Parc national de Tzoumérka-Achelóos-Ágrafa-Météores

parc national en Grèce

Le parc national des Tzoumérka, de la vallée de l'Achelóos, des Ágrafa et des Météores (en grec moderne : Εθνικό Πάρκο Τζουμέρκων, Κοιλάδας Αχελώου, Αγράφων και Μετεώρων) est un parc national de Grèce situé au centre du pays. Créé en 2018[1] en tant qu'extension de l'ancien parc national de Tzoumérka-Peristéri-Árachthos instauré en 2009[2], il occupe une partie centrale et méridionale du massif du Pinde, dans la continuité du parc national du Pinde septentrional. Il s'agit du plus grand parc national terrestre de Grèce.

Parc national de Tzoumérka-Achelóos-Ágrafa-Météores
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Géographie
Pays
Périphérie
Périphérie
Coordonnées
Ville proche
Superficie
3 379,94 km2
Administration
Type
WDPA
Création
2009
2018 (extension et renommage)
Site web
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GéographieModifier

 
Emprise du parc national en vert (et bleu pour le lac Plastíras).

Administrativement, le parc national relève de quatre périphéries : la Thessalie à l'est, l'Épire à l'ouest, la Grèce-Centrale au sud-est et la Grèce-Occidentale au sud-ouest. La frontière entre la Thessalie et la Macédoine-Occidentale constitue la limite septentrionale de la zone protégée.

L'emprise du parc national, vaste et discontinue, regroupe différents sous-ensembles naturels[3] :

  • le massif du Lákmos (en), dont le point culminant est le Peristéri (2 295 m)[4], occupe la partie nord-ouest du parc. Peu boisée, la région est intensivement vouée à l'élevage même si la couverture forestière tend à augmenter[5]. Le massif constitue la source de l'Achelóos, l'un des principaux fleuves de Grèce. Naissent également au sein de ces montagnes le Kallarítikos et le Metsovítikos (en), deux affluents de l'Árachthos. Le cours de ce dernier a façonné des gorges à l'extrémité occidentale de l'emprise du parc national[6].
  • le massif des Tzoumérka (ou monts Athamaniens), dont le plus haut sommet est le Kakardítsa (de) (2 429 m)[7], s'étire sur près de 40 km du nord au sud et forme une frontière naturelle entre l'Épire et la Thessalie[8]. Les rives du lac artificiel de Kremastá constituent la limite méridionale du parc national.
  • le massif des Ágrafa, région particulièrement rurale située au sud-est de l'emprise depuis 2018, culmine à 2 154 m (Voutsikáki[9]) entre le district régional de Kardítsa et celui d'Évrytanie[10].
  • le massif du Kóziakas (el) forme, depuis l'extension du parc, un espace fortement boisé de transition entre la vallée de l'Achéloos et la vallée du Pénée plus à l'est.
  • les Météores, région hautement touristique incluse au sein du massif d'Antichásia (en), occupent l'étendue nord-est du parc national depuis l'élargissement de la zone protégée. Non loin d'Elassóna se trouve la grotte de Melissótrypa, qui forme une exclave de faible superficie à l'extrémité nord-est[11].
  • le lac Plastíras, aussi appelé lac du Tavropós, est inclus dans le parc national depuis 2018. Cette vaste étendue d'eau artificielle occasionne un afflux touristique important nécessitant des mesures particulières de protection de l'environnement[12].

ProtectionModifier

Le parc est confié à l'Organisme de gestion du parc national des Tzoumérka, de la vallée de l'Achelóos, des Ágrafa et des Météores (Φορέας Διαχείρισης Εθνικού Πάρκου Τζουμέρκων, Κοιλάδας Αχελώου Αγράφων και Μετεώρων), entité à statut privé située à Ioannina. Plusieurs centres d'information sont par ailleurs accessibles aux visiteurs, notamment dans les villages de Prámanta (en), Chouliarádes, Ágnanta (en), Vourgaréli, Neráida (en) et Kallirrói (el)[13].

Treize espaces du parc sont entièrement ou partiellement inclus sur la liste des zones de protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux et sur la liste des zones spéciales de conservation (ZSC) des habitats naturels du réseau Natura 2000[14]. Six espaces du parc figurent également à l'inventaire des zones importantes pour la conservation des oiseaux de l'ONG Birdlife International[15].

FauneModifier

OiseauxModifier

Plus de 160 espèces[16] d'oiseaux ont été recensés dans la zone du parc national, dont 36 espèces de rapaces[17]. Sont notamment inventoriés l’Aigle botté (Hieraaetus pennatus), l'Aigle royal (Aquila chrysaetos), la Bondrée apivore (Pernis apivorus), le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), le Gobemouche à demi-collier (Ficedula semitorquata), la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), et le Vautour fauve (Gyps fulvus). Le Percnoptère d'Égypte (Neophron percnopterus) est une espèce menacée de rapaces inscrite sur la liste rouge de l'UICN et présente dans la moitié nord du parc[18] tandis que la Perdrix bartavelle (Alectoris graeca) est une espèce quasi menacée.

PoissonsModifier

Selon l'organisme de gestion du parc, 7 espèces de poissons d'eau douce ont été observées dans l'ancienne emprise du parc[17]. Parmi celles-ci, le Barbillon du Péloponnèse (Barbus peloponnesius (en)), le Barbeau d'Albanie (Luciobarbus albanicus (en)) et Telestes pleurobipunctatus (en) sont endémiques de la Grèce occidentale et du sud de l'Albanie. Cobitis hellenica (en), espèce menacée selon l'IUCN[19], est elle endémique de plusieurs bassins versants du nord-ouest de la Grèce, dont celui de l'Árachthos selon certaines sources[20]. L'extension du parc national en 2018 rend également probable la présence du Barbeau de Thessalie (Barbus thessalus (en)[21]) et du goujon de Thessalie (Gobio feraeensis (en)[22]), endémiques du Pénée et de ses affluents. En outre, l'Anguille d'Europe (Anguilla anguilla) est une espèce en danger critique d'extinction inscrite sur la liste rouge de l'UICN. Le Chevaine du Péloponnèse (Squalius peloponensis (en)), endémique de la Grèce, est en revanche abondant dans les nombreux cours d'eau du parc[23]. À noter enfin la présence de populations sauvages et génétiquement pures de Truites communes (Salmo trutta), en particulier dans les affluents de l'Achelóos.

Amphibiens et reptilesModifier

Le parc comprend 6 espèces d'amphibiens ainsi que 21 espèces de reptiles[17], dont la Tortue d'Hermann (Testudo hermanni, espèce quasi menacée selon l'UICN) et 8 espèces de sauriens. Parmi les 10 espèces de serpents, la Couleuvre à quatre raies (Elaphe quatuorlineata) est considérée comme quasi menacée tandis que la Vipère grecque (Vipera graeca)[24], endémique du Pinde et récemment élevée au rang d'espèce[25], fait l'objet de mesures de protection particulières en tant qu'espèce menacée[26].

Mammifères et invertébrésModifier

Une trentaine d'espèces de mammifères peuple le parc national, soit plus du quart des mammifères présents en Grèce[17]. Parmi les espèces quasi menacées selon l'UICN figure la Loutre d'Europe (Lutra lutra), mais les représentants les plus emblématiques demeurent l’Ours brun d'Europe (Ursus arctos arctos), qui atteint dans la région sa limite sud-ouest de répartition en Grèce, le Chat sauvage (Felis sylvestris) et le Chamois des Balkans (Rupicapra rupicapra ssp. balcanica). 18 espèces de chauves-souris ont été recensées dans la zone des Météores[27], dont six dans la grotte de Melissótrypa[11]. Cette dernière présente par ailleurs 16 d'espèces d'invertébrés, principalement des mollusques et des crustacés, dont la moitié sont endémiques du lieu[28]. Chez les papillons, l'Apollon (Parnassius apollo) bénéficie d'une protection en tant qu'espèce menacée à l'échelle mondiale. Enfin, le lac Plastíras constitue un habitat privilégié pour l'Écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus), une espèce internationalement menacée qui atteint en Grèce sa limite méridionale de distribution naturelle[29],[30].

FloreModifier

Le parc national comprend plus de 700 espèces de plantes, dont une vingtaine est endémique de la Grèce ou du massif du Pinde[31].

Ce riche catalogue floristique comprend notamment[31] :

À noter enfin la possible disparition d'une espèce d'isoètes (Isoetes heldreichii) endémique du centre de la Grèce, classée comme étant en danger critique d'extinction par l'UICN[35].

Notes et référencesModifier

  1. (grk) « Εφημερίς της Κυβερνήσεως της Ελληνικής Δημοκρατίας » [« Journal du Gouvernement de la République hellénique »],‎ (consulté le ).
  2. (grk) « Εφημερίς της Κυβερνήσεως της Ελληνικής Δημοκρατίας » [« Journal du Gouvernement de la République hellénique »],‎ (consulté le ).
  3. (el) « Εθνικό Πάρκο – Περιγραφή » [« Parc national – Description »], sur tzoumerka-park.gr (consulté le ).
  4. (el) « Το σύνολο των κορυφών (1680) : Περιστέρι ή Λάκμος » [« La liste des pics (1680) »] (consulté le ).
  5. (en) Maria Karatassiou, Paraskevi Sklavou, Zoi Parissi, Georgia Galidaki et Anna Sidiropoulou, « Land use/cover changes in North eastern Greece from 1980 to 2000 », dans Actes de la 7e conférence internationale sur les technologies de l'information et de la communication dans l'agriculture, la nourriture et l'environnement (HAICTA 2015), Kavala, 17-20 septembre 2015, (lire en ligne), p. 341-346.
  6. (en) « GR2130007 – Oros Lakmos (Peristeri) », sur natura2000.eea.europa.eu (consulté le ).
  7. (el) « Το σύνολο των κορυφών (1680) : Κακαρδίτσα (Τζουμέρκα) » [« La liste des pics (1680) »] (consulté le ).
  8. (en) « GR2110002 – Ori Athamanon (Neraida) », sur natura2000.eea.europa.eu (consulté le ).
  9. (el) « Το σύνολο των κορυφών (1680) : Βουτσικάκι (Άγραφα) » [« La liste des pics (1680) »] (consulté le ).
  10. (en) « GR1410002 – Agrafa », sur natura2000.eea.europa.eu (consulté le ).
  11. a b et c (en) « GR1440003 – Antichasia ori kai Meteora - spilaio Melissotrypa », sur natura2000.eea.europa.eu (consulté le ).
  12. (en) Garyfallos Arabatzis, Serafeim Polyzos et Stavros Tsiantikoudis, « The carrying capacity of mountainous tourist areas: the case of Plastira’s lake », Tourism Today, Nicosie, vol. 7,‎ , p. 109-124 (ISSN 1450-0906, lire en ligne).
  13. (el) « Φορέας Διαχείρισης – Γενικά » [« Organisme de gestion – Généralités »], sur tzoumerka-park.gr (consulté le ).
  14. (en) « Natura 2000: Birds and Habitats Directives - Greece », sur www.eea.europa.eu, (consulté le ).
  15. (en) BirdLife International, « Important Bird Areas factsheet: Antichasia mountains and Meteora » (consulté le ).
  16. Le nombre d'espèces recensées doit être appréhendé avec discernement et précaution car il varie souvent selon la source, la date du relevé, le périmètre considéré, la méthode ou bien encore les révisions taxonomiques. L'extension récente des limites du parc rend d'autant plus imprécis les catalogues antérieurs, certaines régions comme les Météores ayant été moins étudiées du point de vue floristique et faunistique.
  17. a b c et d (el) « Οικοσύστημα – Πανίδα » [« Écosystème – Faune »], sur tzoumerka-park.gr (consulté le ).
  18. (en) Kalliopi Stara, Lavrentis Sidiropoulos et Rigas Tsiakiris, « Bound eagles, evil vultures and cuckoo horses. Preserving the bio-cultural diversity of carrion eating birds », Human ecology, vol. 44, no 6,‎ , p. 751-764 (ISSN 0300-7839).
  19. (en) « Louros spined loach – Cobitis hellenica », sur iucnredlist.org (consulté le )
  20. (en) « Cobitis hellenica Economidis & Nalbant, 1996 », sur fishbase.mnhn.fr (consulté le )
  21. (en) « Barbus thessalus Stephanidis, 1971 – Thessalian barbel », sur fishbase.mnhn.fr (consulté le ).
  22. (en) « Gobio feraeensis Stephanidis, 1973 – Thessaly gudgeon », sur fishbase.mnhn.fr (consulté le ).
  23. (grk) Stamatis Zogaris, « The ichthyofauna », dans P. Dimopoulos et K. Kati (eds.), Biodiversity of the protected area of Tzoumerka - Peristeri, Greece, (ISBN 978-960-930948-6, lire en ligne), p. 139-172.
  24. (en) « Vipera graeca (Nilson & Andrén, 1988) », sur reptile-database.org (consulté le )
  25. (en) Edvárd Mizsei, Oleksandr Zinenko, Neftalí Sillero, Vincenzo Ferri, Stephanos Roussos et Márton Szabolcs, « The distribution of meadow and steppe vipers (Vipera graeca, V. renardi and V. ursinii): a revision of the new atlas of amphibians and reptiles of Europe », Basic and Applied Herpetology, vol. 32,‎ , p. 77-83 (ISSN 2255-1468, lire en ligne).
  26. (en) « Greek Meadow Viper: Vipera graeca », sur iucnredlist.org (consulté le ).
  27. (en) « Meteora – 2020 Conservation Outlook Assessment », sur worldheritageoutlook.iucn.org, (consulté le ).
  28. (en) Ionut Popa, Traian Brad, Markos Vaxevanopoulos, Andrei Giurginca, Stefan Baba, Sanda Iepure, Rodica Plaiasu et Serban Sarbu, « Rich and diverse subterranean Invertebrate communities inhabiting Melissotrypa cave in Central Greece », Travaux de l'Institut de Spéologie "Émile Racovitza", Bucarest, vol. 53,‎ , p. 65-78 (ISSN 0301-9187, lire en ligne).
  29. (en) « GR1410001 – Periochi limnis Tavropou », sur natura2000.eea.europa.eu (consulté le ).
  30. (en) Emmanouil Koutrakis, Costas Perdikaris, Yoichi Machino, George Savvidis et Nikos Margaris, « Distribution, recent mortalities and conservation measures of crayfish in Hellenic fresh waters », Bulletin Français de la Pêche et de la Pisciculture, vol. 385,‎ , p. 25-44 (ISSN 0767-2861, lire en ligne).
  31. a et b (el) « Οικοσύστημα – Χλωρίδα » [« Écosystème – Flore »], sur tzoumerka-park.gr (consulté le ).
  32. (en) « GR1440002 – Kerkétio Óros (Kóziakas) », sur natura2000.eea.europa.eu, (consulté le ).
  33. (en) « Centaurea lactiflora », sur iucnredlist.org (consulté le ).
  34. (en) « Centaurea kalambakensis », sur iucnredlist.org (consulté le ).
  35. (en) « Pindus Quillwort : Isoetes heldreichii », sur iucnredlist.org (consulté le ).

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (grk) Nikolaos Kanellopoulos, Περιβαλλοντική Αποκατάσταση Ανενεργού Λατομείου στη θέση Τζούμα του Δήμου Κεντρικών Τζουμέρκων [« Réhabilitation environnementale d'une carrière à Tzoúma dans la commune des Tzoumérka centrales »] (mémoire de licence de l'Université polytechnique nationale d'Athènes), Athènes,‎ , 113 p. (lire en ligne).  
  • (en) Simona Prevorcnik, Marjeta Konec et Boris Sket, « The first Turcolana Argano & Pesce, 1980 (Isopoda: Cirolanidae) from the Greek mainland », Zootaxa, vol. 4170, no 1,‎ , p. 125-136 (ISSN 1175-5334, lire en ligne).
  • (en) Andrzej Falniowski et Serban Sarbu, « Two new Truncatelloidea species from Melissotrypa Cave in Greece (Caenogastropoda) », ZooKeys, vol. 530, no 3,‎ , p. 1-14 (ISSN 1313-2989, lire en ligne).
  • (en) Thekla Tsitsoni, Theocharis Zagas et Petros Ganatsas, « Plant diversity and nature conservation in Koziakas Natura 2000 (Network) site, Central Greece », dans Athanassios Kungolos (ed.), Actes de la 6e conférence internationale « Protection et restauration de l'environnement », 1-5 juillet 2002, Skiathos, , 2115 p. (lire en ligne), p. 609-616.

Article connexeModifier