Peire Authié

Peire Authié, Peire Autier, ou Pierre Authié, né vers 1245 à Ax-les-Thermes (dans l'actuelle Ariège), est l'un des tout derniers « bons hommes amis de Dieu » pourchassés par l'Inquisition de l'Église catholique comme hérétiques en Languedoc au XIVe siècle. Arrêté par l'inquisiteur de Carcassonne, Geoffroy d'Ablis, en 1309, il est jugé et condamné au bûcher par le même inquisiteur et par Bernard Gui, inquisiteur de Toulouse, le à Toulouse.

Peire Authié
Biographie
Naissance
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BiographieModifier

Notaire à Ax-les-thermes, en Sabarthès, il semble avoir appartenu à l'entourage du comte de Foix. Après un séjour en Lombardie, où il côtoie probablement des hérétiques locaux manichéens ou bogomiles, il revient en Languedoc toulousain en 1300 profitant des flux de pèlerins entre la France et l'Italie plus nombreux en raison du premier Jubilé proclamé cette année-là par le pape Boniface VIII. Près de 60 ans après la chute de Montségur, Il y mène une activité apostolique dissidente et clandestine avant son arrestation pendant l'été 1309.

Assisté de son frère Guilhem et de son fils Jacme, ainsi que de nombreux partisans, il est le principal animateur de la dissidence religieuse dans la région à cette époque, la dernière avant l'extinction de l'hérésie cathare. Réfugié en 1308 à Verlhac-Tescou[1] chez Pierre de Clairac et Bertrand Salès[2],[3], il échappa longtemps aux poursuites, mais fut dénoncé, arrêté par l'Inquisition et brûlé vif à Toulouse le . Son témoignage s’achève sur cette déclaration : « Dans le monde il y a deux Églises : l’une fuit et pardonne, l’autre possède et écorche »[4]. Son frère Guillaume et son fils Jacques furent également condamnés au bûcher pour hérésie.

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Louis Biget, L'extinction du catharisme urbain : les points chauds de la répression, Cahiers de Fanjeaux 20, 1985, p. 305-340, repris dans Jean-Louis Biget, Hérésie et inquisition dans le midi de la France, Paris, Picard, coll. « Les médiévistes français », , 247 p. (ISBN 978-2-7084-0803-6), p. 206-228.
  • Charles Molinier, L'Inquisition dans le Midi de la France au XIIIe et au XIVe siècle. Etude sur les sources de son histoire, Toulouse, 1880, p. 146-156.
  • Henry Charles Lea, Histoire de l'Inquisition au Moyen Âge [1887], trad. fr., Grenoble, Jérôme Millon, 1997, II, § 105-107, p. 547-549
  • Annette Pales-Gobilliard, L'inquisiteur Geoffroy d'Ablis et les cathares du comté de Foix (1308-1309), CNRS, 1984. Contient l'enquête sur Peire Authié.
  • René Nelli, Les Cathares : l'éternel combat, Paris, Grasset, coll. « Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes », 1972, 287 p. 
  • Julien Théry, Le livre des sentences de l'inquisiteur Bernard Gui, Paris, CNRS, 2010, p. 133-138 [traduction de la sentence de condamnation].
  • Anne Brenon, Pèire Autier (1245-1310) le dernier des cathares : Cinquante ans après Montségur, un homme reprenait le flambeau du combat, Paris, Perrin, , 484 p..

RéférencesModifier

  1. Jean de Viguerie, Un village en Quercy, Verlhac-Tescou : XIIIe-début XXe siècle..., Verlhac-Tescou, Ass HIAUDE, , 24-25 p. (ISBN 978-2-9560312-0-8), Verlhac, dernier refuge du catharisme persécuté
  2. Bernard Gui, Le livre des sentences de l'inquisiteur Bernard Gui 1308-1323,, CNRS éditions, , Vol 1
  3. Jean Duvernoy, Le catharisme, Toulouse, Privat, , 321-322 p., T2
  4. « Le bûcher de Pierre Autier », sur Centre d'Etudes Cathares-René Nelli (consulté le ).