Pamiers

commune française du département de l'Ariège

Pamiers
Pamiers
Vue sur la vieille ville, à partir du cimetière Saint-Jean.
Blason de Pamiers
Blason
Pamiers
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
(sous-préfecture)
Arrondissement Pamiers
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes des Portes d'Ariège Pyrénées
(siège)
Maire
Mandat
Frédérique Thiennot (DVC)
2020-2026
Code postal 09100
Code commune 09225
Démographie
Gentilé Appaméens
Population
municipale
15 603 hab. (2018 en diminution de 0,9 % par rapport à 2013)
Densité 340 hab./km2
Population
agglomération
29 233 hab. (2018)
Géographie
Coordonnées 43° 07′ 03″ nord, 1° 36′ 42″ est
Altitude 365 m
Min. 256 m
Max. 473 m
Superficie 45,85 km2
Unité urbaine Pamiers
(ville-centre)
Aire d'attraction Pamiers
(commune-centre)
Élections
Départementales Cantons de Pamiers-1 et Pamiers-2
(bureau centralisateur)
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Pamiers
Liens
Site web ville-pamiers.fr

Pamiers (Pàmias en occitan) est une commune française située dans le département de l'Ariège, en région Occitanie.

Établie sur la rive droite de l'Ariège, au pied des premiers contreforts de la chaîne pyrénéenne, la ville, de tradition industrielle du fait de la présence d'une importance usine métallurgique, possède aussi un patrimoine architectural important, constitué de plusieurs bâtiments civils et religieux en brique toulousaine, principalement concentrés dans la vieille ville entourée de canaux.

C'est avec Saint-Girons une des deux sous-préfectures du département de l'Ariège, la préfecture étant Foix, située à une vingtaine de kilomètres au sud, en amont sur l'Ariège. Pamiers est cependant la commune la plus peuplée du département avec 15 603 habitants en 2018, appelés les Appaméens et les Appaméennes[1]. Son unité urbaine compte 26 911 habitants et son aire urbaine 35 583 habitants en 2017.


GéographieModifier

LocalisationModifier

Pamiers est située dans la plaine de Basse-Ariège, au pied des collines du Terrefort ariégeois, à environ 64 kilomètres au sud de Toulouse, 20 kilomètres au nord de Foix, 70 kilomètres à l'ouest de Carcassonne et 93 kilomètres à l'est de Saint-Gaudens.

Distances kilométriques (routes/autoroutes) : Andorre-la-Vieille : 117 km, Barcelone : 269 km, Bayonne : 310 km, Bordeaux : 302 km, Carcassonne : 70 km, Foix : 20 km, Montpellier : 213 km, Paris : 725 km, Pau : 208 km, Perpignan : 220 km, Saint-Gaudens : 93 km, Saint-Girons : 53 km, Tarbes : 167 km, Toulouse : 64 km.

Communes limitrophesModifier

Pamiers est limitrophe de treize autres communes.

 
Carte de la commune de Pamiers et de ses proches communes.

HydrographieModifier

 
Une rue du centre-ville.

La ville longe le cours de la rivière Ariège, dont dérivent les canaux qui enserrent le centre ancien et qui sont inscrits depuis juillet 1999 à la liste des monuments historiques.

Géologie et reliefModifier

Pamiers est située sur la première terrasse de l'Ariège.

La superficie de la commune est de 4 585 hectares ; son altitude varie de 256 à 473 mètres[3].

ClimatModifier

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000

  • Moyenne annuelle de température : 12,8 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 2,6 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 9,3 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 15,3 °C
  • Cumuls annuels de précipitation : 813 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 9,7 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 5,9 j

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat du Bassin du Sud-Ouest », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[4]. En 2020, la commune ressort du type « climat de montagne » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Pour ce type de climat, la température décroît rapidement en fonction de l'altitude. On observe une nébulosité minimale en hiver et maximale en été. Les vents et les précipitations varient notablement selon le lieu[5]. À l'est du département, l’influence méditerranéenne accentue les contrastes saisonniers, le climat y est plus sec[6].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[7]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-contre[4].

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[8] complétée par des études régionales[9],[10] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1985 permet de connaître en continu l'évolution des indicateurs météorologiques. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après.

Statistiques 1981-2010 et records PAMIERS LYCAGRI (09) - alt : 294m, lat : 43°07'36"N, lon : 01°38'42"E
Statistiques établies sur la période 1985-2008 - Records établis sur la période du 01-01-1985 au 31-12-2008
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,4 2,2 4,1 6,1 10 13,5 15,6 15,4 12,1 9,2 4,5 2,2 8,1
Température moyenne (°C) 5,4 6,6 9 11 15,1 18,8 21,5 21,3 18 14,1 8,6 6,1 13
Température maximale moyenne (°C) 9,5 11 13,9 15,8 20,3 24,1 27,4 27,2 23,9 19,1 12,7 10 17,9
Record de froid (°C)
date du record
−21
16/01/1985
−10
11/02/1986
−6,3
02/03/2005
−3
05/04/1996
1
12/05/1985
6
04/06/2001
8
12/07/1990
7
30/08/1993
3,5
26/09/2002
−1,5
23/10/1991
−9
23/11/1988
−9
25/12/2001
−21
1985
Record de chaleur (°C)
date du record
21
03/01/1998
22,5
24/02/1990
28
24/03/2001
29
29/04/2005
35
30/05/2001
38
21/06/2003
39
13/07/2003
41
13/08/2003
34
06/09/1994
31
30/10/2001
25
08/11/1985
22
18/12/1989
41
2003
Ensoleillement (h) 66,4 87,3 140,5 176,2 207 216,6 221,3 224,6 179,2 121,1 70,6 56,6 1 767,3
Précipitations (mm) 65,8 47,8 60 84,4 82,4 66,9 42,1 55,9 68,9 72,5 70,6 68,5 785,8
Source : « Fiche 9225004 », sur donneespubliques.meteofrance.fr, edité le : 06/06/2021 dans l'état de la base


Voies de communication et transportsModifier

Desservie par le réseau SNCF (ligne Toulouse/Latour-de-Carol) en gare de Pamiers, par l'autoroute A66 (Villefranche-de-Lauragais/Pamiers) et la route nationale RN20 (Paris/Espagne), la ville est un important carrefour de communications entre le bas pays toulousain et la vallée de la Haute-Ariège.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Pamiers est une commune urbaine[Note 2],[11]. Elle fait en effet partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[12],[13]. Elle appartient à l'unité urbaine de Pamiers, une agglomération intra-départementale regroupant 10 communes[14] et 29 337 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[15],[16].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pamiers, dont elle est la commune-centre[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 53 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[17],[18].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,6 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (72,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (29,6 %), terres arables (24,5 %), forêts (14,6 %), zones urbanisées (13,1 %), prairies (12,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,7 %)[19].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

ToponymieModifier

L'origine du nom de Pamiers est sujet à controverses.

D'aucuns pensent que ce nom viendrait de pam, unité de mesure usitée en ces contrées. Les nouveaux habitants de la cité bénéficiaient en effet de terres gratuites mesurées en pams, ou a pamez.

Néanmoins, l'explication la plus répandue fait intervenir Roger II de Foix, revenant de la première croisade, plus précisément de la région d'Apamée en Syrie. Comme il est parfois coutume à l'époque pour un chevalier rentrant de croisade, il nomme le château et ses dépendances du nom de ses faits d'armes : Castrum Appamiae. Progressivement, ce nom aurait été donné à la ville. Cette hypothèse paraît appuyée par le gentilé des habitants de la ville (Appaméens).

Au Moyen Âge, elle portait aussi le nom de Frédélas, de Frédéric, fils du roi wisigoth Théodoric Ier, mort en 463.

HéraldiqueModifier

Blasonnement : Coupé d'un et parti de deux : au premier de gueules au lion d'or, au deuxième d'azur à une fleur de lys d'or, au troisième d'or à trois fasces de gueules, au quatrième de gueules à l'aigle bicéphale d'or surmontée d'une couronne du même, au cinquième de gueules à une tour crénelée de cinq pièces d'argent, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, au sixième d'or à un ormeau arraché de sinople.

Le blason représente les six quartiers de la ville :

  • Le Mercadal (autour de la cathédrale), représenté par le lion qui se trouvait dans les armes d'Arnaud de Villemur, évêque de Pamiers au XIVe siècle ;
  • Villeneuve (autour de la place de la République), qui, par sa fleur de lys, symbolise le paréage avec Philippe le Bel en 1308 ;
  • Les Trois Barris, représenté par la tour (du boulevard de la Libération jusqu’au marché au bois) ;
  • Roumengous (du parc municipal jusqu’à l’école de Lestang). Ce quartier est représenté par l’aigle bicéphale, armes des religieux de Saint-Antoine du Viennois, qui fondèrent un hôpital dans le quartier ;
  • Le Camp (autour de l’église Notre-Dame du camp) est représenté par trois fasces, symbolisant les barrières des champs clos ;
  • Loumet (seul quartier à l’extérieur des canaux), représenté par un ormeau (« l’olmet » en occitan).

HistoireModifier

Fondation de la citéModifier

La présence romaine est attestée notamment par la découverte de monnaies (sur la place du Mercadal où se situe la cathédrale) et d’une statuette en bronze de Mercure remarquablement conservée sur le site du cimetière Saint-Jean. Ainsi on peut, de source sûre, faire remonter la présence romaine au IIIe siècle av. J.-C. Le 2 mai 1963, on découvre, sur la butte du calvaire, un puits funéraire daté de -50 à -30 ans av. J.-C.[20],[21].

 
Sarcophage (V-VIe siècle) découvert au Mas Vieux


Certains pensent à une fondation beaucoup plus ancienne. La situation géographique, idéale pour la surveillance (le site est facile à défendre), les communications (point de passage entre l'Atlantique et la Méditerranée) et la culture agraire (terre fertile et eau disponible en quantité), semble conforter ces assertions.


La découverte d'un sarcophage paléochrétien[22],[23] daté de la fin Ve siècle ou du VIe siècle, au lieu-dit du Mas Saint-Antonin, permet de voir que le christianisme s'est d'ores et déjà implanté dans la région. Celle-ci est alors sous le contrôle des Wisigoths, et plus précisément de Frédéric, fils du roi Wisigoth de Toulouse Théodoric Ier. Le premier nom de l'agglomération, Frédélas, viendrai d'ailleurs de son dirigeant d'alors.

Charlemagne a créé le royaume d'Aquitaine qu'il a confié à son fils Louis. Le pays de Foix est alors confié au premier comte de Toulouse, Chorson. En 871, Charles II le Chauve, étant venu en Aquitaine, confie le comté de Carcassonne et le comté de Razès à Bernard, fils de Raymond Ier de Toulouse, mais il meurt en 872. Olibia II lui succède comme comte de Carcassonne et de Razès, puis Bencio et son frère Acfred II ensuite sa fille Arsinde qui s'est mariée avec Arnaud Ier, auxquels succède leur fils Roger Ier le Vieux comme comte de Carcassonne, de Couserans, de Comminges et seigneur du pays de Foix, en 957.

L’histoire de la ville se confond avec celle de saint AntoninModifier

Saint Antonin[24], fils de Frédéric et converti au catholicisme, évangélise la région. Il est martyrisé en 506 par les Wisigoths restés ariens. Dans Histoire générale de Languedoc, il est indiqué qu'il a été, à tort, assimilé avec saint Antonin d'Apamée[25].

Un sanctuaire (le "Mas Vieux" à environ 1 km au sud de la ville actuelle, dans un méandre de l'Ariège au lieu-dit Cailloup) est élevé pour abriter les reliques du saint. Ce lieu est antérieur à 961, date du testament de Raymond, comte de Rouergue, qui donne l'alleu de Carlat à Roger Ier le Vieux, avec substitution après sa mort en faveur de l'abbaye de Saint-Antonin de Frédelas[26], première citation dont nous disposons sur l'histoire de la ville. De cette donation, on en a déduit que le sanctuaire a été construit par Roger Ier le Vieux, comte de Carcassonne. Il est remplacé peu à peu par une abbaye construite sur l'autre rive et qui prit le vocable de Saint-Antonin après la translation des reliques en 987, à cause du danger d'inondations, comme l'indique un document[27].

L'origine de la ville est le château de Pamiers et l'abbaye de Saint-Antonin fondé à Frédelas[28]. Le comte Roger Ier le Vieux, fils d'Arnaud, a partagé ses possessions entre ses trois fils par son testament de 1002. L'aîné Raymond Roger a reçu le comté et la ville de Carcassonne, son deuxièmle fils, Bernard Roger a eu le pays de Foix, le comté de Couserans, la moitié du pays de Volvestre, les pays de Dalmazan, de Podaguez, d'Arganaguez, avec la moitié de la forêt de Boulbonne entre l'Ariège et l'Hers, son dernier fils, Pierre Roger de Carcassonne, abbé de La Grasse, plus tard évêque de Gérone, a obtenu les abbayes du comté de Carcassonne. Il a donné à sa femme Adélaïde la jouissance du château et la terre de Foix[29],[30]. Roger Ier le Vieux a vécu jusqu'en 1012. Son deuxième fils, Bernard Roger, a alors pris possession du pays de Foix et du comté de Couserans. Il a été créé comte de Foix après que son frère aîné, Raymond Roger, lui ait pris le diocèse de Couserans et une partie de ce comté qui a été réduit en vicomté[31]. La création du titre de comte de Foix est discutée par Pierre de Marca dans Histoire de Béarn[32], mais elle est critiquée dans Histoire générale de Languedoc[33]. Roger Ier, 2e comte de Foix, lui succède.

En 1063, Guillaume IV de Toulouse, suzerain des comtes de Foix, accepte la donation de l'abbaye de Saint-Antonin faite en 1049 à saint Hugues par Roger Ier, comte de Foix, et sa femme, Amica[34],[35],[36]. Roger Ier meurt en 1064. N'ayant pas d'enfants, son domaine passe à son frère, Pierre Bernard de Foix, comte de Couserans[37], qui meurt vers 1074. Son fils, Roger II de Foix, lui succède. Par le traité du , Roger II renonce aux comtés de Carcassonne et de Razès qui auraient dû lui revenir après la mort de Pierre Raymond de Carcassonne sans héritier mâle, au profit d'Ermengarde et les Trencavel qui lui versent une somme importante lui permettant de financer son départ à la Croisade et prennent le titre de vicomte de Carcassonne. Il part faire la Première croisade mais arrive en Terre sainte après la prise de Jérusalem. Il revient à Foix en 1105, probablement après avoir participé au siège de Tripoli et la mort de Raymond de Saint-Gilles.

En juin 1111, le comte Roger II de Foix a restitué à l'abbaye de Saint-Antonin de Frédelas les domaines que son oncle paternel, Roger Ier de Foix, et lui avaient usurpés. Il restitue le village de Frédelas, le château de Pamiers, et l'abbaye de Saint-Antonin. Le prieur Isarn, avec l'accord de ses clercs, de l'évêque de Toulouse Amelius Raymond du Puy, et de l'évêque de Barbastro ancien chanoine de l'abbaye, Raymond de Durban, a donné au comte la garde du château de Pamiers avec l'avouerie de l'abbaye. Le château de Pamiers a été construit par le comte Roger II après son retour de Terre sainte (aujourd'hui rasé) sur la butte du castella : le Castrum Appamiae. Le comte l'aurait nommé ainsi en souvenir de ses faits d'armes pendant la première croisade, du nom de la ville syrienne, Apamée. C'est la première mention de Pamiers[38]. Une église est également construite au pied de ce château (Notre-Dame du Mercadal) où se dresse aujourd'hui la cathédrale.

Aux XIIe et XIIIe siècles, une ville en plein essor grâce à la religionModifier

Au XIIe siècle, la ville se développe fortement, malgré la crise du catharisme. Pamiers est alors un fief de l’orthodoxie. En 1207, au château de Pamiers (aujourd'hui rasé), se déroule le colloque de Pamiers, dernière rencontre entre les cathares et l'Église catholique avant la croisade des albigeois.

Le pape Boniface VIII récompense la fidélité de la ville en érigeant Pamiers en évêché en 1295 et en créant un studium generale[39]. Il nomme Bernard Saisset, alors abbé de Saint-Antonin, évêque. Celui-ci devient son principal intermédiaire auprès de Philippe IV le Bel lors du conflit de 1296, et l'abbatiale est élevée au rang de cathédrale.

Dès lors, la ville s’enrichit et rayonne grâce à la religion. De nombreux ordres (on en comptera jusqu'à quinze différents) s’implantent à Pamiers. Ces ordres religieux, outre leur mission évangélique, développent aussi l'enseignement, en particulier les Dominicains, mais aussi les Franciscains et les Carmélites.

Pamiers accueille un nombre important de couvents au XIIIe et XIVe siècles,

  • Les Dominicains

La première mention des Dominicains, ou Frères prêcheurs date du 16 décembre 1269. Leur couvent était situé sur l'emplacement de l'actuelle maison des œuvres du diocèse, rue des Jacobins, anciennement appelée « carrera dels predicadores » (rue des Prêcheurs), signe de leur présence.

  • Les Franciscains

Les Franciscains, (aussi appelé Frères mineurs ou Cordeliers), s'installèrent en 1269 au quartier de Lestang. La Tour des Cordeliers en atteste.

Les Carmes s'établirent en 1311 sur les bords du canal, rue des Escoussières, et les carmélites fondèrent un couvent en 1648. Ce couvent et la chapelle qui en dépend sont toujours debout aujourd'hui, mais les sœurs carmélites, trop peu nombreuses, ont quitté Pamiers en automne 2008[40]. Il s'agissait du dernier ordre religieux présent à Pamiers.

  • Les Augustins

On retrouve les Augustins en 1315 au quartier de Loumet. Il reste de leur bâtiment la tour des Augustins, très ruinée, trace sans doute du mur d’enceinte du couvent.

  • Les Clarisses

Les Clarisses (Minorettes), placées sous l'obédience de Saint-François, habitaient dès 1328 rue Major (actuellement rue Gabriel-Péri), à côté de la rue Sainte-Claire.

  • Les autres ordres religieux

On relève à Pamiers la présence d'autres ordres religieux comme les Béguins (1358) et les Béguines (1327), les Hospitaliers, les Jésuites, etc.

Le rayonnement de Pamiers au XVe siècleModifier

Au cours du XVe siècle, malgré le relatif éloignement de la zone de production, c'est à Pamiers que l'on évalue chaque année la dose de pastel nécessaire pour teindre correctement les draps. La ville joue rôle dans la culture du pastel méridional.

Les coutumes de la ville de Pamiers: l'exemple de la question de la liberté à travers le procès d'Antoine SimonModifier

C'est au cours de ce XVe siècle qu'a lieu le procès d'un esclave noir libéré grâce aux coutumes de la ville datant du XVe siècle[41]. Antoine Simon est un esclave originaire d'Afrique appartenant à Pons Ferrer, un riche marchand barcelonais, au XVe siècle. On ignore sa date de naissance et de décès. Antoine Simon s'était enfui vers Toulouse et Pamiers car selon les coutumes de ces villes les esclaves devenaient libres. La coutume dans la ville de Pamiers datait de 1228. En 1446, un procès a lieu contre Antoine Simon dans la ville de Pamiers, comté de Foix. Pons Ferrer attaque Antoine Simon en justice car il avait acheté selon lui Antoine Simon fort cher (100 florins d'Aragon). Mais Antoine Simon est déclaré libre et citoyen de la ville de Pamiers le 31 octobre 1446[42].

Les tourmentes du XVIe siècleModifier

Au XVIe siècle, la ville de Pamiers doit faire face aux maladies et aux guerres.

En 1521, une épidémie de peste s'abat sur la ville. Elle perdurera trois ans. Les deux tiers des habitants quittent Pamiers, et la population qui demeure se cloître en fermant les barrières de chaque quartier. On abandonne aux pestiférés les églises placées hors de la ville et l'économie est au point mort. En 1527 et en 1528, les pluies continuelles détruisent les récoltes de blé, et une épidémie se développe à nouveau. Une nouvelle épidémie de peste fait plus de 3000 morts en 1563.

Mais le plus grand fléau de ce siècle fut sans aucun doute les guerres de religion. Elles furent dévastatrices, et la ville en souffrit beaucoup. En juin 1576, les différentes églises sont rasées (hormis les clochers qui servent de tour de défense), et l'abbaye ne s'en relèvera pas. Les reliques de saint Antonin restées à Pamiers sont également brûlées. En mars 1628, le prince de Condé aidé des paysans des environs prend et ravage la ville, à la suite de la prise d’armes des Protestants, qui avaient appelé en renfort Henri II de Rohan. Les 200 principaux chefs huguenots furent pendus ou envoyés aux galères[43];les habitants eurent la vie sauve, mais leurs biens étaient mis à la disposition du prince de Condé.

Néanmoins, les lueurs de la Renaissance parviennent jusqu'à Pamiers, notamment grâce à ses évêques. Bernard de Lordat (ca 1453-1547) fait imprimer un livre à Pamiers en 1522, réunion de deux textes dus à Baptiste de Mantoue. De plus, 1526 voit l'institution de l'Université de Pamiers par Henri II de Navarre.

La reconstruction de la ville aux XVIIe et XVIIIe sièclesModifier

Henri de Sponde, grand humaniste, tente malgré le peu de moyens dont il dispose de rehausser la qualité culturelle de son diocèse. Il fait reconstruire les édifices religieux et favorise le retour des congrégations religieuses. Puis, sous la direction des grands évêques que sont François de Caulet au XVIIe siècle, Jean-Baptiste de Verthamon au XVIIIe siècle et François de Camps de 1685 à 1693, d’importants chantiers sont ouverts (églises, palais épiscopal (actuelle mairie), présidial (actuel palais de justice), séminaires (actuels lycées du Castella et des Jacobins).

La RévolutionModifier

 
Porte de l'Agasse, vers 1840 à Pamiers par Eugène de Malbos.

En 1789, c'est à Pamiers que se tiennent les assemblées du clergé, de la noblesse, et du tiers état, pour élire les représentants de la sénéchaussée aux États généraux de 1789. En avril sont élus quatre députés : pour le clergé Jean Bernard Font chanoine de la cathédral, pour la noblesse Mathieu Louis Armand d'Usson et pour le tiers état Georges Bergasse de Laziroules, maire de Saurat, et Marc-Guillaume-Alexis Vadier, de Pamiers[44].

Lors de la Révolution, Pamiers est un lieu de tensions extrêmes. En effet, l'ardeur révolutionnaire des Appaméens ne va pas de plein accord avec le siège épiscopal de la ville. Elle va perdre ce siège, tout comme son présidial. Du reste, ce présidial, l'actuel palais de justice, verra les fleurs de lys de son fronton effacées. La Révolution met également fin au culte voué à saint Antonin.

Un nouveau moyen d’essor économique : la métallurgieModifier

Au XIXe siècle, l’industrie naissante sera le principal facteur de développement. En 1817 est créée l’usine métallurgique de Pamiers, qui devient alors le moteur de la ville. Encore aujourd'hui, l'entreprise fait vivre nombre d'Appaméens et d'Ariégeois.

Pamiers à l'ère post-industrielleModifier

La ville, « porte d'entrée de l'Ariège », est aujourd'hui en pleine expansion. Cette « renaissance » est due notamment à l'ouverture en 2002 de l'autoroute A66, à la croissance économique (zones industrielles et commerciales en construction), à la proximité relative de Toulouse et au cadre de vie : campagne et montagne proche, mais également, proximité des services.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Canton de Pamiers-Est : André Montané, PS : 59,68 % (67 % sur le canton) / Hubert Lopez, DVD : 40,32 % (33 % sur le canton)

Pamiers-2 : Monique Bordes - André Montané, PS : 58,99% (59,44 % sur le canton) / Gérard Prieto - Andrée Violin, FN : 41,01 % (40,56 % sur le canton).

Administration municipaleModifier

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 10 000 et 19 999 habitants au dernier recensement, le nombre de membres du conseil municipal est de trente trois[45],[46].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs depuis 1959
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1982 Gaston Bareilles DVD Médecin
1982 1989 Francis Rouquet DVD Dentiste
1989 1995 François Bernard Soula PS Chirurgien
Conseiller général du canton de Pamiers-Ouest (1992-2011)
1995 2020 André Trigano DVD Entrepreneur, ancien député UDF (1993-1997)
Président de la communauté de communes
2020 En cours Frédérique Thiennot DVC Médecin-urgentiste

Instances judiciaires et administrativesModifier

Compte tenu de la proximité géographique, les tribunaux se trouvent à la cité judiciaire de Foix puis à Toulouse pour les juridictions supérieures.

Politique environnementaleModifier

JumelagesModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[47],[Note 4]

En 2018, la commune comptait 15 603 habitants[Note 5], en diminution de 0,9 % par rapport à 2013 (Ariège : +0,25 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 9546 1745 6465 9196 0486 9056 4807 6677 770
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
7 6317 9107 8778 6908 96711 72611 94411 14310 657
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 88610 44910 01712 01212 13113 16414 03512 02612 822
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
13 29714 56414 32513 34512 96513 41714 83015 44815 688
2018 - - - - - - - -
15 603--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis Insee à partir de 2006[49].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[50] 1975[50] 1982[50] 1990[50] 1999[50] 2006[51] 2009[52] 2013[53]
Rang de la commune dans le département 1 1 1 1 1 1 1 1
Nombre de communes du département 340 328 330 332 332 332 332 332

Aire urbaine de Pamiers

EnseignementModifier

  • Enseignement public du 1er degré : école maternelle des Condamines, école élémentaire Cazalé, école maternelle et élémentaire des Carmes et du Pont-Neuf, école maternelle et élémentaire de Lestang, école maternelle Gabriel-Fauré, école élémentaire des Canonges.
  • Enseignement privé du 1er degré : école élémentaire et maternelle Jeanne d'Arc, école maternelle et élémentaire Jean XXIII[54] (ancien Petit Séminaire), institution Notre-Dame maternelle et primaire, école maternelle et élémentaire Calandreta del Païs de Pamias.
  • Enseignement public secondaire : collège Pierre Bayle, collège Joseph-Paul Rambaud, lycée polyvalent du Castella, Lycée agricole (LEGTA), lycée d'enseignement adapté (EREA), lycée professionnel Irénée Cros.
  • Enseignement privé secondaire : collège Jean 23[55], institution Notre-Dame[56] (collège et lycée), lycée professionnel des Jacobins
  • Formations Post-bac : BTS force de vente et action commerciale (lycée du Castella), BTS Productions Animales (LEGTA) et Licence Professionnelle Entreprises et Développement Local (LEGTA).
  • Institut de formation en soins infirmiers. (Institut de Formation aux Métiers de la Santé de Pamiers)
  • L'école d'Ingénierie Informatique IN'TECH Sud.

Manifestations culturelles et festivitésModifier

  • Musiques au pays de Gabriel Fauré (musique classique) : mai - juin, septembre – octobre
  • Festival Pro-Musica (musique classique) : août et programmation toute l'année
  • Théâtrales d’Automne : octobre - novembre
  • Salon du livre de Pamiers : juin
  • Fête annuelle : dernier week-end d’août
  • Fiesta Latina : juillet
  • Phébus Event (organisation d'un rallye de véhicules électriques construits par de jeunes Français et Européens) : juin

SantéModifier

  • À 13 km, Centre Hospitalier du Val d'Ariège à Saint-Jean-de-Verges (09000).
  • EHPAD du Bariol

SportsModifier

ClubsModifier

ÉquipementsModifier

Services culturelsModifier

  • Conservatoire de musique
  • Médiathèque
  • MJC
  • Salle de cinéma : Le Rex (deux salles : une de 170 places en gradins, écran de 9 mètres de base et l'autre de 116 places, écran de 7,50 mètres de base)

InfrastructureModifier

  • Salle polyvalente du Jeu du Mail : pour théâtre, concerts, spectacles...
  • Salle Aglaë-Moyne : ancienne chapelle transformée en salle de 150 places, idéale pour des concerts de musique de chambre, mais aussi pour des conférences.
  • Salle Espalioux : pour conférences
  • Salle des Capelles
  • Salle Fernand : pour réceptions et banquets

Services publicsModifier

Lieux de culteModifier

Édifices religieuxModifier

Personnalités liées à la communeModifier

 
Léonard
 
Gabriel Fauré par J. S. Sargent

ÉconomieModifier

Revenus de la population et fiscalitéModifier

EmploiModifier

Grandes entreprises présentes sur la communeModifier

 
Le site métallurgique en bord d'Ariège.
  • Usine métallurgique : plus gros employeur privé du département, elle appartient à l'entreprise Aubert et Duval.
  • Maestria Peintures regroupe plusieurs entreprises dans le domaine des peintures pour les bâtiments jusqu'aux peintures spécifiques pour l'aérospatiale.

Commerce et marchésModifier

  • Ville commerçante par son histoire, le centre de Pamiers reste encore dynamique, malgré la concurrence du centre commercial proche
  • Centre commercial développé, avec village Auto (rassemblant un bon nombre de concessionnaires).
  • Marché les mardi, jeudi, et samedi matin
  • Marché aux puces le dimanche matin

TransportsModifier

Culture et patrimoineModifier

Patrimoine architecturalModifier

 
Église Notre-Dame-du-Camp de Pamiers.
 
Tour des Cordeliers de Pamiers.
 
Hôtel de ville.
 
Tour de l'hôtel de la Monnaie du Languedoc.

L'architecture, de style toulousain, fait la part belle à la brique rouge, en incluant parfois la moraine, matériau charrié par l’Ariège. La plupart des bâtiments historiques datent des XVIIe et XVIIIe siècles.

Cathédrale Saint-AntoninModifier

Elle fut reconstruite au XVIIe siècle. Portail et sculptures du XIIe siècle. Le buffet de l'orgue date du XVIIIe siècle.

Église Notre-Dame-du-CampModifier

L'église Notre-Dame-du-Camp[60] tient son nom (« Notre Dame des Champs ») de sa situation géographique, hors les murs de la ville. Si la construction de l'église date du XIIe siècle, un agrandissement important incluant la construction de la puissante façade en brique, fut effectué au XIVe siècle. Cette façade est la seule partie qui subsistera après la destruction de l’église par les Huguenots en 1577. L’église que nous connaissons aujourd’hui date donc du XVIIe siècle.

Le portail, classé, fut reconstruit à l'identique en 1870. Plusieurs toiles, des XVIIe et XVIIIe siècles, sont classées.

L'église abrite un orgue construit en 1860 par Émile Poirier et Nicolas Lieberknecht[61], classé monument historique pour sa partie instrumentale. Il a été restauré en 2004.

On y trouve également un carillon de vingt-et-une cloches.

Le CarmelModifier

 
Vue sur le cloître du Carmel.

Le couvent des Carmélites de Pamiers fut fondé en 1648 par les sœurs de l'ordre de Sainte Thérèse d'Avila qui, anciennement établies à Auch, vinrent s'installer à Pamiers, et les bâtiments claustraux datent de la fin de ce siècle. Doté de magnifiques charpentes et de belles boiseries datant du XVIIIe siècle, le bois nécessaire à la construction fut acheminé par flottaison grâce au marquis de Gudanes, dont la fille était religieuse dans le couvent de 1707 à 1784.

À l'extérieur, s'élève une tour carrée appelée « tour de l'évêque », construite en 1285 sur les ordres du comte de Foix Roger-Bernard III, après qu'il se fut établi dans la ville par la force. Il s'agissait pour lui de marquer son pouvoir à la suite du paréage entre le Roi Philippe IV de France et Bernard Saisset (alors évêque de Pamiers). Comme sentence, Guy III de Lévis, Seigneur de Mirepoix, attribue cette tour à l'évêque, d'où son nom, décision confirmée par le Pape Boniface VIII le 17 février 1299. À la fin du XVIIe siècle, la tour est cédée au Carmel. De cette tour, on ne peut plus admirer les trois fenêtres romanes qui furent obstruées par une construction en 1967, ni les murs anciens qui disparurent sous le crépi.

Après 360 ans d'occupation (mis à part lors de la Révolution et de 1901 à 1917), les dernières carmélites vont quitter Pamiers pour Luçon à l'automne 2008[62]. Il ne restera dès lors plus aucun des nombreux ordres religieux que comptait la ville.

Tour des CordeliersModifier

Son érection date de 1512. Elle reproduit à l'identique celle des Cordeliers de Toulouse, clocher octogonal à deux étages. Il existait bien une église avant le XIVe siècle, mais elle fut détruite par les Réformés au printemps 1562. Malgré une reconstruction modeste, elle n'échappa pas à la Révolution. La tour seule, gardée comme tour de guet, témoigne de cet ancien édifice.

Hôtel de villeModifier

L'hôtel de ville de Pamiers demande un grand retour dans le passé pour pouvoir faire son histoire. Faisons un retour 200 ans avant.

L'État et l'église dans les années 1800, était étroitement corrélé. Les immeubles dans lesquels, le Grand séminaire de l'Évêché était établi, autrefois, ont été confisqués à cause de la révolution et donc ces immeubles devinrent propriété de l'État jusqu'en 1811. Un décret a voulu transformer ces immeubles en des bâtiments administratifs pour divers services.

En 1822, la communauté de Pamiers a cédé à l'évêché ses anciens immeubles. En 1843, les bâtiments du grand séminaire étaient tellement délabrés que le ministre des cultes a donné l’ordre de reconstruire le bâtiment et de l'agrandir. Cette opération fit l'objet de transactions de maisons et de parcelles de terrains assez compliquées. Par la suite, la Cathédrale a profité également de cette opération d’urbanisme.

En 1907, peu après la séparation de l'Église de l'État, l'immeuble qui servait de palais épiscopal à l'Évêque, et qui était affecté au service des cultes fut vendu au département de l’Ariège (l’administration des domaines).

En 1913, la ville de Pamiers devient propriétaire de l'ancien séminaire. Puis, en 1920, la banque de France fut propriétaire de ces immeubles rachetés 7 fois plus chers que lorsque la ville acquiert l'ancien séminaire. L'acte de vente fut signé par Docteur Rambaud, maire de Pamiers à cette époque.

En 1975, Pamiers racheta à la banque de France l'immeuble à environ 1,25 million de Francs, la banque de France voulait vendre l'hôtel car il ne s'adaptait plus au besoin de la cité. Pamiers transforma cet hôtel en un hôtel de ville fonctionnel qui fut inauguré en 1980, à la place de Mercadal. L'hôtel de ville précédent était situé à la place Eugène-Soula.

Abbaye de CailloupModifier

L'ancienne abbaye du Mas-Cailloup[63] (dite aussi « Mas-Vieux ») est une chapelle romane construite dans la première moitié du XIIe siècle. Maintenant restauré, le bâtiment a été partiellement classé monument historique en 1992.

Palais de justiceModifier

Commencé en 1665, le Tribunal de Première Instance devint rapidement exigu. On le reconstruisit alors, et il fut terminé en 1777.

Lycée du CastellaModifier

Aujourd'hui Lycée, il s'agit à l'origine d’un ancien séminaire datant du XVIIIe siècle, construit sous les ordres de François de Caulet, alors évêque de la ville. En 1998, on ajoute un troisième étage à l'édifice.

La Tour de la MonnaieModifier

Il s'agit de la tour de garde d'un atelier monétaire créé en 1419 par Jean Ier. Cet atelier cessa son activité en 1422, conformément à la décision de Charles VII. Il la reprit au siècle suivant, grâce à la translation de l’atelier monétaire de Toulouse vers Pamiers. Mais en 1596, l'Hôtel des Monnaies de Toulouse rouvre.

Porte de NerviauModifier

 
Tour de Nerviau.

Il s'agit du seul témoignage de l'enceinte fortifiée qui séparait les quartiers du Couserans et du Mercadal. Le dernier remaniement de ce bâtiment date du XVe siècle.

Les canauxModifier

 
Le canal à l'est de la vieille ville, boulevard Alsace Lorraine.

Les canaux ceinturant la vieille ville sont inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1999. Dès le XIe siècle, ils faisaient tourner les nombreux moulins.

AutresModifier

Patrimoine environnementalModifier

La ville, irriguée par des canaux, abrite une population de canards relativement importante. Pamiers possède également un parc fort bien entretenu, avec des arbres pluricentenaires.

GastronomieModifier

Dans la vallée de l'Ariège, est produit un haricot particulier, nommé « coco de Pamiers ». Il s'agit d'un petit haricot rond qui, bien que présent depuis bien longtemps, avait été supplanté par le lingot. Remis au goût du jour par quelques passionnés (qui ont par la suite créé une confrérie), on peut à nouveau apprécier sa saveur délicate dans la mounjetado, le cassoulet local.

DeviseModifier

On peut noter deux devises : l'une en latin, l'autre en langue d’oc. On n'en connaît pas l'origine.

  • Incolumen sic me fata reservant (Les destins me gardent ainsi saine et sauve)
  • Que ma feyt me gardo (Qui m'a fait me garde).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • La prise de la ville de Pamiers, capitale du païs de Foix, des nommés Beaufort, lieutenant général des armées du Duc de Rohan, & d'Auros, gouverneur de Mazères. Ensemble la desroute de toutes les troupes dudict pays. Avec les articles accordéz aux capitaines, soldats & habitans de Pamiers. Plus le nombre de prisonniers & de ceux qui ont été penduz, & menez aux galères. Et le rétablissement de la Saincte Messe en la dite ville par Monseigneur le Prince, Lieutenant général pour le roy en ses armées de Languedoc, Guyenne & Dauphiné, Paris, De l'imprimerie de Jean Barbotte, , 16 p. (lire en ligne)
  • Jules de Lahondès, Annales de Pamiers, t. 1, Des origines à la Réforme, Toulouse, Édouard Privat libraire-éditeur, , 526 p. (lire en ligne),t.2, De la Réforme à la Révolution, 1884, 508p. (lire en ligne), réimpression, Le Livre d'histoire, 2006, 2 tomes, (ISBN 978-2-84373-918-7), (ISBN 978-2-84373-919-4),
  • G. Arnaud, Histoire de la Révolution dans le département de l'Ariège (1789-1795) (Thèse présentée à a Faculté des lettres de l'Université de Paris), Toulouse, Librairie Édouard Privat, , 670 p. (lire en ligne).
  • Paul Bordeaux, Les ateliers monétaires de Toulouse et de Pamiers pendant la Ligue, Paris, chez C. Rollin et Feuardent, (lire en ligne)
  • Marc Dubruel, Les diocèses d'Alet et de Pamiers au temps de Pavillon et de Caulet, Foix, Typographie Pomiès, Fra et Cie, , 72 p. (lire en ligne)
  • Collectif, Histoire de Pamiers, Pamiers, syndicat d’initiative de Pamiers - Basse-Ariège, , 631 p..
  • Adelin Moulis, Vieux sanctuaires ariégeois, Lacour/Rediviva, 1972-1995, 150 p..
  • Collectif, Les terres d'Ariège au temps des guerres de religions, 1550-1630, , 144 p. (ISBN 978-2-9529670-0-6).
  • Louis Claeys, Pamiers - Que m'a feit me gardo, Pamiers, L. Claeys, , 193 p..

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

Notes et cartesModifier

NotesModifier

  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  4. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  5. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

CartesModifier

RéférencesModifier

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  2. Carte IGN sous Géoportail
  3. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
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  6. [PDF]« Plan Local d’Urbanisme d’Allières – Rapport de présentation », sur wxs-gpu.mongeoportail.ign.fr, (consulté le ), p. 125
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  17. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
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  21. Danielle Moran, Le puits funéraire de Pamiers et son importance dans l'histoire et l'archéologie de la région, in Bulletin de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts, No XXVII (1972), pp. 23-84
  22. Ce sarcophage, représentant des scènes de l'ancien et du nouveau testament a été découvert en 1824 et est conservé au musée du Louvre à Paris
  23. "Le sarcophage chrétien du Mas Saint-Antonin" in Bulletin périodique de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts, second volume 1886-1888, Réédit. Soula, 1984, pp. 97--100 et planche hors-texte p.104
  24. Histariège : Pamiers
  25. Devic-4 1872, p. 428
  26. Jules de Lahondès, Annales de Pamiers, t. 1, p. 19-20 (lire en ligne).
  27. Un acte indique qu'il y a eu une translation des reliques de saint Antonin en 887. Cet acte a été critiqué dans Histoire générale de Languedoc, tome IV, Note III, p. 12-13 (lire en ligne)
  28. [Devic-4 1872] Claude Devic, Joseph Vaissète et Ernest Roschach, « Église de Pamiers », dans Histoire générale de Languedoc, t. 4, Toulouse, Édouard Privat libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 428
  29. Jules de Lahondès, Annales de Pamiers, t. 1, p. 44-45 (lire en ligne)
  30. [Pezet 1840] Pezet, Histoire du pays de Foix par un prêtre du diocèse de Pamiers, Paris, Debécourt libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 34-35
  31. Pezet 1840, p. 39.
  32. Pierre de Marca, Histoire de Béarn, chapitre X, p. 710-712 (lire en ligne)
  33. [Devic-3 1872] Claude Devic, Joseph Vaissète et Ernest Roschach, « Livre XIV -LI-Lettre de Roger I, comte de Foix, à S. Hugues, abbé de Cluny », dans Histoire générale de Languedoc, t. 3, Toulouse, Édouard Privat libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 230
  34. Pezet 1840, p. 64-65
  35. [Devic-3 1872] Claude Devic, Joseph Vaissète et Ernest Roschach, « Livre XIV -LI-Lettre de Roger I, comte de Foix, à S. Hugues, abbé de Cluny », dans Histoire générale de Languedoc, t. 3, Toulouse, Édouard Privat libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 343-344
  36. (en) Medieval Lands : Comtes de Foix (comtes de Carcassonne)
  37. Devic-3 1872, p. 344
  38. [Devic-3 1872] Claude Devic, Joseph Vaissète et Ernest Roschach, « Livre XVI -XXVII-Le comte de Foix restitue à l'abbaye de Frédelas les biens usurpés-Origine de la ville de Pamiers », dans Histoire générale de Languedoc, t. 3, Toulouse, Édouard Privat libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 596-597
  39. Marcel Fournier, « Studium de Pamiers : XIIIe siècle », dans Statuts et privilèges des universités françaises : Depuis leur fondation jusqu'en 1789, t. 2, Première partie :Moyen Âge, Paris, L. Larose et Forcel éditeurs, (lire en ligne), p. 743
  40. « Pamiers. Les carmélites partiront le 18 novembre », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne)
  41. Hélène Débax, 1446, un esclave noir à Pamiers, (chapitre académique), Éditions du Seuil, Paris, , [lire en ligne]  publié dans Histoire mondiale de la France, (œuvre), Éditions du Seuil, Paris,  .
  42. 1886 - Jules de Lahondès et Société archéologique du Midi de la France (dir.), Un procès d'esclave au quinzième siècle, (notice BnF no FRBNF34125656, lire en ligne) 
  43. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Fayard, , 596 p. (ISBN 978-2-21300-826-4, OCLC 299354152, lire en ligne). p. 433
  44. Arnaud 1904, p. 71.
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  50. a b c d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le ).
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  55. collège Jean 23
  56. [1]
  57. Louis Bonnery, Le rugby à XIII le plus français du monde, Limoux, Cano&Franck, , 489 p. (ASIN B000X3Z932), « Palmarès Divisions Sénior », p. 397
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  59. article sur Joseph Espalioux, la dépêche du midi du 11 octobre 2012
  60. Base Mérimée : Église Notre-Dame-du-Camp
  61. Manufacture bretonne d'orgues Nicolas Toussaint : Pamiers - Orgue Poirier-Lieberknecht (1860) de l'église Notre-Dame du Camp
  62. http://ariege-catholique.cef.fr/site/166.html
  63. Base Mérimée : Ancienne abbaye Saint-Antonin, dite Mas Cailloup