Palais des Rois de Majorque

château fort français

Palais des Rois de Majorque
Image illustrative de l’article Palais des Rois de Majorque
Le palais des Rois de Majorque en 2008.
Période ou style Médiéval
Type château fort
Début construction XIIIe siècle
Destination initiale Palais
Propriétaire actuel Conseil départemental des Pyrénées-Orientales
Destination actuelle Site touristique
Protection Logo monument historique Classé MH (1913)
Logo monument historique Inscrit MH (1935)
Coordonnées 42° 41′ 38″ nord, 2° 53′ 44″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Pyrénées-Orientales
Commune Perpignan
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Palais des Rois de Majorque
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Palais des Rois de Majorque
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Palais des Rois de Majorque

Le palais des rois de Majorque, palau dels reis de Mallorca (ou castell reial de Perpinyà ou castell major) en catalan est un palais-forteresse de style gothique situé à Perpignan. Cet édifice est achevé autour de 1300. Inscrit sur la liste de 1875, il est classé en 1913. La citadelle espagnole du XVIe siècle qui l'entoure est inscrite au titre des monuments historiques en 1935 exceptée la vieille porte de 1577 qui est classée dès 1913[1].

SituationModifier

Le palais est situé sur le Puig del Rei (puig signifie colline en catalan) qui domine la plaine du Roussillon et la ville de Perpignan et qui fait face au quartier populaire et pittoresque de Saint-Mathieu. On y aperçoit au loin les sommets enneigés du massif du Canigou. Parmi ces bâtiments se trouvent notamment le palais majorquin de Jaume II qui témoigne de la richesse de ce petit royaume méditerranéen du XIIIe siècle. Le palais médiéval est entouré d'une première citadelle par le roi de France Louis XI, renforcée par l'empereur Charles Quint. Elle est remplacée au XVIe siècle par la citadelle visible aujourd'hui par son fils le roi d'Espagne Philippe II.

Histoire du palaisModifier

Le royaume de Majorque (1276-1349)Modifier

Délaissant Palma en 1276, le roi de Majorque Jaume II fait de Perpignan sa capitale. Sur une colline au sud de la ville, il fait construire un palais entouré de jardins qui sera achevé autour de 1300[Lien à corriger] après vingt-cinq ans de travaux. Longtemps appelé le château de Perpignan, il ne trouve son nom de palais des Rois de Majorque qu'au XXe siècle.

Organisé autour de trois cours, il mesure 60 mètres de côté. C'est un palais-forteresse de style gothique. L'entrée se trouve du côté ouest. On pénètre dans la cour principale en passant sous la tour de l'hommage et de la salle du trône ou palau blanc. Là se trouve le premier logis du roi utilisé pendant la construction. En face, la tour principale ou torre mestre contient la chapelle dite basse dédiée à Sainte-Madeleine et au-dessus la chapelle dite haute dédiée à la Sainte-Croix. Les chapelles possèdent toutes les caractéristiques du style gothique. Les logis du roi et de la reine s'organisent de part et d'autre autour des deux autres cours du palais. Sur les côtés de la cour principale, au rez-de-chaussée, se trouvent le corps de garde et les communs, cuisines, entrepôts, écuries. A l'étage, la chancellerie occupe le côté nord, la salle de Majorque (banquets, réceptions, parlements, etc.) occupe le côté sud. Deux escaliers monumentaux donnent accès aux logis et aux grandes salles de l'étage depuis la cour principale. Les façades du palais possèdent d'élégantes galeries et loggias superposées. Le portail en marbre de la chapelle Sainte-Croix qui présente des caractéristiques communes avec la Sainte-Chapelle construite quelques décennies auparavant est remarquable. Les souverains y entrent par deux portes réservées. Une frise polychrome qui court tout autour de la chapelle reprend l'écriture arabe coufique. On distingue précisément le mot Allah. Elle s'ajoute à d'autres éléments du décor du palais qui illustrent la rencontre entre la culture occidentale chrétienne et la culture islamique de la péninsule ibérique fréquente dans les palais majorquins et catalano-aragonais de cette époque.

Le royaume d'Aragon et l'empire des Habsbourg (1349-1659)Modifier

Les rois d'Aragon séjournent fréquemment au palais après les rois de Majorque avant de le transformer en arsenal quand s'ouvre au XVe siècle, le Siècle d'or valencien.

La fin du Grand Schisme d'Occident (1415)Modifier

Le palais fut l'un des endroits clefs des négociations entre l'empereur Sigismond de Luxembourg et le pape d'Avignon Benoît XIII, pour permettre au concile de Constance de mettre fin au Grand schisme d'Occident.

Le Siècle d'or espagnol (1492-1648)Modifier

L'intégration du palais à la citadelle de Perpignan, commencée pendant la première occupation française du Roussillon au XVe siècle se poursuit sous les rois catholiques et sous Charles Quint. La citadelle conservée de nos jours est construite dans la seconde moitié du XVIe siècle par Philippe II. Lors des sièges du XVe siècle, l'aile nord du palais fut gravement endommagée.

La guerre franco-espagnole et le rattachement au royaume de France (1635-1659)Modifier

En 1659, le traité des Pyrénées formalise une paix conclue entre le royaume d'Espagne et le royaume de France à l'issue d'une partie de la guerre de Trente Ans (1618-1648), la guerre franco-espagnole commencée en 1635. La place de Perpignan ne cède aux troupes de Louis XIII qu'après un siège de dix mois, le .

ArchitectureModifier

L'édifice est de style gothique. Certains éléments architecturaux et son décor montrent une parenté avec la culture hispano-arabe.

Les jardins du palaisModifier

Les jardins situés dans l'enceinte du palais surplombent la ville de Perpignan. Ils constituent un jardin belvédère conçu au moment de l'ouverture du monument aux visiteurs à partir de 1958 et se veulent une évocation des jardins médiévaux qui l'entouraient. Ils proposent des vues sur la plaine du Roussillon, la colline de Força Réal, le massif du Canigou, et la chaîne des Albères jusqu'à la mer Méditerranée.

Une ménagerie existe au XIVe siècle. Sont mentionnés un ours, un loup et des lions. Un impôt prélevé sur la communauté juive de Perpignan permettait de financer l'entretien de la ménagerie. Un notaire mentionne qu'il a payé pour la voir au XVe siècle. D'autres animaux sont signalés : des perroquets, des autruches, des paons, des porcs épics, des lapins, des cervidés. Le goût de l'époque pour les animaux exotiques est confirmé par l'existence d'un perroquet africain offert par un marchand en 1330. Un certain Raymond Domenech est nommé au XIVe siècle par Pierre IV d'Aragon pour s'occuper des lions. Il transmet sa charge à sa famille à travers le XVe siècle, qui devient également responsable sur place d'un élevage de chèvres destiné à nourrir les fauves. La ménagerie disparaîtra lorsque l'usage militaire supplantera l'usage résidentiel[2],[3],[4].

ÉvénementsModifier

Concerts donnés jusqu'à minuit, pour fêter les Feux de la Saint-Jean. Cette soirée est programmée par le conseil général et intégrée dans le cadre du festival occitan « Total Festum », de la région Languedoc-Roussillon.

  • Festival Pablo Casals de Prades, donne un concert au palais des Rois de Majorque, dans le cadre des commémorations de la Retirada. Pablo Casals a choisi l'exil musical et silencieux pour fuir la dictature franquiste et protester contre la collaboration passive des gouvernants de l'époque. En hommage aux exilés, le Festival Pablo Casals interprète un ensemble d'œuvres retraçant pour la première fois la vie de Pablo Casals, commentées par Daniel Mesguich, alternant avec des œuvres interprétées en direct par les musiciens.
  • Concert du Festival Radio France
  • Les Nuits Underground
  • Le festival des Guitares au Palais est organisé dans les jardins du palais par le conseil général depuis 2002. Celui-ci dure trois jours, chaque année, pendant le dernier week-end d'août.

Le directeur artistique, Pedro Soler invite des artistes de très grande qualité reflétant tous les aspects du monde de la guitare avec des performances en guitare classique, folk, pop, traditionnelle, flamenco, jazz et gitane. Parmi les artistes invités il y eut en 2004, le Rosenberg Trio, Tekameli, et Paco Ibáñez. Montserrat Figueras, Rolf Lislevand et Manolo Sanlucar en 2005. The National, Serge Lopez en 2006. Caetano Veloso en 2007. Les Rumberos Catalans, Bernardo Sandoval, Peter Finger, et Aaron et Bryce Dessner en 2008.

  • Accueil des nouveaux catalans.

Notes et référencesModifier

  1. « Citadelle », notice no PA00104069, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Fabricio Cárdenas, 66 petites histoires du Pays Catalan, Perpignan, Ultima Necat, coll. « Les vieux papiers », , 141 p. (ISBN 978-2-36771-006-8, notice BnF no FRBNF43886275), p. 60-61.
  3. Jean Reynal, Jean-Philippe Alazet et Michel Castillo, Le palais des rois de Mallorca, Canet-en-Roussillon, Trabucaïre, , 187 p. (ISBN 9782849741139).
  4. Jean Capeille, « Domenech », dans Dictionnaire de biographies roussillonnaises, Perpignan, .

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Par ordre chronologique de publication :

  • « Château des rois de Majorque », dans Congrès archéologique de France. 73e session. Carcassonne et Perpignan. 1906, Société française d'archéologie, Paris, 1907,p. 120-123 (lire en ligne)
  • Sylvain Stym-Popper, « Les chapelles construites par le roi de Majorque, Jacques II », dans Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France - 1950-1951, 1954, p. 108-109 (lire en ligne)
  • Jean Verrier, Sylvain Stym-Popper, « Le palais des rois de Majorque », dans Congrès archéologique de France. 112e session. Le Roussillon. 1954, Société française d'archéologie, Paris, 1955, p. 9-30
  • Maurice Gouges, Lions, cerfs et paons au château royal de Perpignan, Tramontane n° 44, 1960
  • Marcel Durliat, L'Art dans le royaume de Majorque, Privat, 1962
  • Marcel Durliat, « Les châteaux des Rois de Majorque : origine de leurs partis architecturaux », dans Butlleti de la societat Arqueologica Lul.liana, n° 839, 1985
  • Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Languedoc Roussillon, Hachette, Paris, 1996, p. 421-429, (ISBN 978-2-01-242333-6)
  • « Royaume de Majorque - De l'histoire au mythe », dans Aspects du Moyen Âge en Catalogne nord, n° 4, CeDACC, 1996
  • Antoine de Roux, Perpignan, de la place forte à la ville ouverte, Perpignan Archives Histoire, 1996
  • La Conquête de Majorque, A.& R. Vinas, SASL des Pyrénées-Orientales, 2004
  • Jean-Philippe Alazet, El Palau dels Reis de Mallorca...fa temps, Terra Nostra, 2005
  • Agnès Marin, Perpignan, palais des Rois de Majorque, aile nord, rapport d'étude provisoire, bureau d'étude HADES, 2005.
  • Agnès Marin, Palais des Rois de Majorque à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Étude du bâti globale de l’édifice, Document final de synthèse, 9 volumes, Bureau d'étude HADES, 2007.
  • Jean-Philippe Alazet, Agnès Marin, « La charpente de plafond de la loggia des appartements de la reine au palais des Rois de Majorque de Perpignan », dans Les plafonds peints en France méridionale et Méditerranée occidentale (XIVe-XVIe siècle), Actes du colloque tenu les 21, 22 et à Capestang, Narbonne et Lagrasse, études réunies par Monique Bourin et Philippe Bernardi, p. 115-148.
  • Jean-Bernard Mathon (dir.), Guillaume Dalmau et Catherine Rogé-Bonneau, Corpus des Vierges à l'Enfant (XIIe – XVe siècle) des Pyrénées-Orientales, Presses universitaires de Perpignan, coll. « Histoire de l'art », (ISBN 9782354121853)
  • Jean Reynal, Jean-Philippe Alazet et Michel Castillo, Le palais des rois de Mallorca, Canet-en-Roussillon, Trabucaïre, , 187 p. (ISBN 9782849741139)
  • * Lucien Bayrou, Languedoc-Roussillon gothique : L’architecture militaire de Carcassonne à Perpignan, Paris, Picard, , 288 p. (ISBN 978-2-7084-0957-6, présentation en ligne), p. 248-256

Articles connexesModifier

Liens externesModifier