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Paramatta, bagne de femmes

film sorti en 1937

Paramatta, bagne de femmes (Zu Neuen Ufern) est un film allemand réalisé par Detlef Sierck (futur Douglas Sirk) en 1937.

Sommaire

SynopsisModifier

À Londres, en 1840, une chanteuse à la réputation sulfureuse, Gloria Vane, a une liaison avec un aristocrate ruiné, Finsbury, qui falsifie un chèque afin de couvrir ses dettes alors qu'il est sur le point de partir en Australie. Pour sauver l'honneur et la carrière de son amant, Gloria s'accuse et est condamnée à la déportation au bagne de Paramatta, à Sydney. Elle se retrouve donc dans la même ville que son amant qui flirte autant avec les femmes mariées qu'avec la jolie fille du gouverneur, prête à l'épouser. Gloria travaille durement au bagne mais elle peut en sortir si un colon l'épouse (la jeune colonie manquait de femmes). Elle s'y résout, et avec les autres condamnées, défile devant les colons désireux de trouver une épouse. Un riche fermier l'a déjà remarquée lorsqu'elle sortait de la chapelle, il s'engage à l'épouser, elle dit oui, elle est libre. Mais à peine sur le chemin de sa future maison elle avoue à son fiancé qu'elle n'a qu'un objectif : retrouver son amant et elle retourne à Sydney. Là elle apprend que le Commandant Albert Finsbury, devenu l'Officier d'Ordonnance du Gouverneur, va épouser sa fille, Mary. Gloria s'enfuit et, pour survivre, chante dans un bouge ignoble où, à la veille de son mariage, Finsbury la reconnaît. Il apprend qu'elle s'est sacrifiée pour lui, il a honte, il l'aime toujours, il lui propose de s'enfuir avec lui, elle refuse, elle ne l'aime plus. Il se suicide. Le jeune fermier, parti à sa recherche, la retrouve, réfugiée dans l'église, ils se marient au son d'un "Gloria".

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

CritiqueModifier

En 1997, dans Télérama, Jacques Siclier écrivait que le film marquait la rencontre de Dietlef Sierck "avec l'étonnante Zarah Leander, actrice suédoise, chanteuse à la voix de contralto lyrique qui, après avoir tourné un ou deux films dans son pays, était devenue la vedette d'un film autrichien, « Première », et venait d'arriver dans les Studios de Berlin. Belle, sculpturale (trop ?) ayant grande allure, cette femme de 30 ans apportait avec elle un « mystère nordique » très prisé depuis Greta Garbo, et sa façon de chanter rappelait Marlène Dietrich. Ce film est passionnant à plus d'un titre, on y trouve l'influence de B. Brecht et K. Weill que Sirk avait mis en scène au théâtre. On y rencontre le type de velléitaire douloureux et déchiré de futurs mélos de Sirk ("Écrit sur le vent") . On voit se former le personnage mythique de la femme destinée à l'amour fou, de la perdition à la rédemption, que Zarah Leander devait souvent incarner par la suite. Le grand style mélodramatique de Douglas Sirk se manifeste déjà dans l'utilisation des décors, des situations frénétiques, des sentiments exacerbés et d'érotisme allusif. Rayonnante ou douloureuse, Zarah Leander a une présence certaine, suscite l'émotion même si elle n'a ni le talent ni la beauté -façonnés par Hollywood - de ses grandes rivales. La faiblesse principale vient de l'acteur jouant Finsbury : son physique plutôt ingrat ne correspond pas à son personnage de séducteur, il n'a ni l'allure ni l'élégance d'un aristocrate anglais et son jeu atone ne fait guère croire à ses tourments intérieurs.

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