Parti progressiste serbe

parti politique serbe

Parti progressiste serbe
(sr) Српска напредна странка
Srpska napredna stranka
Image illustrative de l’article Parti progressiste serbe
Logotype officiel.
Présentation
Président Aleksandar Vučić
Fondation (congrès)
Scission de Parti radical serbe
Siège Palmira Toljatija 5, Belgrade
Vice-présidente Jorgovanka Tabaković
Positionnement Attrape-tout[1],[2] ou centre droit[3] à droite[4],[5],[6],[7],[8]
Idéologie Populisme de droite[9],[10]
Conservatisme[11]
Néolibéralisme[12]
National-conservatisme[13]
Europhilie[14]
Coalisé dans Pour nos enfants
Affiliation européenne Parti populaire européen
(associé)
Affiliation internationale Union démocrate internationale
Adhérents 730 000 (2017)[15]
Couleurs Bleu et rouge
Site web http://www.sns.org.rs
Présidents de groupe
Assemblée nationale Aleksandar Martinović
Assemblée de Voïvodine Milenko Jovanov
Assemblée du Kosovo Igor Simić (SL)
Représentation
Députés
157  /  250
Députés de Voïvodine
65  /  120
Députés du Kosovo
10  /  120

Le Parti progressiste serbe (en serbe cyrillique : Српска напредна странка ; en serbe latin : Srpska napredna stranka ; en abrégé : SNS) est un parti politique serbe d'idéologie conservatrice, à la fois nationaliste et pro-européen. Il a été re-fondé en 2008 par Tomislav Nikolić et a son siège à Belgrade ; il est actuellement dirigé par Aleksandar Vučić[16].

Le parti existe depuis le XIXe siècle avec pour but unique le progrès en s'inspirant des institutions qui fonctionnent bien en Europe de l'Ouest, tout en gardant de bons rapports avec la Turquie[17]. Il arrive au pouvoir sous la direction de Stojan Novaković[18], écrivain et homme politique serbe du XIXe siècle, qui est d'ailleurs considéré par le parti comme son membre fondateur. Le 1er novembre, jour de l'anniversaire de ce dernier, est fêté par le SNS[19],[20],[21].

HistoriqueModifier

CréationModifier

 
Tomislav Nikolić (gauche) et Aleksandar Vučić (droite) lors du congrès fondateur du SNS.

Le , à peine quatre mois après la tenue des élections législatives, Tomislav Nikolić, vice-président du Parti radical serbe (SRS) et chef de facto du parti du fait de l'emprisonnement du président Vojislav Šešelj, annonce sa décision de fonder le Parti progressiste serbe, avec un groupe de députés dissidents[22]. Il fait savoir, deux semaines plus tard, qu'Aleksandar Vučić, ancien ministre de l'Information et figure du SRS, sera son vice-président[23].

Le congrès fondateur du SNS se tient, à Belgrade, le 22 octobre suivant, et voit la confirmation des deux dirigeants. Le parti affirme alors sa volonté d'être « un pont entre l'Est et l'Ouest, pour être fiers d'être le meilleur partenaire de la Russie et membres de l'Union européenne »[24].

Vie du partiModifier

Nikolić quitte la tête du parti le à la suite de son élection en tant que président de la République de Serbie ; Aleksandar Vučić devient alors président par intérim[25]. Le , Vučić est officiellement élu président du parti et Jorgovanka Tabaković vice-présidente[26].

En , le Parti populaire de l'ancien maire de Novi Sad Maja Gojković, exclu de la coalition Régions unies de Serbie, fusionne avec le SNS.

Le Parti progressiste serbe entretient des liens de coopération avec le Parti de la liberté d'Autriche[27] et Russie unie[28]. Le , les représentants du SNS à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ont rejoint le groupe du Parti populaire européen (PPE)[29]. Le SNS adhère formellement au PPE en 2016[30].

Activités électoralesModifier

 
Tomislav Nikolić, portrait officiel du président de la République.

Lors des élections locales partielles qui se déroulent le dans deux municipalités de la ville de Belgrade, Zemun et Voždovac, le SNS arrive en tête, devant la coalition « Pour une Serbie européenne », emmenée par le Parti démocrate (DS) du président de la République Boris Tadić, avec 29,8 % des voix et 32,9 % des voix, respectivement[31].

Lors des élections générales serbes de mai 2012, Tomislav Nikolić a organisé et animé la coalition Donnons de l'élan à la Serbie ; il s'est lui-même présenté à l'élection présidentielle et a été élu avec 49,54 % des voix, l'emportant ainsi sur Boris Tadić (47,31 %)[32]. Aux élections législatives, la coalition a remporté 73 sièges sur 250 à l'Assemblée nationale[33], dont 53 sièges pour le seul Parti progressiste et 65 sièges pour l'ensemble de son groupe parlementaire[34].

Lors du scrutin de 2014, le parti l’emporte avec 48 % des voix, ce qui lui donne une confortable majorité pour mener à bien ses projets : une réforme de l'économie, la réduction d'un secteur public pléthorique et l'entrée de la Serbie dans l'Union européenne[35].

Le parti contrôle sous la présidence d'Aleksandar Vučić tous les leviers du pouvoir. Elle dispose de la majorité absolue au Parlement national et à l’assemblée de la province autonome de Voïvodine. Au niveau municipal, grâce à un réseau d'alliances, seulement quatre communes sur les 170 de Serbie échappent, en 2020, à son administration. La quasi-totalité des médias, tant publics que privés, sont dirigés par des proches du pouvoir. En protestation contre cette domination sans partage, les partis d'opposition décident de boycotter les élections législatives de 2020[30].

Principales propositionsModifier

Dans ses statuts, le Parti progressiste serbe se fixe dix objectifs majeurs. Outre la lutte contre la corruption, il insiste sur la préservation de l'unité territoriale de la Serbie. Il affirme ainsi que son but est que la Serbie adhère à l'Union européenne (UE) avec le Kosovo comme partie de son territoire. Le SNS s'engage à respecter les droits de l'homme, les droits des minorités, à soutenir la diaspora présente en ex-Yougoslavie, à former un État de droit stable, développer une économie forte, investir dans l'agriculture pour relancer l'activité économique, protéger l'environnement conformément à l'intérêt des citoyens, créer un État de justice sociale, assurer l'égalité des chances, réaliser un développement régional et une décentralisation équilibrés. Il proclame par ailleurs la neutralité militaire, rejetant donc toute intégration dans l'OTAN, la Serbie devant disposer d'une armée forte et professionnalisée.

Résultats électorauxModifier

Élections présidentiellesModifier

Année Candidat 1er tour 2e tour
Voix % Place Voix % Rang
2012 Tomislav Nikolic 979 216 25,05 2e 1 552 063 49,54 1er
2017 Aleksandar Vučić 2 012 788 56,01 1er

Élections législativesModifier

Année Tête de liste Voix % Sièges Gouvernement
2012 Tomislav Nikolic 940 659 24,05
58  /  250
Dačić
2014 Aleksandar Vučić 1 736 920 48,35
128  /  250
Vučić I
2016 1 823 147 48,25
93  /  250
Vučić II (2016-2017), Brnabić I (2017-2020)
2020 Ana Brnabić 1 953 998 60,65
188  /  250
Brnabić II

OrganisationModifier

PrésidentsModifier

Groupes parlementaires (2012)Modifier

Assemblée nationale de la république de SerbieModifier

En 2012, le groupe parlementaire du Parti progressiste serbe à l'Assemblée nationale de la République de Serbie compte 65 députés (sur 250)[34] :

Assemblée de la province autonome de VoïvodineModifier

À l'Assemblée de la province autonome de Voïvodine, le groupe parlementaire Donnons de l'élan à la Voïvodine, emmené par le Parti progressiste serbe dispose de 23 députés (sur 120)[36].

Notes et référencesModifier

  1. « Serbian Compliance Patterns towards EU Integration under the Progressive Party: An Exercise in Statecraft » (consulté le )
  2. Marko Stojić, Party Responses to the EU in the Western Balkans : Transformation, Opposition or Defiance?, Springer, , p. 135
  3. « Serbia election: Pro-EU Prime Minister Vucic claims victory », BBC (consulté le )
  4. Wayne C. Thompson, Nordic, Central, and Southeastern Europe 2013, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-1475804881), p. 444
  5. Misha Slavic, « Serbia », dans Nations in Transit 2014 : Democratization from Central Europe to Eurasia, Rowman & Littlefield, , p. 548
  6. « Ruling Progressive Party 'wins majority in Serbia poll' », BBC News,‎ (lire en ligne)
  7. Alexander Kleibrink, Political Elites and Decentralization Reforms in the Post-Socialist Balkans : Regional patronage networks in Serbia and Croatia, Palgrave Macmillan,
  8. Stephen J. Blank, « The Sacred Monster : Russia as a Foreign Policy Actor », Perspectives on Russian Foreign Policy, Strategic Studies Institute,‎ , p. 80
  9. « After Austria election, a look at Europe right wing parties » (consulté le )
  10. « Serbian political outline » (consulté le )
  11. (en) Aleksandar Vasovic, « Serbia's conservative leader sworn in as president », sur Reuters.com, (consulté le ).
  12. « What were the protests in Serbia really about? », sur Al Jazeera,
  13. Wolfram Nordsieck, « Serbia », sur Parties and Elections in Europe, (consulté le )
  14. (en) « Key Parties in Serbia », sur Balkan Insight, (consulté le ).
  15. (sr) « "RAT U SNS: Stefanović napao članove SNS da su interesdžije, treba slepo da slušaju Vučića jer su niko i ništa bez njega! », sur www.kurir.rs, (consulté le )
  16. (sr) « Izvod iz registra političkih stranaka », sur http://www.mpravde.gov.rs, Site du ministère de la Justice (consulté le ).
  17. (sr-Cyrl) Stojan Novakovic, Srbi i Turci XIV i XV veka(1893), Belgrade, Serbie, Čupićeve zadužbine, , 397 p. (lire en ligne).
  18. « Novakovic à la Bibliotheque de France », sur BDF.
  19. (sr-Latn) « Article et reportage lors du Journal télévise du soir de RTS 1 Sur l'hommage du SNS à Novakovic », sur RTS(serbie), .
  20. (sr-Latn) « Novakovic la mémoire historique du SNS moderne », sur Site Internet du SNS (Parti progressiste serbe), .
  21. « Đurić : Novaković zaslužujе vеći spomеnik u Bеogradu », sur Srpska Napredna Stranka (consulté le ).
  22. (en) « Nikolić party to be called "Serb Progressive" », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  23. (en) « Vučić to be Nikolić's deputy », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  24. (en) « Nikolić party holds founding congress », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  25. (en) « Serbia's new president quits as party leader », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  26. (en) « Progressives elect new leader, deputy leader », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  27. [PDF](de) « Tomislav Nikolic positioniert sich in Europa - Bündnis mit Österreichs Rechtspopulisten ? », sur http://library.fes.de, Friedrich-Ebert-Stiftung, (consulté le ).
  28. (en) « Agreement on Cooperation of “Serbian Progressive Party “and All-Russian political party ”United Russia” », sur http://www.sns.org.rs, Site du Parti progressiste serbe (consulté le ).
  29. (en) « SNS becomes member of European People's Party », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  30. a et b Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin, « L’autocrate serbe que Bruxelles dorlote », sur Le Monde diplomatique,
  31. (en) « SNS take most votes in Belgrade », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le ).
  32. (sr) « Izveštaj o konačnim rezultatima ponovljenog glasanja za izbor predsednika Republike, održanog 20. maja 2012. godine. », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site officiel de la Commission électorale de la République de Serbie, (consulté le ).
  33. (sr) « Izveštaj o ukupnim rezultatima izbora za narodne poslanike u Narodnu skupštinu Republike Srbije, održani 6. maja 2012. godine. », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site officiel de la Commission électorale de la République de Serbie, (consulté le ).
  34. a et b (en) « Serbian Progressive Party Parliamentary Group », sur http://www.parlament.gov.rs, Site de l'Assemblée nationale de Serbie (consulté le ).
  35. « Serbie : la droite face aux réformes », Le Figaro Magazine, semaine du 21 mars 2014, page 20.
  36. (en) « Deputies' Groups », sur http://www.skupstinavojvodine.gov.rs, Site de l'Assemblée de la province autonome de Voïvodine (consulté le ).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier