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BiographieModifier

Paul Dungler, alias Commandant Martial, Camelot du Roi, ancien dirigeant de l'Action française en Alsace dévie du maurrassisme orthodoxe pour se rallier à la Cagoule[1]. Il se lance en politique durant la période de l’entre-deux guerres.

Dès 1939, conscient du danger que représente l'Allemagne nazie, il prononce un discours devant un cercle nationaliste : « Si un conflit éclate il faudra non seulement faire notre devoir mais grouper nos énergies pour assurer la victoire commune, le nazisme n'est pas seulement notre ennemi militaire c'est aussi l'anti-civilisation »[2]

Rentré clandestinement à Thann en Alsace le , il fonde avec entre autres Marcel Kibler et l’abbé Pierre Bockel la Septième Colonne d’Alsace, enregistrée à Londres sous le nom de réseau Martial.

Recherché par la Gestapo[3], Paul Dungler retourne en zone libre et poursuit la lutte clandestine contre les nazis.

Son ami Jeantet lui fait ensuite rencontrer le Maréchal Pétain afin d'obtenir de ce dernier la liberté de circuler (qu'il lui accorde) et que la police le « laisse en paix » pour ses activités résistantes, ce que Pétain affirme ne pas pouvoir lui promettre[4]. Néanmoins, le Maréchal accepte de donner 500 000 francs à l'organisation de Dungler : « Et c'est ainsi que la naissance de notre action de résistance, le réseau Martial et l'organisation de combat des Alsaciens réfugiés en France, a été financée par le Maréchal » dira-t-il plus tard [5].

L’évasion du général Giraud en avril 1942 compte parmi les grandes réalisations du Réseau. Dungler est un des initiateurs de l’Organisation de résistance de l'armée et à l’origine des Groupes Mobiles d’Alsace. Il aura des liens persistants avec les milieux militaires allemands complotant contre Hitler[6].

En 1943, il négocie avec le général de Gaulle et les Américains à Alger afin que l’Alsace soit présente dans les combats de libération à venir. L’implication de Dungler dans la Résistance fait aujourd’hui de lui un héros local.

HommageModifier

Depuis octobre 2017, une allée est nommée d'après lui à Thann[7]

Notes et référencesModifier

  1. Simon Epstein, Un paradoxe français antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la résistance, Albin Michel, 2008, p. 404
  2. Jean Eschbach, Au cœur de la résistance alsacienne. Le combat de Paul Dungler. Fondateur de la 7e colonne d'alsace. Chef du réseau Martial, Colmar, Jérôme Do. Bentziger éditeur, 2003, p. 30-35.
  3. Le , il fut prévenu de son arrestation pour le lendemain 7 h. Il se réveilla à 6 h et disparut !
  4. Dominique Venner, Histoire critique de la résistance. p 111
  5. Propos recueillis par l'auteur dans Année 40 de Jacques Laurent, p.396
  6. François-Marin Fleutot, Des royalistes dans la résistance, Paris, Flammarion, 2000, p. 270-272
  7. L’allée Paul-Dungler inaugurée, par Michel Tschann, L'Alsace, 19 octobre 2017.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier