Parti communiste de Pologne

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Page d’aide sur l’homonymie Cet article concerne le Parti communiste de Pologne de 1918-1938. Pour le Parti communiste de 1942-1948, voir Parti ouvrier polonais. Pour le parti communiste de 1948-1989, voir Parti ouvrier unifié polonais.

Parti communiste de Pologne
(pl) Komunistyczna Partia Polski
Présentation
Fondateurs Adolf Warski
Henryk Walecki
Wera Kostrzewa
Fondation
Fusion de Social-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie
Section gauche du Parti socialiste polonais
Disparition 1938
Premier nom Parti communiste ouvrier de Pologne (1918-1925)
Organe de presse Czerwony sztandar
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Communisme
Marxisme-léninisme
Trotskisme
Internationalisme
Affiliation internationale Internationale communiste (1923-1938)
Adhérents 7 000 (1918)
Couleurs Rouge

Le Parti Communiste de Pologne (Komunistyczna Partia Polski, KPP) est un parti politique polonais fondé en 1918. A l'origine, le parti compte 7 000 adhérants et jusqu'en 1925 son nom officiel est Parti Communiste Ouvrier de Pologne (Komunistyczna Partia Robotnicza Polski, KPRP).

Le parti est dirigé par Adolf Warski (de vrai nom Jerzy Warszawski), Henryk Walecki (de vrai nom Maksymilian Horwitz) et Wera Kostrzewa (de vrai nom Maria Koszutska), surnommés « les 3 W ».

Le parti est dissous en 1938 par le Komintern sous l'accusation de trotskisme.

FondationModifier

Le Parti Communiste Ouvrier de Pologne (Komunistyczna Partia Robotnicza Polski, KPRP) est fondé le , dans le contexte de la Révolution russe et de fin de la première guerre mondiale, par la fusion de la Social-démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie (SDKPiL, fondé par Rosa Luxemburg et Leo Jogiches) et du PPS-Lewica, la section gauche, minoritaire et internationaliste du Parti socialiste polonais (PPS). Les deux formations fondatrices du KPRP sont farouchement opposés à la reconstitution d'un État polonais indépendant.

ProgrammeModifier

Le KPRP milite pour la proclamation d'un État prolétaire, la disparition de l'État polonais (qu'il considère comme provisoire), la nationalisation et la collectivisation des terres, la dissolution de l'Armée polonaise, et le rattachement de la République de Weimar à la Haute-Silésie. Son organe de presse est Czerwony sztandar (L'étendard rouge), dont le tirage est estimé de 10 à 30 000.

Activité entre deux guerresModifier

Pour le soutien inconditionnel du parti à l'Armée rouge lors de la guerre russo-polonaise et ses positions hostiles à la reconstitution de la jeune République de Pologne le KPRP est délégalisé en janvier 1919, ce qui ne l'empêche pas d’adhérer à l'Internationale communiste (Komintern) crée lors du congrès tenu à Moscou en sous la houlette du Parti bolchevique.

Le 30 lipca 1920, lorsque l'Armée rouge occupe Białystok, le KPRP proclame le Comité révolutionnaire provisoire de Pologne dans le but d'établir une République socialiste soviétique de Pologne. Avec la défaite des soviétiques à Varsovie le 15 août 1921, le comité se replie sur Minsk et est dissous peu après.

En 1922, le KPRP participe aux premières élections à la Diète de Pologne avec le bloc Związek Proletariatu Miast i Wsi (Union du proletariat rural et citadin) et obtient deux places (avec moins de 5 % des suffrages).

Lors du IIIe Congrès du KPRP, en , le parti change d'appellation pour devenir Parti Communiste Polonais (Komunistyczna Partia Polski, KPP) et soutenir Léon Trotski. Devant les faits accomplis, le KPP reconnaît finalement l'existence d'un État polonais souverain. Il tente une alliance électorale avec le Parti socialiste polonais (PPS) et le mouvement socialiste juif Bundqui refusent.

En , le KPP décide de soutenir le coup d'État de Józef Piłsudski, par opposition au gouvernement de droite. Piłsudski fera quand même emprisonner certains opposants communistes, dont Władysław Gomułka, Edward Ochab et Bolesław Bierut. Aux élections parlementaires de 1928, le parti obtient 8 % des voix et sept députés.

En 1932, 60 % des membres du parti sont des « intellectuels », 30 % sont des paysans et ouvriers agricoles, et 10 % seulement des ouvriers. De nombreux cadres étaient juifs. L'élection d'Adolf Hitler en 1933 fera monter chez les communistes polonais un sentiment patriotique anti-allemand.

En 1934, au moment de sa plus grande prospérité, le Parti Communiste Polonais compte environ 10 000 membres.

À partir de 1936, des groupes de communistes polonais participent à la guerre civile espagnole, combattant du côté républicain au sein des Brigades internationales.

Liquidation du parti par StalineModifier

Au temps des Grandes Purges, le KPP est pointé du doigt pour son opposition à Joseph Staline. En 1937, ce dernier ordonna l'exécution de quatorze dirigeants du KPP: Władysław Stein-Krajewski, Józef Unszlicht, Adolf Warski, Maria Koszutska, Maksymilian Horwitz, Julian Leszczyński, Stanisław Bobiński, Jerzy Heryng, Józef Feliks Ciszewski, Saul Amsterdam, Sztande, Bruno Jasieński, Albert Bronkowski et Witold Wandurski, qui furent jugés, emprisonnés et morts en prison. Malgré ces purges et meurtres politiques Staline n'a toujours pas confiance dans ses camarades polonais et KPP fut dissous par le Komintern en 1938 sous l'accusation de trotskisme. Les seuls communistes polonais qui survivent à la liquidation du parti sont ceux qui se trouvent alors dans les prisons polonaises.

Après la deuxième guerreModifier

En 1942 Staline fera créer un nouveau Parti ouvrier polonais qui lui est entièrement subordonné dont plusieurs membres sont des anciens du KPP. Après la guerre, ce parti deviendra en 1948 le Parti ouvrier unifié polonais (Polska Zjednoczona Partia Robotnicza, PZPR).

Lors du XXe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique en 1956, les membres du KPP exécutés pendant les Grandes Purges sont officiellement réhabilités.

Le militant maoïste polonais Kazimierz Mijal fonda un Parti communiste polonais illégal en 1965 ; et disparut après en exil à Pékin et en Albanie où il animait des chroniques en polonais à Radio Tirana, et rentre d'exil en 1983. Son parti disparaît en 1996.

En , Józef Łachut récrée le Parti communiste en Pologne, mais son poids sur la scène politique polonaise est alors presque insignifiant. Il obtient 0,77 % lors des élections parlementaires de 2005. Il fusionne ensuite avec le parti anticlérical Raison de la gauche polonaise ou Racja Polskiej Lewicy avant de se fondre en 2013 dans le nouveau parti dirigé par Janusz Palikot Twój Ruch (« Ton mouvement »).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier