour alimenter des installations de production : par exemple, épuration des eaux ou mines.

Les sites isolés ont souvent des difficultés à trouver des sources d'énergie fiables et économiquement performantes. Les SMR peuvent fournir des solutions pour ces lieux difficiles d'accès.

Des possibilités de cogénération sont aussi envisagées, afin de faciliter le suivi de charge par l'utilisation des excédents d'énergie pour la production de chaleur pour l'industrie, le chauffage urbain, le dessalement d'eau de mer ou la production d'hydrogène[3].

Du fait du manque de personnel qualifié disponible dans les zones isolées, les SMR doivent être intrinsèquement surs. Alors que les centrales de grande taille utilisent des dispositifs de sûreté « active » qui requièrent l'intervention d'une intelligence, ou des contrôles humains, les SMR sont conçus pour utiliser des dispositifs de sûreté « passive » ou inhérente, qui sont agencés de façon à fonctionner sans aucune intervention extérieure : une soupape de décharge de pression peut relâcher automatiquement la pression lorsqu'elle devient trop forte. Les dispositifs de sûreté passive ne requièrent aucun pièce mobile motorisée pour fonctionner, ils dépendent uniquement des lois de la physique[4].

FonctionnementModifier

 
Illustration d'un petit réacteur modulaire à eau légère.

Les concepts de SMR sont très variés ; certains sont des versions simplifiées des réacteurs existants, d'autres mettent en œuvre des technologies entièrement nouvelles[5]. Tous utilisent la fission nucléaire. Lorsqu'un noyau atomique instable tel que 235U absorbe un neutron supplémentaire, l'atome se divise (=fissionne), libérant une grande quantité d'énergie sous forme de chaleur et de radiations. L'atome fissionné libère également des neutrons, qui peuvent ensuite être absorbés par d'autres noyaux instables, produisant une réaction en chaine. Une chaine de fissions entretenue est nécessaire pour produire de l'énergie nucléaire. Les concepts de SMR comprennent des réacteurs à neutrons thermiques et réacteurs à neutrons rapides.

Un réacteur à neutrons thermiques nécessite un modérateur pour ralentir les neutrons et utilise en général l'235U comme matériau fissile. La plupart des réacteurs nucléaires en fonctionnement sont de ce type. Les réacteurs à neutrons rapides n'utilisent pas de modérateur pour ralentir les neutrons, par conséquent ils nécessitent un combustible nucléaire capable d'absorber les neutrons se déplaçant à grande vitesse. Ceci implique habituellement de changer la disposition du combustible à l'intérieur du cœur, ou d'utiliser des types différents de combustible : 239Pu est plus apte à absorber un neutron rapide que 235U.

L'avantage majeur des réacteurs à neutrons rapides est qu'ils peuvent être conçus de façon à être surgénérateurs. Lorsque ces réacteurs produisent de l'électricité, ils émettent suffisamment de neutrons pour transmuter des éléments non-fissiles en éléments fissiles. L'usage le plus commun pour un surgénérateur est d'entourer le cœur d'une « couverture » de 238U, qui est l'isotope le plus courant de l'uranium. Lorsque l'238U subit une capture de neutron, il se transforme en 239Pu, qui peut être retiré du réacteur lors des arrêts pour rechargement, et utilisé à nouveau comme combustible après nettoyage[6].

Fluide caloporteurModifier

Au début du XXIe siècle, la plupart des réacteurs utilisent l'eau comme fluide caloporteur. De nouveaux concepts de réacteurs sont en expérimentation avec différents types de caloporteurs :

Production thermique/électriqueModifier

Traditionnellement, les réacteurs nucléaires utilisent une boucle à fluide caloporteur pour produire de la vapeur à partir d'eau, et cette vapeur actionne des turbines pour produire l'électricité.

Certains nouveaux concepts de réacteurs refroidis au gaz sont conçus pour actionner une turbine à gaz, plutôt que d'utiliser un circuit secondaire d'eau.

L'énergie thermique produite par les réacteurs nucléaires peut aussi être utilisée directement, sans conversion en électricité, pour la production d'hydrogène, le dessalement d'eau de mer, la production de produits pétroliers (extraction de pétrole du sable bitumineux, fabrication de pétrole synthétique à partir de charbon, etc)[9].

RecrutementModifier

Les développeurs de SMR affirment souvent que leurs projets vont nécessiter moins de personnel pour le fonctionnement des réacteurs à cause de l'utilisation accrue de systèmes à sûreté inhérente et passive. Certains de ces réacteurs, tels que le Toshiba 4S, sont conçus pour fonctionner avec peu de supervision[10].

Suivi de chargeModifier

Les centrales nucléaires ont été généralement mises en œuvre pour couvrir la base de la demande d'électricité[11] Certaines centrales nucléaires (en particulier en France) ont la possibilité de faire varier leur puissance (suivi de charge) entre 20 % et 100 % de leur puissance nominale. Par rapport à l'insertion de barres de commande ou à des mesures comparables pour réduire la production, une alternative plus efficace pourrait être le « suivi de charge par cogénération », c'est-à-dire le détournement de l'excédent de puissance par rapport à la demande d'électricité vers un système auxiliaire. Un système approprié de cogénération nécessite :

  1. une demande d'électricité et/ou de chaleur dans la plage de 500 MWe–1 500 MWth ;
  2. l'accès à des ressources adéquates pour fonctionner ;
  3. une flexibilité suffisante : la cogénération peut fonctionner à pleine charge pendant la nuit quand la demande d'électricité est basse, et être arrêtée pendant la journée.

Du point de vue économique, il est essentiel que l'investissement dans le système auxiliaire soit profitable. Le chauffage urbain, le dessalement et la production d'hydrogène ont été proposés comme des options techniquement et économiquement réalisables[11]. Les SMR peuvent fournir une solution idéale de suivi de charge utilisé pour le dessalement pendant la nuit[12].

Réduction des déchetsModifier

De nombreux SMR sont des réacteurs à neutrons rapides qui sont conçus de façon à atteindre des taux élevés de combustion du combustible, réduisant la quantité de déchets produite. Avec une énergie des neutrons plus élevée, plus de produits de fission peuvent habituellement être tolérés. Certains SMR sont aussi des réacteurs surgénérateurs, qui non seulement "brûlent" des combustibles tels que 235U, mais aussi convertissent des matériaux fertiles comme 238U, qui est présent dans la nature à une concentration beaucoup plus élevée que celle de 235U, en combustible fissile[6].

Certains réacteurs sont conçus pour fonctionner en utilisant la solution alternative du cycle du thorium, qui offre une radiotoxicité à long terme des déchets significativement réduite en comparaison du cycle de l'uranium[13].

Le concept de réacteur à onde progressive a suscité un certain intérêt ; ce nouveau type de surgénérateur utilise le combustible fissile qu'il a créé par transmutation d'isotopes fertiles. Cette idée éliminerait le besoin de décharger le combustible usé et de le retraiter avant de le réutiliser comme combustible[14].

Dispositifs de sécuritéModifier

Dès lors qu'il existe plusieurs concepts différents de SMR, il existe également plusieurs dispositifs de sécurité différents qui peuvent être mis en œuvre.

Les systèmes de refroidissement peuvent utiliser la circulation naturelle (convection), ce qui permet de se passer de pompes, de pièces mobiles qui pourraient tomber en panne, et ils continuent à évacuer la chaleur de désintégration après l'arrêt du réacteur, si bien que le cœur ne risque pas de se surchauffer et de fondre.

Un coefficient de vide négatif dans les modérateurs et les combustibles conserve sous contrôle les réactions de fission en les ralentissant lorsque la température augmente[15].

Certains concepts de SMR utilisent, pour accroître la sécurité, un placement souterrain des réacteurs et des piscines de stockage des combustibles usés.

Des réacteurs plus petits seraient plus faciles à moderniser rapidement, requièrent moins de main-d’œuvre permanente et ont de meilleurs contrôle de qualité[16].

Aspects économiquesModifier

Un facteur clé des SMR est l'économie d'échelle, en comparaison avec les réacteurs de grande taille, qui découle de la possibilité de les préfabriquer dans une usine de fabrication. Cependant, un désavantage clé est que ces améliorations économiques supposent que l'usine soit construite en premier, ce qui nécessiterait probablement des commandes initiales pour 40-70 unités, seuil que certains experts estiment improbable[17].

Un autre avantage économique des SMR est que le coût initial de construction d'une centrale composée de SMR est très inférieur à celui de la construction d'une centrale de grande taille, beaucoup plus complexe et non-modulaire. Ceci fait des SMR, pour les producteurs d'électricité, un investissement à plus faible risque que les autres centrales nucléaires[18].

Processus d'autorisationModifier

Une barrière majeure est le processus d'autorisation, historiquement développé pour les réacteurs de grande taille, qui entrave le simple déploiement de plusieurs unités identiques dans différents pays[19]. En particulier le processus américain de la Nuclear Regulatory Commission (NRC) pour l'octroi de licences s'est concentré principalement sur les grands réacteurs commerciaux. Les spécifications de design et de sûreté, les besoins en personnel et les redevances de licence ont tous été dimensionnés pour les réacteurs à eau légère de puissance supérieure à 700 MWe ; des études sont encours pour définir un cadre réglementaire adapté aux projets de petite taille, à leur production en série et à la diversité des concepts[20].

Quatre projets de loi étaient en discussion en 2017 au Congrès américain pour soutenir le développement de nouveaux designs de réacteurs nucléaires et pour charger la NRC d'établir un cadre de procédures d'autorisation pour les réacteurs nucléaires [21].

La NRC a reçu plusieurs dossiers de « pré-application » pour des SMR et un dossier de demande de certification du design (pour le projet NuScale)[22].

Non-proliférationModifier

La prolifération nucléaire, ou d'une façon générale le risque d'utilisation de matériaux nucléaires à des fins militaires, est un sujet majeur pour les concepteurs de petits réacteurs modulaires. Comme les SMR ont une puissance réduite et sont physiquement petits, ils ont vocation à être déployés dans des lieux bien plus divers que les centrales nucléaires existantes : plus de sites dans les pays disposant déjà de centrales nucléaires, et dans des pays qui n'en avaient pas encore. Il est aussi prévu que les sites SMR auront des effectifs de personnel beaucoup moins élevés que les centrales nucléaires existantes. La protection physique et la sûreté deviennent donc un défi accru qui pourrait augmenter les risques de prolifération[23],[24]

Nombre de SMR sont conçus pour amoindrir le danger de vol ou de perte de matériaux. Le combustible nucléaire peut être de l'uranium faiblement enrichi, avec une concentration de moins de 20 % d'isotope fissile 235U. Cette faible quantité d'uranium non-militaire rend le combustible moins désirable pour la production d'armes. Après que le combustible a été irradié, les produits de fission mêlés avec les matériaux fissiles sont hautement radioactifs et nécessitent un traitement spécial pour les extraire de façon sûre, autre caractéristique non-proliférante.

Certains concepts de SMR sont conçus pour avoir un cœur de durée de vie égale à celle du réacteur, si bien que ces SMR n'ont pas besoin de rechargement. Ceci améliore la résistance à la prolifération car aucune manipulation de combustible nucléaire sur site n'est requise. Mais cela signifie aussi que le réacteur contiendra de grandes quantités de matériau fissile pour maintenir une longue durée de vie, ce qui pourrait en faire une cible attractive pour la prolifération. Un SMR à eau légère de 200 MWe avec un cœur de 30 ans de durée de vie pourrait contenir environ 2,5 tonnes de plutonium vers la fin de sa durée de fonctionnement[24].

Des réacteurs à eau légère conçus pour fonctionner avec le cycle du combustible nucléaire au thorium offrent une résistance à la prolifération accrue en comparaison du cycle conventionnel à l'uranium, bien que les réacteurs à sels fondus aient un risque substantiel[25],[26]

La construction modulaire des SMR est une autre caractéristique utile. Comme le cœur du réacteur est souvent construit complètement à l'intérieur d'une usine centrale de fabrication, peu de personnes ont accès au combustible avant et après irradiation.

Concepts de réacteursModifier

De nombreux nouveaux concepts de réacteurs sont en gestation dans le monde entier. Une sélection de concepts actuels de petits réacteurs nucléaires est listée ci-dessous ; certains ne sont pas à proprement parler des SMR, leur conception n'intégrant pas l'objectif de modularité, mais la plupart sont des concepts innovants.

Liste de concepts de petits réacteurs modulaires[27]
Nom Puissance brute (MWe) Type Producteur Pays Statut
ABV-6 6–9 REP OKBM Afrikantov Russie Conception détaillée
ACP-100[28] 100 ? CNNC Chine 2 réacteurs en cours de réalisation
ANGSTREM[29] 6 LFR OKB Gidropress Russie Design conceptuel
mPower 195 REP Babcock & Wilcox USA Conception de base
(Abandonné en mars 2017)
Brest-300[30] 300 LFR Atomenergoprom Russie Conception détaillée
CAREM 27–30 REP CNEA & INVAP Argentine En construction
EGP-6 11 RBMK IPPE & Teploelektroproekt Design Russie 4 réacteurs en fonctionnement à la centrale de Bilibino
(seront remplacées en 2019 par la centrale Akademik Lomonosov)
ELENA[rln 1] 0.068 REP Institut Kourtchatov Russie Design conceptuel
Flexblue 160 REP Naval Group/TechnicAtome/CEA France Design conceptuel
Fuji MSR 200 RSF International Thorium Molten Salt Forum (ITMSF) Japon Design conceptuel (?)
GT-MHR (Gas turbine modular helium reactor) 285 HTGR OKBM Afrikantov + partenaires américains, Framatome, Fuji international Design conceptuel achevé
G4M 25 LFR Gen4 Energy (ex-Hyperion) USA Design conceptuel
IMSR400 185–192 RSF Terrestrial Energy, Inc.[32] Canada Design conceptuel
IRIS (International Reactor Innovative and Secure) 335 REP Westinghouse+partenaires international Conception de base
KLT-40S 35 REP OKBM Afrikantov Russie Construction achevée, en convoyage vers son site (Centrale nucléaire flottante russe)
MHR-100 25–87 HTGR OKBM Afrikantov Russie Design conceptuel
MHR-T[rln 2] 205.5x4 HTGR OKBM Afrikantov Russie Design conceptuel
MRX 30–100 REP JAERI Japon Design conceptuel
NP-300 100–300 REP TechnicAtome France Design conceptuel
NuScale[33] 45–50 LWR NuScale Power[34] USA Homologué en 2018[35]
PBMR-400 (Pebble bed modular reactor) 165 PBMR Eskom Afrique du Sud Conception détaillée
RITM-200 50 REP OKBM Afrikantov Russie En construction pour brises-glace
SMART (System-integrated Modular Advanced ReacTor) 100 REP KAERI Corée du sud A obtenu sa licence
SMR-160 160 REP Holtec International USA Design conceptuel
SVBR-100[36],[37] 100 LFR OKB Gidropress Russie Conception détaillée, pour cogénération/dessalement
RSS 37,5x8 RSF Moltex Energy LLP[38] Royaume-Uni Design conceptuel
PRISM (Power Reactor Innovative Small Module) 311 FBR, surgénérateur GE Hitachi Nuclear Energy USA Conception détaillée
TerraPower TWR[39] 10 TWR TerraPower - Bellevue, WA USA/Chine Design conceptuel
TerraPower MCFR[40],[41] ? RSF TerraPower - Bellevue, WA USA Design conceptuel
Toshiba 4S (Ultra super safe, Small and Simple) 10–50 RNR Toshiba Japon Conception détaillée
U-Battery 4 PBR U-Battery consortium UK Design conceptuel[42]
VBER-300 325 REP OKBM Afrikantov Russie Au stade de la demande de licence
VK-300 250 BWR Atomstroyexport Russie Conception détaillée
VVER-300 300 BWR OKB Gidropress Russie Design conceptuel
Westinghouse SMR 225 REP Westinghouse Electric Company USA Conception préliminaire terminée
Xe-100 35 HTGR X-energy[43] USA Design conceptuel en développement
StarCore HTGR 20 à 100 HTGR StarCore Canada Pre-licensing vendor review process (2016)[44]
Quelques réacteurs ne sont pas inclus dans le rapport de l'AIEA, et ceux du rapport IAEA ne sont pas tous dans la liste ci-dessus.

La start-up Kairos Power a été créée en 2016 par des chercheurs de l’université de Berkeley en Californie pour développer un projet de réacteur à haute température refroidi par des sels fondus (Fluoride salt cooled High temperature Reactor - FHR) de 100 à 400 MW thermiques[45].

  1. S'il est construit, le réacteur ELENA sera le plus petit réacteur nucléaire commercial jamais construit[31].
  2. Complexe à plusieurs unités basé sur le concept de réacteur GT-MHR, conçu principalement pour la production d'hydrogène.

Sites proposésModifier

RussieModifier

La Centrale nucléaire de Bilibino, centrale nucléaire la plus septentrionale du monde, au nord du cercle polaire arctique, compte 4 petits réacteurs mixtes qui produisent à la fois de l'énergie thermique et électrique. Cette centrale sera remplacée en 2019 par la centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov (deux réacteurs PWR de 35 MW chacun), qui a été construite dans les chantiers navals de Saint-Pétersbourg qu'elle a quitté au début de mai 2018 à destination de Mourmansk, où le combustible nucléaire sera chargé dans ses réacteurs ; après des tests, elle sera remorqué jusqu'à Pevek, où la centrale flottante sera connectée au réseau électrique local en 2019, pour remplacer les quatre petits réacteurs (48 MW au total) de la centrale nucléaire de Bilibino et une unité au charbon[46].

Royaume-UniModifier

En 2016 selon le Sunday Telegraph des sites sont en cours d'examen pour le déploiement de SMR dans le Pays de Galles, dont celui de l'ancienne centrale nucléaire de Trawsfynydd et sur les sites d'anciennes centrales nucléaires ou à charbon dans le Nord de l'Angleterre. Les sites nucléaires existants sont considérés comme des possibilités, dont Bradwell, Hartlepool, Heysham, Oldbury, Sizewell, Sellafield et Wylfa[47].

En août 2018, une commission d'experts missionnée par le gouvernement a préconisé dans son rapport un soutien massif aux SMR ; elle recommande un effort semblable à celui consenti pour l'éolien offshore dans les années 2010[48].

États-UnisModifier

La Tennessee Valley Authority a annoncé qu'elle va soumettre une demande préliminaire d'autorisation de site (Early Site Permit Application (ESPA) à la Nuclear Regulatory Commission en mai 2016 pour l'éventuelle installation d'un SMR sur son site de Clinch River au Tennessee. Cette demande s'appliquerait sur 20 ans, et concerne la sécurité du site, la protection de l'environnement et la préparation aux urgences associée. La TVA n'a pas mentionné de choix de technologie si bien que l'ESPA serait applicable pour n'importe quel concept de SMR en développement aux États-Unis[49].

NuScale Power, basé à Portland (Oregon), a déposé en janvier 2017 son dossier auprès de la Nuclear Regulatory Commission pour faire approuver le design de son projet de SMR de 50 MW ; NuScale a conclu un partenariat avec un consortium de fournisseurs d'électricité de l'Utah pour construire une centrale de 12 modules sur un terrain situé dans l'Idaho appartenant au Department of Energy, qui est aussi partenaire du projet NuScale. La compagnie estime que ce projet de 570 MW peut être réalisé pour moins de 3 milliards de dollars[50]. Les premiers réacteurs homologués en 2018 sont prévus pour entrer en service en 2026[51].

La start-up canadienne Terrestrial Energy a signé en avril 2018 un mémorandum d’entente avec l’opérateur Energy Northwest pour la construction et l'exploitation de son prototype sur le site de l’Idaho National Laboratory, déjà retenu pour abriter le prototype de réacteur modulaire (SMR) de NuScale. Le projet de réacteur a sels fondus (IMSR) de Terrestrial Energy, d’une puissance de 190 MWe, est conçu en tant que SMR et sera construit en usine[52].

Un rapport du DOE, publié en octobre 2018, montre comment l’ensemble des mesures de soutien fédérales ont permis aux énergies renouvelables (hors hydraulique) de passer entre 2010 et 2016 de 4 à 10 % de la production électrique et suggère qu'il serait certainement utile que le déploiement des SMR puisse bénéficier du même accompagnement, via des incitations financières et des politiques fédérales favorables : un investissement public de 10 Mds$ pourrait avoir un impact significatif pour soutenir la construction de six SMR d’ici 2035 et réduire de 22 % le coût de leur électricité produite ; en comparaison, 51,2 Mds$ ont été dépensés par le gouvernement dans l’éolien et le solaire entre 2005 et 2015, dont 90 % via des crédits d’impôts[53],[54].

FinlandeModifier

Les villes d’Helsinki, d’Espoo et de Kirkkonummi ont lancé des études pour déterminer la possibilité de remplacer le chauffage urbain assuré aujourd’hui par du gaz et du charbon par des petits réacteurs modulaires (SMR) ; plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre d’Helsinki provient du chauffage urbain[55]. Plus de 100 candidats aux élections municipales ont signé une déclaration appelant les villes finlandaises à explorer l’utilisation des petits réacteurs nucléaires (SMR) pour le chauffage urbain, dont de nombreux candidats Verts[56].

UkraineModifier

Mi 2019, un consortium a été annoncé, qui regroupe Entergoatom (Ukraine), le centre national de la science et de la technologie (SSTC) de l'Ukraine, et Holtec international (société enregistrée dans le paradis fiscal du Delaware aux Etats-Unis) pour développer le SMR-160 en Ukraine[57].

RéférencesModifier

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  48. Nucléaire : le Royaume-Uni se penche sur les petits réacteurs, Les Échos, 18 août 2018.
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  52. Terrestrial Energy s’allie pour construire un prototype aux États-Unis, SFEN, 2 mai 2018.
  53. Etats-Unis : le soutien au déploiement des ENR, un modèle pour accompagner celui des SMR ?, SFEN, 18 décembre 2018.
  54. (en) Examination of Federal Financial Assistance in the Renewable Energy Market, DOE, octobre 2018.
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  56. Nucléaire : les Verts finlandais tournent la page du « dogmatisme », SFEN, 19 juin 2018.
  57. Enerpress, rubrique actualité "Création d'un consortium pour déployer des SMR" ; 17 juin 2019 n° 12344

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