Pauline Peugniez

peintre et maître-verrier française

Pauline Peugniez, née à Amiens le et morte à Paris en 1987, est une peintre français, élève de Maurice Denis, connue principalement pour ses scènes intimistes et sa participation au renouveau de l'art sacré - en particulier du vitrail - pendant l'entre-deux-guerres.

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Pauline Peugniez naquit dans une famille bourgeoise. Jeune fille, elle découvrit la préface et la traduction de La Bible d'Amiens de Ruskin par un auteur encore méconnu, Marcel Proust, dont elle resta une fidèle lectrice. Son père, Paul Peugniez (1859-1943), chirurgien (directeur de l’École de Médecine d'Amiens au début du XXe siècle), dessinateur et peintre à ses heures, souhaitait l'orienter vers l'École de médecine mais accepta sa décision d'entrer à l'École des beaux-arts de Paris. Elle y intégra les ateliers de Ferdinand Humbert et d'Henri Focillon, où elle rencontra son futur mari, Jean Hébert-Stevens[1]. Ils se marient pendant la Grande Guerre et Pauline Peugniez donna naissance en 1917 à sa fille aînée, Adeline, qui fut peintre elle aussi. Le couple rencontra alors George Desvallières et Maurice Denis. Pauline et Jean Hébert-Stevens, catholiques pratiquants l'un et l'autre, et amis du R.P. Couturier, entrèrent aux Ateliers d'art sacré en 1919[2].

Maître verrierModifier

En 1923, Jean Hébert-Stevens achète un immeuble au 12 rue de Bagneux (actuelle rue Jean-Ferrandi), où il fonde un atelier de maître verrier[3]. Pauline Peugniez (elle signe de son nom de jeune fille) crée de nombreux cartons de vitraux (à Paris, pour les églises Saint-Germain de Charonne et Saint-Julien-le-Pauvre, par exemple[4]) mais aussi de tapisseries (Aubusson, les Gobelins [dont plusieurs sont au Mobilier National]). Suivant en cela les conseils dispensés aux Ateliers d'art sacré, Pauline Peugniez introduit dans ses œuvres religieuses des éléments et références tiré de l'environnement moderne. Le but en est d'actualiser l'Histoire sainte et les images de la foi chrétienne. Le simple chapeau de paille dont elle coiffe ainsi la Vierge dans le vitrail Notre-Dame des Prairies, en 1925, pour l'église de Canehan, scandalise et empêche sa mise en place. En 1926, elle réalise, à la mémoire de son cousin germain, le lieutenant Pierre Labitte, un vitrail dans l'église de Hangard[5].

Dans le cadre de l'Exposition coloniale de 1931, elle crée des vitraux pour l'église Notre-Dame-des-Missions, dont les vitraux sont aujourd'hui conservés à l'église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine. L'année suivante, elle contribue à la décoration collective de l'église du Saint-Esprit (Paris 12e arrondissement) érigée d'après les plans de Paul Tournon : sa fresque se situe dans le bas-côté à gauche du chœur.

Dessinatrice et peintreModifier

 
Fresque à gauche de Pauline Peugniez dans l'église Saint-Ferdinand-des-Ternes.

Elle se livre également à l'illustration d'œuvres littéraires, toutes rédigées par des plumes féminines, textes des poétesses Marie Noël et Marceline Desbordes-Valmore, et Lettres d'amour de la Religieuse Portugaise de Mariana Alcoforado (1948).

L'œuvre de Pauline Peugniez est également profane. Ses sujets favoris sont les paysages (provençaux et toscans, notamment) et les scènes de la vie familiale. Très influencée par son maître Maurice Denis, sa technique est basée sur les rapports de valeurs, inscrivant sur chaque partie de son croquis des numéros allant de 1 à 10, du plus clair au plus sombre. Sa peinture est présentée au Salon de la Société nationale des beaux-arts, au Salon des Tuileries et régulièrement au Salon d’Automne à partir de 1920. Elle est l'auteur de la grande fresque du transept gauche de l'église Saint-Ferdinand-des-Ternes qui représente l'ordination, le mariage et l'extrême-onction.

Une rétrospective de quelques-unes de ses œuvres eut lieu au Salon d'Automne en 1990. Très tôt abonnée au journal Témoignage chrétien, elle en fut une lectrice parfois engagée[C'est-à-dire ?].

Pauline Peugniez est nommée chevalier de la Légion d'honneur le 31 octobre 1938.

SourcesModifier

  • Petit Palais, Exposition de Vitraux et Tapisseries Modernes, 4-30 juin 1930,(introduction).
  • L'Art Sacré « Les peintres devant le public religieux », no 2, août 1935, « Je voudrais tant vous avoir appris quelque chose », décembre 1937, « La Tapisserie », juin 1939.
  • Ecclesia, Lectures Chrétiennes, no 96, mars 1957, Mensuel, directeur littéraire:Daniel-Rops, p. 41-48 : « Dorothy Day, L'Amérique des pauvres et des militants ».
  • Témoignage Chrétien, « Le journal de Maurice Denis », no 775, 15 mai 1959.
  • Encyclopédie Familiale Larousse, « Les travaux à la maison », « La Tapisserie », p. 798-802, 1951-55.
  • Jésus (revue du père G. Bessière) « Chrétienne à 90 ans », no 27, décembre 1980.
  • Jean Soulairol : Le Sacré de l'amour : Du mariage païen au mariage chrétien, illustrations de Pauline Peugniez, s.d., Les éditions du temps présent, coll. Ici la France, 53 p., 21 cm.

BibliographieModifier

  • Maurice Brillant, L'Art Chrétien en France au XXe siècle, ses tendances nouvelles, Paris, Bloud & Gay, 1926, 375 p. pl. (p. 69-70, 227, 229, 250, 295, 335, pl. XVIII).
  • Le Matin, 20 novembre 1932, « La Renaissance du vitrail ».
  • Madeleine Bunoust, Quelques femmes peintres, 36 planches, Paris, Stock, 1936, (p. 120-121).
  • Comedia, 2 octobre 1943.
  • L’Écho Illustré, Genève, 27 décembre 1952.
  • L'Alsace, 21 novembre 1964, p. 4.
  • Le Courrier Picard, 25 décembre 1975.
  • Salon d'Automne, catalogue 1990.
  • Caritas, Union Française des Anciennes élèves du Sacré Cœur, no 1, mars 1991.
  • Florence Ledoux, Catalogue Sommaire de l'œuvre de Pauline Peugniez, mémoire de maîtrise, sous la direction de Bruno Foucart, Université de Paris IV, Paris-Sorbonne, 1995.
  • Micheline Tissot-Gaucher, L'Église du Saint-Esprit et les quelque 70 artistes qui l'ont décorée, Le Mée-sur-Seine, Amatteis, 2005.

FilmographieModifier

  • Film de Pascal Bony : Rétrospective au Salon d'Automne, 1990.

RéférencesModifier

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