Paulette Goddard

actrice américaine
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Paulette Goddard
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Paulette Goddard en 1940.
Nom de naissance Marion Pauline Goddard-Levy
Naissance
New York (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 79 ans)
Ronco (Suisse)
Profession Actrice
Films notables Les Temps modernes
Le Dictateur
Les Naufrageurs des mers du sud
Le Journal d'une femme de chambre
Les Conquérants d'un nouveau monde

Marion Pauline Goddard Levy, dite Paulette Goddard, est une actrice américaine née le à New York et morte le à Ronco en Suisse.

Elle est la troisième épouse de Charlie Chaplin, qu'elle a rencontré au cours du tournage des Temps modernes ; ils se sont mariés secrètement en 1936 puis ont divorcé en 1942. Elle s'est remariée en 1958 avec Erich Maria Remarque, le célèbre auteur du roman À l'Ouest, rien de nouveau.

Elle a été pressentie pour incarner Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent, sans succès[1].

BiographieModifier

Origines familialesModifier

Paulette Goddard est la fille de Joseph Russell Levy (1881-1954), fils d'un prospère cigarettier juif de Salt Lake City, tandis que sa mère, Alta Mae Goddard (1887-1983), est une protestante épiscopalienne d'origine anglaise. Son père dirigeant d’une chaîne de salles de cinéma des frères Warner, est souvent en déplacements professionnels et est régulièrement accompagné de son épouse, laissant leur fille sous la garde de ses grands-parents ou de proches. Très tôt, les époux Levy se séparent et Paulette est alors élevée par sa mère[2].

Elle fait ses études primaires notamment à Caldwell dans le New Jersey, puis à Pittsburgh en Pennsylvanie. Après avoir séjourné au Canada, Paulette et sa mère s’installent en 1923 à Great Neck dans la banlieue de New York[2].

Ses parents divorcent en 1926 et sa mère, qui se remarie à deux reprises, suit ensuite sa fille tout au long de sa carrière et de sa vie amoureuse ; sa mère meurt en Suisse en 1983 dans la villa dont Paulette Goddard avait hérité de Erich Maria Remarque, son dernier mari[2],[3].

Chorus girlModifier

 
Paulette Goddard en 1940
 
Charlie Chaplin et Paulette Goddard dans Le Dictateur

À l’âge de 13 ans et après quelques petits emplois, dont celui de mannequin, Paulette Goddard débute comme Ziegfeld girl chez Florenz Ziegfeld dans plusieurs de ses célèbres revues[4].

Elle choisit alors d'adopter le prénom Paulette et de l'accoler au nom de sa mère, Goddard. Mariée en 1927 à l'âge de 16 ans, à Edgar James un riche industriel, elle en divorce dès 1929. Par la suite, elle se dirige vers Hollywood et décroche des petits rôles souvent non crédités chez Hal Roach avec Laurel et Hardy et Samuel Goldwyn, où elle joue les Goldwyn girls aux côtés de Betty Grable, Lucille Ball et Jane Wyman dans Le Roi de l'arène, Roman scandals ou Kids millions. Toujours non créditée, elle figure dans des films de prestige signés George Fitzmaurice, Rouben Mamoulian, Raoul Walsh, avec en vedettes Rod La Rocque et Barbara Stanwyck ou Gary Cooper et Sylvia Sidney, côtoyant ailleurs Charley Chase ou Eddie Cantor.

Avec Charlie ChaplinModifier

C’est la rencontre avec Charlie Chaplin qui va la propulser au rang de star. Rencontrée en 1932, Paulette Goddard va inspirer à Charlie Chaplin le rôle de la gamine des Temps modernes[5]. Pour le film, elle prend des cours de chant, de danse et répète inlassablement des scènes du film jusqu’à l’épuisement[6]. À sa sortie, Les Temps modernes est assez mal accueilli par la critique et c’est de ce film que date l’hostilité persistante dont Charlie Chaplin ne cesse plus de faire l’objet en Amérique[7].

Épuisé par le tournage, le couple embarque en pour une croisière en Extrême-Orient et, au cours du voyage, les amants se marient, une union qui reste secrète[8] et donne lieu plus tard à une polémique pendant les préparatifs du casting du film le plus célèbre du cinéma, Autant en emporte le vent. En effet, en 1938, le producteur David O. Selznick recherche sa Scarlett pour le film en question et toutes les actrices en vue se mettent sur les rangs pour remporter le rôle. Paulette Goddard est l’une des actrices pressenties. Elle passe un bout d’essai et tourne deux scènes sous la direction de George Cukor[9]. Selznick est séduit et l’envoie à La Nouvelle-Orléans pour travailler son accent du Sud[10]. Le producteur s’est presque décidé à la choisir quand la rumeur se répand que Paulette Goddard et Charlie Chaplin ne sont pas réellement mariés ; alors, sans preuve irréfutable de leur acte de mariage, le rôle tant convoité lui échappe[10].

Mais elle sait rebondir : George Cukor lui propose un rôle dans son prochain film Femmes où elle interprète avec énergie le rôle de Miriam. Remarquée à nouveau par la Paramount Pictures, la compagnie lui fait signer un contrat et Paulette Goddard devient une des plus grandes stars de la firme pendant dix ans[11].

Star à la ParamountModifier

Tout de suite, elle rencontre un triomphe avec Le Mystère de la maison Norman, une comédie débridée remake d’un classique du film d’horreur[12] avec un Bob Hope qui inaugure toute une série de films à succès à la Paramount.

L’année 1940 est prolifique, elle retrouve Bob Hope pour Le Mystère du château maudit, mêmes ingrédients que pour le précédent et mêmes résultats au box-office. De nouveau Charlie Chaplin fait appel à elle pour jouer le rôle d’une jeune fille juive, Hannah, dans Le Dictateur, brillante satire anti-hitlérienne. Néanmoins, le couple divorce deux ans plus tard.

Elle tourne également une comédie musicale Swing Romance avec Fred Astaire qui vient de se séparer de sa partenaire de prédilection Ginger Rogers. Autre succès, la même année, avec un film de Cecil B. DeMille, qui rapporte à la Paramount les plus grosses recettes de l’année[11], Les Tuniques écarlates. Elle retrouve ensuite par deux fois De Mille dans des superproductions à recettes garanties : Les Naufrageurs des mers du sud en 1942 avec à la clé, tempêtes, naufrages, trésor, calmar géant, combat sous-marin, le tout sublimé par le Technicolor ; puis Les Conquérants d'un nouveau monde en 1947, épopée à gros budget (à peu près 5 millions de dollars[11]) dédiée aux premiers colons américains. Aux côtés de Gary Cooper, elle affronte la déportation coloniale, les Indiens, les feux, les explosions et un Cecil B. De Mille décidé à lui faire subir les pires tourments.

En 1944, elle est nommée pour concourir à l’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Les Anges de miséricorde, film consacré aux infirmières de la Seconde Guerre mondiale. Elle contribue également à l’effort de guerre en participant aux tournées destinées à préserver le moral des troupes et aux films de divertissement avec une pléiade de stars dans leur propre rôle comme Au pays du rythme ou Duffy's Tavern.

Parmi ses meilleurs films on peut encore citer Par la porte d'or, brillant mélodrame avec Charles Boyer et Olivia de Havilland en covedettes, La Duchesse des bas-fonds, un film d’époque inspiré par le mythe de Pygmalion, les deux signés Mitchell Leisen (un de ses directeurs de prédilection), et Le Journal d'une femme de chambre. Paulette Goddard produit ce dernier film avec son troisième mari, l’acteur Burgess Meredith rencontré sur le tournage de Swing Romance (ils s'étaient ensuite mariés en 1944). Grâce à eux, le réalisateur Jean Renoir jouit pour ce tournage d’une entière liberté[13]. Avec cette extraordinaire tragicomédie, adaptée très librement du roman d'Octave Mirbeau, Jean Renoir se démarque de ses films précédents, plus lyriques, et marque le début d’une période plus stylisée et laconique[14]. Partenaire de James Stewart et Gary Cooper, mais plus souvent de Ray Milland et Fred MacMurray, la star est ailleurs opposée à Claudette Colbert et Veronica Lake ; elle figure également parmi les héroïnes de King Vidor, John Huston et George Stevens (ces deux derniers n'ont pas été crédités sur La Folle Enquête).

 
E.M. Remarque (assis de dos) et Paulette Goddard, en dans leur villa de Porto Ronco, en Suisse.

Mais à la fin des années 1940, la carrière de Paulette Goddard décline et elle ne tourne plus qu’une dizaine de films. Elle fait néanmoins des apparitions à la télévision. Divorcée de Burgess Meredith en 1949, elle se marie une quatrième et dernière fois en 1958 avec l’écrivain Erich Maria Remarque et s’installe la même année en Europe, à Porto Ronco, sur le rivage suisse du lac Majeur, dans la villa Casa Monte Tabor. La fin de sa carrière cinématographique la mène du Mexique (The Torch d'Emilio Fernández avec Pedro Armendáriz) en Italie (Les Deux Rivales de Maselli, son dernier film en 1964) ; elle passe de Un mari idéal d'après Oscar Wilde aux Mille et une filles de Bagdad codirigée par Edgar Ulmer ; elle interprète Lucrèce Borgia et la biblique Jézabel (n'échappant pas à la vogue du péplum), joue dans un film policier avec Edward G. Robinson, Paris Model avec Marilyn Maxwell et Eva Gabor, travaille avec le cinéaste britannique Terence Fisher et l'acteur français Jean-Pierre Aumont.

À la télévision, Paulette Goddard s'illustre dans un épisode de Sherlock Holmes (1954) et Aventures dans les îles (1959), un remake de The Women (1955) aux côtés de Ruth Hussey, Shelley Winters, Mary Astor et Cathleen Nesbitt, Mademoiselle Fifi d'après Maupassant (1956, dans la série The Errol Flynn Theatre).

Erich Maria Remarque, son dernier mari, meurt en 1970. Paulette Goddard apparaît une dernière fois à l'écran pour la série The Snoop Sisters en 1972, avec Helen Hayes et Mildred Natwick en vedettes.

En 1990, elle meurt chez elle d’une crise cardiaque, âgée de près de 80 ans.

Cinq ans plus tard, grâce à un don de 20 millions de dollars de Paulette Goddard, est créé au sein de l’université de New York, le Erich Maria Remarque Institute, un centre de recherches sur l'histoire contemporaine de l'Europe et sur les rapports entre l'Europe et l'Amérique. L'historien Tony Judt en assure la mise en place et la direction jusqu'à sa mort, en 2010.

La villa Casa Monte TaborModifier

La villa de Paulette Goddard et Erich Maria Remarque sur les bords du lac Majeur est transmise, par héritage, à l’université de New York. Comme celle-ci refuse de verser les importants droits de succession, la villa est mise aux enchères en 1994. Cinq ans plus tard, Helen et Gerald Palmer acquièrent la villa[15].

Dans le but de la transformer en musée et en résidence d'artistes axée sur la créativité, la liberté et la paix (selon les dernières volontés de Paulette Goddard)[16],[17], une tentative de levée d'une somme de 6 millions de francs suisses (soit environ 7 millions de dollars) est lancée vers 2010 pour racheter la propriété, puis l'aménager. Début 2014, la villa n'est toujours pas vendue et est estimée désormais à plus de 7 millions de francs suisses[15].

FilmographieModifier

Au cinémaModifier

 
Fred Astaire et Paulette Goddard dans Swing Romance (1940)
 
Paulette Goddard en 1941

À la télévisionModifier

DistinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Les bonus du DVD du film montrent quelques-uns de ses bouts d'essai.
  2. a b et c « Paulette Goddard sa vie », sur www.paulette-goddard.fr (consulté le 7 décembre 2019)
  3. « Paulette Goddard Casa Monte Tabor », sur paulette-goddard.fr (consulté le 7 décembre 2019).
  4. Grand dictionnaire illustré du cinéma – volume 2 – 1985 - Éditions Atlas (ISBN 2-7312-0414-0) édité erroné
  5. site officiel des Temps Modernes
  6. Charlie Chaplin, mon père – Chaplin Charles Junior – 1961 - Gallimard, Paris
  7. Le cinéma Grand histoire illustrée du 7e art – volume 9 – 1984 - Éditions Atlas
  8. Site sur Charlie Chaplin
  9. Les grands films – Jacques Zimmer – Éditions J’ai lu Cinéma
  10. a et b Le cinéma Grand histoire illustrée du 7e art – volume 2 – 1984 - Éditions Atlas
  11. a b et c La fabuleuse histoire de la Paramount – John Douglas Eames – CELIV
  12. The Cat Creeps 1927 (muet) et 1929 (parlant) deux films Universal Pictures - La fabuleuse histoire de la Paramount – John Douglas Eames – CELIV
  13. Paris-Hollywood, Les Français dans le cinéma américain – Dominique Lebrun – Hazan – 1987 (ISBN 2-85025-136-4),
  14. Le cinéma - Grand histoire illustrée du 7e art – volume 3 – 1984 - Éditions Atlas
  15. a et b « Paulette Goddard et sa villa suisse : la Casa Monte Tabor », sur paulette-goddard.fr (consulté le 14 janvier 2020).
  16. (de) « La villa d'Erich Remarque en danger », sur swissinfo.ch, (consulté le 14 janvier 2020).
  17. « La villa Remarque, cherche acquéreur désespérément », sur swissinfo.ch, (consulté le 14 janvier 2020).

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