Paul Vanuxem

militaire français

Paul Fidèle Félicien Vanuxem, né le à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais)[1] et mort le (à 74 ans) dans le 5e arrondissement de Paris, est un militaire et journaliste français. Ayant servi pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre d'Indochine, il est par la suite connu pour ses prises de position en faveur de l'Algérie française[2] et du Sud Viêt Nam[3].

Paul Vanuxem
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Paul Fidèle Félicien VanuxemVoir et modifier les données sur Wikidata
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Grade militaire
Conflits

BiographieModifier

Paul Vanuxem fait ses études à l'université de Lille[réf. souhaitée], où il obtient une licence de philosophie[3]. Il commence sa carrière de professeur au collège Mézeray à Argentan puis à Charleville-Mézières. Il s'implique dans l'histoire locale, créant la Revue du pays d'Argentan[4].

En 1930, il embrasse la carrière militaire et entre à Saint-Cyr. Il rejoint les tirailleurs marocains à sa sortie. Plus tard, il combat pendant la campagne d'Italie, notamment à la bataille de Monte Cassino[5][réf. à confirmer]. Il participe ensuite à la guerre d'Indochine[3]. Il commande le bataillon de marche du 6e régiment de tirailleurs marocains, puis devient en 1947 commandant du secteur de Sontay jusqu'en 1948[6]. En 1950, il revient en Indochine pour prendre le commandement du secteur de Bien Hôa, jusqu'en 1951[7]. Remarqué et estimé du général de Lattre de Tassigny[8], ce dernier lui confie la responsabilité du groupe mobile du Tonkin. Il revient une troisième fois en Orient comme adjoint au commandant de la division de marche du Tonkin, puis comme commandant du secteur de Hasong et enfin comme commandant de la zone sud du Tonkin[6]. Il est à ce titre chargé de l'évacuation d'Hanoï après les accords de Genève en 1954[3]. En 1975, il est accusé par des Sud-Vietnamiens d'avoir été responsable de la mort de milliers d'être eux pendant la guerre d'Indochine[6].

Il reçoit ses étoiles de général en 1955. En 1957, il est nommé commandant de la 2e division d'infanterie motorisée (2e DIM) et de la zone Est-Constantinois (ZEC) sur la frontière tunisienne. Il est à l'origine d'une modification du principe de la ligne Morice destinée à stopper les infiltrations de combattants algériens depuis la Tunisie : il plaide pour la transformation de cette défense linéaire par la mise en place d'unités parachutistes auxquelles peuvent être rattachées immédiatement les autres unités, sans passer par l'échelon supérieur. Ce système d'armes prouve son efficacité en 1958[9].

Général de division, puis de corps d'armée, il prend le commandement de la 2e DIM et ZEC. Il soutient le coup d’État du 13 mai 1958[3],[10] mais s'oppose à l'envoi de militaires vers la France[11]. Il quitte son commandement le 28 novembre 1958, disgracié par le président de Gaulle. Il est alors nommé adjoint au commandant des forces françaises en Allemagne[3].

Sa sympathie non dissimulée pour l'Algérie française[12] lui vaut d'être mis en disponibilité le 31 mai 1961. Soupçonné d'être l'individu désigné sous le pseudonyme de Verdun, chef de l'OAS en métropole, à la suite de la découverte de documents saisis lors de l'interpellation de Maurice Gingembre, il est arrêté le 7 septembre 1961[3] et incarcéré à la prison de la Santé[13] en attente de son procès. Ses filles Françoise et Martine sont alors refusées à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur[14] où elles étaient inscrites pour la rentrée scolaire. Deux ans plus tard, le 10 septembre 1963, il est acquitté[12],[15], les témoins ayant nié la possibilité qu'il soit Verdun[11].

Il devient ensuite journaliste, notamment pour le magazine Carrefour. Il plaide par exemple en 1969 pour une revitalisation du service militaire par la conscription dès 18 ans, ce qui provoque une grève dans plusieurs lycées parisiens[16]. Il se fait surtout remarquer pour sa campagne en soutien à Nguyễn Văn Thiệu, président du Sud-Viêt Nam en pleine guerre du Viêt Nam[3].

Il est titulaire de 25 citations obtenues pendant les campagnes de France, d’Allemagne, d’Indochine et d’Algérie[réf. nécessaire]. Il meurt à l’hôpital du Val-de-Grâce le 7 janvier 1979[3]. Sa deuxième épouse depuis 1955, la générale Vanuxem née Monique Danjou est décédée le 29 juillet 2014 à 98 ans. Le couple a eu 6 enfants dont un garçon[17].

Une rue de Maubeuge porte son nom[18].

PublicationsModifier

  • Les contes du temps perdu, Editions Ariane, 1964
  • Espoir à Saïgon, Table ronde, 1967
  • Enquête au pays du Levant, Plon, 1971
  • 1951 Le général vainqueur - Le destin exemplaire de de Lattre en Indochine, Société de production littéraire spl, 1977

Notes et référencesModifier

  1. Acte de naissance de Paul Fidèle Vanuxem [lire en ligne]
  2. Les contes du temps perdu : Paul Fidèle Félicien Vanuxem - Editeur : Au fil d'Ariane, 1964 - 138 pages
  3. a b c d e f g h et i « " Champion " de la guerre du Vietnam Le général Paul Vanuxem est mort Un centurion solitaire », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juin 2020)
  4. Marie Lenglet, « Argentan. Xavier Rousseau fait la une de sa propre revue », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  5. « Dal Volturno a Cassino - L’ATTACCO AL PAESE DI LENOLA, nell’ambito delle operazioni del Corps de Montagne (21-23 maggio 1944) », sur Dal Volturno a Cassino (consulté le 9 juin 2020)
  6. a b et c « LES DÉBOIRES DU GÉNÉRAL VANUXEM », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juin 2020)
  7. Marie-Catherine et Paul Villatoux, « Aux origines de la « guerre révolutionnaire » : le colonel Lacheroy parle », Revue historique des armées, no 268,‎ , p. 45–53 (ISSN 0035-3299, lire en ligne, consulté le 9 juin 2020)
  8. Livre : Le général vainqueur - Le destin exemplaire de de Lattre en Indochine
  9. Michel Goya, « La voie de l'épée: Le commandement sur le barrage », sur La voie de l'épée, (consulté le 9 juin 2020)
  10. « LE GÉNÉRAL VANUXEM EST NOMMÉ adjoint au commandant en chef des forces françaises en Allemagne », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juin 2020)
  11. a et b « " Le général Vanuxem est totalement innocent ", AFFIRME LE GÉNÉRAL ALLARD DEVANT LA COUR DE SÛRETÉ », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juin 2020)
  12. a et b « Le général Vanuxem est acquitté après avoir passé deux ans en prison ; Maurice Gingembre, condamné à dix ans et le colonel de Blignières, à six ans de détention », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juin 2020)
  13. Photo "Santé" photo/OFFOAS
  14. Question N°11938 d'André Marie J.O.R.F du 18 novembre 1961
  15. Le Parisien Libéré journaux-collection
  16. « Mobilisation au lycée », sur L'Obs (consulté le 9 juin 2020)
  17. « Faire-part de décès », sur Carnet du jour, Le Figaro, , p. 14
  18. Rue du général Vanuxem (Maubeuge) streetdir.org

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Carles et Georges Lecomte, 6e régiment de tirailleurs marocains, chronique d'un régiment marocain (1921-1963), Amicale des anciens du 6e R.T.M., 1999
  • Monique Danjou, Le 6e R.T.M. au Tonkin 1947-1949. Témoignages. Souvenirs du général Vanuxem recueillis par Monique Danjou-Vanuxem, Muller édition, Paris, 2008 (ISBN 978-2-904255-73-1)

Liens externesModifier