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Patrimoine militaire de Liège

ensemble des constructions érigées au cours des siècles pour protéger la ville de Liège en Belgique

Remparts de la CitéModifier

Rempart de NotgerModifier

Le rempart Notger est la première enceinte fortifiée de Liège. C'est l’œuvre du prince-évêque Notger qui décida d'entourer Liège d'une muraille en grès houiller afin de protéger la ville des attaques extérieures dès 983[1]. Le rempart encerclait l'actuel centre de Liège mais ne comprenait ni le quartier de l'Île ni le quartier d'Hors-Château.

L'enceinte a la forme d'un quadrilatère allongé de 25 hectares. Elle est doublée de fossés et ponctuée de portes et de tours. Une porte tour est édifiée au pied de Pierreuse.

Début du XIIe siècle l'empereur Henri IV aurait fait agrandir l'enceinte et jeter des fondements de remparts vers Sainte-Walburge, mais faute de moyens et de bonne volonté, les travaux échouent.

Article détaillé : Portes de l'enceinte de Notger.

Seconde enceinteModifier

 
Fortifications du centre ville de Liège vers la fin du XVIIe siècle.
1. Porte Maghin,
2. Porte Saint-Léonard,
3. Bastion Saint-Léonard,
4. Porte de Vivegnis,
5. Rempart des Six-Cents-Degrés,
6. Païenporte,
7. Citadelle,
8. Porte Sainte-Walburge,
9. Bastion du Clergé,
10. Bastion des Anglais,
11. Hocheporte,
12. Bastion du Saint-Esprit,
13. Porte Sainte-Marguerite,
14. Porte Saint-Martin,
15. Tour des Moxhons,
16. Porte des Bégards,
17. Tour des Bégards.

Au début du XIIIe siècle, la construction d'une nouvelle enceinte englobe, cette fois-ci, les territoires de l'Île et de Hors-Château[2].

En 1204, on construit une muraille avec tours partant de la porte Sainte-Walburge jusqu'à Païenporte et descendant jusqu'à la Meuse, ainsi qu'une autre muraille reliant Hocheporte à Sainte-Walburge.

En encore inachevées les murailles sont escaladées par les troupes d'Henri Ier de Brabant qui dévalent vers la cité et la mette aussitôt à sac. Pour les Liégeois la leçon est dure, ils reprennent les travaux de façon intensive. Lorsque le duc de Brabant revint en 1213 pour piller la ville une nouvelle fois, il dût rebrousser chemin face à ces nouvelles fortifications. Il sera poursuivi par Hugues de Pierrepont et battu à la bataille de Steps. Les travaux seront achevés en 1215.

En 1255, le prince-évêque Henri de Gueldre fait démolir les murailles de Sainte-Walburge à Païenporte et fait ériger la porte Sainte-Walburge, ce qui met en colère les Liégeois, qui voient là un moyen de les tenir en respect. Il y adjoint une forteresse avec tours, pont levis, puits, prison et escaliers du côté de le vallée. C'est en fait la première citadelle.

De cette seconde enceinte, il subsiste encore aujourd'hui quatre constructions visibles : une partie des murs de défense sud de la citadelle, le bastion du Saint-Esprit, la tour des Moxhons et la porte des Bégards. Des morceaux du mur des remparts apparaissent aussi ça et là.

Article détaillé : Portes de la seconde enceinte.

Enceintes complémentairesModifier

Simultanément à la construction de la seconde enceinte, la ville érige d'autres remparts le long de ses cours d'eau afin de renforcer la partie sud de la cité.

Remparts en IsleModifier

Les remparts de l'Isle s'étendaient à toute la partie sud de l'Isle depuis la porte d'Avroy qui protégeait le pont d'Avroy jusqu'à la place des Jésuites (au niveau de l'actuelle passerelle Saucy). Ils remontaient donc la rive droite du bras d'Avroy (actuellement boulevard d'Avroy) jusqu'à la séparation de ce bras avec le cours principal de la Meuse où se trouvait la tour aux Lapins (à proximité de l'actuelle statue de Charlemagne). Ils bordaient alors la rive gauche de la Meuse (actuellement boulevard Piercot), longeaient l'abbaye de Beaurepart (actuellement l'évêché de Liège), étaient renforcés par la tour des Croisiers puis se terminaient près de la place des Jésuites.

Remparts en BêcheModifier

Les remparts en Bêche (partie sud d'Outremeuse) commençaient à la tour en Bêche (quai Churchill actuel), suivaient le rivage sud en englobant la porte d'Amercœur qui protégeait le pont d'Amercœur et se terminaient à la confluence avec le biez du Barbou.

Il est à noter qu'une chaîne en fer était tendue au-dessus du fleuve entre la tour en Bêche et la tour des Croisiers pour empêcher toute incursion via le fleuve.

 
La tour des Croisiers (à gauche) et la tour en Bêche (au centre)

Citadelles de la CitéModifier

 
Pont fortifié du Thier de la Chartreuse (XVIIe siècle, restauré à la fin du XXe siècle).

ChartreuseModifier

Le Fort de la Chartreuse, qui domine le quartier d'Amercœur, fut construit, entre 1817 et 1823, à l'époque du Royaume uni des Pays-Bas, afin de protéger la cité.

Lieu éminemment stratégique, dominant la ville et la vallée de la Meuse, le plateau fut occupé, du XIVe siècle à la Révolution française, par un monastère de l'Ordre des Chartreux, qui donna son nom au fort.

Article détaillé : Fort de la Chartreuse.

CitadelleModifier

La Citadelle, datant du XIIe siècle, était située sur une colline surplombant le Nord de la ville, dans le quartier de Sainte-Walburge. Dans les années 1970, un hôpital est construit sur les ruines de la Citadelle. Les seuls éléments de l'ancienne citadelle encore visibles sont des courtines et des bastions. Elle est située à une altitude moyenne de 111 m par rapport à la Meuse et de 170 m par rapport au niveau de la mer.

Article détaillé : Citadelle de Liège.

Forts de la VilleModifier

Les premiers forts modernes de la position fortifiée ont été érigés entre 1888 et 1891, à l'initiative du général belge Henri Alexis Brialmont. Les douze forts furent disposés en ceinture, à une distance d'environ 7 km du centre-ville. Tous les forts ont été construits avec un matériau largement méconnu à l'époque, le béton, et équipés des armes les plus modernes disponibles à la fin du XIXe siècle.

Avant la Seconde Guerre mondiale, quatre nouveaux forts sont construits pour adapter et renforcer la défense de la ville.

Article détaillé : Position fortifiée de Liège.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Godefroid Kurth, Notger de Liége et la civilisation au Xe siècle, t. 2 : Appendices, Paris, Bruxelles, Liège, A. Picard, O. Schepens, L. Demarteau, (lire en ligne), « L'enceinte notgérienne de Liège », p. 16-28
  • Théodore Gobert, La plus ancienne enceinte de Liége, Liège, Demarteau, , 58 p. (OCLC 18428677, lire en ligne)
  • Godefroid Kurth, La cité de Liège au Moyen̂-Age, t. I, Liège, Dewit, Cormaux et Demarteau, , 322 p. (lire en ligne), « Examen des objections de M. Gobert à mon tracé de l'enceinte notgérienne de Liège », p. 296-301
  • Guillaume Mora-Dieu, « Questionnement autour de l'an mil : Essai sur les fortifications « notgériennes » », Bulletin de l’Institut archéologique liégeois, vol. CXIX,‎ , p. 5-70 (lire en ligne)

Articles connexesModifier