Parti de la coalition nationale

parti politique finlandais

Parti de la coalition nationale
(fi) Kansallinen Kokoomus
(sv) Samlingspartiet
Image illustrative de l’article Parti de la coalition nationale
Logotype officiel.
Présentation
Président Petteri Orpo
Fondation
Siège Kansakoulukuja 3 A
Helsinki, Uusimaa (Finlande)
Vice-présidents Anne-Mari Virolainen
Sanni Grahn-Laasonen
Janne Sankelo
Secrétaire Taru Tujunen
Positionnement Centre droit
Idéologie Libéral-conservatisme[1]
Conservatisme[1]
Affiliation européenne Parti populaire européen
Groupe au Parlement européen PPE
Affiliation internationale IDU
Adhérents 40 000
Couleurs bleu foncé
Site web kokoomus.fi
Présidents de groupe
Diète nationale Arto Satonen
Parlement européen Manfred Weber (PPE)
Représentation
Députés
38  /  200
Députés européens
3  /  14

Le Parti de la coalition nationale (en finnois : Kansallinen Kokoomus, en suédois : Samlingspartiet, Kok) est un parti politique finlandais conservateur et libéral.

Il est l'un des quatre grands partis finlandais, avec le Parti social-démocrate de Finlande (SDP), le Parti du centre (Kesk) et les Vrais Finlandais (PS).

HistoriqueModifier

De la fondation du parti à la Guerre d'hiverModifier

Le Parti de la coalition nationale est fondé le 9 décembre 1918 après la Guerre civile finlandaise par la majorité du Parti finlandais et la minorité du Parti jeune finnois, toutes deux soutenant le Prince Frédéric-Charles de Hesse comme roi de Finlande dans la nouvelle monarchie[2],[3]. La veille, les républicains des deux partis avaient fondé le Parti progressiste national[4].

Le parti prône une monarchie constitutionnelle et, à défaut, des pouvoirs gouvernementaux forts dans un cadre républicain[5]. D'autre part, leur objectif est de mettre en œuvre un certain nombre de réformes sociales et économiques, telles que l'enseignement obligatoire, les soins de santé universels et l'imposition progressive des revenus et des biens[5].

En 1918 déjà, un de ses membres, Lauri Ingman, est appelé à constituer un gouvernement minoritaire qui ne tient que 141 jours. Aux élections législatives de 1919, le KOK s'affirme comme un parti important sur l'échiquier politique en recueillant 15,7 % des voix et 28 députés sur 200 à la Diète nationale, ce qui le place en troisième position. Ses visées monarchistes échouent toutefois et la Finlande devient une république parlementaire, dans laquelle le KOK préconise de forts pouvoirs présidentiels[2],[3],[4].

En 1925, le mandat de neuf mois d'Antti Tulenheimo à la tête du gouvernement finlandais est le dernier avant longtemps, à l'exception de deux courtes périodes pendant la guerre.

À la fin des années 1920 et au début des années 1930, la menace posée par l'Union soviétique de Joseph Staline influence en effet la politique finlandaise[2],[3],[4]. Les communistes, soutenus par les dirigeants soviétiques, accroissent leurs activités tandis que la position idéologique du Parti de la coalition nationale évolue vers un fort conservatisme[2],[3],[4]. La nouvelle idéologie est mal accueillie, notamment par la jeunesse, plutôt attirée par les mouvements irrédentistes et fascistes, tels que la Société académique de Carélie ou le Mouvement patriotique[2],[3],[4].

En 1931, Pehr Evind Svinhufvud devient le premier président finlandais issu du KOK. Lors des élections législatives de 1933, le KOK forme une coalition électorale avec le Mouvement patriotique, fondé par d'anciens partisans du mouvement nationaliste radical Lapua, et ce même si Svinhufvud a joué un rôle clé pour vaincre la rébellion de Mäntsälä menée par ce mouvement l'année précédente[3],[4],[6]. Les élections se soldent par une défaite majeure puisque le KOK perd 24 de ses 42 sièges au Parlement[3],[4],[6]. En 1934, sous la direction d'un nouveau président, Juho Kusti Paasikivi, le parti rompt ses liens avec le Mouvement patriotique, mais il reste néanmoins exclu du gouvernement finlandais jusqu'au déclenchement de la Guerre d'hiver en 1939 et ne regagne son soutien populaire que lentement[3],[4],[6].

Seconde Guerre mondiale et Guerre froideModifier

Pendant la Guerre d'hiver et la Guerre de Continuation en 1939-1944, le parti prend part aux gouvernements d'unité nationale et bénéficie d'un fort soutien pour son action gouvernementale. Après la Seconde Guerre mondiale, le Parti de la coalition nationale cherche à se présenter comme un défenseur de la démocratie contre les communistes finlandais renaissants. Le président du parti Juho Kusti Paasikivi, qui a préconisé de faire plus de concessions à l'Union soviétique avant la guerre d'hiver et a adopté une ligne prudente concernant la coopération avec l'Allemagne avant la guerre de Continuation, devient d'abord Premier ministre de Finlande (1944-1946), puis Président (1946-1956). Paasikivi reste dans les mémoires comme celui qui a défini la politique étrangère finlandaise après la Seconde Guerre mondiale[7]. Le conflit entre le KOK et la Ligue démocratique du peuple finlandais (SKDL, communiste) atteint son paroxysme lorsque le président Paasikivi renvoie le ministre communiste de l'intérieur Yrjö Leino, qui a notamment utilisé la police d'État pour espionner la section de la jeunesse du parti[4],[8],[9].

En 1951, le parti change son nom officiel, passant de l'original Kansallinen Kokoomuspuolue à l'actuel Kansallinen Kokoomus[10]. Les années 1950 sont également marquées par des changements idéologiques, l'accent étant mis sur la liberté individuelle et le libéralisme économique au détriment du conservatisme social et du maintien d'un gouvernement fort[10]. Une division mineure en 1958 conduit à la formation du parti des Chrétiens-démocrates[10]. De 1966 à 1987, le parti est dans l'opposition. En critiquant les communistes et le président Urho Kekkonen du Parti du centre, le parti perd la confiance du président et les gouvernements formés par le Parti du centre et les partis de gauche se succèdent. Dans les années 1970, une partie des membres du KOK cherche à améliorer les relations avec le président Kekkonen. Leur action est partiellement couronnée de succès à la fin des années 1970[19]. Cependant, même si le KOK soutient Kekkonen pour la présidence en 1978 et devient le deuxième plus grand parti du pays lors des élections législatives de 1979, il ne parvient pas à entrer au gouvernement jusqu'à la fin du mandat de Kekkonen[3],[4],[9].

Pendant les longues années passées dans l'opposition, le soutien du parti ne cesse de croître et, en 1987, il obtient le meilleur résultat de son histoire aux élections législatives. Il remporte en effet 23,1 % des voix et 53 députés sur 200. Harri Holkeri devient le premier Premier ministre du parti depuis Paasikivi. Pendant le mandat de Holkeri, l'économie finlandaise subit un ralentissement, précipité par une multitude de facteurs, et les élections législatives de 1991 se soldent par une défaite. Le parti reste toutefois au gouvernement en tant que membre de la coalition gouvernementale jusqu'en 2003[3],[4].

Vingt-et-unième siècleModifier

Après avoir perdu six sièges lors des élections législatives de 2003, le Parti de la coalition nationale passe la législature suivante dans l'opposition. Jyrki Katainen est élu président du parti en 2004. Sous sa direction (2004-2014), le KOK s'éloigne du conservatisme qui le caractérisait jusque là et devient plus libéral[11]. Lors des élections législatives de 2007, le parti obtient 50 sièges, soit la plus forte progression de l'élection. Le KOK est alors le deuxième parti du pays, suivant de peu le Parti du centre et ses 51 sièges. Après les élections, le parti entre dans un gouvernement de coalition avec le Parti du centre, la Ligue verte et le Parti populaire suédois. Le KOK obtient d'importants portefeuilles ministériels, notamment dans les domaines des finances et des affaires étrangères. Lors des élections législatives de 2011, le parti devient le plus grand parti du pays pour la première fois de son histoire avec 44 sièges, et ce bien qu'il ait perdu six sièges. Le président du parti, Jyrki Katainen forme un gouvernement de coalition comprenant six partis de gauche et de droite après de longues négociations et devient Premier ministre[3],[4],[12].

Lors de l'élection présidentielle de 2006, le Parti de la coalition nationale présente l'ancien ministre des finances et ancien président du parti, Sauli Niinistö. Il se qualifie pour le second tour, mais est battu par la présidente sortante Tarja Halonen avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour lui. Le parti désigne à nouveau Sauli Niinistö pour l'élection présidentielle de 2012. Niinistö remporte l'élection, battant nettement son adversaire de la Ligue verte Pekka Haavisto au second tour avec 62,6% des voix, et devenant ainsi le troisième président élu du parti et le premier depuis 1956. La marge de victoire de Niinistö est la plus importante jamais obtenue lors d'une élection présidentielle au suffrage direct en Finlande. Il obtient la majorité dans 14 des 15 circonscriptions du pays[3],[13]. Niinistö est décrit comme un conservateur fiscal pragmatique et un pro-européen, bien que favorable à une limitation des renflouements des pays membres de l'Union européen. Dès son entrée en fonction, Niinistö a l'intention de renforcer les relations avec les États-Unis et la Chine et de maintenir de bonnes relations avec la Russie, ainsi que de s'attaquer à la crise de la dette européenne[12]. Niinistö est réélu en 2018 pour un second mandat de six ans, et ce dès le premier tour de scrutin. Il s'est présenté en tant qu'indépendant, mais a bénéficié du soutien du Parti de la coalition nationale[14].

En 2014, Katainen démissionne de la présidence du parti et du poste de Premier ministre pour un poste de vice-président de la Commission européenne[15]. Katainen est remplacé par Alexander Stubb à la présidence du parti en juin et ce dernier devient ainsi Premier ministre le 23 juin 2014[4]. Stubb dirige le parti lors des élections législatives de 2015, au cours desquelles le KOK recule, se classant deuxième en voix et troisième en sièges[16]. Après les élections, le Parti de la coalition nationale rejoint une coalition majoritaire de droite composée des trois plus grands partis - le Parti du centre, les Vrais finlandais et le Parti de la coalition nationale - dirigée par le centriste Juha Sipilä. Pendant son temps à la tête du parti, Stubb fait face à des critiques croissantes pour les mauvais résultats du PCN dans les sondages, le déclin de l'économie ainsi que les compromis dans le gouvernement tripartite. Après deux ans à la présidence du parti, Stubb est remplacé par Petteri Orpo par 441 voix contre 361 lors de l'élection à la direction de juin 2016[17].

Le Parti de la coalition national a par ailleurs remportées toutes les élections européennes depuis celles de juin 1999.

Positionnement politiqueModifier

Classé au centre droit, le Kok développe une idéologie majoritairement conservatrice, libérale, favorable à l'Union européenne et plutôt atlantiste. Toutefois, le parti est plus divers, puisque l'on y trouve des partisans du réformisme social.

Membres notablesModifier

Présidents du KokModifier

Présidents 
PortraitIdentitéPériodeDurée
DébutFin
 Hugo Suolahti (en)
( - )
2 ans
 Emil Nestor Setälä
( - )
1 an
 Antti Tulenheimo
( - )
4 ans
 Hugo Suolahti (en)
( - )
1 an
 Kyösti Haataja (en)
( - )
6 ans
 Paavo Virkkunen
( - )
2 ans
 Juho Kusti Paasikivi
( - )
2 ans
 Pekka Pennanen (en)
( - )
7 ans
 Edwin Linkomies
( - )
2 ans
 K. F. Lehtonen (d)
( - )
1 an
 Arvo Salminen (en)
( - )
9 ans
 Jussi Saukkonen (en)
( - )
10 ans
 Juha Rihtniemi (d)
( - )
6 ans
 Harri Holkeri
( - )
8 ans
 Ilkka Suominen
(né en )
12 ans
 Pertti Salolainen
(né en )
3 ans
 Sauli Niinistö
(né en )
7 ans
 Ville Itälä
(né en )
3 ans
 Jyrki Katainen
(né en )
10 ans
 Alexander Stubb
(né en )
1 an, 11 mois et 28 jours
 Petteri Orpo
(né en )
En cours5 ans, 3 mois et 17 jours

Premiers-ministresModifier

Présidents de la RépubliqueModifier

Commissaires européensModifier

  • Jyrki Katainen : Affaires économiques et monétaires (2014), Emplois, Croissance, Investissements et Compétitivité (depuis 2014)

Résultats électorauxModifier

Élections législativesModifier

Année Députés Votes Rang Gouvernement
1919
28  /  200
15,7 3e Opposition
1922
35  /  200
18,1 3e Opposition
1924
38  /  200
19,0 3e Ingman II, Antti Tulenheimo, Kallio, Opposition
1927
34  /  200
17,7 3e Opposition
1929
28  /  200
14,5 3e Opposition
1930
42  /  200
18,1 3e Svinhufvud II, Sunila II et Opposition
1933
32  /  200
16,9 3e Opposition
1936
20  /  200
10,4 4e Opposition
1939
25  /  200
13,6 3e Opposition, Ryti II, Rangell, Linkomies, Hackzell, Urho Castrén, Opposition
1945
28  /  200
15,0 4e Opposition
1948
33  /  200
17,0 4e Opposition
1951
28  /  200
14,6 4e Opposition
1954
24  /  200
12,8 4e Opposition
1958
29  /  200
15,3 4e Fagerholm III, Opposition
1962
32  /  200
15,1 4e Karjalainen I, Virolainen
1966
26  /  200
13,8 4e Opposition
1970
37  /  200
18,1 2e Opposition
1972
34  /  200
17,6 3e Opposition
1975
35  /  200
18,4 3e Opposition
1979
47  /  200
21,7 2e Opposition
1983
44  /  200
22,2 2e Opposition
1987
53  /  200
23,1 2e Holkeri
1991
40  /  200
19,3 3e Aho
1995
39  /  200
17,9 3e Lipponen I
1999
46  /  200
21,0 3e Lipponen II
2003
40  /  200
18,6 3e Opposition
2007
50  /  200
22,3 2e Vanhanen II, Kiviniemi
2011
44  /  200
20,4 1re Katainen, Stubb
2015
37  /  200
18,2 2e Sipilä
2019
38  /  200
17,0 3e Opposition

Élections européennesModifier

Année Eurodéputés Voix % Rang Groupe
1996
4  /  16
453 729 20,2 3e PPE
1999
4  /  16
313 960 25,2 1er PPE
2004
4  /  14
393 084 23,7 1er PPE
2009
3  /  13
386 416 23,2 1er PPE
2014
3  /  13
390 376 22,6 1er PPE
2019
3  /  14
380 106 20,8 1er PPE

Élections municipalesModifier

Année Conseillers Votes
1968
1388  /  11856
16,1
1972
1503  /  11191
18,1
1976
2047  /  12739
20,9
1980
2373  /  12777
22,9
1984
2423  /  12881
23,0
1988
2392  /  12842
22,9
1992
2009  /  12571
19,0
1996
2167  /  12482
21,6
2000
2028  /  12278
20,8
2004
2078  /  11966
21,8
2008
2020  /  10412
23,4
2012
1735  /  9674
21,9
2017
1490  /  8999
20,7

Élections présidentiellesModifier

Année Candidat 1er tour 2d tour
Voix % Rang Voix % Rang
1988 Harri Holkeri 570 340 18,4 3e -
1994 Raimo Ilaskivi 485 035 15,2 4e -
2000 Riitta Uosukainen 392 305 12,9 3e -
2006 Sauli Niinistö 725 866 24,1 2e 1 518 333 48,2 2e
2012 Sauli Niinistö 1 131 254 37,0 1er 1 802 328 62,6 1er
2018 soutien à Sauli Niinistö

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe » (consulté le ).
  2. a b c d et e (fi) Pirkko Leino-Kaukiainen, Suomalaiskansallinen Kokoomus osa 1: Suomalaisen puolueen ja Kansallisen kokoomuspuolueen historia vuoteen 1929, Helsinki, Suomen kansalliskirja,
  3. a b c d e f g h i j k et l « Kokoo­muksen historia | Kokoomus », sur web.archive.org, (consulté le )
  4. a b c d e f g h i j k l et m Rauli Mickelsson, Suomen puolueet : Vapauden ajasta maailmantuskaan, (ISBN 978-951-768-531-3 et 951-768-531-9, OCLC 1044705607, lire en ligne)
  5. a et b (fi) Parti de la coalition nationale, Kansallisen Kokoomuspuolueen ohjelma,
  6. a b et c (fi) Ilkka Ahtokivi, « Kokoomus itsenäisessä Suomessa 1918–44 », sur web.archive.org, (consulté le )
  7. (en) David Wilsford, Political Leaders of Contemporary Western Europe: A Biographical Dictionary, Greenwood Press, (ISBN 0-313-26213-6 et 978-0-313-26213-5, OCLC 19554373, lire en ligne), p. 347-352
  8. (fi) Ilkka Ahtokivi, « Kokoomus Valpon silmätikkuna », sur Verkkojulkaisu, (consulté le )
  9. a et b (fi) Onni Valtala, Suomen puolueiden muuttuminen 1945–1980, Turku, Université de Turku,
  10. a b et c (fi) Jussi Saukkonen, Juha Rihtniemi et Jaakko Korjus, Kokoomus eilen ja tänään,
  11. (en-US) « Finnish PM to step down, seek new EU post », sur The Japan Times, (consulté le )
  12. a et b (en) Barry Turner, The statesman's yearbook : the politics, cultures and economies of the world 2015, (ISBN 978-1-349-67278-3 et 1-349-67278-5, OCLC 967342878, lire en ligne), p. 459-460
  13. (fi) « Sauli Niinistö is Finland's 12th president », sur Yle Uutiset (consulté le )
  14. (en) « Finland's President Niinisto declares election victory », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. (en) « Finland Prepares for Prime Minister Switch as Katainen Quits », Bloomberg.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Whole country, party results », sur tulospalvelu.vaalit.fi (consulté le )
  17. (en) « Finland's center-right replaces outspoken Stubb as party chief », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier