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HistoireModifier

Des origines à 1952 : Un permis facilement accessibleModifier

AvantModifier

Loi concernant les véhicules-moteursModifier

La première loi encadrant la conduite de véhicules motorisés est sanctionnée le par l'Assemblée législative du Québec. Intitulée Loi concernant les véhicules-moteurs, elle introduit le concept de permis de conduire. Elle instaure l'obligation pour un propriétaire de véhicule motorisée de déclarer au gouvernement son identité et de fournir des renseignements concernant son véhicule. Le trésorier provincial enregistre ensuite ces données et délivre un certificat ainsi qu'une plaque d'immatriculation. Il existe deux types de « permis » : celui de chauffeur et celui de conducteur.

La licence de chauffeur permet à un individu d'être rémunéré en offrant un service de transport. Il a l'obligation de porter sur lui un insigne où est gravé son numéro de chauffeur. La licence de conducteur est remise aux conducteurs de promenade. Dans les deux cas, la licence est renouvelable chaque année au coût de 5 dollars. C'est au trésorier que revient le devoir de s'assurer que le propriétaire du véhicule a les habiletés requises pour conduire. La loi instaure certaines notions de sécurité comme l'obligation de manœuvrer de façon à ne pas effrayer les chevaux sur la route ou de ne pas conduire à plus de 6 milles à l'heure durant la nuit ou dans les villes.

L'homme d'affaires montréalais Ucal-Henri Dandurand est le premier à recevoir une licence (plaque « Q1 »). Propriétaire d'une De Dion-Bouton 1902, il utilisait depuis 1904 une plaque d'immatriculation pour bicyclette émise par la ville de Montréal. Environ un an après l'instauration de la loi, le Québec comptait 167 automobiles.

Réglementation progressiveModifier

 
Embouteillage en 1947 à proximité de l'avenue Victoria à Montréal.

À partir de 1908, le gouvernement fabrique lui-même les plaques minéralogiques (auparavant, la conception de la plaque revenait au conducteur). En 1910, des « officiers de vitesse » font leur apparition pour s'assurer du respect de la vitesse prescrite. Cependant, il faut attendre 1924 avant de voir apparaître un premier code de la route. Celui-ci tient sur une seule page. En 1928, on estime à 165 000 le nombre de véhicules immatriculés au Québec. En contrepartie, 3 automobilistes sur 4 sont des touristes étrangers et ne possèdent donc pas de permis de conduire québécois. À la fin des années 1930, près d'un demi-million de véhicules sont immatriculés au Québec. Le code de la route est bonifié.

1952 à 1978 : Pression gouvernementaleModifier

Durant la Grande Noirceur, des plaques spéciales sont remises aux amis de Maurice Duplessis leur permettant de se soustraire aux contraventions[réf. nécessaire]. Le , le ministère des Transports et des Communications est créé. Il s'attaque aux compétences des conducteurs et des chauffeurs. C'est à partir de 1955 que l'obtention d'un permis de conduire devient mieux encadrée par le gouvernement. Il faut désormais passer un examen incluant un questionnaire, un essai sur route et des tests de la vue pour obtenir son permis. Le permis est délivré par le Bureau des véhicules automobiles (BVA), rattaché au ministère. En 1957, on compte un million de permis de conduire au Québec[1]. En 1976, il devient obligatoire pour les passagers avant d'une voiture de porter la ceinture de sécurité. Il faut attendre 1990 avant que le port de la ceinture soit obligatoire pour tous les passagers.

Depuis 1978 : Société d'assurance automobileModifier

 
Siège social de la Société de l'assurance automobile du Québec, société responsable de la délivrance des permis de conduire au Québec.

Sous l'initiative de la ministre Lise Payette, l'Assemblée nationale adopte le la Loi sur la Régie de l'assurance automobile du Québec. Le régime est basé sur le principe du No-fault insurance (en), ce qui signifie que les victimes d'accidents de la route sont indemnisées automatiquement par une assurance collective, peu importe qui a commis l'accident. Le , la Société de l'assurance automobile du Québec (désignée « Régie » jusqu'en 1990) est fondée[2].

La portée de la création de cette société d'État ne se limitera pas à l'assurance automobile. En effet, en 1980, le gouvernement lui confie un mandat beaucoup plus large en intégrant le BVA à la Société. En 1991, il regroupe tous les organismes en lien avec le contrôle routier au sein de la Société (dont le camionnage et le transport de personnes). Cette concentration de pouvoirs permet à la SAAQ d'encadrer encore plus intensivement l'obtention de permis pour différentes catégories de véhicules.

À partir de 1983, il est exigé de suivre un cours de conduite avant de passer un examen de conduite pour un véhicule de promenade. Cette mesure est supprimée en 1997[3]. Le cours de conduite obligatoire pour la motocyclette fait son apparition en 2001. Le , le cours de conduite redevient obligatoire pour l'obtention d'un permis de véhicule de promenade.

CatégoriesModifier

Il existe 13 catégories de permis de conduire au Québec.[4]

Catégorie de permis Type de véhicule Âge minimum Durée du permis
Classe 1 Véhicules lourds Classe 5 et 36 mois d'expérience ou Classe 5 et 24 mois d'expérience + cours
Classe 2 Autobus Classe 5 et 2 ans expériences
Classe 3 Camion porteur Classe 5 et 2 ans expériences
Classe 4A Véhicules d'urgence Classe 5 ou Classe 5 probatoire + cours
Classe 4B Minibus Classe 5 et 12 mois expériences. Incl dans Classes 1, 2, 3, 4A.
Classe 4C Taxi Classe 5 et 12 mois expériences
Classe 5 Véhicule de promenade 16 ans
Classe 6A Motocyclette 16 ans
Classe 6B Motocyclette (cylindrée de 400 cm3 ou moins) 16 ans
Classe 6C Motocyclette (cylindrée de 125 cm3 ou moins) 16 ans
Classe 6D Cyclomoteur 14 ans
Classe 6E Motocyclette à trois roues 16 ans
Classe 8 Tracteur agricole 16 ans

StatistiquesModifier

 
Titulaires de permis de conduire par âge (en millions)
  • 16 à 24 ans
  • 25 à 44 ans
  • 45 à 64 ans
  • 65 ans et plus

Depuis 1978, le nombre de titulaires de permis de conduire augmente d'environ 1,5 % par année. Cette croissance commence à ralentir depuis quelques années. En 2015, les femmes comptent pour 48,2 % des conducteurs (elles n'étaient que 37,7 % en 1978) et les hommes pour 51,8 %. Alors que la croissance du nombre de permis chez les détenteurs âgés de plus de 45 ans est en hausse continuelle, les conducteurs de moins de 45 ans sont de moins en moins nombreux. La catégorie des 65 ans et plus est celle marquant la plus forte augmentation, dépassant les 16-24 ans au tournant de l'an 2000.

Nombre de détenteurs de permis de conduire au Québec
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015
Homme 2 011 871 2 093 296 2 251 607 2 315 689 2 409 555 2 532 711 2 672 570 2 763 745
Femme 1 286 634 1 522 157 1 781 364 1 955 658 2 087 442 2 244 718 2 433 053 2 566 819

En 2015, il y avait 5 330 564 détenteurs de permis au Québec.

SourceModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier