Paul Ély

général français

Officier général francais 5 etoiles.svg Paul Ély
Nom de naissance Paul Romuald Ély
Naissance
Thessalonique (Grèce)
Décès (à 77 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Armée de Terre
Grade Général d'armée
Années de service 19411975
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Distinctions Prix Général-Muteau (1962)

Paul Ély, né le à Thessalonique (Grèce), mort le à Paris, est un général français.

BiographieModifier

Paul Ély sort officier de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr à la fin de la Première Guerre mondiale[1].

En 1939, il est membre du 4e bureau du quartier général et est gravement blessé au bras droit en 1940.

En 1941, il commande le 10e bataillon de chasseurs dans l'armée d'armistice. Fin 1942, quand les Allemands occupent la zone libre, il entre dans l'organisation de résistance de l'Armée (ORA). En juin 1943, il sert dans l'organe liquidateur de l'armée. En , il est chef adjoint de l'ORA en zone sud et effectue des missions clandestines à Londres et à Alger[2].

En 1944, il est délégué militaire national du général De Gaulle, officier de liaison entre Londres et la clandestinité, puis devient à la Libération, directeur adjoint des Forces françaises de l'intérieur (FFI) au ministère de la Guerre.

En 1949, il dirige la délégation française au comité militaire permanent de l'Union occidentale à Londres. Il se rend à Washington au comité militaire permanent et au standing group de l'OTAN.

A l'époque, entre 1950 et 1954, il est l'un des rares généraux français qui prend position pour la Communauté européenne de Défense, voyant dans une Europe unifiée sur le plan militaire un contre-poids utile pour limiter l'influence américaine[3].

Chef d'état-major des forces armées, puis de la Défense nationale de 1953 à 1959, sauf en 1954-1955 où il fut Haut-commissaire et Commandant en chef en Indochine, avec le général Salan puis Jacquot comme adjoint militaire[4].

Après la défaite de la France, Paul Ely commande un rapport pour analyser les causes de la défaite française. Ce rapport interroge de manière détaillée l'ensemble des officiers ayant servi en Indochine, en se focalisant sur la dimension idéologique du nationalisme vietnamien. Ce rapport de 450 pages intitulé Enseignements de la guerre d'Indochine, vise à répondre à la question clé : "comment expliquer la victoire du Viet-Minh, alors même que la France disposait d'une supériorité technique, militaire, industrielle et budgétaire indiscutablement établie ?"[5]. Deux éléments centraux ressortent du rapport. Tout d'abord que le champ de bataille est devenu, dans le cadre des guerres modernes asymétriques, une part mineure de la guerre prise comme phénomène global, et d'autre part que la partie vitale des guerres de décolonisation se trouve sur le terrain des idées. Les rédacteurs du rapport pointent qu'une guerre asymétriques ne peut être gagnée sans une "mystique", compris comme une grande idée mobilisatrice[5]. Ces réflexions inspireront les généraux en charge de la Guerre d'Algérie.

L’Académie française lui décerne le prix Général-Muteau en 1962 pour son ouvrage L'Armée dans la nation publié chez Fayard en 1961.

Il a laissé deux volumes de mémoires : L'Indochine dans la tourmente (1964) et Suez… le (1969).

Notes et référencesModifier

  1. universalis.fr f
  2. Robert O. Paxton L'armée de Vichy, Points-Histoire, 2004, p. 447
  3. Grey Anderson, La guerre civile en France, 1958-1962, Paris, Éditions La Fabrique, , 365 p., p. 29
  4. michelrenard, « Guerre d'Indochine, par le général Paul Ély », sur canalblog.com, études-coloniales, (consulté le 9 septembre 2020).
  5. a et b Grey Anderson, La Guerre civile en France, 1958-1962, Paris, Éditions de la Fabrique, , 365 p., p. 30

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Paul Ély, édition présentée par le capitaine Ivan Cadeau, Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), Rapport du général Ély tome 1, SHD Air, coll. « Références », , 404 p. (ISBN 978-2-1109-8059-5, présentation en ligne)

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