Parti humaniste

parti politique

Parti Humaniste
Présentation
Fondation [1]
Positionnement Inclassable[1]
Site web www.internationalhumanistparty.org/fr

Parti humaniste, ou Parti humaniste international est le nom d'un courant politique constitué en partis politiques dans une quarantaine de pays (France, Belgique, Chili…), qui forment l'Internationale humaniste[2].

Il se présente comme l'expression politique d'un courant de pensée, le Nouvel humanisme ou Humanisme universaliste et souhaite placer l'être humain en tant que préoccupation centrale avec la liberté de croyance, le développement de la connaissance, la non-discrimination, la non-violence et la solidarité[3].

OrigineModifier

Lancé par les membres du Mouvement Humaniste, courant d'opinion internationaliste, le Parti humaniste s'est constitué dans une vingtaine de pays en 1984. Il se présente comme l'expression politique du Mouvement humaniste et de sa philosophie, le Nouvel humanisme, lui-même surgi en 1969 en Amérique latine autour des écrits de l'Argentin Mario Rodríguez Cobos, dit Silo.

En 1989, plus de quarante partis humanistes du monde se réunissent à Florence pour constituer l'« Internationale humaniste ». En 1999, est formée à Madrid la Régionale humaniste européenne.

Il n'a pas de lien idéologique ou organique avec le communisme, bien que les positions des deux courants se recoupent souvent. Ce qui les distingue au contraire est la position clairement non violente de l'humanisme et en particulier que ses analyses et propositions n'entrent pas dans le contexte de la lutte des classes. Par ailleurs, à partir d'une doctrine clairement définie, l'Humanisme universaliste, qui fixe ses limites dans la non-discrimination et la non-violence, il prône une organisation qui prend la base sociale et l'implication personnelle comme références. Ce n'est pas l'appareil qui dicte la direction mais la base sociale, l'appareil politique étant un simple rouage au service de la population.

IdentitéModifier

DoctrineModifier

Bien que disposant de fondements idéologiques dès sa fondation[4], le Parti humaniste voit sa pensée et son orientation politiques synthétisées dans l'ouvrage « Lettres à mes amis, à propos de la crise sociale et personnelle dans le moment actuel »[5] et en particulier dans la lettre no 6, le « Document humaniste »[6], considéré comme un véritable manifeste humaniste pour le XXIe siècle.

PositionnementModifier

Le projet de société du PH est un projet altermondialiste, anti-libéral et participatif.

Le PH rejette les OGM et soutient les faucheurs volontaires, demande la régularisation massive des étrangers dits « en situation irrégulière », la libre circulation, le droit de vote et l'éligibilité pour tous les résidents, il soutient les logiciels libres, les services publics et le libre choix de sa médecine (y compris alternative et rejette les abus de psychotropes et les amphétamines données aux enfants dits hyperactifs), le désarmement nucléaire et la sortie complète de l'OTAN, le processus démocratique en Bolivie qui a porté Evo Morales au pouvoir…

Il prône la non-violence et la désobéissance civile comme méthode d'action, tandis que son approche existentialiste encourage le développement personnel et l'ouverture spirituelle, revendiquant pour chacun le droit de vivre ses croyances et sa foi.

Dans le cadre de la crise financière de 2008, le Parti humaniste explique son soutien à la Marche mondiale pour la paix et la non-violence (lancée par « Monde sans guerre et sans violence ») sous l'angle d'une mise en garde contre une possible répétition de l'histoire de la crise financière de 1930 (80 ans après) si la diplomatie et la paix ne sont pas priorisées comme moyen de résolution des conflits[7]. La montée de l’extrême droite dans le monde durant la décennie suivante, pourrait valider cette interprétation.

L'Internationale Humaniste d'Amérique Latine, avec son porte-parole Tomas Hirsch, a tenu un forum sur la non-violence à la fin de 2007 à La Paz et Evo Morales, le président bolivien, est venu inaugurer ce forum[8], terminant son discours d'ouverture par ces mots « Chers frères et sœurs visiteurs, bon séjour. Je voudrais connaître les conclusions de ce grand événement, pour mieux m’engager, et même en tant qu’humaniste, comme vous l’êtes tous ici, frères et sœurs. Merci beaucoup[9]. ».

En particulier, le Document humaniste[6] précise :

Le CapitalModifier

Selon les humanistes, les facteurs de production sont le travail et le capital. La spéculation et l'usure sont en trop. Dans la situation actuelle, les humanistes luttent pour que la relation absurde qui a existé entre ces deux facteurs soit totalement transformée. Jusqu'à ce jour, on a imposé que le profit revienne au capital et le salaire au travailleur, justifiant un pareil déséquilibre par le "risque" assumé par l'investissement... comme si chaque travailleur ne mettait pas en jeu son présent et son avenir soumis aux aléas du chômage et de la crise ! Mais la gestion et le pouvoir de décision à l'intérieur de l'entreprise sont également en jeu : le profit non destiné au réinvestissement dans l'entreprise, non destiné à son expansion ou à sa diversification, dérive vers la spéculation financière. Le profit qui ne crée pas de nouvelles sources d'emploi dérive aussi vers la spéculation financière. Par conséquent, les travailleurs doivent orienter leur lutte pour obliger le capital à un rendement productif maximum. Mais ceci ne pourra pas se réaliser sans le partage de la gestion et de la direction. Comment éviter autrement les licenciements massifs, la fermeture et le vide généré dans les entreprises ? Car le préjudice majeur réside dans le sous-investissement, la faillite frauduleuse, l'endettement forcé et la fuite des capitaux, et non pas dans les bénéfices résultant de l'augmentation de la productivité. Et si on insistait pour que les travailleurs confisquent les moyens de production suivant les enseignements du XIXe siècle, il faudrait alors tenir compte du récent échec du socialisme réel.

[...]

Les humanistes ressentent la nécessité d'agir non seulement dans le domaine du travail, mais aussi dans le domaine politique pour empêcher que l’État ne soit un instrument du capital financier mondial et pour obtenir que la relation entre les facteurs de production soit juste et pour rendre à la société son autonomie accaparée.

La DémocratieModifier

L'édifice de la démocratie s'est gravement délabré lorsque ses bases principales se sont brisées : indépendance entre les pouvoirs, représentativité et respect des minorités.

[...]

À propos de la représentativité, depuis l'époque de l'extension du suffrage universel, on pensait qu'il n'existait qu'un seul acte entre l'élection et la fin du mandat des représentants du peuple. Mais à mesure que le temps passait, on a vu clairement qu'il existe un premier acte par lequel un grand nombre élit un petit nombre, et un deuxième acte par lequel ce petit nombre trahit le grand nombre, en représentant des intérêts étrangers au mandat reçu.

[...]

Les humanistes luttent pour transformer la pratique de la représentativité en donnant la plus grande importance à la consultation populaire, le plébiscite et l'élection directe des candidats.

[...]

Par ailleurs, on doit imposer des lois de responsabilité politique par lesquelles celui qui n'accomplit pas les promesses faites à ses électeurs risque la révocation, la destitution ou le jugement politique. Car l'expédient, pratiqué actuellement, par lequel les individus ou partis qui ne tiennent pas leurs engagements sont sanctionnés par les urnes lors du prochain scrutin, n'interrompt en rien le deuxième acte de trahison des électeurs.

[...]

En définitive, lutter pour les droits des minorités, c'est lutter pour les droits de tous les êtres humains.

[...]

En définitive, mettre en avant les thèmes du capital et du travail, les thèmes de la démocratie réelle et les objectifs de la décentralisation de l'appareil d'état, c'est acheminer la lutte politique vers la création d'un nouveau type de société : une société flexible et en changement constant, en accord avec les nécessités dynamiques des peuples, aujourd'hui asphyxiés par la dépendance.

La position humanisteModifier

L'action des humanistes ne s'inspire pas de théories fantaisistes autour de Dieu, de la Nature, de la Société ou de l'Histoire : elle s'inspire des nécessités vitales qui consistent à écarter la douleur et à s'approcher du plaisir. Mais la vie humaine intègre à ces nécessités la préparation du futur en se fondant sur l'expérience passée et sur l'intention d'améliorer la situation présente. Son expérience n'est pas le simple produit de sélections ou d'accumulations naturelles et physiologiques - comme c'est le cas dans toutes les autres espèces - elle est aussi expérience sociale et expérience personnelle, lancées pour dépasser la douleur actuelle et l'éviter dans l'avenir. Son travail, de productions sociales accumulées, se transmet et se transforme de génération en génération, en une lutte continue pour améliorer les conditions naturelles, y compris celles de son propre corps. C'est pourquoi on doit définir l'être humain comme historique et disposant d'un mode d'action sociale capable de transformer le monde et sa propre nature. Et chaque fois qu'un individu ou un groupe humain s'impose à d'autres par la violence, il parvient à arrêter l'Histoire en transformant ses victimes en objets "naturels". La nature n'ayant pas d'intentions, lorsque l'on nie la liberté et les intentions des autres, on les transforme en objets naturels, en objets d'utilisation.

[...]

L'Humanisme met en avant la question du travail face au grand capital ; la question de la démocratie réelle face à la démocratie formelle ; la question de la décentralisation face à la centralisation ; la question de l'antidiscrimination face à la discrimination ; la question de la liberté face à l'oppression ; la question du sens de la vie face à la résignation, la complicité et l'absurde. Parce que l'Humanisme se fonde sur la liberté de choix, il possède la seule éthique valable aujourd'hui. De même, parce qu'il croit dans l'intention et la liberté, il distingue l'erreur de la mauvaise foi, il distingue celui qui se trompe du traître.

ValeursModifier

Le PH place l'être humain concret au centre de ses valeurs et préoccupations, c'est-à-dire la vie humaine, la vie quotidienne de tout un chacun, la santé, l'éducation, la qualité de vie.

Ses autres valeurs de références sont la liberté de conscience et de croyance, la non-violence et la non-discrimination, la valorisation de la diversité, le respect des minorités, la liberté de circulation et de migration sur toute la planète, le respect de l'environnement, le dialogue et la communication directe.

Très critique vis-a-vis des valeurs de compétition, d'individualisme et de paternalisme, il dénonce la violence économique organisée ainsi que les autres formes de violence (psychologique, raciale, sexuelle, religieuse…) et revendique l'héritage du Mahatma Gandhi, de Martin Luther King et de diverses références mondiales de la non-violence.

La non-violence activeModifier

Contrairement à une vision passive de la non-violence, souvent présente dans le pacifisme, la vision humaniste prône une attitude active, qui s'engage, qui offre spontanément son aide solidaire, qui s'interpose pour réduire et faire cesser la violence, lorsque l'on est en situation de le faire. C'est donc aussi une attitude qui cherche à éviter les situations de violence en anticipant les conflits et en les désamorçant. C'est une application de la règle d'or, qui indique : « lorsque tu traites les autres comme tu voudrais qu'ils te traitent, tu te libères » (selon la version du Nouvel humanisme).

La cohérence intérieureModifier

La cohérence intérieure est liée aux sensations internes que l'on a de ses propres actes physiques et mentaux. Sommairement, s'il y a divergence entre ce que l'on sent comme juste et ce que l'on fait, entre ce que l'on pense juste et ce que l'on fait, ou entre ce que l'on pense et sent, ce désordre intérieur produit de l'inconfort, voire de la souffrance. Agir dans la cohérence interne est la meilleure façon de diminuer la souffrance personnelle et sociale, car la souffrance personnelle tend à contaminer l'entourage, le manque de cohérence a souvent des conséquences néfastes. Il est aussi possible de s'anesthésier aux conséquences de la contradiction intérieure, mais l'anesthésie appelle l'anesthésie et conduit à la désorientation et au non-sens. La non-violence active participe de la recherche de l'unité intérieure, entre ce que l'on sent, pense et fait.

UniversalismeModifier

En affirmant la non-discimination, le PH récuse toute opposition a priori de type "eux et nous". Dans la démocratie athénienne, on distinguait d'une part les citoyens, et d'autre part les femmes, les esclaves et les métèques. Au contraire, les humanistes contribuent à l'émergence d'une Nation humaine universelle, à l'échelle planétaire.

Ces valeurs révolutionnaires et utopiques lui ont souvent valu une image caricaturale hippy ou New Age.

SymbolesModifier

Son logo est le ruban de Möbius qui illustre l'intrication entre les aspects personnels et collectifs, « les deux faces » de la société. Le PH considère en effet impossible de transformer la société sans se changer soi-même, et inversement. Il est partiellement incliné à la façon du signe de l'infini, évoquant des aphorismes humanistes comme « apprendre sans limite », « l'être humain n'a pas de frontière » ou « l'Homme n'a pas terminé son évolution ».

Sa couleur est l'orange. C'est une couleur vive, qui évoque l'enthousiasme, mais qui n'a pas la violence du rouge. C'est aussi une couleur dont la signification, dans différentes cultures, se rapporte au sens du service, à l'engagement désintéressé. C'est encore l'alliance du jaune et du rouge, le spirituel et le terrestre.

Ses slogans principaux sont « L'Humain d'abord »[10], « Bien plus qu'un parti », « La rébellion non-violente » et « Le parti des jeunes, des femmes et des immigrés ».

Liste des partis humanistesModifier

Voir la catégorie : Catégorie:Parti politique humaniste

Parti VertModifier

Aux débuts de l'expression politique du Mouvement humaniste, des militants de tendance écologiste plus marquée décident de monter un second parti, qu'ils nomment Parti Vert (en Espagne, Futuro Verde[11], renommé plus tard Los Verdes Ecologistas, 300000 votes aux Européennes de 1989[12]). Sera ainsi fondée une "Internationale Verte" en 1989 à Rio de Janeiro. Cette sensibilité se distingue d'autres courants écologistes de l'époque en ne plaçant pas la nature au-dessus de l'être humain, mais en la considérant comme son environnement indissociable. L'être humain n'est pas une aberration de la nature, mais sa part la plus intentionnelle et consciente, qui a la charge d'en préserver l'équilibre, ne pas le faire étant suicidaire. Approfondissant leurs propositions, les membres du Parti Vert constatent, d'une part, que l'écologie n'est pas un programme politique complet mais une partie de celui-ci et d'autre part que le Parti humaniste valide et reprend systématiquement ses thèses et propositions. Le Parti Vert fusionne progressivement avec le Parti humaniste au début des années 90.

  • Allemagne - Humanistische Partei Deutschlands (+ Humanistische Partei Köln)
  • Argentine - Partido Humanista de Argentina (+ Partido Humanista de Córdoba, Partido Humanista de Bahía Blanca, Partido Humanista de Mendoza, Partido Humanista de Tucumán)
  • Belgique - Parti Humaniste de Belgique - Humanistische Partij
  • Bolivie - Partido Humanista de Bolivia
  • Brésil - Partido Humanista do Brasil (+ Partido Humanista de Rio de Janeiro)
  • Canada - Humanist Party Ontario
  • Chili - Partido Humanista de Chile (+ PODEMOS - POder DEMOcrático y Social, Juntos Podemos Más - Providencia)
  • Colombie - Partido Humanista Colombia
  • Danemark - Det Humanistiske Parti
  • Espagne - Partido Humanista de España (+ Partido Humanista de Badalona, Partit Humanista de Catalunya, Partido Humanista de Euskadi, Partido Humanista de Galicia , Plataforma Humanista de Montserrat)
  • Finlande - Humanistinen Internationaali Suomi
  • France - Parti Humaniste de France
  • Hollande - Humanistische Partij
  • Hongrie - Humanista Párt
  • Inde - Humanist Party of India
  • Italie - Partito Umanista Italiano (+ Partito Umanista Milano, Partito Umanista Monza, Partito Umanista Firenze, Partito Umanista Roma, Partito Umanista Torino, Partito Umanista Trieste)
  • Portugal - Partido Humanista
  • République Tchèque - Humanistická Strana
  • Royaume uni - Humanist Party UK (+ Humanist Party of Scotland)
  • Suisse - Humanistische Partei Schweiz

Résultats aux élections européennes de 2009Modifier

  • France : 1 291 voix (0,00 %)
  • Espagne : 11999 voix (0,06 %)
  • Allemagne : 11724 voix (? %)
  • Royaume-Uni : 2586 voix (0,03 %)

Situation dans les différents paysModifier

BelgiqueModifier

En Belgique, le Parti Humaniste :

  • a fait campagne aux législatives 2010 dans Front des Gauches (Parti Comuniste + PSL + LCR + CAP)[Lesquelles ?]
  • a participé de février 2006 à 2010, à la construction d'un nouveau mouvement politique belge, Une Autre Gauche
  • se présente régulièrement aux élections en Belgique depuis 1991
  • se présente aux élections fédérales de 2010 avec le PC, le PSL, la LCR, le CAP et Vélorution sous le nom "Front des Gauches"
  • se présente aux élections communales du , avec le PSL et le CAP, sous le nom "Gauches Communes", dans 4 communes bruxelloises (Anderlecht, Ixelles, Jette et Saint-Gilles). Une candidate PH se présente également sur la liste "Gauche" dans une commune bruxelloise, Etterbeek.
  • Depuis 2020, appuie la campagne pour le revenu de base universel.

FranceModifier

En France, le Mouvement humaniste, dont est issu le parti, était dans la liste de la commission parlementaire sur les sectes de 1996[13]. Le ministère de l'Intérieur a cependant précisé dans une circulaire de 1999 que : "Ces rapports parlementaires ne constituent qu'un élément d'information et de proposition, ils ne prétendent pas avoir valeur normative et ne sauraient fonder ni des distinctions entre les associations qualifiées de "sectaires" et celles qui ne le sont pas au regard desdits rapports ni des sanctions quelconques"[14]. Déposés auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques en 1997[15], le PH n'a pas déposé de comptes de campagnes en 2000[16], ceux-ci étant nécessaires dans le cas où des dépenses significatives sont engagées en dehors des affichages et autres professions de foi, ou dans la mesure où l'on prétend aux remboursement des frais.

ChiliModifier

Il fut la première force de gauche à se constituer en parti politique lorsque cela fut possible vers la fin de la dictature du général Pinochet malgré les incertitudes qui pesaient sur l'avenir de telles forces. À la chute de la dictature, le Parti humaniste participa au gouvernement de transition de la Concertation des partis pour la démocratie, qui fut globalement maintenu en place lors des élections suivantes. Cette période restera marquée par la figure politique de Laura Rodriguez, dont l'aphorisme était "Dos au pouvoir, face au peuple". Quelques années plus tard, considérant que la Concertación ne gouvernait plus en accord avec ses objectifs annoncés et ses mandats, le PH se retira complètement de ses charges gouvernementales. À la chute de la dictature, le Parti humaniste participa au gouvernement de transition de la Concertation des partis pour la démocratie, qui fut globalement maintenu en place lors des élections suivantes. Cette période restera marquée par la figure politique de Laura Rodriguez, dont l'aphorisme était "Dos au pouvoir, face au peuple". Quelques années plus tard, considérant que la Concertación ne gouvernait plus en accord avec ses objectifs annoncés et ses mandats, le PH se retira complètement de ses charges gouvernementales. En 2003, à l'initiative du PH, une force de coalition de gauche anti-libérale, Junto Podemos, est constituée avec une trentaine d'organisations, dont le Parti communiste, le MIR et la gauche chrétienne. Les élections municipales suivantes sont un succès, les synergies ont amenée davantage de suffrages (9 % au niveau national) que les forces séparées aux municipales précédentes. En 2005, Podemos se présente aux présidentielles avec un candidat unique, Tomás Hirsch (Parti humaniste). Ce dernier avait été ambassadeur dans les années 1990. Avec 6 % des voix, il ressort troisième des quatre candidats du premier tour. C'est à nouveau mieux que précédemment. En 2008, un nouvel accord est signé au sein du Podemos pour des municipales communes, mais le Parti humaniste quitte l'alliance lorsque celle-ci s'allie, pour les élections parlementaires de 2009, avec la Concertation.

EspagneModifier

Dès , il participe à la fondation de la Gauche Unie (Izquierda Unida) avec le Partido Comunista de España (PCE), le Partido Comunista de los Pueblos de España (PCPE), le Partido de Acción Socialista (PASOC), la Izquierda Republicana (IR), la Federación Progresista (FP) et le Partido Carlista. Mais il quitte cette coalition quelques mois plus tard accusant le PCE de "communistiser" la coalition. Il obtient 15 278 votes en 2014 aux élections au Parlement européen.


Controverses et conflitsModifier

En Amérique du Sud et dans le mondeModifier

La figure même de Silo a été fortement controversée. En Amérique du Sud, dans les années 1970, certains secteurs de la gauche l’ont accusé d’être fasciste, tandis qu’à la même période, l'Église catholique l’accusait d’être marxiste. D’autres encore le qualifièrent de leader messianique[réf. nécessaire].

Par la suite, le siloïsme fut réhabilité par un grand nombre de ses opposants en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili[17], et dans quelques pays d’Europe. Mais les écrits de Silo ont aussi inspiré quelques cercles d’intellectuels progressistes et plusieurs hommes politiques, comme Mikhaïl Gorbatchev[18] et, plus récemment Evo Morales[19]. La Marche mondiale pour la Paix et la Non-violence, lancée par des humanistes du monde entier en 2009, reçoit notamment le soutien[20] de Michelle Bachelet, Présidente de la République du Chili, de Cristina Fernández, Présidente de la République d'Argentine, de Danielle Mitterrand, de Noam Chomsky, José Saramago, Mario Soares, Rafael Correa ainsi que bien d'autres Présidents, anciens Présidents et autres personnalités engagées pour la Paix et la Non-violence.

Dès les années 1980, la Communauté pour le développement humain, un des organismes du MH, est reconnue pour ses activités par l'ONU. Le , le Conseil économique et social des Nations unies a reconnu Monde sans Guerres et sans Violence, un des organismes du MH, comme organisation consultative au niveau international. Ce qui lui permet de participer activement dans le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) et ses organes[réf. nécessaire].

FranceModifier

En France, le Mouvement humaniste, a été soupçonné de dérives sectaires, en particulier en raison de sa structure pyramidale supposée non démocratique bien que décentralisée, de sa critique radicale du Système, de sa détermination en faveur de la non-violence, de sa liberté spirituelle et de son engagement dans la transformation des structures sociales contaminées par la violence : confondu en France avec le Parti humaniste qui en émane, il a été classé par le rapport d'une commission parlementaire française en 1995[21], dans le groupe des : « alternatifs », proposant « une organisation économique et sociale différente » mais « en aucun cas dans un des groupes jugés à risque pour l'équilibre personnel des membres » [réf. nécessaire].

Cependant, jusqu'à ce jour (), aucun tribunal dans le monde n'a eu à juger le Mouvement humaniste, ou l'une quelconque de ses nombreuses émanations (Parti humaniste, Centre des cultures, Monde sans guerre, Communauté pour le développement humain, Centre mondial d'études humanistes, Réseaux d'Économie Humaniste, Homosexuals & Humanists, Le Message de Silo, associations locales…), pour aucune plainte contre lui en 50 années d'activités.

Au contraire, le Parti humaniste s'est porté partie civile dans un procès en diffamation contre la mairie du 19e arrondissement de Paris en 2004. Ce procès a été gagné en première instance en 2009, puis en appel en 2010, avec obligation de publication sur le site de la mairie du texte suivant : « Par arrêt en date du 12 mai 2010, la chambre 2-7 de la Cour d'Appel de Paris (chambre de la presse) a condamné Roger Madec et Colombe Brossel pour avoir publiquement diffamé l'association Parti Humaniste à l'occasion de la réunion du 30 novembre 2004 associant le conseil d'arrondissement et le comité d'initiative et de consultation d'arrondissement consacrée aux dérives sectaires », et condamnation à rembourser les frais de justice.

Présent en France depuis le début des années 1970, le Mouvement humaniste n'a subi aucune attaque de ce genre jusqu'à la formation du Parti humaniste, en 1984, en France comme dans une vingtaine de pays dans le monde. Le PH se présente selon ses membres et sympathisants comme étant « issu de la société civile », « ne correspondant pas aux codes en vigueur » (ni le fruit d'une scission ou d'une fusion de partis politiques pré-existant, ni du ralliement derrière un millionnaire ou une tête connue), « ni de Gauche ni de Droite », et « anti-conformiste ». Mais la gauche ne s'y arrête pas et rapidement, la Fédération Anarchiste le perçoit comme « mangeant dans sa gamelle »[22] et les droites conservatrice ou catholique ne sont pas en reste.

Le Mouvement Humaniste a déjà été déjugé par le Juge aux affaires familiales et Chancelier de la confrérie Saint-Nicolas de Yutz[23] Jean-François Tritschler dans une histoire de garde d'enfant, soit Morel c. Heinrich, en 2005, où il affirme

« Ce mouvement utopiste, néo-marxiste dans sa critique du capitalisme, a bâti autour d'une notion d'humanisme un concept de pouvoir à vocation universelle dont, les actions et associations humanitaires sont le vecteur. L'ombre d'un philosophe sud-américain : Mario Rodriguez COBOS dit Silo plane sur le mouvement qui réunit “ceux qui croient en Dieu et ceux qui n'y croient pas”. La hiérarchie des membres du mouvement et les transferts financiers paraissent assez mystérieux. Le caractère totalitaire de ce mouvement philosophique qui se sert de la notion d'humanisme avec plus de goût pour le pouvoir que pour la charité, est inquiétant.»[24] COUR D'APPEL DE NANCY, TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE BRIEY, Cabinet du Juge aux Affaires Familiales, Référence 04/01492

CanadaModifier


Au Canada, les militants chevronné(e)s du Mouvement Humaniste ont souvent été impliqués dans des histoires contentieuses ou carrément litigieuses soit devant les tribunaux administratifs, les cours de justice, les ministres de cabinet, les agences du gouvernement ou encore, en relation avec la gendarmerie.

Fiasco du Parti Orange: Marie-Claire Desroches fait l'objet de dérision dans La Presse, 1986[25]

Parti Humaniste: Marie-Claire Desroches renverse un Ministre de Cabinet, Gouvernement du Québec[26]

Klein c. Desroches, de la Barrera et Farrell. Commission des droits de la personne du Québec, Numéro au dossier 700494, 1993

Le Mouvement humaniste pour le Québec c. Voir [Montréal] et M. Jean-Pierre Cloutier (journaliste), Conseil de Presse du Québec, 1997[27]

Desroches c. Klein, Service de police de Laval, 2000-2003

Klein c. IVAC, Tribunal Administratif du Quebec, SAS-Q-129951-0609, 2005

Desroches c. Klein, 2009[28]

Notes et référencesModifier

  1. a et b Laurent de Boissieu, « Parti Humaniste (PH) », France Politique,‎ (lire en ligne)
  2. Indications du parti
  3. Indications du parti
  4. Déclaration de principe du Parti humaniste international
  5. Lettres à mes amis
  6. a et b Le Document humaniste
  7. Indications du parti concernant la crise financière.
  8. http://www.parti-humaniste-france.org/actualitesph/2007/20071125_forum_latino.html
  9. Discours d'Evo Morales au second Forum humaniste Latino-américain
  10. Ce slogan utilisé par exemple en 2001 aux municipales par le PH, est repris en 2012 par le Front de Gauche et le PCF (une référence stable)
  11. Los Verdes Ecologistas (es)
  12. «El ecologismo político español pierde influencia», La Vanguardia, 15 de junio de 2009.
  13. Rapport de la commission d'enquête sur les sectes,
  14. [PDF]Circulaire du ministère de l'Intérieur du 20 décembre 1999 sur la " Lutte contre les agissement répréhensibles des mouvements sectaires "(Int. 9900262C).
  15. Rapport de la CNCCFP pour 1997
  16. Rapport de la CNCCFP pour 2000
  17. En 2005, PH et PC chiliens présentent un candidat commun, humaniste, aux présidentielles
  18. M. Gorbatchev reçoit Silo, Salvatore Puledda et Boris Koval, en 1993 à Moscou Pressenza
  19. Evo Morales ouvrant le forum humaniste latino-américain à La Paz en novembre 2007, extrait vidéo, Dailymotion
  20. Adhésions de personnalités à la Marche mondiale pour la Paix et la Non-violence
  21. Les sectes en France, rapport n° 2468
  22. La Fédération Anarchiste se veut une référence dans la lutte contre le Mouvement humaniste.
  23. « Jean-François Tritschler »
  24. « NoSilo!: MOREL C/ HEINRICH », sur NoSilo! (consulté le 17 février 2020)
  25. Marianne Favreau, « A Peine Reconnu, Le Parti Orange de Montréal se dissout », sur BANQ, La Presse (consulté le 17 février 2020)
  26. Marie-Claire Desroches, « Parti Humaniste du Québec », sur l'Assemblée nationale du Québec,
  27. « D1997-05-034 | Conseil de presse du Québec » (consulté le 17 février 2020)
  28. Cour Supérieur, « Desroches c. Klein, 2009 QCCS 340 (CanLII) », sur CanLii,

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier