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Parti populaire conservateur d'Estonie

Parti politique estonien

Parti populaire conservateur d'Estonie
(et) Eesti Konservatiivne Rahvaerakond
Image illustrative de l’article Parti populaire conservateur d'Estonie
Logotype officiel.
Présentation
Président Mart Helme
Fondation
Fusion de Union populaire estonienne
Mouvement patriotique estonien (en)[1]
Siège Toompuiestee 27, Tallinn
Journal Konservatiivide Vaba Sõna
Organisation de jeunesse Éveil bleu
Positionnement Droite[2],[3],[4] à extrême droite[5]
Idéologie Nationalisme[2]
National-conservatisme[6]
Conservatisme social[7]
Euroscepticisme[7],[8]
Démocratie directe[9]
Populisme de droite[10]
Climatoscepticisme[11]
Affiliation européenne MENL/PID
Groupe au Parlement européen ID (depuis 2019)
Adhérents en augmentation 8 793 (2019)[12]
Couleurs Bleu
Site web ekre.ee
Présidents de groupe
Parlement européen Marco Zanni (ID)
Représentation
Députés
19 / 101
Députés européens
1 / 6

Le Parti populaire conservateur d'Estonie (en estonien : Eesti Konservatiivne Rahvaerakond, abrégé en EKRE) est un parti politique estonien national-conservateur, fondé en par fusion de l'Union populaire estonienne et du groupe de pression Mouvement patriotique estonien. Son leader est Mart Helme, ancien ambassadeur en Russie.

HistoriqueModifier

IdéologieModifier

L'EKRE se décrit comme « un parti estonien fondé sur des principes et courageusement patriote avec une mission inébranlable de protection des valeurs et des intérêts nationaux estoniens »[13].

Le programme du Parti Populaire Conservateur Estonien indique qu'il est fondé sur la continuité de la République d'Estonie et de sa Constitution et qu'il unit des peuples qui se battent pour l'État-nation, la cohésion sociale et les principes démocratiques[14].

L'EKRE affirme que les idées du parti reposent sur trois valeurs fondamentales :

  • La préservation des valeurs estoniennes, basées sur la langue, la culture, l'éducation, la famille, les traditions et l'économie nationale ;
  • Une société participative avec des opportunités égales, où une gouvernance ouverte, honnête et démocratique permet à tous les citoyens de s'épanouir et de s'impliquer dans la politique ;
  • L'équilibre du développement et du bien-être au niveau social et régional, garanti par un État juste et fort, par la mise en œuvre de politiques bienveillantes et fondées sur la connaissance, ainsi que par la mise en place d'un cadre de vie respectueux de l'environnement[14].

Il a également été qualifié d'extrême droite par Kari Käsper (et), le directeur exécutif du Centre Estonien des Droits de l'Homme[15], et dans les médias étrangers par BBC News[16] et le Christian Science Monitor[17]. L'écrivain estonien Rein Raud (et) le qualifie de néo-nazi[18]. Selon Fox News Channel , l'EKRE est un parti d'extrême droite, « considéré par certains comme ayant des sympathies fascistes-néo-nazies similaires à celles de nombreux autres partis nationalistes florissants dans les pays baltes et d'Europe Orientale ». Le Centre Simon-Wiesenthal a qualifié la procession aux flambeaux annuelle de l'organisation de jeunesse EKRE de « marche d'extrême droite »[19].

Martin Helme, membre du conseil d'administration et fils du chef du parti, a déclaré que les accusations d'extrémisme reflétaient simplement le manque de familiarité et l'inconfort de la classe dirigeante et des médias face au nouveau discours politique de l'EKRE : « Le courant dominant est devenu si orthodoxe, si strict, que tout ce qui ne lui ressemble pas d'une manière immaculée, diligente et fervemment plus catholique que le pape est immédiatement qualifié d'extrémiste[20]. »

Le programme d'EKRE stipule que les citoyens doivent activement se prémunir contre l'ennemi externe aussi bien qu'interne afin de garantir la nation estonienne, la survie de son indépendance et son statut d'ethno-État. Il énonce également comme objectifs la création de l'environnement nécessaire à la survie de la langue et de la culture estoniennes. Le parti appelle à la mise en œuvre de la démocratie directe[21], de l'équilibre budgétaire[22] et à un contrôle strict de l'immigration en Estonie[22]. Selon le parti, la « beauté naturelle intacte » de l'Estonie doit être préservée plus efficacement. Par conséquent, il soutient des sources d'énergie alternatives et respectueuses de l'environnement. EKRE veut intensifier la lutte contre les détritus et déclare que les coupables doivent être punis au moins avec une somme suffisante pour compenser le préjudice causé à la nature[22]. Le programme du parti comprend une interdiction de tous les aliments génétiquement modifiés et de leur importation[22]. Il est également décrit comme climatosceptique[11].

Résultats électorauxModifier

Élections législativesModifier

Année Sièges Voix % Rang Gouvernement
2015
7 / 101
46 772 8,1 6e Opposition
2019
19 / 101
100 439 17,8 3e Ratas II

À l'issue des élections législatives de 2019, le Parti populaire conservateur d'Estonie entre au gouvernement au sein d'une coalition.

Élections européennesModifier

Année Voix % Sièges Position Groupe
2019 42 265 12,7
1 / 6
4e ID

Au sein du parlement européen, le Parti populaire conservateur d'Estonie fait partie du Parti Identité et démocratie, auquel appartient également le Rassemblement national français[23].

Relations internationalesModifier

L'EKRE entretient des liens très forts avec d'autres partis de droite nationaliste lituanien et letton. En , l'EKRE signe la Déclaration de Bauska avec l'Alliance nationale et l'Union nationaliste lituanienne. Cette déclaration appelle à un nouvel éveil national des pays baltes et met en garde contre les menaces posées par le mondialisme, le multiculturalisme et les ambitions impérialistes de la Russie[24].

En 2019, le Parti populaire conservateur d'Estonie reçoit la visite de Marine Le Pen en tournée en Europe, avant les élections européennes. À cette occasion, un selfie pris avec l'un des militants du parti a suscité une polémique[25].

Notes et référencesModifier

  1. EKRE: Erakond (et)
  2. a et b (en) « EKRE – from club status to parliament rank », sur news.postimees.ee (consulté le 30 novembre 2017)
  3. (en) « A wave of right-wing populism has swept across Europe », sur www.rawstory.com, (consulté le 30 novembre 2017)
  4. http://www.ssoar.info/ssoar/bitstream/handle/document/45635/ssoar-proceedingseass-2015-liivik-Right-wing_extremism_and_its_possible.pdf?sequence=1 Right-wing extremism and its possible impact to the internal security of the Republic of Estonia
  5. « Estonie: les libéraux remportent les législatives, nette percée de l'extrême droite », sur Capital.fr (consulté le 3 mars 2019)
  6. (en) Wolfram Nordsieck, « Estonia », sur Parties and Elections in Europe,
  7. a et b Thomas Hoffmann, Russia and the EU, Routledge,  :

    « in Estonia the social conservatism and EU/NATO skepticism of a party named EKRE »

  8. (en) Anna Tiido, « The Russian minority issue in Estonia: host state policies and the attitudes of the population », Polish Journal of Political Science, no 4,‎ (lire en ligne, consulté le 2 août 2016)
  9. (et) « Martin Helme: demokraatia on Euroopas löögi all, Eesti lohiseb kaasa », sur Objektiiv, (consulté le 9 septembre 2016) : « Helme sõnul toetab EKRE otsedemokraatia kõiki meetodeid, mitte ainult rahvaalgatust, mis on selle võti. »
  10. (en) « As refugees pour into Europe, far-right populists gain ground », The Times of Israel,‎ (lire en ligne)
  11. a et b Annika Joeres et Susanne Götze, « La menace climatosceptique pèse aussi sur l’Europe », sur Mediapart, (consulté le 27 décembre 2018).
  12. (et) « Äriregistri teabesüsteem » (consulté le 1er janvier 2019)
  13. (et) « Erakond | EKRE – Eesti Konservatiivne Rahvaerakond » (consulté le 18 mars 2019)
  14. a et b (et) Lossi plats 1a et 15165 Tallinn, « Conservative People’s Party of Estonia Faction », sur Riigikogu (consulté le 18 mars 2019)
  15. (en-US) « The danger posed by the far right in the Estonian Parliament », sur Kari's journal, (consulté le 18 mars 2019)
  16. (en-GB) Damien McGuinness, « Black Briton aims to be Estonian MEP », (consulté le 18 mars 2019)
  17. (en) « A first for Estonia: an elected black politician », Christian Science Monitor,‎ (ISSN 0882-7729, lire en ligne, consulté le 18 mars 2019)
  18. « Nous sommes marqués par notre passé soviétique », Courrier International, no 1491,‎ , p. 14
  19. (en) « Wiesenthal Center Criticizes Extreme Right March to Mark Estonian Independence Day | Simon Wiesenthal Center », sur www.wiesenthal.com (consulté le 18 mars 2019)
  20. (en) « EKRE – from club status to parliament rank », sur Estonian news - news.postimees.ee, (consulté le 18 mars 2019)
  21. (et) -Toimetus, « Martin Helme: demokraatia on Euroopas löögi all, Eesti lohiseb kaasa », sur Objektiiv, (consulté le 18 mars 2019)
  22. a b c et d (et) « Programme de l'EKRE »
  23. « Movement for a Europe of Nations and Freedom » (consulté le 12 juin 2019)
  24. Baltimaade konservatiivid: aeg on küps uueks rahvuslikuks ärkamiseks« https://archive.is/20130826115542/http://uudisvoog.postimees.ee/?DATE=20130826&ID=318889 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), (et)
  25. « Selfie avec un élu suprémaciste estonien : Marine Le Pen dénonce "un festival d'attaques" », (consulté le 12 juin 2019)

Lien externeModifier