Parti populaire chrétien (Norvège)

parti politique norvégien

Parti populaire chrétien
(no) Kristelig Folkeparti
Image illustrative de l’article Parti populaire chrétien (Norvège)
Logotype officiel.
Présentation
Leader Kjell Ingolf Ropstad
Fondation
Siège Øvre Slottsgate 18–20 0154 Oslo
Positionnement Centre[1]
Idéologie Démocratie chrétienne
Conservatisme social
Euroscepticisme
Affiliation européenne Parti populaire européen (observateur)
Affiliation internationale Internationale démocrate centriste
Adhérents 25 000 (2012)
Couleurs Jaune
Site web http://www.krf.no/
Storting Storting
Représentation
Députés
8 / 169

Le Parti populaire chrétien (en norvégien : Kristelig Folkeparti) est le parti démocrate-chrétien norvégien. Il est observateur au Parti populaire européen.

Si cette formation a été fondée initialement dans l'optique de défendre la vision chrétienne sur différentes thématiques, notamment sur le plan social et moral, elle a élargi son offre politique avec le temps. Si la défense des valeurs chrétiennes reste la clé de voûte de ce parti, il est considéré comme un parti centriste, combinant des aspects socialement conservateurs avec des positions plus à gauche en matière économique.

HistoireModifier

Le Parti populaire-chrétien a été fondé en réaction à la sécularisation croissante de la Norvège dans les années 1930. Les valeurs culturelles et spirituelles sont proposées comme alternative aux partis politiques qui se concentrent sur les valeurs matérielles. La cause immédiate de sa fondation est l'échec de Nils Lavik, une figure populaire dans les milieux religieux, à être nommé candidat du Parti libéral aux élections législatives de 1933. En réaction à cela, le parti est créé avec Lavik comme tête de liste dans le comté de Hordaland. Il réussit à se faire élire au Storting, le parlement norvégien. Aucune liste n'est déposée dans d'autres comtés. Lors des élections suivantes, en 1936, le parti présente une liste commune avec le Parti libéral à Bergen, et réussit à faire élire deux représentants dans le Hordaland avec 20,9 % des voix au niveau du comté[2]. En 1945, lors des premières élections après l'occupation nazie de la Norvège, le parti s'organise sur une base nationale et remporte huit sièges.

Les démocrates-chrétiens font partie d'un gouvernement de coalition non socialiste de courte durée, avec le Parti conservateur, le Parti libéral et le Parti du centre en 1963. Lors des élections de 1965, ces quatre partis remportent la majorité des sièges du Storting et gouvernent dans un gouvernement de coalition de 1965 à 1971.

Les démocrates-chrétiens s'opposent à l'adhésion de la Norvège à la Communauté européenne lors de la campagne pour le référendum de 1972. Le référendum se solde par un non et le gouvernement travailliste favorable à l'adhésion démissionne. Un gouvernement de coalition est alors entre les partis opposés à l'adhésion, le Parti populaire chrétien, le Parti libéral et le Parti du centre. Lars Korvald est devient premier Premier ministre du parti. Il reste en poste pendant un an, jusqu'à ce que les élections de 1973 rétablissent le gouvernement travailliste.

Le nombre de membres du parti atteint un sommet historique en 1980 avec 69 000 membres[3].

Les élections législatives de 1981 donne une majorité parlementaire aux non-socialistes, mais les négociations pour un gouvernement de coalition échouent en raison d'un désaccord sur la question de l'avortement. Cependant, cette question s'atténue par la suite, et de 1983 à 1986 et de 1989 à 1990, le Parti populaire chrétien fait partie de coalitions avec le Parti conservateur et le Parti du centre.

En 1997, les chrétiens-démocrates obtiennent 13,7 % des voix et 25 sièges lors des élections législatives. Kjell Magne Bondevik est premier ministre entre 1997 et 2000 en coalition avec le Parti libéral et le Parti du centre, puis entre 2001 et 2005 avec le Parti libéral et le Parti conservateur.

Lors des élections de 2005, les démocrates-chrétiens n'obtiennent que 6,8 % des voix et le parti retourne dans l'opposition. En 2013, le Parti conservateur et le Parti du progrès forment un nouveau gouvernement basé sur un accord politique avec le Parti populaire chrétien et le Parti libéral. Lors des élections de 2017, le parti n'obtient que 4,2 % et ne signe pas de nouvel accord, mais obtient une position politique stratégique car le gouvernement conservateur minoritaire dépend principalement de ses votes pour obtenir une majorité.

Fin 2018, le Parti populaire chrétien est divisé sur la question d'une éventuelle participation au gouvernement et sur l'orientation future du parti. Lors d'une réunion du parti début novembre 2018, les délégués doivent choisir s'ils préfèrent rester dans l'opposition, participer à un gouvernement de centre droit ou à un gouvernement de centre gauche. Le chef du parti, Knut Arild Hareide, est favorable à un gouvernement de centre-gauche avec les partis travailliste et du centre, et les chefs adjoints Olaug Bollestad et Kjell Ingolf Ropstad veulent rejoindre le gouvernement de droite existant d'Erna Solberg. Les délégués décident à une courte majorité de huit voix de rejoindre le gouvernement Solberg avec les conservateurs, les libéraux et le Parti du progrès[4]. En janvier 2019, après des négociations avec les partis de la coalition, le Parti populaire chrétien rejoint finalement le gouvernement et Hareide démissionne de son poste de chef de parti[5]. En avril 2019, Kjell Ingolf Ropstad, Ministre de l'enfance et de la famille, est élu nouveau chef de parti[6].

IdéologieModifier

En matière sociale, le parti populaire chrétien défend des positions conservatrices. Il s'oppose à l'euthanasie et à l'avortement, sauf dans les cas de viol et de mise en danger de la vie de la mère. Il soutient l'accessibilité à la contraception comme un moyen de réduire le taux d'avortement. En outre, il milite pour le bannissement de la recherche sur les embryons humains et se montre méfiant envers les positions libérales dans le domaine de la bioéthique. Sous le deuxième gouvernement de Bondevik (2001-2005), principale figure récente du parti, la Norvège a adopté des lois parmi les plus strictes en la matière, grâce au soutien du parti socialiste de gauche et du Venstre. En ce qui concerne les droits des homosexuels, le parti soutient le principe d'une union civile mais s'oppose au mariage entre personnes de même sexe et à l'adoption par des homosexuels. Enfin, il reste neutre à propos de la situation des homosexuels dans l'Église, estimant que cette question ne relève pas du domaine politique.

Depuis la fondation du parti, toute personne prétendant le représenter doit déclarer sa foi chrétienne. En revanche, ses membres ne sont pas soumis à cette obligation. De plus en plus, le parti obtient le soutien de fidèles d'autres confessions, notamment des Musulmans, ce qui remet en cause cette règle. Elle est modifiée lors d'une convention en 2013. Désormais, il est requis de déclarer sa volonté de travailler en faveur des valeurs chrétiennes et non plus d'être de confession chrétienne. En réaction, les éléments les plus conservateurs du parti ont fondé une nouvelle formation, le parti des Chrétiens.

ÉlectoratModifier

Géographiquement, les démocrates-chrétiens bénéficient de leur plus grand soutien dans la "ceinture de la Bible", en particulier dans le Sørlandet. Lors des élections de 2005, leurs meilleurs résultats ont été obtenus dans le comté de Vest-Agder avec 18,9 % des voix, contre une moyenne nationale de 6,8 %[7].

En tant que parti centré sur les valeurs chrétiennes, le parti bénéficie évidemment du soutien de la population chrétienne. Ses politiques de soutien aux valeurs chrétiennes et d'opposition au mariage homosexuel font appel à la base religieuse la plus conservatrice. Le principal rival dans la compétition pour les votes chrétiens conservateurs est le Parti du progrès. Le parti aurait perdu des électeurs au profit du Parti des Chrétiens, situé plus à droite et créé suite à la suppression pour les élus du parti d'être de confession chrétienne[8].

Le KrF a également cherché à obtenir le soutien de la minorité musulmane de Norvège, en soulignant ses politiques restrictives en matière d'alcool et de pornographie, bien que le soutien du parti à Israël préoccupe certains électeurs musulmans[9].

Résultats électorauxModifier

Élections au StortingModifier

Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
2001 312 839 12,4 5e
22 / 165
Opposition (2000-2001), Bondevik II (2001-2005)
2005 178 885 6,78 5e
11 / 169
Opposition
2009 148 748 5,54 6e
10 / 169
Opposition
2013 158 471 5,59 3e
10 / 169
Soutien au Solberg
2017 122 797 4,20 7e
8 / 169
Solberg

Élections régionalesModifier

Année Voix % Sièges +/- Rang
2019 101 537 4,1
27 / 633
7e

Élections municipalesModifier

Année Voix % Rang
2019 105 305 4,0 7e

Liste des chefs du partiModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Josep M. Colomer, Comparative European Politics, Routledge, , 320 p. (ISBN 978-1-134-07354-2, lire en ligne).
  2. Statistiques officielles de Norvège n°107.
  3. « Lengre mellom partimedlemmene i dag », sur web.archive.org, (consulté le 20 février 2021)
  4. (nb) « Drama på KrF-landsmøtet: Hareide tapte og Erna Solberg får fortsette som statsminister », sur www.vg.no (consulté le 20 février 2021)
  5. Birk Tjeldflaat Helle, « Knut Arild Hareide går av som KrF-leder », sur www.dn.no, (consulté le 20 février 2021)
  6. NTB, « Kjell Ingolf Ropstad valgt som ny leder i KrF », sur www.dn.no, (consulté le 20 février 2021)
  7. « Stortingsvalet. Statistikkbanken », sur www.ssb.no (consulté le 20 février 2021)
  8. « IDAG.NO - Norge IDAG », sur web.archive.org, (consulté le 20 février 2021)
  9. (nb) Else Karine Archer, « Tror på Allah, stemmesanker for KrF », sur NRK, (consulté le 20 février 2021)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier